đâđš Guide de rĂ©volution populaire pour tous ceux qui en ont marre dâattendre
Personne ne viendra nous sauver, et câest bien lĂ le problĂšme.
đâđš Guide de rĂ©volution populaire pour tous ceux qui en ont marre dâattendre
Par Spencer Gray, le 24 juin 2026
Pourquoi le systĂšme est en train de couler
Le gouvernement nâest pas dĂ©faillant. Il fonctionne exactement comme prĂ©vu.
Il a Ă©tĂ© conçu pour servir les riches et les puissants. Pour protĂ©ger leur fortune tandis que le reste dâentre nous travaille jusquâĂ lâĂ©puisement pour quelques miettes. Vous le saviez dĂ©jĂ . Vous lâavez constatĂ© chaque fois que vous avez dĂ» choisir entre payer votre loyer ou acheter Ă manger. Chaque fois que vous avez vu des politiciens promettre le changement sans jamais tenir parole. Chaque fois que la police a protĂ©gĂ© les biens plutĂŽt que les individus.
Cessez de prĂ©tendre que des rĂ©formes vont rĂ©gler ce problĂšme. Cela nâarrivera jamais.
Ils vous donneront juste assez pour vous faire taire. Une petite augmentation de salaire sans commune mesure avec lâinflation. Un systĂšme de santĂ© qui vous ruine quoi quâil arrive. Une rĂ©duction des prĂȘts Ă©tudiants assortie de tant de conditions que personne nây a droit. Ce ne sont pas des solutions. Ce sont des soupapes de dĂ©compression. Des moyens de vous faire Ă©vacuer la pression pour que vous ne rĂ©alisiez pas que câest tout le systĂšme quâil faut faire disparaĂźtre.
Ceux qui dĂ©tiennent le pouvoir ne sont pas stupides. Ils savent trĂšs bien ce quâils font. Chaque compromis proposĂ© vise Ă vous maintenir prisonniers dâun systĂšme qui vous dĂ©truit. Chaque Ă©volution progressive doit vous faire croire que le progrĂšs est possible si vous votez simplement avec plus de conviction la prochaine fois.
Au diable tout ça.
Le vĂ©ritable changement ne viendra pas en suppliant ceux qui dĂ©tiennent le pouvoir dâĂȘtre moins cruels. Il viendra en construisant un monde meilleur et en rĂ©duisant leur systĂšme Ă nĂ©ant. Pas en rĂ©formant lâĂtat, mais en lui retirant tout pouvoir. Pas en remportant des Ă©lections, mais en crĂ©ant des communautĂ©s qui nâont plus besoin de leurs couillonnades.
Ce nâest pas de la thĂ©orie. Ăa se passe en ce moment mĂȘme.
Regardez lâAlbanie aujourdâhui. La RĂ©volution des Flamants roses. Des milliers de personnes se sont rassemblĂ©es chaque jour pendant plus de trois semaines pour protester contre un complexe touristique Ă 4 milliards de dollars soutenu par Trump, Kushner et Ivanka. Enseignants, Ă©tudiants, familles. Bon sang, mĂȘme les grand-mĂšres sont lĂ , brandissant leur poĂȘle Ă frire façon sabre Cutlass. Une foule de gens ordinaires, debout sur un terrain cĂŽtier protĂ©gĂ©, scandant « LâAlbanie nâest pas Ă vendre ». Ils ont tenu tĂȘte Ă lâune des familles les plus puissantes du monde. Et rien ne les a arrĂȘtĂ©s. Ils sont toujours lĂ . Ils continuent de sâorganiser. Ils continuent de se mobiliser.
Voilà ce qui se passe quand les gens prennent conscience de leur nombre. Quand ils cessent de se sentir impuissants et commencent à agir en tant que majorité.
VoilĂ ce qui peut arriver quand les gens cessent de demander la permission et commencent Ă sâorganiser.
Le systĂšme est dĂ©jĂ en train de mourir. Nous sommes dans la phase terminale du capitalisme. Nous nâessayons pas de le tuer. Nous travaillons Ă construire ce qui viendra aprĂšs, tandis quâil sâeffondre sous le poids de sa propre corruption. La seule question est de savoir si nous sommes prĂȘts Ă le construire.
Ce que signifie réellement le pouvoir collectif
Oui, oublions la propagande. Les communautĂ©s auto-organisĂ©es ne sont pas synonymes de chaos. Câest tout lâinverse.
Le pouvoir collectif signifie que les gens prennent ensemble des dĂ©cisions sur les sujets qui affectent leur vie. Pas de politiciens. Pas de bureaucrates. Pas dâintermĂ©diaires qui rĂ©clament leur part. Juste des citoyens qui dĂ©terminent ce dont ils ont besoin et travaillent ensemble Ă leur objectif.
Ce concept nâest pas une utopie. Câest ainsi que les humains se sont organisĂ©s pendant la majeure partie de lâhistoire. Avant les Ătats. Avant le capitalisme. Avant quâun petit groupe de pourris convainque tout le monde quâon a besoin dâeux pour survivre.
VoilĂ Ă quoi cela peut ressembler concrĂštement.
La dĂ©mocratie directe au niveau local. Des assemblĂ©es municipales oĂč chacun a son mot Ă dire, pas seulement celles et ceux qui ont les moyens de faire pression. Des dĂ©cisions prises par les personnes concernĂ©es. Si votre quartier a besoin dâun jardin communautaire, vous nâallez pas adresser une pĂ©tition au conseil municipal et attendre deux ans. Vous en parlez Ă vos voisins, vous trouvez un terrain et vous commencez Ă cultiver des lĂ©gumes.
Lâentraide plutĂŽt que la charitĂ©. La charitĂ©, câest quand les riches vous donnent leurs restes et se sentent bien dans leur peau. Lâentraide, ce sont ces voisins prĂȘts Ă rendre service Ă leurs voisins, car nous sommes tous dans le mĂȘme bateau. Tu gardes mes enfants, je rĂ©pare ta voiture. Tu mâapprends Ă jardiner, je tâapprends Ă coder. Nous partageons ce que nous avons, car les communautĂ©s fortes reposent sur la rĂ©ciprocitĂ©, et non sur des transactions.
Une organisation horizontale plutĂŽt quâune hiĂ©rarchie. Pas de patrons. Pas de dirigeants qui prennent des dĂ©cisions pour les autres. Des responsabilitĂ©s partagĂ©es. Un pouvoir rĂ©parti. Si quelquâun tente de dominer, le groupe le remet Ă sa place. Si quelquâun ne fait pas sa part, la communautĂ© aborde le problĂšme directement.
Des coopĂ©ratives de travailleurs plutĂŽt que des entreprises. Ce sont ceux qui font le travail qui possĂšdent lâentreprise et prennent les dĂ©cisions. Les bĂ©nĂ©fices sont partagĂ©s. Personne nâexploite la valeur du travail dâautrui. Vous voulez une boulangerie dans votre quartier ? CrĂ©ez une coopĂ©rative. Tous ceux qui y travaillent ont le mĂȘme droit Ă la parole.
Ăa nâa rien de compliquĂ©. Câest en fait beaucoup plus simple que le cauchemar bureaucratique dans lequel nous vivons actuellement.
Le plus difficile nâest pas de le comprendre. Le plus difficile est de se dĂ©faire du mensonge selon lequel nous aurions besoin de lâĂtat pour fonctionner. Câest faux. Nous nâen avons jamais eu besoin. Ce sont eux qui ont besoin de nous. Câest nous qui faisons tout le vrai travail. Cultiver, construire des maisons, enseigner aux enfants, soigner les malades. Eux, ils ne font que prĂ©lever leur part et appellent ça de la gouvernance.
Le pouvoir communautaire, câest se rĂ©approprier notre vie. Mettre en place des systĂšmes au service des citoyens plutĂŽt que du profit. Prendre des dĂ©cisions ensemble plutĂŽt quâĂȘtre gouvernĂ©s. CrĂ©er lâabondance par la coopĂ©ration plutĂŽt que la pĂ©nurie par la concurrence.
Câest reconnaĂźtre que nous sommes des millions et quâils ne sont que quelques milliers. Nous les surpassons en nombre. Nous avons les compĂ©tences. Nous disposons de tout pour rĂ©ussir, sauf la conviction que nous pouvons y arriver sans eux.
Câest cette conviction-lĂ que nous sommes en train de construire.
Commencez oĂč vous ĂȘtes : agissez localement
La rĂ©volution ne commence pas par un manifeste, une milice ou une marche sur la capitale. Elle commence dans votre quartier. Avec les gens de votre rue. Ceux que vous croisez Ă lâĂ©picerie.
Commencez par apprendre Ă connaĂźtre vos voisins. Pas seulement leurs noms. Ce dont ils ont besoin. Ce quâils savent bien faire. Ce qui leur pose problĂšme.
Frappez aux portes. PrĂ©sentez-vous. Posez des questions. Ăcoutez. Vous dĂ©couvrirez que la tatoueuse aux cheveux bleus, un peu plus loin dans la rue, est douĂ©e pour rĂ©parer des objets mais nâa pas les moyens de payer ses mĂ©dicaments. Que le jeune couple de hippies dâĂ cĂŽtĂ© veut jardiner mais ne sait cultiver que de lâherbe. Que lâadolescent qui vit trois maisons plus loin est un as de lâinformatique mais que sa famille nâa pas les moyens de lui payer ses Ă©tudes supĂ©rieures.
Ce sont vos proches. Votre communauté. Le fondement de tout ce que vous comptez construire.
Organisez une fĂȘte de quartier. Vraiment. Obtenez une autorisation sâil le faut, ou lancez-vous tout simplement. Fermez la rue Ă la circulation pendant un aprĂšs-midi. Chacun apporte Ă manger. Les enfants jouent. Les adultes discutent. Vous allez voir votre quartier comme une communautĂ© plutĂŽt que comme un assortiment dâinconnus.
Câest lĂ que commence lâorganisation. Pas dans une cellule rĂ©volutionnaire abstraite. Dans votre quartier, avec vos voisins.
Identifiez ensemble les besoins. Quâest-ce qui manque ? Quâest-ce qui ne fonctionne pas ? Quâest-ce qui pourrait ĂȘtre amĂ©liorĂ© ?
Peut-ĂȘtre sâagit-il de lâaccĂšs Ă lâalimentation. La moitiĂ© de votre quartier est un âdĂ©sert alimentaireâ et les gens dĂ©pensent trop dâargent en cochonneries Ă lâĂ©picerie du coin. Peut-ĂȘtre sâagit-il de garde dâenfants. Les parents croulent sous leurs obligations entre le travail et leurs enfants. Peut-ĂȘtre faut-il renforcer les compĂ©tences. Les gens ont besoin dâapprendre, mais nâont pas les moyens de suivre des cours.
Choisissez un thĂšme. Commencez modestement. Nâessayez pas de tout rĂ©soudre dâun seul coup.
Formez un noyau dur. Trouvez trois Ă cinq personnes qui souhaitent sĂ©rieusement faire bouger les choses. Rencontrez-vous rĂ©guliĂšrement. Chaque semaine si possible. Ălaborez des plans. RĂ©partissez-vous les tĂąches. Assurez-vous mutuellement de tenir vos engagements.
Ce groupe deviendra le noyau dur. Au fur et Ă mesure que vous avancerez, dâautres vous rejoindront. Mais vous avez besoin de ce noyau de personnes engagĂ©es prĂ©sentes rĂ©guliĂšrement.
Lancez un projet qui rĂ©ponde Ă un besoin rĂ©el. Un frigo communautaire. Une banque dâoutils. Un partage de compĂ©tences. Une coopĂ©rative de garde dâenfants. Quelque chose de concret qui amĂ©liore la vie des gens dĂšs aujourdâhui.
Documentez tout. Prenez des photos. Notez ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Partagez votre dĂ©marche. Dâautres quartiers sây intĂ©ressent aussi. Apprenez les uns des autres.
Entrez en contact avec dâautres groupes. Vous nâĂȘtes pas les seuls Ă vous organiser. Trouvez les rĂ©seaux dâentraide de votre ville. Les syndicats de locataires. Les jardins communautaires. Les coopĂ©ratives. Tissez des liens. Partagez vos ressources. Soutenez le travail des uns et des autres.
Câest ainsi que lâon se construit du pouvoir. Pas en attendant que quelquâun vous le donne. Mais en le crĂ©ant grĂące Ă des relations et Ă une collaboration.
Votre quartier est un laboratoire. Vous expĂ©rimentez de nouvelles façons de vous organiser. Certaines initiatives Ă©choueront. Câest normal. Adaptez-vous et rĂ©essayez. Lâimportant, câest dâapprendre par la pratique.
Au fur et Ă mesure que vos projets prendront de lâampleur, vous aurez besoin de plus de structure. CrĂ©ez des groupes de travail pour diffĂ©rents domaines : lâalimentation, le logement, lâĂ©ducation, la santĂ©. Laissez chacun sâimpliquer lĂ oĂč ses compĂ©tences et ses centres dâintĂ©rĂȘt le permettent.
Prenez les dĂ©cisions ensemble. Recourez au consensus quand câest possible. Au vote Ă la majoritĂ© quand câest nĂ©cessaire. Mais veillez toujours Ă ce que chaque voix soit entendue. Surtout celles de ceux qui tendent Ă ĂȘtre marginalisĂ©s.
Câest la base. Tout le reste peut sâappuyer lĂ -dessus. Une rĂ©volution ne peut avoir lieu sans un grand nombre de rĂ©volutionnaires. Les rĂ©volutionnaires ne peuvent exister sans communautĂ©s. Et les communautĂ©s ne peuvent exister sans relations.
Commencez lĂ oĂč vous ĂȘtes. Construisez au niveau local. CrĂ©ez des liens au niveau rĂ©gional. VoilĂ comment cela se propage.
CrĂ©ez des rĂ©seaux dâentraide
Lâentraide nâest pas la charitĂ©. La charitĂ©, câest quand les riches vous donnent leurs restes en attendant de la gratitude. Lâentraide, câest quand les voisins prennent soin les uns des autres parce quâensemble, nous sommes plus forts.
Câest aussi lâinfrastructure pratique de la rĂ©volution. Lorsque les communautĂ©s peuvent subvenir Ă leurs propres besoins, elles nâont pas besoin de lâĂtat. Tel est lâobjectif.
Commencez par lâalimentation. Tout le monde a besoin de manger. Câest dans le domaine alimentaire que lâentraide se concrĂ©tise rapidement.
Les rĂ©frigĂ©rateurs communautaires, câest simple. Procurez-vous un rĂ©frigĂ©rateur. Installez-le dans un endroit accessible. Remplissez-le de nourriture. Chacun peut prendre ce dont il a besoin et donner ce quâil peut. Pas de questions. Pas de conditions de ressources. Pas de bureaucratie.
Vous pouvez en mettre un en place dĂšs cette semaine. Trouvez un rĂ©frigĂ©rateur sur Craigslist. Obtenez lâautorisation de lâinstaller devant un commerce ou une Ă©glise bienveillante. Branchez-le. Faites passer le mot. Les gens lâutiliseront.
Ensuite, passez Ă lâĂ©chelle supĂ©rieure. Jardins communautaires. Groupes dâachat en gros. CoopĂ©ratives alimentaires. Lâobjectif, câest la souverainetĂ© alimentaire. Que votre communautĂ© contrĂŽle son propre approvisionnement alimentaire au lieu de dĂ©pendre des entreprises et des chaĂźnes dâapprovisionnement conçues pour gĂ©nĂ©rer du profit.
Le logement est la prochaine Ă©tape. Le loyer, câest du vol. Les propriĂ©taires sont des parasites. Nous le savons tous. Alors, que faire ?
Des syndicats de locataires. Organisez-vous au sein de votre immeuble. NĂ©gociez collectivement avec les propriĂ©taires. Coordonnez des grĂšves de loyer lorsquâils tentent dâaugmenter le prix ou refusent dâeffectuer des rĂ©parations. Lâunion fait la force. Un locataire pauvre qui se plaint sera ignorĂ©. Trente locataires agissant ensemble obtiendront des rĂ©sultats.
Des coopĂ©ratives de logement. Mettez vos ressources en commun pour acheter collectivement des biens immobiliers. Tous ceux qui y vivent en sont copropriĂ©taires. Pas de propriĂ©taire. Pas dâextraction de profit. Juste des gens qui se logent eux-mĂȘmes.
Squat. Il y a plus de logements vides que de sans-abri. Câest scandaleux. Occupez les immeubles vides. Transformez-les en logements. DĂ©fendez-les collectivement. Faites en sorte que lâexpulsion coĂ»te trop cher aux propriĂ©taires.
Santé. Le systÚme de santé est conçu pour nous ruiner. On peut faire mieux.
Secouristes de rue. Formez des gens aux premiers secours et aux soins médicaux de base. Préparez du matériel. Prenez soin les uns des autres lors des manifestations et au quotidien.
Partage de mĂ©dicaments. Les personnes qui ont des mĂ©dicaments en trop les partagent avec celles qui nâont pas les moyens de se les procurer. Les diabĂ©tiques aident dâautres diabĂ©tiques Ă se procurer de lâinsuline. Les personnes sous antidĂ©presseurs aident dâautres Ă accĂ©der Ă ces mĂ©dicaments. Câest illĂ©gal dans la plupart des pays. Faites-le quand mĂȘme. Sauver des vies importe plus que leurs lois.
Agents de santĂ© communautaires. Des personnes formĂ©es pour gĂ©rer les problĂšmes de santĂ© basiques, orienter les gens vers les ressources disponibles et prodiguer des soins qui ne nĂ©cessitent pas lâintervention dâun mĂ©decin. Câest particuliĂšrement important dans les communautĂ©s que le systĂšme de santĂ© a laissĂ© pour compte.
CoopĂ©ratives de garde dâenfants. Les parents sont dĂ©bordĂ©s. Dans la plupart des villes, la garde dâenfants coĂ»te plus cher que le loyer. La solution est collective.
CrĂ©ez une coopĂ©rative. Les parents sâoccupent Ă tour de rĂŽle de tous les enfants. Vous vous en occupez le lundi, moi le mardi, quelquâun dâautre le mercredi. Du coup, la garde dâenfants est gratuite et les enfants grandissent au sein de la communautĂ© plutĂŽt que dans lâisolement.
Ou mettez votre argent en commun pour payer quelquâun. Mais cette personne rend des comptes Ă la coopĂ©rative, pas Ă une entreprise. Et le coĂ»t est rĂ©parti entre les familles plutĂŽt que de payer chacune le prix fort.
Partage de compĂ©tences. Tout le monde sait faire quelque chose dâutile. Tout le monde a besoin dâapprendre quelque chose.
Organisez des ateliers de partage de compĂ©tences. Des cours gratuits oĂč chacun enseigne ce quâil sait. RĂ©paration de vĂ©los. Jardinage. Programmation. Couture. Cuisine. AutodĂ©fense. Tout ce dont les gens ont besoin.
CrĂ©ez une base de donnĂ©es des compĂ©tences. Qui, dans votre communautĂ©, sait faire quoi ? Quand quelquâun a besoin dâaide, il sait Ă qui sâadresser. Quand quelquâun veut apprendre, il sait qui peut lâenseigner.
BibliothĂšques dâoutils. Pourquoi chacun aurait-il besoin de sa propre perceuse ? Partagez les outils. Une banque dâoutils de quartier au lieu de cinquante perceuses qui prennent la poussiĂšre dans les garages.
Câest ainsi que lâon construit une infrastructure au service des gens plutĂŽt que du profit. Chaque rĂ©seau dâentraide créé est une ressource en moins Ă attendre du systĂšme. Une façon de plus pour votre communautĂ© dâatteindre lâautosuffisance.
LâĂtat sâen rendra compte. Il tentera de vous rĂ©glementer. De vous faire fermer. PrĂ©tendra que vous avez besoin de permis, de licences et dâassurances. Ignorez-le quand vous le pouvez. Conformez-vous au strict minimum lorsque vous y ĂȘtes obligĂ©. Continuez Ă bĂątir.
Vous ne demandez pas la permission. Vous rĂ©pondez Ă des besoins. Sâils veulent arrĂȘter des gens pour avoir nourri leurs voisins, quâils essaient. Ăa fera trĂšs mauvaise impression et vous aurez le soutien de la communautĂ©.
Câest ainsi quâon rend lâĂtat inutile. Non pas en lâaffrontant directement, mais en dĂ©veloppant des alternatives qui fonctionnent mieux. Quand votre communautĂ© peut se nourrir, se loger et prendre soin dâelle-mĂȘme, Ă quoi lâĂtat sert-il ?
Ă rien. LĂ est le but.
Lâimportance de la thĂ©orie et de lâĂ©ducation
Vous ne pouvez rien bĂątir si vous ne comprenez pas ce que vous construisez ni pourquoi. La thĂ©orie compte. Lâhistoire compte. Lâapprentissage compte.
Mais ne laissez pas la thĂ©orie vous paralyser. Vous nâavez pas besoin de lire tous les livres avant de commencer Ă vous organiser. Vous devez comprendre les bases et apprendre le reste par la pratique.
Commencez par les fondamentaux. Que cherchez-vous réellement à construire ?
Des communautĂ©s qui sâorganisent sans hiĂ©rarchie. OĂč les dĂ©cisions qui affectent leur vie sont prises collectivement. OĂč les ressources sont partagĂ©es en fonction des besoins, et non du profit. OĂč le pouvoir est rĂ©parti plutĂŽt que concentrĂ©.
Câest lâessentiel. Le reste nâest que dĂ©tails.
Lisez un peu dâhistoire. Inspirez-vous de ceux qui ont dĂ©jĂ tentĂ© lâexpĂ©rience. Quâest-ce qui a fonctionnĂ© ? Quâest-ce qui a Ă©chouĂ© ? Pourquoi ?
La rĂ©volution espagnole de 1936. Des millions de personnes se sont organisĂ©es en collectifs. Elles gĂ©raient des usines, des fermes, des villes entiĂšres sans patrons ni gouvernement. Ce systĂšme a fonctionnĂ© jusquâĂ ce que les fascistes lâĂ©crasent par la force militaire.
Les Zapatistes au Chiapas. Des communautĂ©s autochtones qui sâautogouvernent depuis 1994. Elles ont créé des zones autonomes. Elles assurent les soins de santĂ©, lâĂ©ducation et la justice sans lâĂtat mexicain.
Le Rojava, dans le nord de la Syrie. Des millions de personnes instaurent la dĂ©mocratie directe au cĆur dâune zone de guerre. LibĂ©ration des femmes. DurabilitĂ© Ă©cologique. CoopĂ©ration entre les ethnies. La preuve que cela peut fonctionner mĂȘme dans des conditions extrĂȘmes.
Apprenez de leurs réussites. Tirez les leçons de leurs erreurs. Appliquez ces enseignements à votre contexte.
Ătudiez lâentraide. Lâouvrage de Kropotkine, âLâentraide : un facteur de lâĂ©volutionâ, est ancien mais fondamental. Il montre comment la coopĂ©ration, et non la concurrence, est le moteur de la survie et du progrĂšs humains.
Comprenez le pouvoir. Comment il fonctionne. Comment il est maintenu. Comment il peut ĂȘtre dĂ©mantelĂ©. Lisez des ouvrages sur lâorganisation. Sur la construction de mouvements. Sur la maniĂšre dâinitier le changement.
Vous ne savez pas par quels livres commencer ? Envoyez-moi un message, je me ferai un plaisir de vous recommander de bons philosophes et des ouvrages révolutionnaires.
Mais développez également des compétences pratiques. La théorie sans la pratique est inutile.
Apprenez à animer des réunions. Comment aider les groupes à prendre des décisions ensemble. Comment gérer les conflits. Comment faire progresser sans dominer.
Apprenez la culture de la sĂ©curitĂ©. Comment sâorganiser en toute sĂ©curitĂ©. Que dire et ne pas dire. Comment vous protĂ©ger, vous et votre communautĂ©, contre la surveillance et lâinfiltration.
Apprenez Ă enseigner. Vous devrez aider les autres Ă comprendre ce que vous construisez. EntraĂźnez-vous Ă expliquer des idĂ©es complexes de maniĂšre simple. Allez Ă la rencontre des gens lĂ oĂč ils vivent.
CrĂ©ez des groupes dâĂ©tude. Lisez ensemble. Discutez ensemble. Apprenez ensemble. Vous renforcerez ainsi une comprĂ©hension commune et consoliderez votre communautĂ©.
Mais ne vous enlisez pas dans des lectures et discussions sans fin. La thĂ©orie est un outil, pas une fin en soi. Lâobjectif est de comprendre suffisamment pour agir efficacement.
Certains voudront débattre indéfiniment de la théorie. Laissez-les faire. Vous avez autre chose à accomplir.
Apprenez suffisamment pour vous lancer. Puis faites vos propres expĂ©riences. Vous comprendrez mieux ce quâest lâorganisation aprĂšs avoir gĂ©rĂ© un frigo communautaire quâaprĂšs avoir lu dix livres sur lâentraide.
RĂ©flĂ©chissez Ă vos pratiques. Quâest-ce qui fonctionne ? Quâest-ce qui ne fonctionne pas ? Pourquoi ? Adaptez-vous en fonction de ce que vous apprenez. Câest ça, la pratique. ThĂ©orie et pratique se nourrissent mutuellement.
Partagez ce que vous apprenez. Ăcrivez sur vos expĂ©riences. Discutez avec dâautres militants. Contribuez Ă la connaissance collective. Nous apprenons tous ensemble.
Le but nâest pas de devenir le parfait thĂ©oricien. Le but est de dĂ©velopper des communautĂ©s efficaces. La thĂ©orie est au service de cet objectif. Lorsquâelle cesse dâĂȘtre utile, abandonnez-la et remettez-vous au travail.
Renforcez la résilience et la défense
Nous sommes des millions. Ils ne sont que quelques centaines.
Câest la rĂ©alitĂ© quâils ne veulent pas que nous dĂ©couvrions.
Des millions de gens ordinaires contre quelques centaines de politiciens, quelques milliers de milliardaires et les flics fascistes quâils paient pour protĂ©ger leur fortune. Le rapport de force est sans commune mesure. Nous sommes bien plus nombreux quâeux, de plusieurs ordres de grandeur. Tout leur systĂšme repose sur notre ignorance.
LâĂtat sâen rendra compte lorsque vos rĂ©seaux dâentraide commenceront Ă rĂ©pondre Ă de rĂ©els besoins. Lorsque votre communautĂ© sera moins dĂ©pendante de leurs systĂšmes de merde. Ils essaieront de vous en empĂȘcher.
Mais voici ce quâils ne peuvent pas faire.
Ces salauds ne peuvent pas nous arrĂȘter, nous qui sommes des millions. Ils ne peuvent pas fermer tous les rĂ©frigĂ©rateurs communautaires alors que des millions dâentre nous en installent. Ils ne peuvent pas expulser tous les syndicats de locataires alors que des millions dâentre nous refusent de payer un loyer aux parasites. Ils ne peuvent pas mettre fin Ă ce que nous construisons Ă grande Ă©chelle.
Leur pouvoir nâest quâune illusion entretenue par notre division et notre isolement. DĂšs lâinstant oĂč nous allons nous organiser ensemble, cette illusion sâeffondre.
La culture de la sécurité demeure importante. Ne faites pas les fous. Partez du principe que vos communications numériques sont surveillées. Pour les conversations sensibles, rencontrez-vous en personne. Sachez avec qui vous travaillez. Il y a des mouchards partout. Des infiltrés existent, mais ils cherchent à isoler et à poursuivre des individus. Ils ne peuvent pas infiltrer des millions de personnes.
Veillez Ă ce que votre organisation reste lĂ©gale. Les actions rĂ©volutionnaires que vous pouvez entreprendre sans vous exposer Ă des arrestations abusives sont nombreuses. Lâentraide est lĂ©gale. Lâorganisation de communautĂ©s est lĂ©gale. Informer les gens de leurs droits est lĂ©gal. CrĂ©er des institutions alternatives est lĂ©gal. Faites ce travail au grand jour et laissez-les regarder. Que feront-ils ? ArrĂȘter tous ceux qui nourrissent leurs voisins ?
Mais attendez-vous Ă ĂȘtre harcelĂ©s. Ol Deputy Dog pourrait dĂ©barquer devant votre frigo communautaire avec de fausses infractions au code sanitaire. Les propriĂ©taires exerceront des reprĂ©sailles contre les syndicats de locataires. La ville sâintĂ©ressera subitement Ă ce terrain vague que vous cultivez. Ayez des avocats sous la main. Connaissez vos droits. Documentez tout. Et nâoubliez pas que vous nâĂȘtes pas seuls dans cette lutte.
Quand ils sâen prendront Ă un rĂ©frigĂ©rateur communautaire, dix autres apparaĂźtront. Câest ça, la force du nombre.
Ătablissez des collaborations avec des observateurs juridiques et des organisations de dĂ©fense des droits civiques. Non pas parce que vous faites quelque chose de mal, mais parce que le systĂšme se moque du bien et du mal. Disposer dâun soutien juridique compte. Mais ce qui importe davantage, câest que des milliers de personnes soient prĂȘtes Ă se mobiliser quand lâun dâentre vous sera pris pour cible.
Diversifiez tout. Ne concentrez pas toutes vos ressources en un seul endroit. Sâils ferment votre frigo communautaire, ayez trois lieux de secours Ă disposition. Sâils vous expulsent de votre lieu de rĂ©union, prĂ©voyez dix autres endroits pour vous rassembler. La rĂ©silience passe par la redondance. Cette redondance signifie aussi que nous serons trop nombreux Ă agir dans trop dâendroits pour quâils puissent nous arrĂȘter tous.
Prenez soin les uns des autres. Ce combat est difficile et ils veulent vous Ă©puiser et vous isoler. CrĂ©ez des rĂ©seaux de soutien. Prenez des nouvelles des autres. Partagez le fardeau. FĂȘtez les victoires. Surmontez ensemble les moments difficiles. Vous nâĂȘtes pas des loups solitaires. Vous faites partie des millions de personnes qui travaillent Ă la mĂȘme
Apprenez les gestes de premiers secours. Sachez dĂ©samorcer les conflits, mais apprenez aussi Ă vous dĂ©fendre et Ă dĂ©fendre vos voisins. EntraĂźnez-vous. Soyez prĂȘts Ă affronter les ennuis.
PrĂ©voyez des plans dâurgence. Vous construisez quelque chose qui menace leur pouvoir, et le pouvoir se protĂšge lui-mĂȘme. Soyez malins. Mais ne laissez pas la peur vous arrĂȘter.
Voici ce dont ils ont rĂ©ellement peur. Pas de vos actions individuelles. Pas dâun simple frigo communautaire ni dâun syndicat de locataires. Ils ont peur de ce qui se passe lorsque des millions dâentre nous sâorganisent. Des quartiers Ă lâĂ©chelle de villes entiĂšres. Lorsque les communautĂ©s se renforcent ensemble et prennent conscience que nous nâavons pas besoin du systĂšme qui nous exploite. Lorsque nous comprenons que nous sommes dĂ©jĂ plus nombreux quâeux et que nous lâavons toujours Ă©tĂ©.
Câest la vĂ©ritable menace. Des millions de personnes agissant comme la majoritĂ© que nous sommes.
Nous avons dĂ©jĂ le pouvoir. Nous apprenons simplement Ă lâutiliser ensemble.
ArrĂȘtez de parler, commencez Ă agir
Le systÚme est déjà mort. Nous sommes déjà en train de gagner.
En ce moment mĂȘme, des milliers de personnes partout dans le monde manifestent et ne reculent pas. Les mĂ©dias occidentaux nâen parlent pas et les rĂ©seaux sociaux censurent certains contenus, mais oui, ça se passe bel et bien. Des millions dâautres construisent des rĂ©seaux dâentraide dans leurs quartiers et crĂ©ent des coopĂ©ratives.
Ils sâenseignent mutuellement. Ils sâemploient les uns les autres. Ils organisent des syndicats de locataires. Ils se forment mutuellement pour le jour oĂč ça va partir en vrille. Ils nâattendent pas la permission.
On peut se joindre Ă ce mouvement, ou se faire distancer.
Ce nâest pas le genre de chose quâon commence Ă zĂ©ro. On rejoint des millions de personnes dĂ©jĂ Ă lâĆuvre. Lâinfrastructure est en train dâĂȘtre mise en place en ce moment mĂȘme. Les rĂ©seaux existent. Il suffit de sây connecter.
Voici ce que vous pouvez faire cette semaine.
Parlez Ă un voisin. Juste un. Demandez-lui ce dont il a besoin. Dites-lui ce que vous avez en tĂȘte. Voyez sâil est intĂ©ressĂ©. Câest tout. Une seule conversation. Vous pouvez le faire dĂšs aujourdâhui.
Commencez par une petite chose.
Trouvez vos alliés. Vous avez besoin de trois à cinq autres personnes sérieuses, présentes réguliÚrement. Qui mettront la main à la pùte. Commencez à chercher. Elles sont là , quelque part. Probablement plus prÚs que vous ne le pensez.
Vous les trouverez Ă la salle de sport, au stand de tir, voire Ă la librairie.
Connectez-vous Ă ce qui existe dĂ©jĂ . Recherchez des rĂ©seaux dâentraide dans votre ville. Des syndicats de locataires. Des coopĂ©ratives alimentaires. Des jardins communautaires. Quelquâun sâorganise dĂ©jĂ prĂšs de chez vous. Trouvez-les. Apprenez dâeux. Construisez ensemble.
Vous nâavez pas besoin de tout comprendre seuls. Nous sommes des millions Ă le faire. Nous apprenons ensemble. Nous faisons des erreurs ensemble. Nous construisons notre force ensemble.
Les chiffres sont de notre cĂŽtĂ©. Nous sommes des millions, et eux ne sont que quelques milliers. Nous avons les compĂ©tences. Nous avons la main-dâĆuvre. Nous avons tout ce quâil faut, sauf la conviction que nous pouvons y arriver.
Alors, croyez-y. Puis prouvez-le.
Câest en train de se produire. La seule question est de savoir si vous en faites partie. Il est temps de penser au-delĂ des urnes.
Au travail.
Traduit par Spirit of Free Speech










