đâđš Canaan & la mĂ©moire
Canaan doit faire revivre la mĂ©moire de notre peuple au Levant & en Palestine â un fondement plus ancien que toute revendication sur la terre. Car la terre, la culture et Canaan se souviennent.
đâđš Canaan & la mĂ©moire
Comment lâhistoire, les Ăcritures et la science contredisent le mythe sioniste.
Par Dyab Abou Jahjah, le 21 février 2026
Hier, jâai sacrifiĂ© ma soirĂ©e pour regarder lâinterview de Tucker Carlson avec Mike Huckabee, lâambassadeur amĂ©ricain en IsraĂ«l. Huckabee, bien sĂ»r, a exprimĂ© son sionisme fanatique, revendiquant un droit divin pour les Juifs non seulement sur la terre palestinienne, mais sur tout le Levant. Jâai eu le sentiment que Carlson a fait de son mieux pour contester les revendications dâindigĂ©nĂ©itĂ© des colonisateurs europĂ©ens qui affirment descendre dâancĂȘtres ayant vĂ©cu au Levant vers 1500 avant J.-C., dispersĂ©s Ă travers le monde, et qui reviennent aujourdâhui dans un Ă©lan romantique pour ârentrer chez euxâ et expulser ceux qui y vivent actuellement.
Ce que Tucker nâa pas suffisamment dĂ©montrĂ©, câest lâindigĂ©nĂ©itĂ© des populations vivant actuellement en Palestine et dans le reste du Levant, par opposition aux revendications fantaisistes et non fondĂ©es des colons europĂ©ens. Jâai Ă©galement eu le sentiment que lâinterview dans son ensemble est restĂ©e superficielle et bancale. Alors que Huckabee exposait son idĂ©ologie fanatique du âLebensraumâ divin, autrement dit le sionisme, niait le gĂ©nocide Ă Gaza et justifiait le meurtre dâenfants, Tucker semblait surtout sâattacher Ă dĂ©montrer que Huckabee nâĂ©tait pas âAmerica Firstâ et ne dĂ©fendait pas assez fermement les chrĂ©tiens. Ce nâest pas lĂ lâessentiel, loin sâen faut.
Commençons par la Bible, puisque les deux hommes lâinvoquent comme rĂ©fĂ©rence faisant autoritĂ©. La Bible est, bien sĂ»r, un texte de foi plutĂŽt quâun rĂ©cit historique moderne. Elle prĂ©sente une thĂ©ologie, un rĂ©cit et une mĂ©moire mythique plutĂŽt quâune historiographie empiriquement vĂ©rifiable. NĂ©anmoins, si elle est citĂ©e comme fondement de revendications politiques, il est lĂ©gitime dâexaminer ce quâelle dit rĂ©ellement.
Un argument central du sionisme religieux est que Dieu a promis la terre entre le Nil et lâEuphrate Ă Abraham et Ă ses descendants. Le passage concernĂ© dit :
âJe maintiendrai pour toujours mon alliance avec toi, et avec ta descendance aprĂšs toi, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. En vertu de cette alliance, je serai ton Dieu et celui de ta descendance aprĂšs toi. Je te donnerai, ainsi quâĂ ta descendance, ce pays de Canaan oĂč tu vis maintenant en Ă©tranger. Il sera votre propriĂ©tĂ© pour toujours. Et je serai le Dieu de ta descendanceâ. GenĂšse 17:7â8
Deux observations sâimposent immĂ©diatement.
PremiĂšrement, le pays est explicitement nommĂ© : il sâagit du âpays de Canaanâ. Il est dĂ©crit comme un pays oĂč Abraham est un âĂ©trangerâ. En dâautres termes, selon le rĂ©cit biblique lui-mĂȘme, il ne sâagissait pas dâune terre vierge, mais dâun territoire dĂ©jĂ identifiĂ© et habitĂ©.
DeuxiĂšmement, le texte soulĂšve la question de la descendance. Abraham est considĂ©rĂ© dans les traditions juive, chrĂ©tienne et islamique comme une figure patriarcale. Les Arabes, par lâintermĂ©diaire dâIsmaĂ«l, sont Ă©galement traditionnellement considĂ©rĂ©s comme des descendants dâAbraham. Par consĂ©quent, mĂȘme dans un cadre abrahamique, la question de savoir qui peut prĂ©tendre Ă lâhĂ©ritage de la promesse nâest pas aussi simple quâelle est gĂ©nĂ©ralement prĂ©sentĂ©e dans les interprĂ©tations exclusivistes.
Ce qui est toutefois particuliĂšrement significatif pour le prĂ©sent dĂ©bat, câest le nom du pays : Canaan. La promesse nâest pas formulĂ©e en termes gĂ©ographiques abstraits, mais fait rĂ©fĂ©rence Ă un territoire spĂ©cifique dotĂ© dâune identitĂ© existante. Cela soulĂšve une question historique et conceptuelle : qui Ă©taient les CananĂ©ens, et quelle est la signification que revĂȘt la mention du nom de cette terre au moment mĂȘme oĂč elle a Ă©tĂ© promise ?
Canaan ne se limite pas Ă la Palestine. Dans une acception historique sĂ©rieuse, ce terme dĂ©signe un espace levantin englobant la Palestine, le Liban, la Transjordanie et la Syrie cĂŽtiĂšre â une zone de villes, dâarriĂšre-pays et de routes commerciales densĂ©ment peuplĂ©e bien avant que les identitĂ©s modernes ne se cristallisent en nations.
Dans le langage courant, les CananĂ©ens sont souvent qualifiĂ©s de âPhĂ©niciensâ. Pourtant, cette appellation nâa jamais reflĂ©tĂ© leur propre identification. Le peuple connu dans lâhistoire sous le nom de PhĂ©niciens sâidentifiait comme CananĂ©ens. âPhĂ©nicienâ Ă©tant un exonyme donnĂ© par les Grecs.
Les Grecs ont peut-ĂȘtre donnĂ© aux CananĂ©ens un nom cĂ©lĂšbre, mais les CananĂ©ens ont donnĂ© aux Grecs bien plus que cela. Parmi les dons des CananĂ©ens aux Grecs, lâun mĂ©rite une attention particuliĂšre car il met Ă mal la mythologie habituelle de lâEurope : la tradition alphabĂ©tique. Lâadoption par les Grecs de lâĂ©criture alphabĂ©tique des PhĂ©niciens au VIIIe siĂšcle avant notre Ăšre est largement considĂ©rĂ©e comme un tournant culturel dĂ©cisif.
La premiĂšre lettre est en soi un petit mĂ©morial Ă lâimagination crĂ©atrice levantine : lâaleph â le bĆuf/taureau â dont le nom a survĂ©cu Ă travers la lignĂ©e phĂ©nicienne pour devenir lâalpha grec, puis le A latin. Retournez le A et vous verrez le taureau cananĂ©en.
Câest lĂ que le mythe dâEurope devient plus quâun simple embellissement classique.
Dans la tradition grecque, Europe est la femme phĂ©nicienne emportĂ©e vers lâouest par un taureau. Lâhistoire a de nombreuses interprĂ©tations â sexuelles, politiques, impĂ©riales.
Dans mon livre Enlightenment under Fire, jâai proposĂ© une autre lecture : Europe comme lâalphabet lui-mĂȘme, enlevĂ©e par le taureau â non seulement parce que le taureau est le vecteur du transfert, mais parce que le taureau est alep/aleph, la premiĂšre lettre, le signe originel.
Il sâagit dâune thĂ©orie, et non dâune affirmation faisant lâobjet dâun consensus scientifique. Mais elle a lâavantage de correspondre Ă ce que nous savons concrĂštement : une technologie alphabĂ©tique se dĂ©plaçant vers lâouest Ă travers la mer, devenant grecque, puis latine, puis europĂ©enne â souvent sans que lâon mentionne son origine levantine.
La génétique moderne apporte désormais une confirmation indépendante : les peuples du Levant présentent une continuité substantielle à travers les ùges avec les Cananéens.
Une Ă©tude publiĂ©e en 2017 dans lâAmerican Journal of Human Genetics a sĂ©quencĂ© les gĂ©nomes dâindividus datant dâenviron 3 700 ans provenant de Sidon (une importante citĂ©-Ătat cananĂ©enne) et les a comparĂ©s Ă ceux de Libanais contemporains. La conclusion principale de lâĂ©tude montre la continuitĂ© du gĂ©nome cananĂ©en dans la population libanaise moderne.
Une Ă©tude publiĂ©e en 2020 dans Cell a analysĂ© des donnĂ©es gĂ©nomiques provenant dâindividus anciens mis au jour dans le sud du Levant et les a comparĂ©es Ă de vastes ensembles de donnĂ©es gĂ©nomiques modernes. Cette recherche a montrĂ© que la composante gĂ©nĂ©tique principale des groupes arabophones tels que les Palestiniens, les Libanais, les Syriens, les Jordaniens, les BĂ©douins et les Druzes provient en grande majoritĂ© des populations locales du Levant de lâĂąge du bronze associĂ©es Ă la culture cananĂ©enne. Dans les modĂšles statistiques, la plupart des Levantins modernes ont hĂ©ritĂ© la majeure partie de leur ascendance de ces populations cananĂ©ennes.
Rien de tout cela ne confĂšre de droits politiques par lâADN. Une telle chose nâexiste pas, et ne devrait pas exister. Si un test ADN rĂ©vĂ©lait aujourdâhui une ascendance italienne chez un citoyen français, cela ne modifierait pas lâidentitĂ© ou la nationalitĂ© de cette personne â ni ne devrait le faire. Mais si la vĂ©ritĂ© historique et les preuves gĂ©nĂ©tiques ne confĂšrent pas de droits politiques, le mensonge ne le peut pas non plus.
Pourtant, des individus originaires de Russie, de Pologne, dâAllemagne, des Ătats-Unis et dâailleurs â dont la plupart ne rĂ©sisteraient pas Ă un examen minutieux par analyse linguistique, et encore moins par analyse gĂ©nĂ©tique â prĂ©tendent ĂȘtre des SĂ©mites du Levant et, sur cette base, revendiquent le droit dâexpulser ou de tuer ceux qui sont indigĂšnes Ă cette terre.
Ces Ă©tudes remettent dĂ©finitivement en cause un argument central de la propagande sioniste : celui selon lequel les Levantins, et donc les Palestiniens, seraient des tribus arabes entrĂ©es en Canaan uniquement lors des conquĂȘtes islamiques.
La diffusion de la langue arabe et des formes culturelles arabes Ă partir de la fin de lâAntiquitĂ© nâa pas entraĂźnĂ© de remplacement de population. Ă travers le Levant, lâĂgypte et lâAfrique du Nord, les populations existantes ont adoptĂ© lâarabe progressivement au fil des siĂšcles par le biais de lâadministration publique, du commerce, des institutions religieuses et Ă©ducatives, ainsi que de la vie sociale urbaine. PrĂ©tendre que la langue arabe prouve une origine arabe est aussi illogique que dâaffirmer que, parce que le français et lâespagnol dĂ©rivent du latin, leurs locuteurs doivent ĂȘtre les descendants dâItaliens qui auraient âremplacĂ©â les Gaulois ou les IbĂšres.
Lors de la conquĂȘte musulmane, lâarabe est naturellement devenu la nouvelle langue de la vie politique et Ă©conomique. Au fil des siĂšcles, une grande partie de la population qui utilisait lâaramĂ©en comme lingua franca tout en parlant des dialectes cananĂ©ens est passĂ©e Ă lâarabe. Comme les trois langues en usage â le cananĂ©en, lâaramĂ©en et lâarabe â appartiennent Ă la mĂȘme famille de langues sĂ©mitiques, ce processus sâest dĂ©roulĂ© de maniĂšre organique. Il nây a pas eu de politique dâarabisation forcĂ©e. Dans les rĂ©gions oĂč aucune langue sĂ©mitique nâĂ©tait parlĂ©e, lâarabe nâa pas Ă©tĂ© adoptĂ©. Les gens sont devenus musulmans mais ont continuĂ© Ă parler le farsi, par exemple. La mĂȘme dynamique sâest produite avec lâadoption de lâislam : une partie importante de la communautĂ© qui a commencĂ© Ă parler lâarabe est restĂ©e chrĂ©tienne.
Mais revenons aux fondements du sionisme religieux. Selon la Bible hĂ©braĂŻque, le pays tire son nom de son peuple â les CananĂ©ens â bien avant lâĂ©mergence de lâidentitĂ© israĂ©lite. Lorsque les HĂ©breux apparaissent dans le rĂ©cit, ils ne âreviennentâ pas sur une terre vide ou abandonnĂ©e. Ils arrivent en tant quâĂ©trangers pĂ©nĂ©trant un territoire habitĂ©, tout comme Abraham est venu en Canaan en tant quâĂ©tranger
âAbram parcourut le pays jusquâau lieu nommĂ© Sichem, jusquâaux chĂȘnes de MorĂ©. Les CananĂ©ens Ă©taient alors dans le pays.
âLâĂternel apparut Ă Abram, et dit: Je donnerai ce pays Ă ta postĂ©ritĂ©. Et Abram bĂątit lĂ un autel Ă lâĂternel, qui lui Ă©tait apparuâ. GenĂšse 12:4â7.
AprĂšs quâAbraham eut sĂ©journĂ© en Ăgypte, puis lorsque les HĂ©breux ârevinrentâ une seconde fois en Canaan sous la conduite de JosuĂ©, la âpromesseâ prit une tournure violente et gĂ©nocidaire. Le texte biblique ne le cache pas. Au contraire, il prĂ©sente lâĂ©tablissement de la soi-disant âTerre promiseâ comme une conquĂȘte violente accompagnĂ©e dâordres explicites de dĂ©truire la population indigĂšne cananĂ©enne :
âLorsque le Seigneur ton Dieu tâaura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et quâil aura chassĂ© devant toi de nombreuses nations⊠tu les dĂ©truiras totalementâ. â DeutĂ©ronome 7:1â2
La logique de la dépossession est rendue encore plus explicite ailleurs :
âJe vous donnai un pays que vous n'aviez point cultivĂ©, des villes que vous n'aviez point bĂąties et que vous habitez, des vignes et des oliviers que vous n'aviez point plantĂ©s et qui vous servent de nourritureâ. â JosuĂ© 24:13
La doctrine biblique du áž„erem â la destruction totale des villes cananĂ©ennes, y compris les hommes, les femmes et les enfants (JosuĂ© 6â11) â correspond Ă toutes les dĂ©finitions modernes de lâintention gĂ©nocidaire. Quelle que soit la position thĂ©ologique de chacun, le texte est sans ambiguĂŻtĂ© : lâentrĂ©e des HĂ©breux en Canaan est racontĂ©e comme une invasion et un gĂ©nocide.
Cet aspect est important car lâidĂ©ologie sioniste invoque de maniĂšre sĂ©lective les Ăcritures pour revendiquer sa possession originelle, tout en ignorant que ces mĂȘmes Ăcritures affirment explicitement la prĂ©sence antĂ©rieure des CananĂ©ens et leur dĂ©possession violente. MĂȘme si lâon reconnaĂźt Ă la Bible une autoritĂ© historique, elle nâĂ©tablit pas lâindigĂ©nĂ©itĂ© juive. Elle documente une conquĂȘte et un gĂ©nocide.
Tout comme le sionisme religieux, le colonialisme de peuplement sioniste doit détruire Canaan pour exister, car il ne peut se justifier tant que la population indigÚne reste visible à travers le temps.
Câest lĂ que Canaan doit se voir accorder plus de poids dans notre vocabulaire culturel actuel â non pas comme une composante anti-arabe, mais comme un Ă©lĂ©ment plus profond de lâarabitĂ©, permettant la reconnaissance de soi levantine.
La civilisation arabe est le volet le plus rĂ©cent et le plus actif de lâidentitĂ© levantine, ancrĂ©e dans environ un millĂ©naire et demi de continuitĂ©. Elle nâest pas accessoire, elle est constitutive. Elle a rĂ©organisĂ© la place du Levant dans le monde et lâa reliĂ© Ă un vaste horizon civilisationnel sâĂ©tendant de lâAtlantique au Golfe. Il est impossible aujourdâhui de parler du Levant sans Ă©voquer la civilisation arabe.
Mais la culture levantine porte une empreinte mĂ©diterranĂ©enne orientale distincte qui prĂ©cĂšde de loin le VIIe siĂšcle et survit au sein de lâarabitĂ© levantine distincte. Elle nâapparaĂźt pas dans les grands rĂ©cits historiques, mais dans la trame de la vie quotidienne : dans le goĂ»t, le rythme, le geste, les us et coutumes. Ce sont lĂ des domaines qui changent rarement sous lâeffet dâune conquĂȘte ou dâune conversion, et presque jamais sous lâeffet dâune idĂ©ologie.
La cuisine est peut-ĂȘtre le registre le plus Ă©vident de cette continuitĂ©. Ce quâon appelle aujourdâhui la cuisine libanaise est lâexpression la plus aboutie dâune cuisine levantine plus large, commune au Liban, Ă la Palestine, Ă la Syrie et Ă la Jordanie. Il en va de mĂȘme pour le folklore musical levantin et les formes de danse telles que la dabke. Cette cohĂ©rence sâĂ©tend Ă la langue elle-mĂȘme. Ă travers le Levant, on parle des dialectes Ă©troitement apparentĂ©s, avec des variations infimes, qui font Ă©cho Ă une unitĂ© linguistique plus ancienne et portent encore les traces des structures de la langue cananĂ©enne.
Le colonisateur comprend cette continuitĂ© culturelle mieux que quiconque, et tente donc de se lâapproprier. Le colonialisme de peuplement ne sâempare pas seulement de la terre ; il tente Ă©galement de sâemparer de lâhistoire de cette terre. Câest pourquoi il existe une âpolitique alimentaireâ documentĂ©e dans le conflit israĂ©lo-arabe, et pourquoi la rĂ©appropriation des repĂšres culinaires levantins en tant quâidentitĂ© nationale âisraĂ©lienneâ constitue une forme dâeffacement parallĂšle Ă lâappropriation territoriale.
Canaan ne relĂšve pas de la nostalgie. Câest une culture vivante sous toutes ses facettes. Affirmer son existence, lâarticuler, est en soi un acte de rĂ©sistance contre lâappropriation et lâeffacement.
Aujourdâhui, la lutte pour Canaan nâest donc pas une affaire archĂ©ologique. Elle est dĂ©coloniale au sens pratique. Il sâagit de refuser le vol du temps. De faire revivre une mĂ©moire plus ancienne au Levant et en Palestine â non pas pour sortir de lâarabitĂ©, mais pour la renforcer. Pas pour contester lâidentitĂ© arabe, mais pour lâancrer dans des strates plus anciennes de lieu, de culture et de contribution.
Car le colonisateur ne cherche pas seulement Ă voler la terre. Il tente Ă©galement de voler Canaan â son archĂ©ologie, sa cuisine, sa musique, ses rythmes â faisant des continuitĂ©s indigĂšnes les accessoires dâun rĂ©cit colonisateur. La rĂ©ponse ne peut ĂȘtre purement dĂ©fensive. Elle doit ĂȘtre reconstructrice : nommer les Ă©poques, restaurer la profondeur, insister sur la complĂ©mentaritĂ© de la civilisation arabe et de la culture levantine â lâune couvrant les quatorze derniers siĂšcles, lâautre constituant la rĂ©alitĂ© historique plus ancienne sous-jacente.
Canaan devrait faire revivre la mĂ©moire de notre peuple au Levant et en Palestine â non pas en tant que substitut aux identitĂ©s existantes, mais en tant que fondement plus ancien de lâappartenance qui prĂ©cĂšde et survit Ă toute autre revendication sur la terre.
La terre se souvient. La culture se souvient. Canaan se souvient.
Traduit par Spirit of Free Speech




A toutes les époques, il y a eu des partis qui, voulant s'emparer d'un pouvoir auquel ils n'avaient pas droit, ont appuyé leurs prétentions sur une idée, un systÚme, une théorie religieuse ou sociale, qu'ils ont propagée par violence, par fraude ou par ruse.
Deux moyens furent notamment employĂ©s pour faire disparaĂźtre les tĂ©moignages gĂȘnants de la splendeur du rĂ©gime qu'on venait renverser : la destruction et l'altĂ©ration des textes. L'Ăšre de destruction s'ouvrit au VIIIĂšme siĂšcle. On prĂ©cise mĂȘme la date : cela commença en 747 avant notre Ăšre... Puis, lorsque ces partis triomphaient, ils avaient soin d'abord d'Ă©crire l'histoire passĂ©e, la montrant comme une longue prĂ©paration de leur triomphe qu'ils justifiaient par une aspiration des foules existant depuis longtemps. Pour rĂ©pandre l'histoire ainsi Ă©crite, ils crĂ©aient un enseignement obligatoire dans lequel ils ne manquaient pas d'avilir leurs ennemis, ceux qu'ils avaient vaincus et qu'ils reprĂ©sentaient toujours comme des barbares ou des gens de mauvaises mĆurs. Eux-mĂȘmes se reprĂ©sentaient comme des sauveurs apportant tous les progrĂšs. Or, tout cela Ă©tait mensonge et il importe aujourd'hui de rechercher la vĂ©ritĂ© cachĂ©e, c'est-Ă -dire le plaidoyer des vaincus, leur vĂ©ritable Ă©tat social et moral.
Lors de la rĂ©cente guerre d'Irak, rendue possible en raison des attentats du 11 septembre 2001, bien que sur les dix-neuf terroristes censĂ©s avoir frappĂ© les Ătats-Unis, aucun n'Ă©tait Iraquien, souvenons-nous des opĂ©rations de pillages et du saccage intĂ©gral du musĂ©e de Bagdad, organisĂ©s « professionnellement », sous la passivitĂ© totale des forces « amĂ©ricaines » (sous leur protection mĂȘme affirment certains), et de la destruction de tous ses ordinateurs et archives dans lesquels Ă©taient recensĂ©es et photographiĂ©es toutes les piĂšces de l'inventaire, ainsi que du vol de la majeure partie des 40 000 manuscrits et de la totalitĂ© des quelques 80 000 tablettes de terre cuite recouvertes d'inscriptions cunĂ©iformes⊠des tablettes sumĂ©riennes dont le dĂ©cryptage commençait Ă s'avĂ©rer fort instructif en ce qui concerne les influences babyloniennes chez les rĂ©dacteurs de l'Ancien TestamentâŠ
« Oh, mon peuple ! Ceux qui vous guident vous égarent. » (Isaïe 3:12)
NB : Supprimer la mĂ©moire collective dissout la nation, laquelle fait alors place au troupeau. Peut-ĂȘtre est-ce cela que cherchent les meneurs occultes du jeu, aux fins d'assurer plus facilement leur domination sur les ilotes modernes dont ils rĂȘvent ?
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/delisraelismeaujudaisme.html
Bonjour, une autre maniÚre de considérer l'actualité, la Géopolitique et l'Histoire.
Le sionisme (+ virus, arnaque climat, ...) est créé par le monde anglophone.
Utilisation frauduleuse de la Bible: les "Israélites" ne sont que nos pensées qui suivent la loi ("Moïse") dans le désert de la conscience mentale (ou solitude existentielle) et qui doivent investir le Royaume intérieur ("Jéricho"); les remparts sont nos idées reçues, croyances, dogmes, ... .
Mythes et Science (synchronicitĂ©s de Jung, Physique moderne, « trame divine » de Victor Hugo, ...) : Les USA c'est les Georgia guidestones, le retour de la bĂȘte YĂ©ti nommĂ©e Bigfoot, le mictlan (nord et enfer) des AztĂšques, le temple de Mammon Ă NY, âŠÂ : https://www.youtube.com/watch?v=m9rzgllkiC0&list=PLYHHkNZz74gu9F5eJ5Pls7rDyMFQhYtiV (+ odysĂ©e, rumble, crowdbunker, etc.).
En France, Macron - le suiveur sioniste (et autre) - c'est l'Emmanuel/Ze-us à ⊠l'ĂlysĂ©e bien sĂ»r (et non JĂ©-sus) ; un Ćdipe (dĂ©mon intĂ©rieur) qui tue le PĂšre (Patrie) et Ă©pouse sa mĂšre (intellectuelle, sa prof.) ; une « Brigitte », nom de la dĂ©esse (donc vieille PsychĂ©) gauloise, etc. (mĂȘme si travesti ou transexuel, ce qui rajoute Ă la complexitĂ© du personnage). Etc..
Ulysse (vous, moi) doit retrouver sa vie intérieure (Ithaque), sa fidÚle Psyché, et le Fils unique (Christianisme) à l'aide duquel nos démons prétendants sont détruits; son animalité est morte (le chien); etc. . En ce moment, beaucoup de Christs en Palestine!