đâđš Des fuites rĂ©vĂšlent que la Maison Blanche s'oppose Ă la crĂ©ation d'un Ătat palestinien
Il est vraiment choquant de voir Washington profiter de l'isolement de l'Ăquateur pour l'amener Ă se plier Ă ses desiderata. L'Ăquateur se rachĂšte une conduite en commettant de nouveaux crimes.
đâđš Des fuites rĂ©vĂšlent que la Maison Blanche s'oppose Ă la crĂ©ation d'un Ătat palestinien
Par Ken Klippenstein & Daniel Boguslaw, le 17 avril 2024
MalgrĂ© la promesse de Joe Biden de soutenir une solution Ă deux Ătats, les cĂąbles affirment que la Palestine ne devrait pas se voir accorder le statut de membre de l'ONU.
Il est vraiment choquant de voir Washington profiter de l'isolement de l'Ăquateur pour l'amener Ă se plier Ă ses desiderata. L'Ăquateur se rachĂšte une conduite en commettant de nouveaux crimes. C'est vraiment scandaleuxâ.
Avant que le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies n'examine la demande de l'AutoritĂ© palestinienne de devenir membre Ă part entiĂšre de l'organisation internationale, les Ătats-Unis font pression sur les pays pour qu'ils rejettent cette adhĂ©sion, dans l'espoir de ne pas opposer ouvertement un "veto" de la part de Washington. Cet effort de lobbying, rĂ©vĂ©lĂ© dans des copies de cĂąbles non classifiĂ©s du dĂ©partement d'Ătat obtenus par The Intercept, est en contradiction avec la promesse de l'administration Biden de soutenir pleinement une solution Ă deux Ătats.
En 2012, l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies a adoptĂ© une rĂ©solution accordant Ă la Palestine le statut d'Ătat observateur non membre.
Les cĂąbles diplomatiques dĂ©taillent les pressions exercĂ©es sur les membres du Conseil de sĂ©curitĂ©, notamment sur Malte, qui assure la prĂ©sidence tournante du Conseil ce mois-ci. Il est notamment demandĂ© Ă l'Ăquateur de faire pression sur Malte et d'autres pays, dont la France, pour qu'ils s'opposent Ă la reconnaissance de l'ONU. Le dĂ©partement d'Ătat justifie sa dĂ©cision par le fait que la normalisation des relations entre IsraĂ«l et les Ătats arabes est le moyen le plus rapide et le plus efficace de parvenir Ă un statut d'Ătat durable et productif.
Tout en prĂ©cisant que le prĂ©sident Joe Biden a Ă©nergiquement ĆuvrĂ© pour soutenir âles aspirations palestiniennes Ă la crĂ©ation d'un Ătatâ dans le contexte âd'une paix globale qui rĂ©soudrait le conflit israĂ©lo-palestinienâ, un cĂąble diplomatique datĂ© du 12 avril dĂ©taille les arguments des Ătats-Unis contre un vote de l'ONU en faveur de la crĂ©ation d'un Ătat palestinien. Le cĂąble indique que les membres du Conseil de sĂ©curitĂ© doivent se laisser convaincre de rejeter toute proposition de crĂ©ation d'un Ătat palestinien - et donc sa reconnaissance en tant que nation souveraine - avant le dĂ©bat public du Conseil sur le Moyen-Orient, prĂ©vu pour le 18 avril.
âLes Ătats-Unis restent d'avis que la voie la plus rapide vers une perspective politique pour le peuple palestinien sâinscrit dans le contexte d'un accord de normalisation entre IsraĂ«l et ses voisinsâ, peut-on lire dans le cĂąble. âNous pensons que cette approche peut faire avancer de maniĂšre tangible les objectifs palestiniens d'une maniĂšre significative et durable.â
Nous vous demandons donc de ne pas soutenir une Ă©ventuelle rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© recommandant l'admission de la "Palestine" en tant qu'Ătat membre de l'ONU, si une telle rĂ©solution devait ĂȘtre prĂ©sentĂ©e au Conseil de sĂ©curitĂ© pour dĂ©cision dans les jours et les semaines Ă venir.
Selon les experts, sans un vote unanime du Conseil de sécurité, tout vote de l'Assemblée générale de l'ONU n'a qu'une valeur symbolique.
âQu'on le veuille ou non, un vote de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sur cette question a un poids politique plutĂŽt que juridiqueâ, a dĂ©clarĂ© Richard Gowan, directeur de l'International Crisis Group Ă l'ONU, Ă The Intercept. L'AssemblĂ©e ne peut accepter un nouvel Ătat que âsur recommandationâ du Conseil de sĂ©curitĂ©.
Le cùble diplomatique justifie l'opposition de l'administration au vote, invoquant le risque d'exacerber les tensions, de provoquer des réactions politiques négatives et d'amener le CongrÚs américain à réduire le financement de l'ONU.
âDes actions prĂ©maturĂ©es au sein du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, mĂȘme avec les meilleures intentions du monde, n'aboutiront ni Ă la crĂ©ation d'un Ătat ni Ă l'autodĂ©termination du peuple palestinien. De telles initiatives compromettront au contraire les efforts de normalisation et diviseront encore plus les protagonistes, augmenteront le risque de violence sur le terrain qui pourrait coĂ»ter la vie Ă des innocents des deux cĂŽtĂ©s, et compromettront le soutien au nouveau gouvernement rĂ©formateur annoncĂ© par le prĂ©sident Abbasâ, peut-on lire dans le cĂąble.
InterrogĂ© sur ce cĂąble et sur le fait de savoir si son opposition Ă la reconnaissance par l'ONU du statut d'Ătat palestinien contredit la position de l'administration Biden en faveur d'une solution Ă deux Ătats, le dĂ©partement d'Ătat n'a pas rĂ©pondu avant la publication de l'article.
âLa position des Ătats-Unis est que l'Ătat palestinien doit ĂȘtre fondĂ© sur des accords bilatĂ©raux entre IsraĂ©liens et Palestiniensâ, a dĂ©clarĂ© M. Gowan. âIls ne croient pas que l'ONU puisse crĂ©er l'Ătat par dĂ©cretâ.
Un second cĂąble datĂ© du 13 avril et envoyĂ© depuis l'ambassade des Ătats-Unis Ă Quito, en Ăquateur, fait Ă©tat de l'accord de la ministre Ă©quatorienne des Affaires Ă©trangĂšres, Gabriela Sommerfeld, avec les Ătats-Unis sur le fait que la Palestine ne devrait pas ĂȘtre reconnue comme un Ătat. En coopĂ©ration avec les Ătats-Unis, selon le cĂąble, Sommerfeld a chargĂ© le reprĂ©sentant permanent de l'Ăquateur auprĂšs des Nations unies, JosĂ© De La Gasca, de faire pression sur le Japon, la CorĂ©e et Malte (tous membres tournants du Conseil de sĂ©curitĂ©) pour qu'ils rejettent la proposition. Le lobbying auprĂšs de la France, membre permanent, est Ă©galement mentionnĂ©.
Sommerfeld a convenu, selon le cĂąble,
qu'âil est important que toute rĂ©solution proposĂ©e n'obtienne pas les votes nĂ©cessaires sans que les Ătats-Unis aient recours Ă leur droit de vetoâ. Le cĂąble prĂ©cise que âl'Ăquateur ne souhaite pas apparaĂźtre isolĂ© (seul avec les Ătats-Unis) dans son rejet d'une rĂ©solution sur la âPalestineâ (en particulier Ă un moment oĂč la plupart des Ătats membres de l'ONU critiquent l'Ăquateur pour son incursion du 5 avril dans l'ambassade du Mexique Ă Quito)â.
L'Ăquateur se trouve face Ă la montĂ©e d'un conflit avec le Mexique en raison de son incursion Ă l'intĂ©rieur de l'ambassade mexicaine pour arrĂȘter l'ancien vice-prĂ©sident Ă©quatorien.
InterrogĂ©s sur le second cĂąble, le dĂ©partement d'Ătat et l'ambassade d'Ăquateur Ă Washington n'ont pas rĂ©pondu aux demandes de commentaires.
Fort de son mandat d'un an au sein du puissant Conseil de sĂ©curitĂ©, qui compte 15 membres, l'Ăquateur dispose d'une influence considĂ©rable qui lui permet de voter contre la proposition de reconnaissance de l'AutoritĂ© palestinienne.
âCela montre vraiment Ă quel point l'administration [du prĂ©sident Ă©quatorien Daniel] Noboa est redevable aux Ătats-Unisâ, a dĂ©clarĂ© Ă The Intercept Guillaume Long, chercheur au Center for Economic and Policy Research, basĂ© Ă Washington, et ancien ministre des affaires Ă©trangĂšres de l'Ăquateur, lorsqu'on lui a montrĂ© le cĂąble. âEn outre, il est particuliĂšrement choquant de voir les Ătats-Unis, qui ont condamnĂ© l'assaut de l'ambassade mexicaine par l'Ăquateur le 5 avril et sa violation du droit international, profiter de l'isolement de l'Ăquateur sur la scĂšne internationale pour l'amener Ă se plier Ă leurs desiderata. L'Ăquateur ne fait finalement que se racheter une conduite en commettant de nouveaux crimes. C'est vraiment scandaleuxâ,
a dĂ©clarĂ© M. Long, faisant rĂ©fĂ©rence au rejet par l'Ăquateur de l'adhĂ©sion de la Palestine Ă l'ONU.
Depuis 2011, le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU rejette les candidatures de l'AutoritĂ© palestinienne au statut de membre Ă part entiĂšre. Le 2 avril, la mission d'observation palestinienne auprĂšs de l'ONU a appelĂ© le Conseil Ă reprendre l'examen de sa demande d'adhĂ©sion. Selon le premier cĂąble du dĂ©partement d'Ătat, les rĂ©unions de l'ONU depuis le dĂ©but du mois d'avril suggĂšrent que l'AlgĂ©rie, la Chine, la Guyane, le Mozambique, la Russie, la SlovĂ©nie, la Sierra Leone et Malte sont favorables Ă l'octroi Ă la Palestine du statut de membre Ă part entiĂšre de l'ONU.
âIl est essentiel que tous les membres du Conseil de sĂ©curitĂ© sachent, Ă ce stade du processus, qu'un certain nombre d'entre eux se posent des questions qui nĂ©cessitent un examen plus approfondi de la demande officielle d'adhĂ©sion de l'AutoritĂ© palestinienne Ă l'ONU par l'intermĂ©diaire du Conseil, et que si un vote est requis sur la question, ils se joindront aux Ătats-Unis et ne soutiendront pas une telle demandeâ, peut-on lire dans le cĂąble.
https://theintercept.com/2024/04/17/united-nations-biden-palestine-statehood/


