đâđš La barbarie a encore frappĂ©
Pourtant, le nĂ©o-Caligula ne sâarrĂȘtera pas de sitĂŽt. LâEmpire du chaos, sous la doctrine Donroe, cherche coĂ»te que coĂ»te Ă dominer les corridors Ă©nergĂ©tiques et commerciaux.
đâđš La barbarie a encore frappĂ©
Par Pepe Escobar, le 5 janvier 2026
âNe blĂąmez pas CĂ©sar, blĂąmez le peuple de Rome qui lâa acclamĂ© et adorĂ© avec tant de ferveur, qui sâest rĂ©joui de perdre sa libertĂ©, qui a dansĂ© sur son passage et lui a rĂ©servĂ© des processions triomphales. BlĂąmez le peuple qui lâacclame quand il parle au Forum de la « nouvelle et splendide sociĂ©tĂ© » que Rome est censĂ©e incarner dĂ©sormais, en promettant plus dâargent, plus de confort, plus de sĂ©curitĂ©, plus de vie facile aux dĂ©pens du peupleâ. â Marcus Tullius CicĂ©ron
Les années de folie ont commencé par un meurtre : celui du général Soleimani à Bagdad, le 3 janvier 2020. Ordre donné par Trump 1.0.
Le deuxiĂšme acte des annĂ©es folles dĂ©bute par un bombardement/enlĂšvement. Mini-Shockân Awe sur Caracas : raid de la Delta Force. Le 3 janvier 2026. Ordre donnĂ© par Trump 2.0.
Donald Trump, déchaßné, a déclaré vouloir gouverner le Venezuela.
Ce minable néo-Caligula, autoproclamé empereur de Barbarie, pourrait ne rien diriger du tout, à commencer par sa grande gueule.
LâopĂ©ration au Venezuela sâest dĂ©roulĂ©e selon un scĂ©nario impĂ©rial classique. Des sanctions meurtriĂšres ont bloquĂ© le commerce et les mouvements de capitaux pendant des annĂ©es, provoquant une hyperinflation et une crise humanitaire incontrĂŽlable. Lâobjectif a Ă©tĂ© de causer tant de souffrances aux VĂ©nĂ©zuĂ©liens quâun coup dâĂtat militaire serait inĂ©vitable.
LâenlĂšvement du prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien dans sa chambre Ă coucher, au milieu de la nuit, a suivi le scĂ©nario classique de la CIA. Ils ont rĂ©ussi Ă soudoyer le chef de la sĂ©curitĂ© de Maduro et son entourage proche, mais pas lâarmĂ©e vĂ©nĂ©zuĂ©lienne.
Maduro nâĂ©tait protĂ©gĂ© que par les seuls VĂ©nĂ©zuĂ©liens, et non par les Russes, comme lâont confirmĂ© des sources indĂ©pendantes Ă Caracas. Lorsque la dĂ©lĂ©gation russe est arrivĂ©e Ă la rĂ©sidence de Maduro, elle a dâabord rencontrĂ© la rĂ©sistance de certains membres corrompus de sa garde rapprochĂ©e.
Une fois ces derniers neutralisĂ©s, les Russes ont pu entrer dans la rĂ©sidence et ont dĂ©couvert que Maduro avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© exfiltrĂ© par la Delta Force, avec lâaide de membres de son entourage. Le chef de la sĂ©curitĂ© de Maduro a alors Ă©tĂ© apprĂ©hendĂ©, puis exĂ©cutĂ©.
Le lendemain de lâenlĂšvement, des soldats vĂ©nĂ©zuĂ©liens ont rĂ©vĂ©lĂ© que la Delta Force comptait Ă©tablir une tĂȘte de pont dans lâune de leurs unitĂ©s Ă Caracas afin dâen faire une base opĂ©rationnelle pour une invasion terrestre de type âBaie des Cochonsâ. Selon les propos dâun soldat,
ânous nous sommes battus, nous avons ouvert le feu et nous avons forcĂ© lâhĂ©licoptĂšre Ă partir sans rĂ©cupĂ©rer de membres de lâunitĂ© militaireâ.
Le ministĂšre vĂ©nĂ©zuĂ©lien de la DĂ©fense a ensuite dĂ©clarĂ© que la plupart des membres de la sĂ©curitĂ© de Maduro ont Ă©tĂ© tuĂ©s pendant lâopĂ©ration, sans toutefois prĂ©ciser par qui. Cuba a par ailleurs annoncĂ© la mort de 32 de ses ressortissants, qui ne faisaient certainement pas partie dâunitĂ©s de sĂ©curitĂ© mises en cause.
Le gouvernement chaviste reste au pouvoir, dirigĂ© par la redoutable Delcy RodrĂguez, nommĂ©e prĂ©sidente par intĂ©rim par la Constitution. Aucun membre de la cinquiĂšme colonne au sein du gouvernement nâa Ă©tĂ© dĂ©masquĂ© jusquâĂ prĂ©sent.
Un article publié dans le torchon Miami Herald, faisant référence à un ancien vice-président colombien peu fiable, Santos Calderon, sans aucune référence à des sources vénézuéliennes, a répandu la rumeur selon laquelle Delcy Rodriguez aurait conclu un pacte avec Trump 2.0 pour livrer Maduro.
Il aura fallu moins de 48 heures pour que le rĂ©cit enflammĂ© de la Maison Blanche commence Ă faire pschitt. Le journaliste dâinvestigation Diego Sequera, prĂ©sent sur le terrain au Venezuela, a dĂ©jĂ largement dĂ©mystifiĂ© le flot dâabsurditĂ©s qui submerge les mĂ©dias traditionnels et les rĂ©seaux sociaux.
De plus, oubliez les 28 millions de VĂ©nĂ©zuĂ©liens acclamant un gringo nĂ©o-Caligula et sa grande gueule comme un âlibĂ©rateurâ. Il est dĂ©sormais contraint de profĂ©rer des menaces personnelles contre Delcy RodrĂguez et, cerise sur le gĂąteau, de promettre que lâEmpire du chaos pourrait Ă nouveau bombarder le Venezuela.
La doctrine Trump démystifiée
Allons droit au but. Outre les fameuses âplus grandes rĂ©serves de pĂ©trole de la planĂšteâ, essentielles Ă un empire en difficultĂ© financiĂšre pour servir de garantie, plusieurs motivations principales expliquent lâattaque contre le Venezuela.
1. Bellum Judaica. Outre son rapprochement avec les membres des BRICS (BrĂ©sil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), Caracas a pris clairement position en faveur de la Palestine et a dĂ©noncĂ© le flĂ©au du sionisme. Ainsi, dâun seul trait, nous assistons non seulement Ă lâapplication pratique du âcorollaire de la doctrine Monroeâ, explicitĂ© dans la nouvelle stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale, mais aussi Ă la mise en Ćuvre de la âdoctrine Donroeâ par un bouffon sioniste, le nĂ©o-Caligula.
Quelle mĂ©thode plus efficace pour inculquer de nouvelles rĂšgles au reste du monde, et notamment au Sud global, sur la Pax Judaica illimitĂ©e â en rĂ©alitĂ©, le Bellum Judaica â, car les sionistes sont dĂ©sormais en guerre perpĂ©tuelle contre tous les âAmaleksâ, ceux qui ne se prosternent pas devant lâautel sioniste. Rien dâĂ©tonnant donc que Delcy Rodriguez soit allĂ©e droit au but, qualifiant dans son premier discours lâenlĂšvement du nĂ©o-Caligula de âmanĆuvre sionisteâ.
2. Lâorage du heavy metal. Moins de 24 heures aprĂšs le bombardement/mini-Shockân Awe/enlĂšvement, et pour la modique somme de 8 milliards de dollars, Washington a conclu un accord massif pour absorber pas moins de 1 000 milliards de dollars de mĂ©taux prĂ©cieux vĂ©nĂ©zuĂ©liens.
Cet accord a Ă©tĂ© financĂ© par J.P. Morgan, actuellement en grande difficultĂ© due Ă sa position spĂ©culative sur lâargent physique. Or, le Venezuela se trouve justement sur lâArco Minero, une zone qui concentre des milliers de milliards de dollars dâor et dâargent encore inexploitĂ©s.
3. Lâangle du pĂ©trodollar. Les Ă©normes rĂ©serves de pĂ©trole inexploitĂ©es du Venezuela, qui font saliver le nĂ©o-Caligula, ne sont pas le cĆur du problĂšme. Ce qui importe, câest le pĂ©trole libellĂ© en pĂ©trodollars. Ămettre sans fin du papier-monnaie vert, intrinsĂšquement sans valeur, pour financer le complexe militaro-industriel implique que le dollar amĂ©ricain soit la monnaie de rĂ©serve mondiale, pĂ©trodollar compris.
LâEmpire du pillage ne pouvait tout simplement pas accepter que le pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien soit vendu en yuans, en roubles, en roupies ou dans un panier de devises, ou, Ă terme, via un mĂ©canisme approuvĂ© par les BRICS et indexĂ© sur le pĂ©trole et lâor. Lâalerte rouge a Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©e lorsque le Venezuela sâest intĂ©grĂ© au systĂšme de paiement transfrontalier CIPS de la Chine.
Sur le front pĂ©trolier, vient ensuite le vol du pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien de Citgo (filiale de PDVSA basĂ©e Ă Houston) au profit du milliardaire sioniste Paul Singer et de son fonds spĂ©culatif, Elliot Investment Management. Robert Pincus, âfier sionisteâ et membre du conseil dâadministration de lâAIPAC, a Ă©tĂ© nommĂ© par le tribunal pour mener Ă bien cette escroquerie, car Citgo doit plus de 20 milliards de dollars Ă ses crĂ©anciers, une autre consĂ©quence nĂ©faste de plusieurs annĂ©es de sanctions.
Contrairement Ă la fiction caligulesque selon laquelle âcâest notre pĂ©troleâ, lâhistorien vĂ©nĂ©zuĂ©lien Miguel Tinker Salas a formellement dĂ©montrĂ© que le pays a nationalisĂ© lâindustrie pĂ©troliĂšre en 1976 :
âElle Ă©tait contrĂŽlĂ©e par les VĂ©nĂ©zuĂ©liens. Elle Ă©tait gĂ©rĂ©e par les VĂ©nĂ©zuĂ©liensâ. Les entreprises Ă©trangĂšres, y compris la âfiliale la plus rentableâ dâExxonMobil, ont Ă©tĂ© entiĂšrement indemnisĂ©es, âbien au-delĂ de ce quâelles ont dĂ©jĂ extraitâ.
Sans oublier les enjeux chinois, un sujet crucial.
Une vague de conjectures stupides a prĂ©tendu que la Chine nâa rien fait pour âsauverâ le Venezuela. La Chine est bien trop avisĂ©e pour se livrer Ă ce genre de manĆuvre. PĂ©kin combattra lâEmpire du chaos devant les tribunaux.
Silencieusement, sans fanfare, PĂ©kin a clairement fait savoir que toute attaque amĂ©ricaine contre les projets de lâinitiative âBelt and Roadâ (BRI), scellĂ©s par contrat dans au moins 150 pays du Sud, ferait lâobjet dâun arbitrage international devant tous les tribunaux, de Caracas Ă Jakarta. Autrement dit, pour le dire dans le seul langage que les barbares occidentaux comprennent, le coĂ»t juridique des opĂ©rations amĂ©ricaines de changement de rĂ©gime deviendra prohibitif.
Un test pourrait avoir lieu trĂšs prochainement. Si le nĂ©o-Caligula âgouverneâ le Venezuela â et câest un âsiâ majeur â, tout ce dont PĂ©kin a besoin, câest de faire valoir de maniĂšre concluante une seule rĂ©clamation contractuelle contre le Venezuela dirigĂ© par Trump. Reste Ă savoir si le nĂ©o-Caligula osera empĂȘcher la vente de pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien Ă la Chine. Bonne chance pour imposer un changement de rĂ©gime dans ces conditions.
Mon pouvoir est ma raison
Pourtant, le nĂ©o-Caligula ne sâarrĂȘtera pas pour autant, Ă lâinstar de lâempereur romain au verbe si facile. LâEmpire du chaos, sous la doctrine Donroe, entend assurer Ă tout prix une domination stratĂ©gique sur les corridors Ă©nergĂ©tiques et commerciaux. Forcer le nĂ©o-Caligula Ă renoncer au pĂ©trole vĂ©nĂ©zuĂ©lien relĂšve de lâimpossible. Cela constituerait en effet le prĂ©cĂ©dent stratĂ©gique suprĂȘme du nouveau paradigme.
âMon pouvoir est ma raisonâ rĂ©git le nouveau dĂ©sordre international, basĂ© sur lâabsence totale de rĂšgles.
Quoi quâil arrive dĂ©sormais au Venezuela, le sort de lâensemble du Sud global/de la majoritĂ© globale est directement engagĂ©.
Au moins, maintenant, les choses sont claires. Le droit international, câest pour les nuls. Nous attaquons, bombardons, kidnappons, et peu importent les consĂ©quences, parce que nous en avons le pouvoir. Il nây a pas de limites pour le combo Barbaria/Bellum Judaica.
Et ensuite ?
LâIran. Le criminel de guerre de Tel-Aviv a dĂ©jĂ transmis lâordre de dĂ©clencher la guerre. MĂȘme si la seule âguerreâ que Trump 2.0 et son secrĂ©taire Ă la guerre Ă©ternelle peuvent mener se rĂ©sume Ă envoyer un commando de forces spĂ©ciales prendre une âtĂȘte de pontâ et Ă lancer sans discernement des tonnes dâarmes longue portĂ©e. Washington est en effet dans lâincapacitĂ© de lancer une opĂ©ration interarmĂ©es Ă grande Ă©chelle, oĂč que ce soit.
Le Groenland. Pas pour des âquestions de dĂ©fenseâ, comme se vantait le nĂ©o-Caligula, mais pour piller les ressources naturelles dans un mode impĂ©rialiste de âlebensraumâ et pour des raisons liĂ©es Ă la guerre de lâArctique. Trump a laissĂ© au petit Danemark juste assez de temps pour digĂ©rer la nouvelle : âNous nous occuperons du Groenland dans deux moisâ.
Puis il y a Cuba, le projet favori de Marco Rubio, un gusano dont le passé trouble le rapproche des élites narco-terroristes .
Plusieurs autres ânĆudsâ du Sud global : la Colombie, le Mexique. Et sâils se âcomportent malâ, plusieurs pays des BRICS. Câest dĂ©sormais la Totaler Krieg. Et lâempire du chaos/Bellum Judaica âla suivra comme une Ă©mission de tĂ©lĂ©visionâ. Le Sud global ferait mieux de se ressaisir, et vite.
Traduit par Spirit of Free Speech
https://strategic-culture.su/news/2026/01/05/barbaria-strikes-again/


