đâđš Andy Burnham Ă Downing Street, ou le coup dâĂtat de lâestablishment britannique
Le rĂŽle de Burnham est de faire diversion auprĂšs du public avec son numĂ©ro populiste de pseudo-changement, alors que lâĂtat profond impĂ©rialiste britannique pille la nation & la pousse vers la guerre.
đâđš Andy Burnham Ă Downing Street, ou le coup dâĂtat de lâestablishment britannique
Par Finian Cunningham, le 23 juillet 2026
Un coup dâĂtat a eu lieu en Grande-Bretagne, et Burnham nâest quâune figure de proue dĂ©corative Ă Downing Street.
La clĂ© pour comprendre la nomination spectaculaire dâAndy Burnham au 10 Downing Street tient Ă la nomination de lâhomme qui contrĂŽlera lâĂ©conomie britannique et lâorientera vers un militarisme sans prĂ©cĂ©dent.
Quelques heures aprĂšs son accession au poste de Premier ministre le 20 juillet, Burnham a nommĂ© John Healey au poste de chancelier de lâĂchiquier, titre britannique dĂ©signant le ministre des Finances. Ce poste est officiellement le deuxiĂšme plus puissant du gouvernement. InstallĂ© au numĂ©ro 11, juste Ă cĂŽtĂ© du numĂ©ro 10 de Downing Street oĂč rĂ©side le Premier ministre, le chancelier est, dans la pratique, la figure la plus puissante, compte tenu de son contrĂŽle sur tous les budgets ministĂ©riels.
Healey Ă©tait secrĂ©taire dâĂtat Ă la DĂ©fense au sein du gouvernement Starmer qui a connu un destin funeste. Câest un fervent dĂ©fenseur de lâaugmentation des dĂ©penses de dĂ©fense britanniques et de lâengagement de la Grande-Bretagne dans lâOTAN. Healey adopte une position belliciste en faveur de lâUkraine et ne cesse de lancer des avertissements sur la nĂ©cessitĂ© de prĂ©parer la Grande-Bretagne Ă une guerre contre la Russie. En bref, il incarne lâĂtat profond britannique et ses intĂ©rĂȘts impĂ©rialistes.
Lâascension Ă©clair de Burnham au pouvoir indique que les Ă©vĂ©nements ont Ă©tĂ© orchestrĂ©s pour permettre Ă lâestablishment britannique dâexercer un contrĂŽle plus strict sur le gouvernement. Lâobjectif Ă©tant dâassurer le militarisme souhaitĂ© de lâĂ©conomie et de la sociĂ©tĂ©.
Il y a deux ans, Keir Starmer a remportĂ© les Ă©lections lĂ©gislatives britanniques pour devenir Premier ministre travailliste, suscitant de grands espoirs de stabilitĂ© aprĂšs des annĂ©es de mauvaise gestion du Parti conservateur et une sĂ©rie de dĂ©missions Ă Downing Street. Mais la lune de miel a Ă©tĂ© de courte durĂ©e. Starmer a rapidement fait lâobjet de nombreuses critiques alors que sa cote de popularitĂ© sâeffondrait, et son gouvernement a Ă©tĂ© frappĂ© par une sĂ©rie de crises, faisant de lui lâun des Premiers ministres les plus impopulaires de lâhistoire. Son mandat a Ă©tĂ© marquĂ© par des revers liĂ©s aux hausses dâimpĂŽts et aux coupes dans les aides sociales, au scandale de la nomination de Peter Mandelson au poste dâambassadeur aux Ătats-Unis malgrĂ© les liens de ce dernier avec le pĂ©dophile Jeffrey Epstein, et, surtout, au style terne et indĂ©cis de Starmer.
En mai 2026, le Parti travailliste a subi une défaite cuisante lors des élections municipales en Angleterre et au Pays de Galles, perdant un nombre record de siÚges au sein des conseils locaux. De nombreux députés travaillistes ont alors appelé Starmer à démissionner.
Mais le vĂ©ritable ennemi de Starmer nâĂ©tait pas lâĂ©lectorat. CâĂ©tait lâestablishment britannique et ses ambitions de voir la Grande-Bretagne augmenter massivement ses dĂ©penses militaires pour sâaligner sur les autres membres de lâOTAN. Sous lâinfluence du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump et des atlantistes Ă Washington et en Europe, tous les membres europĂ©ens de lâOTAN sont contraints dâaugmenter leurs dĂ©penses militaires pour les porter Ă 3,5 % de leur PIB. Ces dĂ©penses supplĂ©mentaires, qui passent de 1,5 Ă 2 % du PIB, signifient que des dizaines de milliards sont versĂ©s dans les caisses dâentreprises militaires plutĂŽt que dans les services publics et lâĂ©conomie civile. Ce militarisme repose Ă©galement sur une idĂ©ologie et une propagande censĂ©es justifier lâimpĂ©rialisme et la confrontation avec la Russie, la Chine, lâIran et tout rival perçu comme menaçant lâhĂ©gĂ©monie capitaliste occidentale en dĂ©clin.
Tout au long des annĂ©es 2025 et 2026, John Healey, alors ministre britannique de la DĂ©fense, nâa cessĂ© de haranguer Starmer en public pour quâil se rallie au programme et accroisse les engagements de la Grande-Bretagne en matiĂšre de dĂ©fense. Il nâa cessĂ© dâaffirmer que la capacitĂ© dâautodĂ©fense de la Grande-Bretagne Ă©tait compromise, lançant des avertissements chauvins selon lesquels la Russie constituait une menace pour la sĂ©curitĂ© nationale. Lorsque Starmer a Ă©chouĂ© Ă mettre suffisamment la pression sur tous les ministĂšres pour dĂ©gager des fonds supplĂ©mentaires destinĂ©s Ă lâarmĂ©e, Healey a dĂ©cidĂ© de prendre les devants et a dĂ©missionnĂ© du gouvernement le 11 juin. Cette dĂ©cision a portĂ© un coup fatal Ă lâautoritĂ© de Starmer. Sa position est devenue intenable. La dĂ©mission de Healey Ă©tait un acte calculĂ© de dĂ©loyautĂ© visant Ă dĂ©stabiliser Starmer. Un sous-secrĂ©taire dâĂtat au ministĂšre de la DĂ©fense, Al Carns, a Ă©galement dĂ©missionnĂ© le mĂȘme jour que Healey, pour faire bonne mesure. Le coup dâĂtat Ă©tait imminent.
Câest alors quâest entrĂ© en scĂšne Andy Burnham. Burnham a Ă©tĂ© ministre de la SantĂ© dans les prĂ©cĂ©dents gouvernements travaillistes, Ă lâĂ©poque de Tony Blair et de Gordon Brown. Il a quittĂ© Westminster pour devenir maire du Grand Manchester entre 2017 et 2026. Il sâest forgĂ© une image populaire de politicien bienveillant Ă lâĂ©coute des citoyens. Alors que le malheureux Starmer allait droit dans le mur, Burnham a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© comme un successeur de choix, capable non seulement de redynamiser le Parti travailliste, mais aussi lâinstitution mĂȘme du pouvoir en Grande-Bretagne.
Le problĂšme, câest quâen 2026, Burnham nâĂ©tait plus dĂ©putĂ© et que, selon les rĂšgles parlementaires, nâĂ©tait pas Ă©ligible pour briguer la direction du Parti travailliste. Ce problĂšme a Ă©tĂ© rĂ©solu par la dĂ©mission surprise, en mai, du dĂ©putĂ© travailliste de Makerfield, une circonscription du nord de lâAngleterre. Le dĂ©putĂ© sortant, Josh Simons, a dĂ©clarĂ© avoir dĂ©missionnĂ© en signe de protestation contre les pertes dĂ©vastatrices subies par le Parti travailliste lors des Ă©lections locales. Une Ă©lection partielle a alors Ă©tĂ© programmĂ©e pour le mois de juin. Andy Burnham sâest lancĂ© dans la course et sâest imposĂ© comme un candidat sĂ©rieusement pressenti pour ĂȘtre dĂ©signĂ© candidat du Parti travailliste.
Sept jours aprĂšs la dĂ©mission de Healey de son poste de ministre de la DĂ©fense, qui venait de crĂ©er une brĂšche dans le cabinet de Starmer, Burnham a Ă©tĂ© Ă©lu Ă Makerfield le 18 juin, remportant une victoire Ă©crasante. La voie vers le 10 Downing Street sâouvrait dĂ©sormais Ă lui, et tous les mĂ©dias britanniques se sont mis Ă spĂ©culer fĂ©brilement sur ses chances de devenir le prochain Premier ministre.
Starmer a compris le message et a finalement annoncĂ©, le 22 juin, son intention de dĂ©missionner de son poste de Premier ministre. Des mois de dĂ©libĂ©rations au sein du parti ont Ă©tĂ© contournĂ©s, aucun dĂ©putĂ© travailliste ne sâĂ©tant prĂ©sentĂ© pour disputer la course Ă la direction du parti. Lâun des candidats potentiels Ă©tait Wes Streeting, qui avait occupĂ© le poste de ministre de la SantĂ© dans le gouvernement de Starmer. Il a dĂ©missionnĂ© de ses fonctions en mai, le mois prĂ©cĂ©dant le dĂ©part de Healey. Cependant, Streeting a dĂ©clarĂ© quâil ne se prĂ©senterait pas contre Burnham pour le poste de Premier ministre. Câest ainsi que Burnham a pu prendre les rĂȘnes de Downing Street le 20 juillet â un mois seulement aprĂšs son Ă©lection au Parlement â sans passer par un processus Ă©lectoral au sein du parti. Son ascension fulgurante au pouvoir sâest faite sans avoir Ă dĂ©voiler le moindre dĂ©tail de son programme ni Ă se soumettre Ă lâexamen minutieux de dĂ©bats publics. Il prend ses fonctions en tant que septiĂšme Premier ministre britannique en une dĂ©cennie sans mandat issu dâune Ă©lection lĂ©gislative et alors que le public ne sait pratiquement rien de ses projets de gouvernance. Est-ce lĂ ce que la Grande-Bretagne entend par dĂ©mocratie ?
Les mĂ©dias britanniques ont dĂ©crit sans rĂ©serve lâascension au pouvoir de Burnham comme un âcouronnementâ plutĂŽt quâune Ă©lection dĂ©mocratique. Les mĂ©dias sâextasient sur son âsens du populaireâ et sur un ânouvel Ă©lanâ pour la politique britannique.
DerriĂšre tous ces titres optimistes sur le ârenouveauâ et le âroi Andyâ, les vĂ©ritables manĆuvres politiques sont en cours.
Lâhomme du moment au sein de lâestablishment est John Healey, ce militariste belliciste qui veut prĂ©parer la Grande-Bretagne Ă la guerre contre la Russie.
Sa manĆuvre perfide pour Ă©vincer Starmer, avec sa dĂ©mission en juin, a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e par sa nomination au poste de ministre des Finances. Cette nomination a surpris les chroniqueurs des mĂ©dias britanniques. Les experts pensaient que Burnham allait confier le 11 Downing Street Ă Ed Milliband. Mais Milliband sâest vu attribuer le poste de ministre des Affaires Ă©trangĂšres, une fonction sans vĂ©ritable pouvoir qui implique de nombreux dĂ©placements. Câest le rĂŽle de Healey au TrĂ©sor, Ă Londres, qui lui confĂšre le contrĂŽle des cordons de la bourse et le pouvoir.
Une autre nomination marquante est celle de Wes Streeting, que Burnham a dĂ©signĂ© comme nouveau ministre de la DĂ©fense. Lâancien ministre de la SantĂ©, qui ne sâest pas prĂ©sentĂ© Ă la course Ă la direction du parti, a permis Ă Burnham dâĂȘtre âsacrĂ©â sans opposition. On se demande en quoi un ancien ministre de la SantĂ© serait qualifiĂ© pour occuper un poste de ministre de la DĂ©fense, Ă moins quâil ne sâagisse dâune rĂ©compense.
Ce remaniement Ă Downing Street ouvre dĂ©sormais la voie au chancelier Healey pour orienter lâĂ©conomie vers le militarisme quâil convoitait dĂ©jĂ sous Starmer. Non pas que Starmer ait Ă©tĂ© opposĂ© Ă une augmentation des dĂ©penses militaires ou Ă un soutien accru Ă lâOTAN et Ă lâUkraine. Simplement, Starmer Ă©tait un mauviette, pas assez belliqueux au goĂ»t des planificateurs de lâĂtat britannique. Healey leur convient parfaitement, et il est de retour aux commandes.
Au final, Andy Burnham nâest quâune figure de proue insignifiante. Il peut bien radoter sur la âdĂ©centralisation du pouvoirâ et lââallĂšgement du coĂ»t de la vieâ des Britanniques. Il peut bien annoncer âla fin du sans-abrismeâ et le plafonnement des tarifs des bus. Ce sont lĂ des questions relativement mineures alors que la sociĂ©tĂ© britannique coule sous le poids de niveaux records de pauvretĂ© et de privation. Quant aux grandes orientations politiques, comme celle de dĂ©cider combien la Grande-Bretagne va consacrer au militarisme au dĂ©triment du bien-ĂȘtre public, Burnham sera relĂ©guĂ© Ă lâarriĂšre-plan.
Que Burnham ait nommĂ© Healey, militariste et belliciste invĂ©tĂ©rĂ©, Ă ce poste crucial de gestion de lâĂ©conomie britannique montre que le âroi Andyâ tient davantage du bouffon du roi que dâun homme politique responsable. Son rĂŽle consiste Ă faire diversion auprĂšs du public avec son numĂ©ro populiste et de pseudo-changement, tandis que lâĂtat profond impĂ©rialiste britannique pille la nation et la pousse vers la guerre.
Un coup dâĂtat a eu lieu en Grande-Bretagne, et Burnham nâest quâun heureux faire-valoir Ă Downing Street.
Traduit par Spirit of Free Speech



The City of London oligarchy has an inexhaustible supply of BoJos of different colors and genders to shuffle for PM..
Putting more lipstick on a pig does not work anymore...