đâđš Gaza, les masques tombent
En ces temps critiques, ne nous servons pas de Trump pour nous voiler la face, comme beaucoup d'Américains sont enclins à le faire, à commencer par leurs prétendus gouvernants.
đâđš Gaza, les masques tombent
Par Patrick Lawrence pour Sheerpost, le 7 fevrier 2025
Pour Donald Trump, choquer ne semble pas poser trop de problĂšmes. Depuis plus de trois semaines de rĂ©sidence Ă la Maison Blanche, il a choquĂ© les Danois (l'AmĂ©rique doit obtenir le Groenland), les Canadiens (le Canada deviendra notre 51Ăš Ătat), les PanamĂ©ens (le canal est Ă nous) et les Mexicains (c'est dĂ©sormais âle golfe d'AmĂ©riqueâ). Avec Elon Musk, son acolyte fasciste et inquiĂ©tant, notre nouveau prĂ©sident choque (et stupĂ©fie) Washington pratiquement au quotidien depuis ces trois derniĂšres semaines. On peut dire que le reste du monde, qui assiste au manĂšge de Trump, est lui aussi en Ă©tat de choc, d'une maniĂšre ou d'une autre.
Mais rien ne surpasse le choc provoquĂ© par la dĂ©claration de Trump, mardi, selon laquelle les Ătats-Unis affirmeront leur souverainetĂ© sur la bande de Gaza, dĂ©logeront les deux millions de Palestiniens qui y vivent et transformeront le territoire en âquelque chose de vraiment beau, de vraiment trĂšs, trĂšs bienâ - Ă savoir, en effet, âla Riviera du Moyen-Orientâ. Les implications de ce plan - dans la mesure oĂč Trump fait des plans au lieu de les inventer au fur et Ă mesure - sont presque trop considĂ©rables pour ĂȘtre calculĂ©es.
Essayons de prendre en compte ces implications. Nous allons découvrir que, parmi tout ce qui choque dans le raisonnement de Trump - façon de parler - certaines choses sont, aprÚs un examen attentif, tout à fait conformes à la politique américaine des derniÚres décennies et ne sont donc choquantes que pour ceux qui se sont égarés dans l'éternel simulacre qui prévaut dans notre imperium en fin de course.
Comme tous les observateurs attentifs le savent, Trump a annoncé son projet délirant de dépeupler la bande de Gaza et en faire un paradis construit sur les squelettes des victimes du terrorisme d'Israël, et ce en présence de Bibi Netanyahu, qui, depuis la décision de la Cour pénale internationale du 24 novembre, est désormais un fugitif inculpé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Le Premier ministre de l'Ătat sioniste est le premier dirigeant Ă©tranger Ă se rendre Ă la Maison Blanche du prĂ©sident Trump, et sa prĂ©sence dans le Bureau Ovale est dĂ©jĂ un choc en soi, aussi ânormalisĂ©esâ que soient les relations de l'AmĂ©rique avec âl'Ătat juifâ. Mais aujourd'hui, il faut mentionner quelques remarques formulĂ©es par Netanyahu en rĂ©ponse Ă la prĂ©sentation de Trump.
Trump a tenu un bon moment avant que le Premier ministre israélien, arborant son sourire de psychotique familier, ne prenne le micro. Selon une premiÚre transcription produite par Roll Call, apparemment générée par ordinateur, il a commencé par faire l'éloge de Trump pour les immondes dérives du premier mandat de Trump :
âVous reconnaissez JĂ©rusalem comme capitale d'IsraĂ«l[...]. Vous y avez dĂ©placĂ© l'ambassade amĂ©ricaine. Vous reconnaissez la souverainetĂ© d'IsraĂ«l sur le plateau du Golan. Vous vous ĂȘtes retirĂ© du dĂ©sastreux accord sur le nuclĂ©aire iranienâ.
Tout cela est malheureusement vrai : Trump venait de se vanter de ces ignominies. Puis vint la logorrhĂ©e de mensonges communĂ©ment associĂ©s Ă Netanyahu et autres responsables israĂ©liens - et, en l'occurrence, Ă IsraĂ«l tout court. L'UNRWA, l'Office de secours et de travaux des Nations unies, âsoutient et finance les terroristesâ. Concernant les attentats du 7 octobre,
âles monstres du Hamas ont sauvagement - sauvagement - assassinĂ© 1 200 personnes innocentes... Ils ont dĂ©capitĂ© des hommes. Ils ont violĂ© des femmes. Ils ont brĂ»lĂ© des bĂ©bĂ©s vivantsâŠ.â
Et ainsi de suite.
On pourrait croire que tout IsraĂ©lien s'exprimant en public Ă©viterait de mentionner de tels sujets, chacune de ces assertions Ă©tant totalement rĂ©futĂ©e comme relevant de la propagande fabriquĂ©e de toutes piĂšces par IsraĂ«l. Mais non, dans les murs de la Maison Blanche de Trump, comme nulle part ailleurs dans le monde, on peut profĂ©rer de tels propos et ĂȘtre accueilli Ă bras ouverts.
Dans ce nid de moite irréalité, parfaitement adapté à l'occasion et à l'homme qui l'accueille, Netanyahu s'est ensuite attardé sur le plan pour Gaza tout juste dévoilé :
âVous allez droit au but. Vous voyez ce que les autres refusent de voir. Vous dites ce que les autres refusent de dire....VoilĂ le genre de rĂ©flexion qui va remodeler le Moyen-Orient et ramener la paixâ.
Ces derniĂšres remarques peuvent passer pour de la pure flagornerie, mais elles comportent quelque chose de primordial. Elles me semblent ĂȘtre la clĂ© pour comprendre ce qui vient de se passer entre Trump et son criminel d'invitĂ©. Parmi les nombreux pĂ©chĂ©s de Trump, pour autant que la tradition orthodoxe de Washington en tienne compte, citons sa propension Ă formuler l'innommable, avec ses dĂ©clarations a priori absurdes et pourtant tout Ă fait justes, le type de propos soigneusement tenus Ă l'Ă©cart du discours consacrĂ©.
Pour reprendre Trump :
âNous devrions nous rendre dans d'autres pays intĂ©ressants, animĂ©s d'un esprit humanitaire, et ils sont nombreux Ă le souhaiterâ, a-t-il dĂ©clarĂ©, âet y construire divers domaines qui Ă terme seront occupĂ©s par les 1,8 million de Palestiniens vivant Ă Gaza, mettant ainsi fin Ă la mort, Ă la destruction et, pour ĂȘtre franc, Ă la malchanceâ.
VoilĂ la derniĂšre saillie de Trump, une allusion doucereuse et dĂ©guisĂ©e, concernant l'expulsion forcĂ©e des habitants de Gaza vers l'Ăgypte et la Jordanie, deux pays qui ont clairement fait savoir, en termes catĂ©goriques, qu'ils n'accepteraient pas un nouvel afflux de Palestiniens. Lors d'une sĂ©ance antĂ©rieure avec Netanyahu, Trump, citĂ© par le New York Times, a balayĂ© ces objections d'un revers de main. âIls disent qu'ils ne vont pas accepterâ, a dĂ©clarĂ© Trump. âEt moi, je dis qu'ils accepterontâ.
Maintenant que c'est bien clair et largement assimilĂ©, Trump propose de procĂ©der au nettoyage ethnique de la bande de Gaza. Tout en Ă©vitant l'expression, il a fait rĂ©fĂ©rence Ă cette idĂ©e Ă de nombreuses reprises. Câest dĂ©sormais sa politique officielle. Un tel projet ne repose sur aucune base juridique, la volontĂ© des Palestiniens n'ayant jamais Ă©tĂ© prise en compte et les dĂ©placements forcĂ©s Ă©tant interdits sous quelque prĂ©texte que ce soit en vertu des Conventions de GenĂšve de 1948. Autrement dit, le projet de Trump n'a aucune raison d'ĂȘtre rejetĂ© en bloc sur cette seule base.
Tentons de garder Ă l'esprit cet ensemble de faits que nous appelons âl'Histoireâ. Harry Truman a proclamĂ© la reconnaissance par les Ătats-Unis de l'Ătat d'IsraĂ«l le 14 mai 1948, 11 minutes aprĂšs sa crĂ©ation. Al-Nakba, l'expulsion forcĂ©e des Palestiniens de leur terre, Ă©tait alors en cours depuis six mois. Et entre la dĂ©claration de Truman et aujourd'hui, l'AmĂ©rique a toujours Ă©tĂ© le principal promoteur de l'Ă©puration ethnique qui sĂ©vit aujourd'hui Ă Gaza.
Qu'on ne se méprenne pas sur ce que Trump a proposé à la Maison Blanche mardi. C'est franchement condamnable. Mais aussi impétueux soit-il, aussi benoßtement ignorant soit-il de l'avouable et de l'inavouable, Trump entend simplement agir plus ouvertement que ses prédécesseurs et avec plus de célérité.
Pour clore, il est intéressant de rappeler une anecdote derriÚre l'empressement de Truman à reconnaßtre Israël. Gore Vidal, ami de longue date des Kennedy, la raconte dans son introduction à Histoire juive, religion juive (Pluto Press, 1994), par Israël Shahak. Voici ce qu'il en dit :
âĂ la fin des annĂ©es 50, John F. Kennedy, grand bavard et historien Ă ses heures, m'a racontĂ© comment, en 1948, Harry S. Truman a littĂ©ralement Ă©tĂ© abandonnĂ© de tous lorsqu'il s'est prĂ©sentĂ© Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle. C'est alors qu'un sioniste amĂ©ricain lui offrit deux millions de dollars en cash, dans une valise, Ă bord de son train de campagne.« VoilĂ pourquoi notre reconnaissance d'IsraĂ«l s'est faite si rapidement ». Comme ni Jack ni moi n'Ă©tions antisĂ©mites (contrairement Ă son pĂšre et Ă mon grand-pĂšre), nous avons estimĂ© qu'il s'agissait d'une autre histoire drĂŽle sur Truman et la corruption tranquille de la politique amĂ©ricaineâ.
Possible, voire probable : on ne peut juger de la véracité de l'histoire avec une certitude absolue. Mais Vidal a jugé bon de la raconter dans un livre, et Shahak, survivant de l'Holocauste, professeur de chimie à l'université hébraïque et spécialiste du judaïsme reconnu bien qu'occasionnellement controversé, l'a inscrite à la premiÚre page de son livre. Si Truman a reçu 2 millions de dollars (26 millions de dollars d'aujourd'hui) des sionistes, cela correspondrait bien à ce que les politiciens américains ont récolté du lobby juif, jusqu'aux 100 millions de dollars que Trump aurait acceptés de Miriam Adelson, veuve de l'archi-sioniste Sheldon Adelson, quitte à tomber dans le travers de la téléologie.
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Extrait de l'article du New York Times cité plus haut :
âEn dĂ©voilant son plan, M. Trump n'a citĂ© aucune autoritĂ© lĂ©gale lui confĂ©rant le droit de s'emparer de ce territoire, pas plus qu'il n'a abordĂ© la question de faire disparaĂźtre de force une population, en violation du droit international et de dĂ©cennies de consensus en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine, et ce dans les deux partisâ.
Cette phrase est juste du dĂ©but Ă la fin. Mais les derniĂšres lignes, qui concernent le consensus de Washington en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre, mĂ©ritent toute notre attention. J'espĂšre que nous sommes tous d'accord, aprĂšs avoir Ă©tĂ© tĂ©moins du soutien inconditionnel de Joe Biden au gĂ©nocide d'IsraĂ«l, que la proposition de Trump de pratiquer un nettoyage ethnique dans la bande de Gaza est tout Ă fait conforme Ă âdes dĂ©cennies de consensus amĂ©ricain en matiĂšre de politique Ă©trangĂšreâ, si ce n'est la brutalitĂ© des mĂ©thodes de Trump pour y parvenir. La question sur laquelle Trump a franchi les limites des conventions tourne autour de la souverainetĂ©. âLes Ătats-Unis prendront le contrĂŽle de la bande de Gaza, et nous ferons du bon boulot avec elle aussiâ, a dĂ©clarĂ© Trump lors de sa confĂ©rence de presse avec Bibi mardi soir. Il a ajoutĂ© :
âNous allons la possĂ©der et serons responsables du dĂ©mantĂšlement de toutes ces dangereuses bombes non explosĂ©es... niveler le site, Ă©liminer les bĂątiments dĂ©truits, tout niveler..... CrĂ©er un secteur Ă©conomique qui fournira un nombre illimitĂ© d'emplois et de logements aux habitants de la rĂ©gion. Un vrai projet, quelque chose de diffĂ©rentâ.
AprĂšs son discours et celui de Bibi, un journaliste a demandĂ© Ă Trump si ce projet nĂ©cessiterait l'envoi de troupes amĂ©ricaines. âSi c'est nĂ©cessaire, nous le feronsâ, a-t-il rĂ©pondu avec l'Ă©trange dĂ©sinvolture qu'il affecte. âNous allons reprendre ce bout de terre et le dĂ©velopperâ. Depuis, il est revenu sur ses propos. âLa bande de Gaza serait remise aux Ătats-Unis par IsraĂ«l Ă la fin des combatsâ, a-t-il dĂ©clarĂ© jeudi sur Truth Social, son tam-tam numĂ©rique. âPas besoin de soldats amĂ©ricains !â
Deux remarques. D'une part, il est difficile d'imaginer l'exĂ©cution d'un projet de cette ampleur dans un site aussi politiquement chargĂ© que Gaza sans impliquer les troupes amĂ©ricaines. Ensuite, la prĂ©sence ou non de troupes semble ĂȘtre un dĂ©tail dans le schĂ©ma de l'opĂ©ration. On peut d'ores et dĂ©jĂ signaler que des âsous-traitants Ă©trangersâ assistent dĂ©jĂ les forces israĂ©liennes sur le terrain Ă Gaza.
C'est la premiĂšre fois qu'un dirigeant amĂ©ricain, quel que soit sa position au sein du gouvernement, se prononce publiquement en faveur d'une prise de possession physique d'un territoire situĂ© au-delĂ des frontiĂšres amĂ©ricaines depuis je ne sais combien de temps. Ce qui est choquant ici, c'est la proposition de Trump d'introduire - ou de rĂ©introduire, plus exactement - une domination territoriale de type impĂ©rial, et par la force si besoin. Il a Ă©voquĂ© mardi les 365 kmÂČ que compte la bande de Gaza. Remarquez la similitude avec ses projets pour le Groenland, le Canada et le canal de Panama. C'est ce que Trump a voulu dire dans son discours d'investiture lorsqu'il a parlĂ© de l'AmĂ©rique comme d'une ânation en pleine croissance - une nation qui accroĂźt sa richesse, Ă©tend son territoireâŠâ
Comme ces remarques le montrent clairement, Trump est parfaitement conscient qu'il préside un imperium. Sinon, il ne pourrait ni penser ni s'exprimer comme il le fait. Mais on constate à quel point cet homme méconnaßt souvent les faits les plus élémentaires concernant l'histoire et le fonctionnement de notre imperium. Son domaine est le foncier, ou, pour reprendre son expression, l'immobilier. Mais les théoriciens et les gestionnaires de l'empire ne s'intéressent plus à l'immobilier - pas de façon permanente.
L'AmĂ©rique a fondĂ© l'empire qui nous accable aujourd'hui, ainsi que le reste du monde, au cours de la guerre hispano-amĂ©ricaine, une opĂ©ration de huit mois survenue en 1898. Il y eut les premiers camouflets, comme les Philippines, que les Ătats-Unis ont reprises avec beaucoup de brutalitĂ© aux Espagnols et conservĂ©es en tant que colonie pendant prĂšs de cinq dĂ©cennies. Guam a Ă©tĂ© saisie pour servir de station de ravitaillement pour les cargos amĂ©ricains allant et venant de âl'Estâ. Idem pour les Samoa amĂ©ricaines. C'est ainsi que les choses se sont passĂ©es. Les EuropĂ©ens possĂ©daient des empires, nous devions donc en avoir un : tel fut le raisonnement de l'orthodoxie lorsque des personnalitĂ©s telles que Twain et William James formĂšrent la Ligue anti-impĂ©rialiste en rĂ©ponse Ă la guerre contre les Espagnols.
Washington a accordĂ© l'indĂ©pendance aux Philippins en 1946. La date est significative. Ă cette Ă©poque, Ă la veille de l'Ăšre des indĂ©pendances, Londres et Paris ont reconnu que la suprĂ©matie territoriale Ă©tait un concept du 19Ăš siĂšcle, largement dĂ©passĂ©. Ce que nous nommons nĂ©ocolonialisme Ă©tait une nouveautĂ©. Washington l'a Ă©galement compris. C'est pourquoi, depuis les victoires de 1945, s'emparer des terres d'autres peuples ne prĂ©sente plus aucun intĂ©rĂȘt. Ceux qui gĂšrent l'imperium s'intĂ©ressent aux dictateurs et autres compradores grĂące auxquels ils peuvent asseoir leur pouvoir. VoilĂ pourquoi les dĂ©cennies d'aprĂšs-guerre sont Ă©maillĂ©es de coups d'Ătat, d'assassinats, de rĂ©volutions de couleur, etc. Il ne s'agit pas de territoires, ni du drapeau amĂ©ricain flottant au vent sur eux.
Comment Trump peut-il ignorer cela ? ( Et qui diable peut bien le conseiller sur ces questions, c'est le moins qu'on puisse se demander.) Sommes-nous censĂ©s faire comme si Washington ne gĂ©rait pas d'empire depuis prĂšs de quatre-vingts ans ? Caitlin Johnstone, la chroniqueuse australienne Ă la plume vitriolĂ©e, souligne parfois les talents requis pour prĂ©server un empire et le dissimuler Ă la population amĂ©ricaine. C'est exact. Mais pour autant qu'on puisse en juger, nous sommes de moins en moins nombreux Ă nous laisser abuser de la sorte. Si les plans de Trump, Ă Gaza et ailleurs, ont la moindre vertu, la rĂ©alitĂ© de l'empire ne peut plus ĂȘtre occultĂ©e.
Les propositions de Trump enfreignent le droit international. L'AmĂ©rique y contrevient depuis des dĂ©cennies. Trump propose un nettoyage ethnique des Palestiniens de Gaza. L'AmĂ©rique a parrainĂ© ce projet depuis qu'IsraĂ«l existe. Trump pourrait sanctionner l'annexion de la Cisjordanie par l'Ătat sioniste dans les semaines Ă venir - un autre gros morceau qu'il a omis de mentionner mardi. Une telle sanction serait officieusement en vigueur depuis le dĂ©but de la colonisation.
Trump veut prendre le contrĂŽle de Gaza. Les Ătats-Unis participeront ainsi davantage au terrorisme israĂ©lien que sous le rĂ©gime de Joe Biden. C'est la nouveautĂ©. C'est flagrant, parfaitement choquant. Cependant, la question qui se pose est la suivante : en quoi est-ce nouveau, concrĂštement ?
Le plan de Trump n'est-il qu'une nouvelle étape sur le parcours de Washington depuis que Truman, si tant est qu'il l'ait fait, a accepté cette fameuse valise en ce jour de mai, il y a 77 ans ?
De nombreux fonctionnaires, personnalitĂ©s politiques et observateurs ont exprimĂ© des doutes cette semaine sur la faisabilitĂ© du plan de Trump pour Gaza. Pour l'instant, je m'abstiens de tout jugement sur la question. Mais son message, Ă lui seul, a dĂ©jĂ Ă©moustillĂ© les ultra-sionistes de tout poil. Il est dĂ©sormais parfaitement acceptable pour des reprĂ©sentants publics - Mike Huckabee, Elise Stefanik, Tom Cotton, et bien d'autres - de prĂŽner l'annexion de la Cisjordanie par IsraĂ«l. Certains de ces abrutis rĂ©trogrades, a rapportĂ© le Times mardi, en viennent maintenant Ă rejeter l'appellation âCisjordanieâ en faveur de âJudĂ©e et Samarieâ, selon lâexpression biblique. Ce changement de nomenclature est significatif et Ă©quivaut Ă une dĂ©claration d'intention agressive. PropriĂ©taire de Gaza ou pas, Trump a amorcĂ© un virage dĂ©cisif.
Mais tous ces chocs de la semaine, sans exception, sont déjà latents dans la politique américaine depuis des décennies - depuis mai 1948, en fait. Ne perdons pas cela de vue. En ces temps critiques, ne nous servons pas de Trump pour nous voiler la face, comme beaucoup d'Américains sont enclins à le faire, à commencer par leurs prétendus gouvernants.
* Patrick Lawrence, correspondant Ă l'Ă©tranger depuis de nombreuses annĂ©es, principalement pour l'International Herald Tribune, est critique mĂ©diatique, essayiste, auteur et confĂ©rencier. Son nouveau livre, âJournalists and Their Shadowsâ, est dĂ©sormais disponible chez Clarity Press.
https://scheerpost.com/2025/02/07/patrick-lawrence-all-the-gloves-come-off-in-gaza/



Je salue uniquement la franchise de Trump. J'avais la nausée rien qu'a entendre le langage subliminal, truffé de mensonges et de propagande des politiciens américains et européens. Au moins ainsi, nous pourrons clairement annoncer que les corsaires sont de retour.
Mais oui! Ă lâOuest rien de nouveau! Trump nâa rien inventĂ©! CâĂ©tait le PLAN! Depuis toujoursâŠ.