đâđš Il est grand temps d'occuper IsraĂ«l
Au nom du respect des droits humains, des initiatives citoyennes pour tenir Israël responsable des crimes de guerre & du racisme contre les Palestiniens seraient salvatrices. Est-ce trop demander ?
đâđš Il est grand temps d'occuper IsraĂ«l
Par Stuart Rees, le 21 février 2024
Au plus fort d'un mouvement de destruction, nous devons libérer Gaza, marcher jusqu'au mur de sécurité et occuper Israël.
Si les manifestants pour une Palestine libre doivent ĂȘtre pris au sĂ©rieux, une intervention pour sauver des vies doit remplacer l'inaction et la collusion des Ătats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie et d'autres nations occidentales avec le massacre israĂ©lien. Ne vous contentez pas de protester : libĂ©rez Gaza, marchez jusqu'au mur de protection et occupez IsraĂ«l.
Au coin d'une rue, des hommes brutalisent un jeune sans défense. Un témoin peut regarder ailleurs, ou regarder sans rien faire. Ou bien il peut intervenir pour mettre fin aux brimades.
La situation Ă Gaza est comparable aux dĂ©fis lancĂ©s Ă des tĂ©moins pour qu'ils interviennent. Des nations puissantes assistent Ă la destruction et aux massacres de la fin des temps, mais Ă part l'Afrique du Sud qui a poursuivi IsraĂ«l devant la Cour internationale de justice (CIJ), des tĂ©moins potentiellement puissants ne sont pas intervenus. Pourtant, si les manifestants de Free Palestine Ă©taient pris au sĂ©rieux, une intervention pour sauver des vies pourrait remplacer l'inaction des Ătats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie et d'autres pays occidentaux, sans parler de leur collusion avec les massacres israĂ©liens.
Identifier les obstacles
Pour mettre fin Ă la catastrophe Ă Gaza et en Cisjordanie et tenir IsraĂ«l responsable d'avoir ignorĂ© la dĂ©cision de la CIJ de cesser les massacres qui contreviennent Ă la Convention sur le gĂ©nocide, une force ou une entitĂ© de l'ONU pourrait occuper au moins les zones d'IsraĂ«l qui sont palestiniennes. La raison pour laquelle cette proposition devrait ĂȘtre faite est Ă©vidente. La maniĂšre dont cela pourrait se faire doit tenir compte de plusieurs obstacles, Ă commencer par une Ă©valuation des pouvoirs du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies et de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies (AGNU).
Le chapitre VII de la Charte des Nations unies autorise le Conseil de sĂ©curitĂ© Ă intervenir dans les affaires d'un Ătat si son comportement âest considĂ©rĂ© comme une menace pour la paix et la sĂ©curitĂ© internationalesâ. Ătant donnĂ© que le carnage Ă Gaza est perçu par les pays du Moyen-Orient comme une cause d'Ă©largissement du conflit, la raison d'ĂȘtre du Conseil de sĂ©curitĂ© en matiĂšre de âpaix et de sĂ©curitĂ©â devient Ă©vidente. Mais pour protĂ©ger IsraĂ«l, cet argument sera bloquĂ© par le veto quasi certain des Ătats-Unis.
L'observateur frustrĂ© se tourne alors vers l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, dont les pouvoirs d'intervention sont limitĂ©s, bien qu'elle puisse faire des recommandations aux Ătats âsur les questions internationalesâ, notamment âles questions politiques, Ă©conomiques, humanitaires, sociales et juridiquesâ. Pour quelles raisons le massacre de Gaza n'est-il pas une Ă©vidence humanitaire ?
Pour que l'AGNU rĂ©ponde Ă cette question, il faudrait que l'indignation des Ătats-nations soit suffisamment forte pour qu'une rĂ©solution soit votĂ©e. Au lieu de cela, les membres de l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale se comportent comme des tĂ©moins impuissants et toute intention d'arrĂȘter un gĂ©nocide est dĂ©couragĂ©e par les carcans culturels et juridiques qui entravent les politiques de l'ONU, d'oĂč la nĂ©cessitĂ© de chercher ailleurs des initiatives pour soutenir les Palestiniens.
Une flottille pour la liberté
Entre 2008 et 2018, le mouvement Free Gaza a organisĂ© 35 bateaux de la libertĂ© pour acheminer des secours Ă Gaza et contourner le blocus naval israĂ©lien illĂ©gal. Seuls cinq bateaux ont atteint Gaza, mais mĂȘme ceux qui ont Ă©chouĂ© suggĂšrent que l'indignation internationale pourrait ĂȘtre mobilisĂ©e pour occuper IsraĂ«l et apporter de l'aide Ă Gaza.
En 2008, les 27 membres d'équipage et passagers du bateau de la liberté Dignity comprenaient des médecins, des avocats, des journalistes et des militants des droits de l'homme de 12 pays différents. En 2009, sur le bateau de la liberté Sprit of Humanity, Mairead Maguire, lauréate du prix Nobel de la paix, a déclaré :
âParfois, il faut trouver le courage de se lever pour s'opposer Ă l'oppressionâ.
Elle a exprimĂ© le mĂȘme dĂ©sespoir que celui ressenti par des millions de personnes aujourd'hui face Ă la non-intervention, alors que des dizaines de milliers de personnes sont tuĂ©es. Elle a demandĂ© :
âOĂč est mon pays, oĂč sont nos gouvernements, oĂč sont les Nations unies ?â
Face auxs brutes, le citoyen moyen agit et ne passerait pas des mois Ă consulter une institution internationale pour savoir ce qu'il doit faire. Face Ă la poursuite du massacre de Gaza, ayant perdu confiance dans les gouvernements pour dire Ă IsraĂ«l : âStop aux livraisons dâarmesâ, âStop aux tueriesâ, les citoyens attachĂ©s aux droits de l'homme universels pourraient agir. Avec un soutien mondial, l'intervention pour occuper IsraĂ«l Ă Gaza, en Cisjordanie et Ă JĂ©rusalem-Est pourrait ĂȘtre l'objectif d'une flottille de la libertĂ©.
Le respect de l'humanité commune devrait faire en sorte que ces propositions ne soient pas immédiatement rejetées, et il n'est pas difficile d'identifier l'équipage et les passagers probables des bateaux. Il pourrait s'agir de membres d'un service d'urgence des Nations unies pour la paix (UNEPS) conçu il y a vingt ans sous les auspices de l'ONU pour résoudre les conflits et construire la paix. Les passagers de cette flottille comprendraient des équipes d'ingénieurs, de plombiers, de maçons, d'infirmiÚres, de médecins, de personnel de sécurité, d'avocats, de travailleurs sociaux, d'interprÚtes et d'experts en résolution de conflits.
Une justification juridique et morale
Plusieurs jugements juridiques et moraux soutiennent cette proposition.
En 2005, le principe opĂ©rationnel des Nations unies, la responsabilitĂ© de protĂ©ger (R2P), a dĂ©clarĂ© que les Ătats ont la responsabilitĂ© de protĂ©ger les populations contre le gĂ©nocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l'humanitĂ©. ConformĂ©ment aux chapitres VI et VIII de la Charte des Nations unies, il est rappelĂ© aux Ătats que la responsabilitĂ© de protĂ©ger a une application universelle et doit ĂȘtre mise en Ćuvre âen temps voulu et de maniĂšre dĂ©cisiveâ.
Si ce principe est rejetĂ©, la dĂ©cision de la CIJ suite aux preuves apportĂ©es par l'Afrique du Sud concernant la mort, la destruction et le dĂ©placement subis par 2,2 millions de citoyens de Gaza, justifie une rĂ©ponse des citoyens du monde. La CIJ a statuĂ© qu'IsraĂ«l devait âprendre toutes les mesures nĂ©cessaires pour empĂȘcher que des actes violant la Convention sur le gĂ©nocide ne soient commis Ă Gazaâ. Qu'est-ce qui empĂȘchera les citoyens d'agir si IsraĂ«l poursuit cette âguerreâ ?
Début février, 800 fonctionnaires européens et américains ont protesté contre la politique israélienne. Ils ont écrit :
âNous sommes contraints de faire tout ce qui est en notre pouvoir au nom de nos pays et en notre nom propre pour ne pas ĂȘtre complices de l'une des pires catastrophes humaines de ce siĂšcle..... IsraĂ«l n'a observĂ© aucune limite dans ses opĂ©rations militaires Ă Gaza [...] le blocage dĂ©libĂ©rĂ© de l'aide par IsraĂ«l a conduit Ă une catastrophe humanitaire mettant des milliers de civils en danger de famine et de mort lenteâ.
Ces fonctionnaires ont exigĂ© qu'IsraĂ«l, âcomme tous les autres protagonistesâ, soit tenu de respecter les normes internationales en matiĂšre d'aide humanitaire et de droits de l'homme, une exigence qui inclut âla mise en Ćuvre immĂ©diate et complĂšte de la rĂ©cente dĂ©cision de la Cour internationale de justiceâ.
Que se passera-t-il si une proposition d'âoccupation d'IsraĂ«lâ entre dans l'esprit des hommes politiques et des diplomates ?
L'alternative est la mĂȘme. Au moment mĂȘme oĂč le secrĂ©taire d'Ătat amĂ©ricain Blinken dĂ©clarait que âles pertes palestiniennes restent trop Ă©levĂ©esâ, les Ătats-Unis accordaient Ă IsraĂ«l 14 milliards de dollars supplĂ©mentaires pour qu'il continue Ă tuer.
En Australie, il n'y a aucun signe officiel d'une prise de position en faveur de la Palestine contre le gouvernement d'extrĂȘme droite de Netanyahou. La lĂąchetĂ© continue de prĂ©valoir. L'Afrique du Sud n'a pas Ă©tĂ© soutenue devant la CIJ, mais la volontĂ© de couper l'aide humanitaire aux rĂ©fugiĂ©s assiĂ©gĂ©s de Gaza a Ă©tĂ© immĂ©diate.
Au lieu de résoudre les problÚmes par la force brute, le personnel de l'UNEPS comprendrait des équipes ayant les compétences nécessaires pour entamer le long processus de guérison et de reconstruction, en confiant aux Palestiniens la direction et d'autres rÎles prioritaires.
Les principes du droit humanitaire soutiennent la proposition de la flottille. Ils renforcent ce mode de pensĂ©e et de vie non violent dont le Mahatma Gandhi a dit qu'il Ă©tait aussi une loi pour la vie. Des pancartes brandies par des manifestants israĂ©liens anti-guerre Ă Tel Aviv font Ă©cho Ă ce point de vue : âJamais plus, c'est jamais plus pour tousâ, âLa vie des Palestiniens est essentielleâ.
Redéfinir la souveraineté
Si les politiques fondées sur les droits de l'homme doivent remplacer la force brute, l'occupation d'Israël se justifie et pourrait s'appliquer à d'autres régimes, mais le défi actuel est de répondre à la catastrophe de Gaza.
Les propositions d'occupation d'IsraĂ«l nĂ©cessiteraient une redĂ©finition de la souverainetĂ©. Les dĂ©finitions actuelles favorisent la violence. Les frontiĂšres doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©es par la force des armes. Ă l'intĂ©rieur de ces frontiĂšres, des Ătats tels qu'IsraĂ«l revendiquent le droit de se dĂ©fendre, mĂȘme en attaquant les populations des territoires qu'ils occupent.
Une interprĂ©tation non violente de la souverainetĂ© souligne l'interdĂ©pendance de tous les peuples, considĂšre le respect des droits de l'homme comme synonyme d'identitĂ© nationale et enseigne l'influence nourriciĂšre des divers manifestations de lâart, musique, danse, poĂ©sie, peinture, artisanat et sport. Il est grand temps de promouvoir cette vision crĂ©ative de la souverainetĂ©.
Au nom du respect des droits de l'homme, des modes de pensĂ©e, d'action qui amĂ©liorent la vie, les initiatives citoyennes visant Ă relancer les flottilles de la libertĂ© et Ă tenir IsraĂ«l pour responsable des crimes de guerre et des attitudes racistes Ă l'Ă©gard des Palestiniens seraient une source d'inspiration et devraient ĂȘtre salvatrices.
Est-ce trop demander ?
Si vous souhaitez participer avec moi Ă un Ă©lan de libertĂ© pour briser le blocus, libĂ©rer la Palestine et occuper IsraĂ«l, manifestez votre intĂ©rĂȘt ici : stuart.rees@sydney.edu.au


