đâđš âAucun autre paysâ
IsraĂ«l a clairement montrĂ© qu'il est aux antipodes des valeurs humanistes et sâopposera toujours Ă la crĂ©ation dâun Ătat palestinien, dĂ©masquant ainsi lâhypocrisie des âĂ©litesâ occidentales.

đâđš âAucun autre paysâ
Par Ross Mackay, le 1er janvier 2026
Israël le paria.
Parmi toutes les contorsions ridicules auxquelles les mĂ©dias occidentaux se sont livrĂ©s ces deux derniĂšres annĂ©es pour blanchir le gĂ©nocide en cours perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l, les lamentations hystĂ©riques sur la prĂ©tendue calamitĂ© de voir IsraĂ«l devenir un âĂtat pariaâ sont une dĂ©monstration presque touchante dâun vĆu pieux dĂ©sespĂ©rĂ©. Dans tous les titres et articles, la presse âlibĂ©raleâ â Haaretz, The New York Times et The Guardian en tĂȘte â sâinquiĂšte des prĂ©tendues âerreursâ dâIsraĂ«l risquant de le faire passer pour un Ătat voyou, comme si la barbarie et le mĂ©pris du droit international nâĂ©taient que de simples erreurs de jugement. Mais ce nâest que dans un monde inversĂ© que le statut de paria dâIsraĂ«l, Ă©vident depuis sa crĂ©ation, pourra ĂȘtre remis en question. Si ce terme a un sens, IsraĂ«l en est lâarchĂ©type et lâa toujours Ă©tĂ©.
Pourtant, les propagandistes israĂ©liens inventent une âcrise de lĂ©gitimitĂ©â, qualifiant les critiques justifiĂ©es des tentatives de âdĂ©lĂ©gitimerâ lâĂtat et de mettre en danger les Juifs du monde entier. Cette affirmation est une fiction destinĂ©e Ă transformer la culpabilitĂ© en persĂ©cution supposĂ©e et Ă dissimuler des crimes amplement documentĂ©s. Les observateurs objectifs savent quâil ne sâagit pas dâune dĂ©gradation soudaine : le mĂ©pris dâIsraĂ«l pour le droit, lâĂ©thique et la vie humaine elle-mĂȘme est intrinsĂšque â il sâest forgĂ© dans le sang et la terreur. Il est impĂ©ratif de reconnaitre ce statut de paria de longue date pour mettre fin Ă lâimpunitĂ© dont jouit IsraĂ«l.
Paria dĂšs le premier jour
Si les critiques ont raison de souligner que lâhistoire nâa pas commencĂ© le 7 octobre, se concentrer uniquement sur le siĂšge de Gaza aprĂšs 2006, voire sur lâoccupation de 1967, occulte une rĂ©alitĂ© bien plus ancienne. Longtemps avant la crĂ©ation officielle de lâĂtat dâIsraĂ«l en 1948, les milices sionistes ont menĂ© des opĂ©rations terroristes pour chasser les Palestiniens de leurs foyers. Ă partir des annĂ©es 1920, des organisations sionistes telles que la Haganah, lâIrgoun et le Lehi ont menĂ© des attentats Ă la bombe, perpĂ©trĂ© des assassinats et pratiquĂ© le terrorisme de masse, instaurant une culture politique oĂč la terreur devenait la norme. Il nâest donc pas surprenant que deux dirigeants de ces groupes terroristes soient devenus par la suite premiers ministres de lâĂtat paria.
Ce climat de terreur a pavĂ© la voie Ă la Nakba de 1948, au cours de laquelle plus de 750 000 Palestiniens ont Ă©tĂ© expulsĂ©s. Les forces israĂ©liennes ont commis des massacres barbares Ă Deir Yassin et Ă Tantura, mais ces exemples ne sont que les deux cas les plus tristement cĂ©lĂšbres. Rien quâentre 1947 et 1948, au moins trente massacres documentĂ©s ont fait des centaines de morts, dont des enfants, des femmes et des personnes ĂągĂ©es. Et dans dâinnombrables lieux moins connus, des civils ont Ă©tĂ© mutilĂ©s, violĂ©s et exĂ©cutĂ©s en masse. Les forces israĂ©liennes, dans un calcul pervers, ont dĂ©signĂ© tous les hommes ĂągĂ©s de dix Ă cinquante ans comme des cibles lĂ©gitimes, condamnant de fait des enfants Ă une mort certaine. Il ne sâagissait pas dâexcĂšs en temps de guerre, mais de campagnes dĂ©libĂ©rĂ©es de meurtres de masse et de nettoyage ethnique, rĂ©pĂ©tĂ©es des centaines de fois au cours des dĂ©cennies qui ont suivi.
La violence ne sâest pas limitĂ©e aux fusillades. Les premiĂšres forces sionistes ont Ă©tĂ© les pionniĂšres de formes de terreur collective. Les milices juives ont fait rouler des barils remplis dâexplosifs dans les quartiers arabes, ont incendiĂ© les rues et ont mitraillĂ© les habitants qui tentaient dâĂ©teindre les flammes. La guerre biologique a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e via la typhoĂŻde dans les rĂ©serves dâeau, et des voitures piĂ©gĂ©es ont Ă©tĂ© envoyĂ©es dans des garages palestiniens, provoquant un carnage aveugle. Cette tradition de cruautĂ© inventive persiste, comme en tĂ©moigne rĂ©cemment lâexplosion de beepers Ă Beyrouth qui a fait des dizaines de morts et des milliers de blessĂ©s â un crime contre lâhumanitĂ© â et qui a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ©e de maniĂšre effroyable par le Premier ministre israĂ©lien lors dâune visite Ă la Maison Blanche en janvier 2025, lorsquâil a remis un âbeeper en orâ au prĂ©sident amĂ©ricain.
Depuis lâoccupation de 1967, tout doute quant au statut de paria dâIsraĂ«l a disparu. Un rĂ©gime permanent de domination est en place : expansion incessante et illĂ©gale des colonies imposĂ©e par des milices dâextrĂ©mistes opĂ©rant sans crainte de reprĂ©sailles, construction dâun mur dâapartheid de 700 kilomĂštres annexant les terres, isolant les communautĂ©s et renforçant les frontiĂšres de facto, guerre environnementale par le dĂ©versement dâeaux usĂ©es, spoliation des terres et dĂ©racinement de plus dâun million dâoliviers, utilisation systĂ©matique dââeau puanteâ pour contaminer les habitations et les quartiers, incarcĂ©ration de masse sans inculpation, torture systĂ©matique, violences sexuelles (y compris avec lâutilisation de chiens), dĂ©shabillage et filmage forcĂ©s, dĂ©tention dâenfants, morts en dĂ©tention, punitions collectives par blocus, famine et dĂ©placement forcĂ©, destruction systĂ©matique des habitations et des hĂŽpitaux, de la vie culturelle, attaques rĂ©gionales rĂ©pĂ©tĂ©es en toute impunitĂ©, et assassinats ciblĂ©s perpĂ©trĂ©s dans le pays et Ă lâĂ©tranger. IsraĂ«l est le premier pays occidental Ă pratiquer lâassassinat politique.
Comme dans tout projet colonial, la dĂ©shumanisation est le prĂ©lude aux atrocitĂ©s. Un Premier ministre israĂ©lien a ouvertement dĂ©crit les Palestiniens comme des âbĂȘtes sur deux jambesâ, un autre homme politique a qualifiĂ© les enfants palestiniens de âpetits serpentsâ et un troisiĂšme a proclamĂ© que âchaque bĂ©bĂ© Ă Gaza est un ennemiâ. Les soldats transforment la barbarie en spectacle : ils dansent avec les vĂȘtements volĂ©s, se moquent des morts et exhibent les biens pris aux enfants. Cette dĂ©shumanisation institutionnalisĂ©e affecte Ă la fois les auteurs et les spectateurs, tentant de banaliser les atrocitĂ©s et de rendre la violence extrĂȘme acceptable.
Cette cruautĂ© sociale et idĂ©ologique transparaĂźt dans lâanarchie et lâimpunitĂ© de lâĂtat israĂ©lien. Il refuse de se soumettre aux normes internationales : câest une puissance nuclĂ©aire non dĂ©clarĂ©e qui Ă©chappe aux inspections du TNP et de lâAIEA. Câest lâĂtat le plus condamnĂ© de lâhistoire du Conseil de sĂ©curitĂ© de lâONU, avec des dizaines de rĂ©solutions bloquĂ©es par les Ătats-Unis. La CIJ lâa dĂ©clarĂ© en 2024 comme Ă©tant plausiblement coupable de gĂ©nocide et dâoccupation illĂ©gale. Il a Ă©tĂ© sanctionnĂ© par lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies et son Premier ministre ainsi que son ministre de la DĂ©fense font lâobjet de mandats dâarrĂȘt de la CPI. De ses premiĂšres milices Ă lâappareil dâĂtat actuel, ce cycle ininterrompu de terreur systĂ©mique fait indĂ©niablement de lâĂtat dâIsraĂ«l un paria.

LâimpunitĂ© des parias
IsraĂ«l affirme ĂȘtre soumis Ă une surveillance comme âaucun autre paysâ, mais son impunitĂ© sans prĂ©cĂ©dent est stupĂ©fiante. Cette impunitĂ© repose sur des privilĂšges ancrĂ©s depuis 1948, renforcĂ©s par les armes, le renseignement, la couverture diplomatique et la propagande occidentaux, et constitue le principal obstacle Ă la responsabilisation. Câest particuliĂšrement le cas dans les violations rĂ©pĂ©tĂ©es du cessez-le-feu du 10 octobre par IsraĂ«l, enfreint au moins 738 fois, causant la mort de 356 Palestiniens (dont 67 enfants) et en blessant 908 autres. Si le Hamas tuait ne serait-ce quâune infime partie des combattants israĂ©liens pendant une trĂȘve, sans parler de civils, une telle atrocitĂ© provoquerait une hystĂ©rie mondiale. Ces violations rĂ©pĂ©tĂ©es illustrent lâapplication sĂ©lective des normes juridiques : IsraĂ«l ignore les dĂ©cisions de justice, dĂ©fie le droit international et compte sur ses alliĂ©s pour bloquer leur mise en Ćuvre. Les militants, journaliste et politiciens exprimant leur dĂ©saccord sont victimes de harcĂšlement, de doxxing et de reprĂ©sailles professionnelles. LâimpunitĂ© dâIsraĂ«l, sans contrĂŽle et mĂȘme cĂ©lĂ©brĂ©e, devient la norme, infligeant une horreur implacable aux Palestiniens, tandis que la communautĂ© internationale ferme les yeux.
Le âremĂšde contre lâantisĂ©mitismeâ
LâimpunitĂ© dont jouit IsraĂ«l tient Ă un âremĂšdeâ immunisant lâĂtat hĂ©breu contre toute critique : les accusations ritualisĂ©es de ânouvel antisĂ©mitismeâ qui sont immĂ©diatement portĂ©es contre quiconque ose le moindre reproche. Les mĂ©dias occidentaux amplifient le discours dâun cercle restreint de groupes pro-israĂ©liens, souvent eux-mĂȘmes vecteurs de racisme anti-palestinien, qui qualifient lâopposition Ă lâapartheid et au gĂ©nocide de fanatisme. Cette tactique est grossiĂšre, mais efficace : elle transforme le dĂ©ni en preuve et dĂ©tourne lâattention des crimes commis par IsraĂ«l. MĂȘme les mouvements pro-palestiniens sont incitĂ©s Ă une autocensure dĂ©mesurĂ©e sur de prĂ©tendus problĂšmes dâantisĂ©mitisme, les empĂȘchant ainsi de consacrer leur Ă©nergie Ă la lutte contre le gĂ©nocide et lâapartheid. Dâautre part, le monde universitaire perd son temps Ă dĂ©battre de la distinction Ă©vidente entre sâopposer Ă un Ătat et haĂŻr un peuple.
Le vĂ©ritable antisĂ©mitisme est grave, mais la plupart des incidents signalĂ©s relĂšvent de la catĂ©gorie des âincivilitĂ©sâ non violentes. Quant aux allĂ©gations dâune recrudescence mondiale, elles assimilent les critiques dâIsraĂ«l, les publications sur les rĂ©seaux sociaux, les insultes et les incidents sous faux drapeau Ă de vĂ©ritables attaques contre les Juifs. Comme les critiques Ă lâencontre dâIsraĂ«l sont systĂ©matiquement qualifiĂ©es dâantisĂ©mitisme, la recrudescence de ces accusations pendant le gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par lâĂtat hĂ©breu Ă©tait tout Ă fait prĂ©visible. En prĂ©tendant reprĂ©senter tous les Juifs, IsraĂ«l incite de maniĂšre perverse les antisĂ©mites, quâils soient mal informĂ©s ou convaincus, Ă blĂąmer collectivement les Juifs pour les crimes commis par IsraĂ«l.
Cette dynamique prend forme dans la dĂ©finition de lâantisĂ©mitisme de lâAlliance internationale pour la mĂ©moire de lâHolocauste, dĂ©sormais adoptĂ©e par plus de 46 pays. PrĂ©sentĂ©e comme une rĂ©ponse Ă un prĂ©tendu ânouvel antisĂ©mitismeâ, cette dĂ©finition se concentre sur le discours plutĂŽt que sur lâinjustice structurelle, assimile la critique politique dâIsraĂ«l Ă du sectarisme et fournit un moyen de contrĂŽler les institutions et de protĂ©ger IsraĂ«l de toute enquĂȘte approfondie, objectif parfaitement compris par ses concepteurs. Le Canada est allĂ© encore plus loin en publiant, en 2024, un manuel qui prĂ©sente les Palestiniens et leurs soutiens comme des fanatiques pour le simple fait dâexposer les crimes commis par IsraĂ«l, une logique aussi absurde que de qualifier de pyromane toute personne alertant sur un incendie.
Ce qui a pour consĂ©quence un rĂ©gime dâapplication transnational, avec une rĂ©pression de la dissidence dans les universitĂ©s, les ONG et les institutions publiques, tandis que des groupes bien financĂ©s rebaptisent la solidaritĂ© avec les Palestiniens âantisĂ©mitismeâ. Cette diffamation est dĂ©vastatrice : Francesca Albanese, la rapporteure spĂ©ciale des Nations unies, se souvient avoir eu âla nausĂ©eâ quand elle a Ă©tĂ© qualifiĂ©e pour la premiĂšre fois dâantisĂ©mite. Le postulat absurde Ă lâorigine de ces accusations sous-entend que des militants de longue date pour la justice raciale, les droits des autochtones, la protection des travailleurs, lâaction climatique et autres causes similaires, lorsquâils protestent contre un gĂ©nocide en temps rĂ©el, seraient soudainement animĂ©s par la haine des Juifs plutĂŽt que par les mĂȘmes engagements moraux qui les ont guidĂ©s tout au long de leur vie. Que ces accusations ne soient pas rejetĂ©es par les rĂ©dactions ou les institutions, alors quâelles proviennent de milieux manifestement partisans dâIsraĂ«l, en dit long sur le privilĂšge extraordinaire dont jouissent leur auteurs. Cette discrimination sĂ©lective dans la surveillance de lâantisĂ©mitisme contraste fortement avec lâindiffĂ©rence manifestĂ©e Ă lâĂ©gard de la violence anti-musulmane meurtriĂšre.
La politisation de lââantisĂ©mitismeâ nâa jamais vĂ©ritablement servi les communautĂ©s juives, comme le montre clairement lâhypocrisie des prĂ©tendus dĂ©fenseurs. LâAnti-Defamation League a minimisĂ© le salut nazi dâElon Musk en le qualifiant de âgeste malheureuxâ alors quâelle a condamnĂ© le maire Mamdani pour une simple critique du sionisme. AprĂšs la terrible fusillade de Bondi Beach, IsraĂ«l sâest empressĂ© de condamner les manifestations contre le gĂ©nocide, lançant des accusations avant mĂȘme de disposer de preuves, exposant ainsi la logique dĂ©libĂ©rĂ©ment pervertie de ces campagnes de diffamation. En rĂ©alitĂ©, lâantisĂ©mitisme le plus dangereux ne vient pas des dĂ©tracteurs dâIsraĂ«l, mais de lâextrĂȘme droite, notamment des nationalistes blancs et des sionistes chrĂ©tiens. Cette rĂ©alitĂ© est systĂ©matiquement occultĂ©e par ces zĂ©lĂ©s partisans. Comment peuvent-ils imaginer lutter efficacement contre lâantisĂ©mitisme alors quâils ignorent si soigneusement ses causes profondes ?
Et pendant ce temps-lĂ , les institutions sionistes rĂ©duisent le judaĂŻsme Ă une idĂ©ologie de suprĂ©matie raciale exclusive, subvertissant ainsi ses valeurs fondamentales dâaltruisme, de vĂ©ritĂ©, de justice et de paix. En exigeant des Juifs du monde entier un appui inconditionnel des crimes dâIsraĂ«l, elles pratiquent lâantisĂ©mitisme mĂȘme quâelles prĂ©tendent combattre, faisant croire que tous les Juifs soutiennent le gĂ©nocide. Elles ignorent ou minimisent le nombre croissant de Juifs opposĂ©s au sionisme et qui condamnent les crimes dâIsraĂ«l, pour invisibiliser toute dissidence juive. Cette stratĂ©gie menace les communautĂ©s juives au lieu de les protĂ©ger.
La Nakba
Le prĂ©tendu remĂšde Ă lâantisĂ©mitisme a prĂ©parĂ© le terrain Ă un massacre de masse. Depuis le 7 octobre 2023, IsraĂ«l a transformĂ© des dĂ©cennies dâoppression en un vĂ©ritable gĂ©nocide. Avec un bilan dĂ©passant probablement les 100 000 morts, voire largement plus, les Palestiniens sont confrontĂ©s Ă des tueries et Ă des souffrances sans prĂ©cĂ©dent dans lâhistoire moderne.
Gaza a Ă©tĂ© bombardĂ©e avec quelque 85 000 tonnes dâexplosifs par kilomĂštre carrĂ©, soit environ six fois la puissance de la bombe dâHiroshima. Les civils reprĂ©sentent au moins 83 % des victimes, parmi lesquelles des centaines de journalistes et de travailleurs humanitaires. Les soldats ont dĂ©libĂ©rĂ©ment pris pour cible des tentes, des âzones de sĂ©curitĂ©â et des files dâattente pour lâaide humanitaire, massacrant plus de 2 600 civils affamĂ©s qui faisaient la queue pour obtenir de quoi manger, et en blessant au moins 19 000 autres. Des cas documentĂ©s de soldats tirant mĂ©thodiquement sur des enfants ont Ă©tĂ© recensĂ©s, visant diffĂ©rentes parties du corps selon un programme, âcomme un exercice de tir sur cibleâ. En dehors de Gaza, plus de 1 000 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s en Cisjordanie et Ă JĂ©rusalem-Est, alors que le Hamas nây est pas prĂ©sent.
Le prĂ©tendu remĂšde Ă lâantisĂ©mitisme a prĂ©parĂ© le terrain Ă un massacre de masse. Depuis le 7 octobre 2023, IsraĂ«l a transformĂ© des dĂ©cennies dâoppression en un vĂ©ritable gĂ©nocide. Avec un bilan probablement supĂ©rieur Ă 100 000 morts, voire largement plus, les Palestiniens sont confrontĂ©s Ă des tueries et Ă des souffrances sans prĂ©cĂ©dent dans lâhistoire moderne.
Gaza a Ă©tĂ© bombardĂ©e avec quelque 85 000 tonnes dâexplosifs par kilomĂštre carrĂ©, soit environ six fois la puissance de la bombe dâHiroshima. Les civils reprĂ©sentent au moins 83 % des victimes, parmi lesquelles des centaines de journalistes et de travailleurs humanitaires. Les soldats ont dĂ©libĂ©rĂ©ment pris pour cible des tentes, des âzones de sĂ©curitĂ©â et des files dâattente pour lâaide humanitaire, massacrant plus de 2 600 civils affamĂ©s qui faisaient la queue pour obtenir de quoi manger, et en blessant au moins 19 000 autres. Des cas documentĂ©s de soldats tirant mĂ©thodiquement sur des enfants ont Ă©tĂ© recensĂ©s, visant diffĂ©rentes parties du corps selon un programme, âcomme un exercice de tir sur cibleâ. En dehors de Gaza, plus de 1 000 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s en Cisjordanie et Ă JĂ©rusalem-Est, alors que le Hamas nây est pas prĂ©sent.
On dĂ©nombre plus de 4 800 amputations, affectant notamment dix enfants par jour. Les hĂŽpitaux sont Ă lâarrĂȘt, lâapprovisionnement en eau potable et en mĂ©dicaments est interrompu et les maladies infectieuses se propagent sans contrĂŽle. Actuellement, au moins 9 300 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguĂ«. Le personnel mĂ©dical est enlevĂ©, torturĂ© ou tuĂ©, privant les hĂŽpitaux de Gaza de leurs effectifs. La nourriture, lâeau, le carburant et lâĂ©lectricitĂ© sont rationnĂ©s de maniĂšre dĂ©libĂ©rĂ©e. Les cultures sont dĂ©truites. Les maisons, les Ă©coles et les universitĂ©s ont Ă©tĂ© pulvĂ©risĂ©es. PrĂšs de deux millions de personnes ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©es, souvent Ă plusieurs reprises, et la vie civile est au bord de lâeffondrement.
Au-delĂ de la violence aveugle sĂ©vit une terreur ciblĂ©e. Depuis le 7 octobre, au moins 56 Palestiniens ont Ă©tĂ© torturĂ©s Ă mort. Des intellectuels, des Ă©crivains et des professeurs sont dĂ©libĂ©rĂ©ment assassinĂ©s, notamment Refaat Alareer, surnommĂ© âla voix de Gazaâ, tuĂ© avec sa famille. IsraĂ«l sâappuie sur des âlistes de personnes Ă abattreâ gĂ©nĂ©rĂ©es par lâintelligence artificielle et sur le systĂšme âWhereâs Daddy ?â pour traquer les Palestiniens jusque chez eux et exterminer des familles entiĂšres. Des drones diffusent des enregistrements de pleurs de bĂ©bĂ©s et de cris de femmes pour attirer les civils hors des abris, puis ouvrent le feu. Lâeffondrement documentĂ© des taux de natalitĂ© et la flambĂ©e de la mortalitĂ© infantile tĂ©moignent dâune violence reproductive dĂ©libĂ©rĂ©e, qui sâinscrit dans une stratĂ©gie plus large de rĂ©duction de la population palestinienne et de remĂ©diation Ă la menace dĂ©mographique perçue par IsraĂ«l.
Lâampleur, la barbarie et le sadisme de cette campagne dĂ©fient la capacitĂ© descriptive ordinaire. Face Ă lâhistoire de violence orchestrĂ©e et de spoliation depuis 1948, ces agissements ne peuvent quâĂȘtre qualifiĂ©s de typiques dâun Ătat paria â ou alors le terme perd tout son sens.

La rĂ©sistance qualifiĂ©e de âterrorismeâ
Pour justifier cette violence sans fin, IsraĂ«l qualifie toute rĂ©sistance palestinienne de âterrorismeâ. Ce discours est amplifiĂ© par les pays occidentaux et les mĂ©dias, qui passent sous silence le droit des peuples occupĂ©s Ă rĂ©sister, conformĂ©ment au droit international. Les commentateurs, mĂȘme de gauche, commencent systĂ©matiquement par diaboliser le Hamas. Il faudrait se focaliser exclusivement sur les crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre, malgrĂ© les zones dâombre entourant le comportement dâIsraĂ«l, notamment son recours Ă la directive Hannibal et son refus dâautoriser une enquĂȘte internationale indĂ©pendante. Lâattaque du 7 octobre ressemble plutĂŽt Ă la ârĂ©volte des esclavesâ : la rĂ©bellion violente dâune population enfermĂ©e, maltraĂźtĂ©e et privĂ©e de recours politiques. Lâancien rapporteur spĂ©cial des Nations unies, Richard Falk, a fait remarquer que si les preuves des atrocitĂ©s commises par le Hamas doivent faire lâobjet dâune enquĂȘte, lâattaque elle-mĂȘme âsemble tout Ă fait justifiable et attendue depuis bien longtempsâ. La Cour internationale de justice (CIJ) aurait pu examiner les accusations de crimes de guerre portĂ©es contre trois dirigeants du Hamas, mais IsraĂ«l les a tous trois assassinĂ©s.
Contrairement Ă ce que la plupart des mĂ©dias laissent entendre, le Hamas est une organisation politique et sociale lĂ©gitime qui mĂšne une lutte de libĂ©ration nationale tout en fournissant des services humanitaires Ă la population palestinienne. Sa branche militaire mĂšne une rĂ©sistance armĂ©e vĂ©ritablement hĂ©roĂŻque, avec des ressources limitĂ©es et des armes improvisĂ©es, face Ă une armĂ©e dont la taille et la puissance de feu sont Ă©crasantes. Pourtant, sâinspirant dâIsraĂ«l, certaines puissances occidentales (moins de 1 % des membres de lâONU) ont qualifiĂ© le Hamas dââorganisation terroristeâ. AprĂšs la victoire Ă©lectorale du Hamas en 2006, IsraĂ«l a imposĂ© un blocus et lancĂ© des attaques Ă grande Ă©chelle, tuant des civils et sâattaquant mĂ©thodiquement Ă la sociĂ©tĂ© civile palestinienne, ce que les autoritĂ©s israĂ©liennes appellent cyniquement âtondre la pelouseâ. En rĂ©ponse, le Hamas a Ă©tendu son rĂ©seau de tunnels afin de contourner le blocus et de protĂ©ger les civils des frappes aĂ©riennes, une mesure dĂ©fensive rationnelle dictĂ©e par le dĂ©sengagement de la communautĂ© internationale Ă lâĂ©gard du peuple palestinien.
Les parias âlibĂ©rauxâ
Cette vision de la rĂ©sistance palestinienne imprĂšgne la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne, oĂč mĂȘme les commentateurs libĂ©raux qualifient rĂ©guliĂšrement les combattants palestiniens de âterroristesâ. Un tel niveau de soutien public Ă la violence dâĂtat systĂ©matique est extrĂȘmement prĂ©occupant. Certains spĂ©cialistes du Moyen-Orient ont qualifiĂ© IsraĂ«l dââentitĂ© malade, dysfonctionnelle et perverseâ, et de âsociĂ©tĂ© nĂ©vrosĂ©eâ. Ce nâest pas une hyperbole. Les sondages rĂ©alisĂ©s depuis le 7 octobre 2023 montrent un soutien massif des Juifs israĂ©liens au gĂ©nocide : seuls 4 % estiment que la rĂ©ponse militaire est allĂ©e trop loin, et prĂšs de la moitiĂ© se sont dĂ©clarĂ©s favorables Ă lâĂ©limination de tous les civils des villes contrĂŽlĂ©es par lâarmĂ©e israĂ©lienne. Ce dĂ©litement moral explique des scĂšnes difficilement concevables dans toute dĂ©mocratie fonctionnelle : des civils interceptant et pillant lâaide destinĂ©e aux Gazaouis affamĂ©s, ou un ministre de la SĂ©curitĂ© nationale proposant ouvertement lâexĂ©cution des prisonniers palestiniens (il a rĂ©cemment Ă©tĂ© aperçu arborant une broche en forme de nĆud coulant).
Ainsi, le sionisme libĂ©ral, sâil a jamais existĂ©, semble nâĂȘtre quâune fiction. Il ne sâagit plus que dâune ruse rhĂ©torique qui blanchit la domination coloniale en se parant des oripeaux de la dĂ©mocratie et des droits de lâhomme, suggĂ©rant que lâapartheid et le gĂ©nocide ne seraient que des aberrations imputables Ă de mauvais dirigeants. Le soutien quasi universel de lâopinion publique Ă ces massacres ĂŽte toute crĂ©dibilitĂ© Ă cette affirmation.
Ă lâĂ©tranger, les institutions sionistes renforcent ce dĂ©ni par des dĂ©cennies de mythification, du fantasme dâun dĂ©sert rendu fertile au mensonge dâune âterre sans peuple pour un peuple sans terreâ. Lâattachement Ă©motionnel Ă IsraĂ«l rĂ©sulte dâun ancrage religieux, culturel et institutionnel, dâoĂč lâinertie, voire la complicitĂ©, des organisations juives progressistes face Ă lâintensification des atrocitĂ©s.
LâimpunitĂ© dâIsraĂ«l sâappuie toutefois sur dâautres soutiens que le sionisme juif. Aux Ătats-Unis, les sionistes chrĂ©tiens sont environ trente fois plus nombreux que les sionistes juifs. Ils apportent un soutien financier et politique considĂ©rable Ă IsraĂ«l, tout en adhĂ©rant Ă une idĂ©ologie apocalyptique dĂ©lirante, dĂ©pourvue de toute rationalitĂ© et de tout sens moral fondĂ©e sur la mort massive des Juifs. Leurs homologues canadiens, moins nombreux mais influents, forment une faction puissante au sein du Parti conservateur traditionnel. Ils contribuent Ă financer et Ă soutenir les crimes dâIsraĂ«l, tout en faisant rĂ©gner la rĂ©pression dans leur propre pays.
Ainsi, la domination coloniale et la suprĂ©matie ethnique ne sont pas des dĂ©rives du projet, mais ses principes mĂȘmes, sans variante âlibĂ©raleâ. Le soutien massif de la sociĂ©tĂ© au gĂ©nocide souligne lâinefficacitĂ© des appels Ă la modĂ©ration ou Ă la retenue. Si le sionisme libĂ©ral a jamais existĂ©, il repose dĂ©sormais sous les dĂ©combres de Gaza.
âAucun autre paysâ â La stigmatisation du paria
IsraĂ«l refuse dâĂȘtre âstigmatisĂ©â et ses dĂ©fenseurs invoquent le Soudan, le Myanmar ou le bombardement de Dresde, comme si dâautres atrocitĂ©s pouvaient effacer les siennes. La rĂ©alitĂ© serait plutĂŽt inverse : depuis des dĂ©cennies, IsraĂ«l bĂ©nĂ©ficie de privilĂšges extraordinaires â il se voit gratifiĂ© dâarmes amĂ©ricaines, britanniques et canadiennes, dâune couverture diplomatique et dâune indulgence politique sans Ă©quivalent pour aucun autre Ătat. La plĂ©thore de rĂ©solutions de lâONU Ă son sujet ne tĂ©moigne pas dâun parti pris, mais de la frĂ©quence et de la gravitĂ© de ses violations. Loin dâimposer Ă IsraĂ«l des normes plus draconiennes, la CPI exige simplement quâil respecte les lois les plus Ă©lĂ©mentaires, quâil viole Ă une Ă©chelle inĂ©dite contre une population captive depuis plus longtemps que nâimporte quelle autre sur Terre. Si un Ătat mĂ©rite une surveillance renforcĂ©e, câest bien celui qui commet des crimes si atroces.
De plus, non seulement nos gouvernements dĂ©fendent IsraĂ«l, mais ils vont jusquâĂ rĂ©primer activement ceux qui contestent les crimes commis par lâĂtat hĂ©breu : surveillance des manifestants, criminalisation de la solidaritĂ© avec la Palestine, menaces de licenciement, de poursuites judiciaires ou dâarrestation des dĂ©tracteurs dâIsraĂ«l. Richard Falk a ainsi Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă la frontiĂšre canadienne pour son engagement en faveur de la Palestine, tandis que les soldats de lâarmĂ©e israĂ©lienne, impliquĂ©s dans des crimes de guerre, peuvent sâexprimer librement et mener des opĂ©rations de recrutement sur les campus. Le monde entier est soumis Ă un lavage de cerveau permanent destinĂ© Ă le contraindre Ă privilĂ©gier les intĂ©rĂȘts dâun Ătat gĂ©nocidaire plutĂŽt que la souffrance de ses victimes. En effet, nos gouvernements contribuent activement Ă faire respecter un climat de âterreur civileâ au sein dâun Ătat paria.
Le lobbying juif a convaincu le Canada de mettre fin au financement de KAIROS, une organisation ĆcumĂ©nique de dĂ©fense des droits humains, aprĂšs 35 ans dâexistence, tandis que des organisations caritatives pro-israĂ©liennes versent des centaines de millions de dollars Ă des projets israĂ©liens, y compris des opĂ©rations militaires, souvent en violation des rĂšgles fiscales, impliquant ainsi les contribuables canadiens dans les atrocitĂ©s en cours. Les politiciens canadiens insistent par ailleurs sur la nature âĂ©ternelleâ de lâamitiĂ© et de lâalliance qui nous lie Ă IsraĂ«l, un pays avec lequel nous partagerions des âvaleurs fondamentalesâ, une amitiĂ© renforcĂ©e par le partage de renseignements, la coopĂ©ration militaire, un accord de libre-Ă©change et la vente dâarmes canadiennes, en violation des obligations juridiques nous interdisant de nous rendre complices de crimes de guerre.
Ces pratiques conjuguĂ©es rĂ©vĂšlent Ă quel point les privilĂšges israĂ©liens sont profondĂ©ment ancrĂ©s aux Ătats-Unis et au Canada, et de quelle maniĂšre la rĂ©pression de la dissidence devient systĂ©mique. Le scandale ne rĂ©side pas dans les critiques excessives des crimes dâIsraĂ«l, mais dans lâimmunitĂ© sans prĂ©cĂ©dent dont bĂ©nĂ©ficie un Ătat paria commettant des atrocitĂ©s de masse, immunitĂ© qui lâexonĂšre de toute exposition et de toute responsabilitĂ© â aucun autre pays nâa jamais bĂ©nĂ©ficiĂ© de telles largesses. Nos dĂ©mocraties tolĂšrent quâun petit Ătat lointain ultra-violent exerce une influence aussi corrosive sur nos libertĂ©s civiles. Si IsraĂ«l est pointĂ© du doigt, câest parce que nos gouvernements sont complices de ses crimes â en lâarmant, le protĂ©geant et en punissant ceux qui le dĂ©noncent â, ce qui nous contraint, nous, Canadiens, Ă condamner, Ă affronter et Ă rĂ©sister Ă ces crimes.

DĂ©noncer lâĂtat paria
Le parcours dâIsraĂ«l rĂ©vĂšle une vĂ©ritĂ© implacable : il nâest pas prĂȘt Ă se rĂ©former. Ă lâinstar de lâAfrique du Sud de lâapartheid, IsraĂ«l est un Ătat paria qui ne survit que grĂące Ă une domination et une violence inouĂŻes. Bien que le terme âpariaâ nâait aucune valeur juridique officielle, il dĂ©signe un rĂ©gime ayant perdu toute prĂ©tention Ă la normalitĂ©. Cette dĂ©signation devrait ĂȘtre appliquĂ©e sans hĂ©sitation par les gouvernements, les journalistes, les universitaires et les dĂ©fenseurs des droits humains, jusquâĂ ce quâIsraĂ«l soit dĂ©finitivement tenu responsable de son mĂ©pris du droit et de lâhumanitĂ©.
Lâhistorien Ilan PappĂ© a observĂ© que le sionisme entre dans sa phase terminale, et on ne peut quâespĂ©rer quâil ait raison pour le bien des Palestiniens et du reste du monde. IsraĂ«l ne devrait pas bĂ©nĂ©ficier dâune quelconque lĂ©gitimitĂ© pour justifier sa barbarie. La Palestine doit rester au centre du dĂ©bat public, mĂȘme si IsraĂ«l et les Ătats-Unis dĂ©tournent lâattention de Gaza, de la Cisjordanie et de leur programme expansionniste. La pression internationale est lâunique moyen pour quâIsraĂ«lrende enfin des comptes et que justice soit rendue. Dâici lĂ , le terme âpariaâ doit ĂȘtre utilisĂ© sans relĂąche, aussi spontanĂ©ment que âministĂšre de la SantĂ© du gouvernement du Hamasâ.
Il fut un temps oĂč les politiciens et les dirigeants politiques, prĂ©tendument progressistes, mais moralement frileux, reconnaissaient en privĂ© la vĂ©ritĂ©, sans toutefois jamais oser la professer publiquement. Ils prĂ©tendaient alors quâun âvĂ©ritable amiâ dâIsraĂ«l le pousserait Ă changer de cap pour son propre bien. Cette croyance est rĂ©volue. IsraĂ«l a clairement montrĂ© quâil est aux antipodes des valeurs humanistes et ne permettra jamais la crĂ©ation dâun Ătat palestinien, dĂ©masquant ainsi lâhypocrisie des âĂ©litesâ occidentales.
Si le statut de paria doit donc garder tout son sens, il doit se traduire par des mesures dĂ©cisives et coordonnĂ©es. ConcrĂštement, cette dĂ©marche implique de mettre fin Ă lâoccupation et Ă lâapartheid, de radier IsraĂ«l des institutions internationales, y compris de lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, dâimposer un embargo militaire total, des sanctions diplomatiques, commerciales, financiĂšres, universitaires et culturelles, en accord avec les stratĂ©gies mondiales de boycott, dĂ©sinvestissement et sanctions (BDS), et de mettre en Ćuvre un processus de justice transitionnelle avec des rĂ©parations. Les gouvernements et la sociĂ©tĂ© civile doivent poursuivre les responsables devant la CPI, la CIJ et dâautres instances judiciaires, restreindre les dĂ©placements des fonctionnaires complices, contraindre les entreprises Ă se dĂ©sengager de lâapartheid, protĂ©ger les militants contre la rĂ©pression, tenir les mĂ©dias pour responsables de la diffusion de la propagande et donner la prioritĂ© aux mouvements dirigĂ©s par les Palestiniens, en privilĂ©giant les voix longtemps marginalisĂ©es, y compris dans les espaces de dĂ©fense des droits.
Le soutien occidental Ă IsraĂ«l, ancrĂ© dans la culpabilitĂ© historique, les intĂ©rĂȘts stratĂ©giques, les affinitĂ©s culturelles, la politique intĂ©rieure, lâidĂ©ologie religieuse, lâargent et la propagande, constitue un obstacle majeur Ă toute responsabilisation. Ces alliances doivent ĂȘtre rompues. Les souffrances incessantes des Palestiniens lâexigent : des enfants morts ou traumatisĂ©s, des communautĂ©s anĂ©anties, des avenirs effacĂ©s. Lâinaction de la communautĂ© internationale aggrave la crise morale et crĂ©e un vide qui permet Ă IsraĂ«l de prĂ©tendre Ă une âcrise de lĂ©gitimitĂ©â, alors quâil se dĂ©savoue lui-mĂȘme avec ses crimes perpĂ©tuels.
La romanciĂšre palestinienne Susan Abulhawa a soulignĂ© quâIsraĂ«l a infligĂ© une profonde âblessure moraleâ Ă lâhumanitĂ© tout entiĂšre par sa barbarie sadique. Elle souligne ainsi la nĂ©cessitĂ© urgente pour les citoyens du monde de tenir IsraĂ«l pour ce quâil est, un Ătat paria, de le tenir pleinement responsable et dâexercer une pression impitoyable jusquâĂ ce quâun ordre juste Ă©merge des dĂ©combres de son oppression inhumaine et barbare, et que la Palestine recouvre sa libertĂ©.
Traduit par Spirit of Free Speech


