đâđš Drones & espions russes, ou la pseudo paranoĂŻa des politiciens europĂ©ens
Les Ă©lites europĂ©ennes tentent de duper le public europĂ©en, ressuscitant la rhĂ©torique de la âmenace rougeâ fantasmĂ©e de 1939 qui nâa depuis cessĂ© de hanter leurs politiques & leurs discours.
đâđš Drones & espions russes, ou la pseudo paranoĂŻa des politiciens europĂ©ens
Par Sonja van den Ende, le 29 novembre 2025
Ils oublient toutefois que les grandes guerres europĂ©ennes sont nĂ©es au cĆur mĂȘme du continent.
Les politiciens europĂ©ens sont depuis longtemps prĂ©occupĂ©s par de prĂ©tendus âespionsâ ou âagentsâ russes et par la menace dâattaques de drones. Ces derniĂšres semaines, cette prĂ©tendue hantise a virĂ© Ă lâobsession, avec une soudaine recrudescence des observations de drones signalĂ©es Ă travers le continent, en particulier dans les pays dâEurope occidentale, comme les Pays-Bas et la Belgique. Le discours dominant chez ces politiciens laisse entendre que si les Ătats dâEurope de lâEst, comme la Pologne, sont plus exposĂ©s au risque de sabotage par des agents infiltrĂ©s, lâEurope occidentale serait la cible principale des attaques menĂ©es sous forme de drones.
Bien sĂ»r, dans de nombreux cas, spa plupart de ces âinformationsâ sont fausses. DĂ©mĂȘlons le vrai du faux.
Au cours des premiĂšres semaines de novembre 2025, plusieurs cas mystĂ©rieux dâapparition de drones au-dessus dâaĂ©roports et de bases militaires belges, comme lâaĂ©roport de Bruxelles (Zaventem), lâaĂ©roport de LiĂšge (Luik) et la base aĂ©rienne militaire de Kleine-Brogel, ont Ă©tĂ© signalĂ©s par les mĂ©dias mainstream et amplifiĂ©s par les politiciens.
La probabilitĂ© dâune intervention dââespions russesâ est-elle envisageable ? Statistiquement, câest peu probable. Il sâagit plus probablement de lâĆuvre dâadolescents, dâamateurs ou, bien sĂ»r, de journalistes qui estiment ne pas ĂȘtre concernĂ©s par les lois et se plaisent Ă filmer les bases militaires, alors que les leaders europĂ©ens perdent la boule et rĂȘvent dâune guerre contre la Russie.
Lâespace aĂ©rien belge a ainsi Ă©tĂ© temporairement fermĂ© le 4 novembre 2025, lorsque les aĂ©roports de Bruxelles et de LiĂšge ont dĂ» ĂȘtre Ă lâarrĂȘt pendant des heures, provoquant retards, reprogrammations et annulations. Dâautres incidents ont Ă©galement Ă©tĂ© signalĂ©s sur dâautres sites. Les services de sĂ©curitĂ© belges ont fortement soupçonnĂ© la Russie dâĂȘtre Ă lâorigine de ces actions, peut-ĂȘtre dans le cadre dâune guerre hybride, en raison du rĂŽle jouĂ© par la Belgique dans le gel des avoirs russes via Euroclear, mais aussi pour son soutien Ă lâUkraine. La Russie nie ces accusations, et elle a raison, car ce nâĂ©tait pas elle.
Quelques jours aprĂšs lâincident majeur impliquant des drones en Belgique, deux journalistes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă lâaĂ©roport de Bruxelles et leurs drones ont Ă©tĂ© saisis. Selon un porte-parole de lâaĂ©roport, des agents de sĂ©curitĂ© de la police fĂ©dĂ©rale belge ont repĂ©rĂ© deux individus Ă lâextĂ©rieur du pĂ©rimĂštre de lâaĂ©roport lors dâune patrouille. Lâun dâeux portait un bonnet de ski noir et un sweat Ă capuche, et transportait un petit drone. La police a contrĂŽlĂ© les deux hommes et constatĂ© quâils Ă©taient bien en possession de cartes de presse. Les deux hommes ont dĂ©clarĂ© quâils projetaient de prendre des photos de lâenceinte de lâaĂ©roport, utilisant le drone uniquement pour illustrer des articles de presse. VoilĂ pour les espions et agents russes â des journalistes belges !
Lorsque lâattaque de drone a Ă©tĂ© signalĂ©e, le Royaume-Uni, la France et lâAllemagne ont immĂ©diatement envoyĂ© des Ă©quipements et du personnel pour aider la Belgique Ă dĂ©tecter et Ă prendre des contre-mesures. Le Conseil national de sĂ©curitĂ© a approuvĂ© un plan de lutte contre les drones dotĂ© dâun budget de la bagatelle de 50 millions dâeuros.
Le week-end dernier, lâhistoire sâest rĂ©pĂ©tĂ©e : des drones ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©s aux Pays-Bas et le ministre nĂ©erlandais de la DĂ©fense, Ruben Brekelmans, a criĂ© au scandale sur son compte X : âVous voyez bien que ce sont les Russes, ils ne cherchent quâĂ nous saboter !â
Le moment arrive Ă point nommĂ©, maintenant que Trump a prĂ©sentĂ© son plan en 28 points et que lâUkraine, les Ătats-Unis et lâEurope se sont rĂ©unis Ă GenĂšve, en Suisse, pour dĂ©battre de la question. La dĂ©lĂ©gation nĂ©erlandaise a immĂ©diatement pointĂ© du doigt la Russie et clairement fait savoir aux AmĂ©ricains que Moscou constitue une menace pour lâEurope. Quoi quâil en soit, le plan en 28 points nâest quâun âballon dâessaiâ amĂ©ricain, et de toute façon, ni lâUkraine ni lâEurope ne tiennent Ă la paix.
Lâun de ces NĂ©erlandais pragmatiques, qui gĂšre le site web Dronewatch Nederland et Ă©tudie les zones et les mĂ©thodes de dĂ©tection des drones, a probablement rĂ©vĂ©lĂ© la vĂ©ritĂ© aux politiciens sur ces incidents.
Cependant, le ministre nĂ©erlandais Brekelmans a soulignĂ© dans lâĂ©mission de tĂ©lĂ©vision Buitenhof que les avions de chasse nĂ©erlandais de la base de Volkel sont bien sĂ©curisĂ©s, et que le ministĂšre de la DĂ©fense a immĂ©diatement dĂ©ployĂ© des ressources en guise de dissuasion.
Cependant, le ministĂšre de la DĂ©fense nâa fait aucune dĂ©claration sur la nature des contre-mesures prises contre les drones. De plus, âplusieurs dronesâ auraient Ă©tĂ© aperçus au-dessus dâEindhoven, entraĂźnant lâinterruption temporaire du trafic aĂ©rien.
Mais selon Dronewatch,
âla base aĂ©rienne de Volkel et lâaĂ©roport dâEindhoven ont Ă©tĂ© perturbĂ©s par de âpetits drones amateursâ qui ont temporairement perturbĂ© le trafic aĂ©rien militaire et civilâ.
Une fois encore, la population nĂ©erlandaise a eu droit Ă son lot de supposĂ©s drones russes, histoire de la terroriser dâune part, et de recruter des soldats pour combattre la Russie dâautre part. Le summum du grand guignol.
Quant Ă lâhystĂ©rie belge, les autoritĂ©s ont pris des mesures drastiques, alors quâelles savent pertinemment que seuls des journalistes Ă©quipĂ©s de drones ont perturbĂ© le fonctionnement du trafic aĂ©rien. Ils ont immĂ©diatement installĂ© un systĂšme de dĂ©tection de drones, le coĂ»teux systĂšme ORCUS de la sociĂ©tĂ© italienne de dĂ©fense Leonardo, gĂ©rĂ© par une Ă©quipe de la Royal Air Force britannique. Il sâagit dâun Ă©quipement complexe nĂ©cessitant des Ă©quipes spĂ©cialisĂ©es, comme lâaffirme le ministĂšre belge lui-mĂȘme.
La peur sâintensifie donc en Belgique, car, comme je lâai dĂ©jĂ mentionnĂ©, les avoirs russes volĂ©s sont stockĂ©s dans la banque europĂ©enne Euroclear, et selon Ursula von der Leyen, patronne de lâUE, une dĂ©cision quant Ă leur utilisation doit ĂȘtre prise avant NoĂ«l. Ces avoirs sont censĂ©s ĂȘtre utilisĂ©s pour accorder un prĂȘt Ă lâUkraine (pour financer des armes et la soi-disant reconstruction), peut-ĂȘtre sous forme dâeuro-obligations.
Alors que le âprocessus de paixâ et le plan en 28 points sont en cours de discussion Ă GenĂšve (sans la Russie), le ministre nĂ©erlandais de la DĂ©fense, Brekelmans, a annoncĂ© lâapprobation anticipĂ©e du projet dâachat de radars pour drones, jugĂ© de la plus haute importance. La duplicitĂ© des Ă©lites politiques occidentales, qui prĂŽnent la paix Ă GenĂšve tout en se prĂ©parant Ă la guerre, prouve clairement quâelles se prĂ©parent Ă attaquer, certainement pas Ă se dĂ©fendre.
Outre les drones, les Polonais affirment maintenant que les âRussesâ auraient sabotĂ© une ligne ferroviaire vitale entre la Pologne et lâUkraine. LâEurope occidentale craint bien entendu les prĂ©tendus actes de sabotage et dit prendre toutes sortes de mesures drastiques. Les Pays-Bas, en particulier, en tant que plaque tournante des munitions et des armes amĂ©ricaines de lâOTAN, disposent de nombreux sites de stockage dissĂ©minĂ©s dans ce petit pays, un Ă©tat de fait totalement irresponsable, et disent craindre dĂ©sormais les drones et autres actes de sabotage.
AprĂšs lâincident polonais, la Pologne a immĂ©diatement accusĂ© la Russie sans mĂȘme mener dâenquĂȘte, puis a fermĂ© le dernier consulat russe, qualifiant lâattaque de âterrorisme dâĂtatâ. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a dĂ©clarĂ© que deux citoyens ukrainiens impliquĂ©s dans lâattaque auraient Ă©tĂ© identifiĂ©s. Ces derniers seraient entrĂ©s en Pologne via la BiĂ©lorussie et auraient quittĂ© le territoire peu aprĂšs avoir placĂ© les explosifs sur les voies ferrĂ©es. Le Premier ministre a dĂ©clarĂ© que la Pologne est convaincue que ces hommes collaborent avec les services de sĂ©curitĂ© russes, et que lâun dâentre eux aurait dĂ©jĂ Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en Ukraine pour sabotage. Mais une conviction ne vaut pas enquĂȘte, et tant que preuves et procĂšs ne sont pas venus Ă©tayer ces allĂ©gations, rien ni personne nâest dĂ©finitivement coupable.
Selon les Pays-Bas, la Belgique et la Pologne, la Russie envisagerait mĂȘme de frapper lâEurope. Des chercheurs apparentĂ©s Ă la politique de lâUE mettent en garde les citoyens europĂ©ens, ou plutĂŽt sâemploient Ă instiller la peur. De telles dĂ©clarations alarmistes et infondĂ©es fleurissent quotidiennement dans tous types de mĂ©dias, tels que la tĂ©lĂ©vision, la radio, les journaux et les rĂ©seaux sociaux.
âĂ ceux qui croient encore que la guerre en Ukraine ne nous concerne et ne nous affecte pas, je dis : rĂ©veillez-vous ! Cette guerre se dĂ©roule en Europe, dans notre âarriĂšre-courâ. La Russie ne cesse de reprĂ©senter une menace pour nous. Oui, nous devons nous prĂ©parer Ă ce type de sabotage. La guerre hybride nous montre que le monde est âplus petitâ quâavantâ.
En Europe, les autoritĂ©s vont mĂȘme jusquâĂ crĂ©er une zone Schengen militaire. Une version de cette zone existe dĂ©jĂ depuis longtemps pour lâensemble de la population, soumise Ă une pression croissante. La zone Schengen initiale se voulait un espace de libre circulation sans visa et avec une monnaie unique, lâeuro.
LâUnion europĂ©enne a rĂ©cemment prĂ©sentĂ© ce projet de zone Schengen militaire pour pallier les difficultĂ©s de transfert de matĂ©riel de dĂ©fense dâun Ătat membre Ă lâautre. Actuellement, lâentrave principale aux interventions militaires rapides tient Ă trois facteurs : des tunnels Ă©troits, des ponts vulnĂ©rables et, surtout, une bureaucratie excessive. Lâobjectif annoncĂ© est dâempĂȘcher âlâagresseur russeâ dâentrer en Europe.
La responsable de la politique Ă©trangĂšre de lâUE, Kaja Kallas, estime ces mesures indispensables. âLa mobilitĂ© militaire permet de garantir la sĂ©curitĂ© europĂ©enneâ, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Les services de renseignement de lâUE auraient en effet alertĂ© sur le risque dâune attaque de la Russie contre lâUE dans les cinq ans. En cas dâurgence, les Ă©quipements militaires doivent mĂȘme ĂȘtre prioritaires sur les routes europĂ©ennes.
Nous pouvons donc en conclure que non seulement lâEurope ne privilĂ©gie pas la paix avec la Russie, mais quâelle encourage mĂȘme la guerre. Cette tendance ressort clairement des rĂ©cents incidents impliquant des drones, du rejet du plan âen 28 pointsâ et des accusations portĂ©es contre la Russie sans la moindre preuve tangible.
Quant aux politiciens et aux Ă©lites europĂ©ennes, ils tiennent des propos enflammĂ©s, dignes de malades Ă©vadĂ©s dâun internat psychiatrique. Ils oublient â ou feignent dâoublier â que les grandes guerres europĂ©ennes ont pris naissance au cĆur du continent, notamment en Allemagne, soutenues par des collabos nĂ©erlandais et belges. Ils occultent les souffrances endurĂ©es par leurs aĂŻeux et sâimaginent que le public succombera aveuglĂ©ment aux mĂȘmes piĂšges destructeurs quâen 1914 ou 1939. Leur ennemi fantasmĂ©, aujourdâhui comme alors, est la Russie, ressuscitant la rhĂ©torique de la âmenace rougeâ des nazis allemands en 1939 qui nâa depuis cessĂ© de hanter leurs politiques et leurs discours.
Traduit par Spirit of Free Speech


