đâđš Cour international de justice : IsraĂ«l rejette l'intention gĂ©nocidaire en la qualifiant de âsupposition hasardeuseâ
Selon la dĂ©fense d'IsraĂ«l, si au cours des assauts Ă Gaza, IsraĂ«l a outrepassĂ© les lois de la guerre, cela sera âtraitĂ© au moment opportunâ par le âsystĂšme juridique rigoureuxâ d'IsraĂ«l ...

đâđš Cour internationale de justice : IsraĂ«l rejette l'intention gĂ©nocidaire en la qualifiant de âsupposition hasardeuseâ
Par Joe Lauria, Spécial Consortium News, le 12 janvier 2024
Dans sa dĂ©fense contre les allĂ©gations de l'Afrique du Sud selon lesquelles IsraĂ«l commet un gĂ©nocide Ă Gaza, un avocat britannique qui a plaidĂ© pour IsraĂ«l devant la Cour mondiale vendredi a minimisĂ© les nombreuses dĂ©clarations de hauts fonctionnaires israĂ©liens sur l'intention gĂ©nocidaire contre les Palestiniens, les qualifiant de simples âaffirmations hasardeusesâ qui ne prouvent rien.
Le conseiller royal Malcolm Shaw, pour Israël, a déclaré à la Cour :
âConcernant les actes dans cette affaire, il n'y a guĂšre plus que des affirmations hasardeuses pour dĂ©montrer qu'IsraĂ«l a ou a eu l'intention spĂ©cifique de dĂ©truire en tout ou en partie le peuple palestinien en tant que telâ.
Selon M. Shaw, il est impossible de prouver qu'il y a eu gĂ©nocide si l'intention n'est pas prouvĂ©e. âC'est comme Hamlet sans le prince, une voiture sans moteurâ, a-t-il dĂ©clarĂ©. Comme l'a soulignĂ© M. Shaw, les avocats de l'Afrique du Sud ont donc âmis l'accent sur l'intentionâ.
Ils ont exposĂ© en dĂ©tail la ârhĂ©torique gĂ©nocidaireâ des responsables israĂ©liens et la maniĂšre dont elle a influencĂ© les soldats et les aviateurs israĂ©liens qui ont attaquĂ© Gaza. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait rĂ©fĂ©rence Ă deux reprises Ă un gĂ©nocide de l'Ancien Testament, laissant entendre qu'il fallait faire de mĂȘme pour Gaza, a expliquĂ© l'avocat Tembeka Ngcukaitobi.
âL'invocation du gĂ©nocide d'Amalek Ă©tait tout sauf anodineâ, a dĂ©clarĂ© hier M. Ngcukaitobi. Il a ensuite montrĂ© une vidĂ©o de soldats israĂ©liens chantant pour cĂ©lĂ©brer une victoire Ă Gaza, dans laquelle ils mentionnent Amalek.
Le 9 octobre, a exposĂ© M. Ngcukaitobi, avocat de lâAfrique du Sud, le ministre de la dĂ©fense, Yoav Gallant
âa briefĂ© la situation Ă l'armĂ©e oĂč il a assurĂ© qu'IsraĂ«l imposerait un blocus total Ă Gaza, qu'il n'y aurait âni Ă©lectricitĂ©, ni nourriture, ni eau, ni carburantâ, que tout serait verrouillĂ© parce qu'IsraĂ«l se bat contre des âanimauxâ ... S'adressant aux troupes en poste Ă la frontiĂšre de Gaza, il leur a indiquĂ© qu'il avait levĂ© toutes les restrictions et que Gaza ne redeviendrait jamais ce qu'elle avait Ă©tĂ© auparavant.â
âNous allons tout Ă©liminer. Nous atteindrons tous les moindres recoins. Nous Ă©liminerons tout, nous atteindrons toutes les zones sans aucune restrictionâ.
âLe ministre du patrimoine, Amichai Eliyahu, a dĂ©clarĂ© qu'IsraĂ«l devait trouver des solutions plus douloureuses que la mort pour les habitants de Gaza. Ce n'est pas une rĂ©ponse que de dire que ni l'un ni l'autre ne sont Ă la tĂȘte de l'armĂ©e. Ils sont ministres du gouvernement israĂ©lien. Ils votent Ă la Knesset et sont en mesure de dĂ©finir la politique de l'Ătat. L'intention de dĂ©truire Gaza a Ă©tĂ© nourrie au plus haut niveau de l'Ătatâ ...
âDe hauts responsables politiques et militaires ont encouragĂ©, sans la moindre censure, le rĂ©serviste de l'armĂ©e israĂ©lienne Ezra Yachin, ĂągĂ© de 95 ans et vĂ©tĂ©ran du massacre de Deir Yassin contre les Palestiniens en 1948, Ă s'adresser aux soldats avant l'invasion terrestre de la bande de Gaza. Lors de son intervention, il s'est fait l'Ă©cho du mĂȘme sentiment tout en Ă©tant conduit dans un vĂ©hicule officiel de l'armĂ©e israĂ©lienne, vĂȘtu de la tenue de l'armĂ©e israĂ©lienne.â
âJe citerai les triomphants, je les achĂšverai et je ne laisserai rien derriĂšre moi. Effacez leur mĂ©moire. Effacez-les, ainsi que leurs familles, leurs mĂšres et leurs enfants. Ces animaux ne mĂ©ritent plus de vivre. Si vous avez un voisin arabe, n'attendez pas. Allez chez lui et tirez lui dessus. Nous les voulons envahir. Pas comme avant. Nous allons envahir et saccager tout ce qui bouge et dĂ©truire les maisonsâ.
Ce sont lĂ quelques-unes des affirmations que M. Shaw a qualifiĂ©es vendredi d'âaffirmations hasardeusesâ. L'avocat a dĂ©clarĂ© que seuls le comitĂ© ministĂ©riel israĂ©lien sur la sĂ©curitĂ© nationale et le cabinet de guerre peuvent prendre des dĂ©cisions sur la politique et les intentions Ă Gaza.
âProduire des citations hasardeuses qui ne sont pas conformes Ă la politique du gouvernement est, au mieux, de nature Ă induire en erreurâ, a-t-il dĂ©clarĂ©.
Toutefois, M. Netanyahu et M. Gallant, dont les dĂ©clarations âgĂ©nocidairesâ ont Ă©tĂ© citĂ©es par les avocats sud-africains, sont tous deux membres du Cabinet de guerre. Le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale, Itamar Ben-Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, font partie du ComitĂ© de sĂ©curitĂ© nationale et tous deux ont fait de nombreuses dĂ©clarations sur les Palestiniens dont les intentions gĂ©nocidaires sont avĂ©rĂ©es.
Shaw n'a mentionné les Sud-Africains qu'en citant le ministre du Patrimoine, qui ne fait partie d'aucune des deux commissions, et a ignoré les ministres qui en font partie.
Et en rĂ©ponse Ă l'Afrique du Sud qui a Ă©tabli jeudi un lien entre les dĂ©clarations âgĂ©nocidairesâ des ministres et celles des soldats israĂ©liens, M. Shaw a dĂ©clarĂ© que âles remarques ou les actions d'un soldat ne reflĂštent pas et ne peuvent pas reflĂ©ter la politiqueâ.
M. Shaw a affirmĂ© que l'intention d'IsraĂ«l n'Ă©tait pas de commettre un gĂ©nocide mais de âfaire face au Hamasâ en rĂ©ponse Ă son attaque du 7 octobre contre IsraĂ«l, qu'il a lui-mĂȘme qualifiĂ©e de âgĂ©nocidaireâ. Il a dĂ©clarĂ© : âLa vĂ©ritĂ© est que s'il y a eu une activitĂ© gĂ©nocidaire dans cette situation, ce sont les Ă©vĂ©nements du 7 octobre.â
M. Shaw a ridiculisé l'argument de l'Afrique du Sud, jeudi, sur la nécessité d'un contexte historique pour placer l'attaque du 7 octobre du Hamas dans une histoire de 75 ans de dépossession israélienne et d'abus des Palestiniens.
M. Shaw a demandĂ© : âPourquoi ne pas remonter Ă la dĂ©cision de 1922 de la SociĂ©tĂ© des Nations de crĂ©er le mandat britannique en Palestine, ou Ă la dĂ©claration Balfour de 1917 qui a dĂ©montrĂ© l'intention de la Grande-Bretagne de crĂ©er une patrie juive en Palestine, ou mĂȘme de mentionner les tribus israĂ©lites qui s'y trouvaient il y a 3 000 ans ?â
IsraĂ«l fait volte-face et accuse l'Afrique du Sud de âcomplicitĂ©â de gĂ©nocide
M. Shaw est allĂ© plus loin en affirmant que âla complicitĂ© de gĂ©nocide est en jeuâ dans cette affaire. Mais il ne faisait pas rĂ©fĂ©rence aux Ătats-Unis, Ă la Grande-Bretagne, Ă l'Allemagne ou Ă tout autre alliĂ© d'IsraĂ«l qui continue Ă fournir des armes, des munitions, des fonds et deux groupes de porte-avions amĂ©ricains dans la rĂ©gion pour dissuader tout pays osant intervenir pour mettre fin au massacre d'IsraĂ«l, comme l'ont fait les Ătats-Unis contre le YĂ©men jeudi.
Non, M. Shaw faisait rĂ©fĂ©rence aux âĂtats qui ont soutenu, tolĂ©rĂ©, louĂ© ou glorifiĂ© les Ă©vĂ©nements du 7 octobre Ă l'Ă©poque et par la suiteâ qui, selon lui, âse sont rendus coupables d'une violation de l'article 3 de la Convention en tant que complices d'un gĂ©nocide et, de fait, de l'obligation de prĂ©venir un gĂ©nocide en vertu de l'article 1â.
Et Shaw d'ajouter : âL'Afrique du Sud a apportĂ© son aide et son soutien au Hamas, Ă tout le moinsâ.
Les âavertissementsâ d'IsraĂ«l

M. Shaw a affirmĂ© qu'IsraĂ«l avertit les civils des attaques imminentes par le biais d'un âusage Ă©tendu et sans prĂ©cĂ©dentâ d'appels tĂ©lĂ©phoniques et de distribution de tracts. En gĂ©nĂ©ral, ces appels donnent aux habitants dix minutes pour quitter leurs habitations avant qu'elles ne soient bombardĂ©es. Les tracts demandent aux habitants du nord de la bande de Gaza de se diriger vers le sud, oĂč ils sont ensuite bombardĂ©s en cours de route et Ă plusieurs reprises dans le sud une fois qu'ils y sont arrivĂ©s.
Mais Shaw a affirmĂ© que ces avertissements, associĂ©s Ă la âfacilitationâ de l'aide humanitaire par IsraĂ«l, âdĂ©montrent exactement l'inverse d'une Ă©ventuelle intention gĂ©nocidaireâ de la part d'IsraĂ«l.
L'ONU s'est plainte Ă plusieurs reprises qu'IsraĂ«l restreignait considĂ©rablement la quantitĂ© d'aide autorisĂ©e Ă entrer dans la bande de Gaza, alors que 500 camions entraient chaque jour dans la bande de Gaza avant le dĂ©but de l'opĂ©ration militaire le 7 octobre. La dĂ©claration de Gallant selon laquelle il n'y aurait plus âni Ă©lectricitĂ©, ni nourriture, ni eau, ni carburantâ va Ă l'encontre de l'affirmation selon laquelle IsraĂ«l âfaciliteâ l'aide humanitaire.
Malcolm a soutenu que la Cour internationale de justice n'Ă©tait pas compĂ©tente pour entendre la plainte de l'Afrique du Sud, parce que celle-ci n'avait pas Ă©tabli qu'il existait un diffĂ©rend entre deux Ătats. Shaw a dĂ©clarĂ© que l'Afrique du Sud n'avait pas attendu de rĂ©ponse Ă sa note verbale avant de porter plainte contre elle devant la CIJ le 29 dĂ©cembre.
La juridiction pour toute question de crimes de guerre doit relever d'IsraĂ«l, a dĂ©clarĂ© M. Shaw. Si, au cours de son action contre le Hamas, IsraĂ«l a outrepassĂ© les lois de la guerre, cela sera âtraitĂ© en temps vouluâ par le ârigoureux systĂšme juridique israĂ©lienâ, a-t-il dĂ©clarĂ©.
Le âdroit Ă l'autodĂ©fenseâ d'IsraĂ«l
M. Shaw et M. Becker ont tous deux tenté de déformer l'argumentaire de l'avocat britannique Vaughn Lowe, qui a soutenu jeudi devant la Cour que, sur la base d'une décision antérieure de la Cour mondiale, Israël n'avait pas le droit de se défendre sur le territoire occupé de la Palestine.
Il n'a pas dit qu'ils n'avaient pas le droit de se défendre sur le territoire israélien. Mais c'est ce que Shaw et Becker ont tenté d'éluder. Becker cite un extrait de la déclaration de Lowe :
âLa source de l'attaque, qu'il s'agisse d'un Ătat ou d'un acteur non Ă©tatique, n'est pas pertinente pour l'existence du droit Ă se dĂ©fendre, la force pouvant ĂȘtre utilisĂ©e pour Ă©carter une menace, parce que personne ni aucun Ătat n'est obligĂ© par la loi de subir passivement l'exĂ©cution d'une attaqueâ.
Ni Shaw ni Becker n'ont abordĂ© le cĆur de la question sur laquelle la Cour internationale de justice a statuĂ©, Ă savoir qu'IsraĂ«l n'a pas le droit de se dĂ©fendre sur un territoire qu'il occupe.
Jeudi, M. Lowe a fait référence à la décision de la Cour mondiale de 2004 contre la légalité du mur israélien, construit sur un territoire palestinien occupé.
âDans son avis consultatif sur l'affaire du mur, la Cour a notĂ© que la menace qui, selon IsraĂ«l, justifiait la construction du mur n'Ă©tait pas imputĂ©e Ă un Ătat Ă©tranger, mais Ă©manait du territoire palestinien occupĂ© sur lequel IsraĂ«l exerce lui-mĂȘme un contrĂŽleâ, a dĂ©clarĂ© M. Lowe.
âPour ces raisons, la Cour a dĂ©cidĂ© qu'en droit international, le droit de lĂ©gitime dĂ©fense prĂ©vu Ă l'article 51 de la Charte des Nations unies n'Ă©tait pas pertinent dans de telles circonstancesâ, a-t-il ajoutĂ©.
Il y a trois semaines à peine, le Conseil de sécurité des Nations unies a réaffirmé que Gaza était un territoire occupé.
âLe degrĂ© du contrĂŽle a pu varier, mais personne ne peut douter de la rĂ©alitĂ© continue de l'emprise d'IsraĂ«l sur Gazaâ, a dĂ©clarĂ© M. Lowe.
âL'arrĂȘtĂ© de la Cour de 2004 reste valable, et il convient de faire la mĂȘme remarque ici : ce qu'IsraĂ«l fait Ă Gaza, il le fait sur un territoire qu'il contrĂŽle. Ses actions renforcent son occupation. La loi sur l'autodĂ©fense en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations unies ne s'applique donc pasâ, a-t-il ajoutĂ©.
CETTE AFFAIRE EST EN COURS DE DĂVELOPPEMENT. REVENEZ CONSULTER LES MISES Ă JOUR.
* Joe Lauria est rĂ©dacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant aux Nations unies pour le Wall Street Journal, le Boston Globe et d'autres journaux, dont la Gazette de MontrĂ©al, le London Daily Mail et le Star de Johannesburg. Il a Ă©tĂ© journaliste d'investigation pour le Sunday Times of London, journaliste financier pour Bloomberg News et a commencĂ© sa carriĂšre professionnelle Ă 19 ans comme pigiste pour le New York Times. Il est l'auteur de deux livres, A Political Odyssey, avec le sĂ©nateur Mike Gravel, prĂ©facĂ© par Daniel Ellsberg, et How I Lost By Hillary Clinton, prĂ©facĂ© par Julian Assange. Il peut ĂȘtre contactĂ© Ă l'adresse joelauria@consortiumnews.com et suivi sur Twitter @unjoe
https://consortiumnews.com/2024/01/12/israel-dismisses-genocidal-intent-as-random-assertions/



