đâđš Dans les ruines de Gaza, les tempĂȘtes hivernales aggravent la lutte pour la survie
L'hiver et les tempĂȘtes, les inondations et les interminables nuits glaciales sont une souffrance supplĂ©mentaire imposĂ©e Ă des vies dĂ©jĂ brisĂ©es par la violence, le dĂ©placement, et le deuil.

đâđš Dans les ruines de Gaza, les tempĂȘtes hivernales aggravent la lutte pour la survie
Par Tasnim Nazeer , le 15 décembre 2025
Lâhiver sâest installĂ© Ă Gaza, non pas comme un simple changement de saison, mais une nouvelle Ă©tape mortelle dans la souffrance. Alors que de fortes pluies et des vents polaires balayent la bande de Gaza, des milliers de Palestiniens dĂ©placĂ©s sont confrontĂ©s Ă des conditions de lutte quotidienne pour la survie. Les tempĂȘtes hivernales ajoutent aux Ă©preuves dĂ©jĂ endurĂ©es par les femmes, victimes de gĂ©nocide, de dĂ©placements rĂ©pĂ©tĂ©s et de terribles pertes, exposant leur vie aux plus grands dangers.
Gaza, 15 décembre 2025 https://x.com/DropSiteNews/status/2000706471475208398?s=20
AprĂšs des mois de bombardements, une grande partie de Gaza est rĂ©duite Ă nĂ©ant. Les maisons, les Ă©coles et les hĂŽpitaux sont dĂ©truits, des quartiers entiers ont Ă©tĂ© rasĂ©s. La plupart des familles ont Ă©tĂ© contraintes de fuir Ă plusieurs reprises, souvent sous les tirs, emportant Ă peine plus que les vĂȘtements quâelles avaient sur elles. CâĂ©tait lâĂ©tĂ© lorsquâelles ont fui. Elles nâimaginaient pas ĂȘtre encore sans abri Ă lâarrivĂ©e de lâhiver, dormant dans des tentes, des abris de fortune ou Ă la belle Ă©toile.
Ă Deir al-Balah, Baraa, une femme qui a fui Beit Lahia, raconte comment lâhiver amplifie la prĂ©caritĂ© de leur condition.
âJe voudrais parler de nos souffrances depuis lâarrivĂ©e de lâhiverâ, dit-elle. âNous vivons sous une tente, mais elle nâest pas Ă nous. Elle appartient Ă mon oncle, et elle est en piteux Ă©tatâ.
Sans accĂšs aux matĂ©riaux de construction adĂ©quats, Baraa et sa famille ont Ă©tĂ© contraints de sacrifier le peu quâils possĂšdent.
Chaque Ă©pisode de pluie aggrave lâĂ©tat de la tente, lâeau froide sâinfiltrant Ă travers la toile et sâaccumulant au sol, lĂ oĂč ils dorment.
Baraa est en deuil. âMon pĂšre a Ă©tĂ© tuĂ©â, dit-elle. âSans personne pour nous aider Ă rĂ©parer la tente, je me sers de nos couvertures pour colmater les trous, et nous manquons aussi de vĂȘtements chaudsâ.
Ces mĂȘmes couvertures, censĂ©es leur tenir chaud la nuit, sont dĂ©sormais lâunique protection contre la pluie. Comme tant dâautres femmes Ă Gaza, Baraa a fui en croyant Ă un exil temporaire.
âNous avons Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s de Gaza et nâavons pas pris de vĂȘtements dâhiver, car câĂ©tait lâĂ©tĂ© et nous nâavons pas eu le temps de prĂ©parer nos affairesâ, explique-t-elle.
âNous pensions que cela ne durerait que quelques jours et que nous pourrions rentrer chez nous, mais le temps a passĂ© et notre maison, nos affaires, tout a Ă©tĂ© rĂ©duit en cendresâ. Elle conclut simplement : âLa situation est vraiment critiqueâ.
Dans la rĂ©gion dâAl-Sawarha, Halima Othman Saleh raconte une histoire similaire de perte et de prĂ©caritĂ©.
âMa maison a Ă©tĂ© dĂ©truite par un tir de missileâ, dit-elle. DĂ©sormais sans abri et sans rien pour se protĂ©ger du froid, elle ajoute : âJe suis actuellement dĂ©placĂ©e et je nâai ni abri ni couvertures. Nous avons vraiment besoin dâaideâ.
Alors que les tempĂȘtes hivernales sâintensifient, lâabsence de toute protection, mĂȘme minimale, constitue dĂ©sormais un danger.
Ă deux pas de lĂ , Taghreed Obeid, originaire du camp de Jdeed et aujourdâhui Ă©galement dĂ©placĂ©e Ă Al-Sawarha, dĂ©crit ce que lâhiver implique pour elle et ses enfants.
âJe suis mĂšre de huit enfantsâ, dit-elle. âNous sommes dĂ©placĂ©s et vivons dans une tente en piteux Ă©tat. Nous nâavons pas de bĂąches. La pluie sâinfiltre et nous nâavons ni couvertures, ni matelas, ni oreillers. Quand il pleut, la tente est inondĂ©e et ses enfants dorment dans le froid, mouillĂ©s et exposĂ©s aux intempĂ©riesâ.
Dans tout Gaza, les femmes racontent les mĂȘmes scĂšnes de tentes qui sâeffondrent sous le poids des pluies torrentielles, dâenfants qui grelottent toute la nuit sur des paillasses dĂ©trempĂ©es, de familles qui se blottissent les unes contre les autres pour se rĂ©chauffer. Sans combustible ni moyen de chauffage fiable, certains parents brĂ»lent des morceaux de plastique ou des dĂ©bris pour lutter contre le froid, remplissant lâair dâune fumĂ©e toxique. LâhumiditĂ© et la surpopulation ont entraĂźnĂ© une recrudescence des maladies, tandis que lâaccĂšs aux soins mĂ©dicaux reste extrĂȘmement limitĂ©.
Les organisations humanitaires avertissent que les tempĂȘtes hivernales aggravent une situation dĂ©jĂ catastrophique due au gĂ©nocide, au blocus et Ă lâeffondrement quasi total des infrastructures civiles. Lâaide humanitaire nâentre Ă Gaza quâen petites quantitĂ©s, bien en deçà des besoins. Les matĂ©riaux pour construire des abris, les vĂȘtements dâhiver et le combustible font cruellement dĂ©faut.
Jamil Sawalmeh, directeur national dâActionAid Palestine, a averti que lâhiver pourrait sâavĂ©rer fatal si des mesures immĂ©diates ne sont pas prises. Il dĂ©clare que
âLes Palestiniens de Gaza sont privĂ©s de soutien et dâaide depuis bien trop longtemps. Un accĂšs humanitaire fondĂ© sur la dignitĂ© et les droits implique une prise de conscience des besoins spĂ©cifiques de chaque communautĂ© : les femmes, les hommes, les enfants et les personnes handicapĂ©es vivent la crise diffĂ©remment, et lâaide doit sâadapter Ă cette rĂ©alitĂ©.
âMais aujourdâhui, les familles sont confrontĂ©es Ă une deuxiĂšme catastrophe : les tempĂȘtes hivernales. Les enfants dorment dans des tentes inondĂ©es, les parents brĂ»lent des morceaux de plastique pour se rĂ©chauffer, et des communautĂ©s entiĂšres sont ensevelies sous la boue. Nos partenaires et notre personnel voient les abris sâeffondrer sous la pluie. Personne Ă Gaza nâest Ă lâabri des intempĂ©ries. Personne ne peut survivre Ă un hiver comme celui-ci sans refuge adĂ©quat.
âJe tiens Ă ĂȘtre clair : sans lâacheminement immĂ©diat de matĂ©riaux de construction Ă Gaza, cet hiver signera lâarrĂȘt de mort de milliers de personnes. Les ONG palestiniennes et les organisations de la sociĂ©tĂ© civile, en particulier les femmes et les jeunes, jouent un rĂŽle essentiel pour garantir lâacheminement de lâaide Ă ceux qui en ont le plus besoinâ.
Les organisations partenaires locales, dont beaucoup ont été créées par des femmes et des jeunes, travaillent au niveau communautaire pour apporter des réponses. Elles tentent de distribuer des couvertures, des bùches en plastique et des repas chauds, mais elles affirment que les besoins sont immenses et les ressources terriblement limitées.
Les experts en matiĂšre dâaccĂšs humanitaire soulignent les restrictions, lâinsĂ©curitĂ© et les destructions qui bloquent toujours lâacheminement de lâaide vers les groupes les plus vulnĂ©rables.
Pour des femmes comme Baraa, Halima et Taghreed, lâhiver nâest pas seulement synonyme de froid. Câest une souffrance supplĂ©mentaire imposĂ©e Ă des vies dĂ©jĂ brisĂ©es par la violence, le dĂ©placement et le deuil. Alors que les tempĂȘtes inondent les tentes et que les nuits glaciales semblent interminables, leurs tĂ©moignages rĂ©vĂšlent une terrible Ă©vidence : sans un accĂšs humanitaire urgent et significatif, lâhiver Ă Gaza fera des victimes longtemps aprĂšs que les bombes auront cessĂ© de tomber.
Traduit par Spirit of Free Speech
https://www.middleeastmonitor.com/20251215-in-gazas-ruins-winter-storms-become-a-fight-for-survival/


