đâđš La CPI sâapprĂȘte Ă dĂ©livrer des mandats dâarrĂȘt contre Ben Gvir & Smotrich, accusĂ©s dâapartheid
Les demandes sont aux mains de deux procureurs adjoints en l'absence de Karim Khan, mais des sources proches de la CPI craignent qu'ils ne les soumettent pas par crainte de sanctions.

đâđš La CPI sâapprĂȘte Ă dĂ©livrer des mandats dâarrĂȘt contre Ben Gvir & Smotrich, accusĂ©s dâapartheid
Par Sondos Asem, le 15 août 2025
Des demandes de mandat d'arrĂȘt contre deux ministres israĂ©liens de premier plan pour apartheid sont prĂȘtes et ont Ă©tĂ© transmises Ă deux procureurs adjoints de la Cour pĂ©nale internationale (CPI), rĂ©vĂšle Middle East Eye.
Si les mandats d'arrĂȘt contre le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir et le ministre des Finances Bezalel Smotrich sont dĂ©livrĂ©s, ce sera la premiĂšre fois que le crime d'apartheid sera jugĂ© devant un tribunal international.
Le procureur général de la CPI, Karim Khan, avait préparé des dossiers contre Ben Gvir et Smotrich avant de prendre congé en mai, selon de nombreuses sources judiciaires proches du dossier.
âEn effet, les demandes de mandats d'arrĂȘt sont prĂȘtesâ, a dĂ©clarĂ© une source de la CPI Ă MEE.
âElles nâont pas Ă©tĂ© encore soumises Ă la Courâ,
a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.
MEE a révélé que si les procureurs adjoints ont toute latitude de les soumettre aux juges d'instruction pour examen, certains membres de la CPI estiment que les demandes seront discrÚtement classées, la Cour étant confrontée à des pressions sans précédent.
La nouvelle administration amĂ©ricaine de Donald Trump a sanctionnĂ© Khan en fĂ©vrier, et celui-ci a pris congĂ© en mai alors qu'une enquĂȘte de l'ONU Ă©tait en cours sur des allĂ©gations d'inconduite sexuelle Ă son encontre, qu'il a niĂ©es.
âSi les demandes concernant Ben Gvir et Smotrich sont classĂ©es, l'occasion de poursuivre l'un des exemples les plus flagrants d'apartheid dans le monde aujourd'hui sera probablement perdue Ă jamaisâ,
selon une source de la CPI
En juin, les Ătats-Unis ont sanctionnĂ© quatre autres juges de la CPI.
Deux des juges ayant approuvĂ© la demande de M. Khan de dĂ©livrer des mandats d'arrĂȘt contre le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu, l'ancien ministre israĂ©lien de la DĂ©fense Yoav Gallant et trois dirigeants du Hamas en novembre dernier se trouvaient parmi eux.
Au début du mois, MEE a rapporté que Khan a fait l'objet d'une série de menaces et d'avertissements de la part de personnalités éminentes, dont l'ancien ministre britannique des Affaires étrangÚres, David Cameron, ainsi que de proches collÚgues et amis de sa famille, qui ont publiquement pris position contre lui. Le quotidien a également révélé que la sécurité du procureur a été menacée par une équipe du Mossad à La Haye.
Le 20 mai 2024, Khan a nĂ©anmoins introduit des requĂȘtes qui ont abouti Ă la dĂ©livrance de mandats d'arrĂȘt contre Netanyahu et Gallant en novembre de la mĂȘme annĂ©e.
âPlus rien ne pouvait arrĂȘter le processusâ
Selon MEE, malgrĂ© les pressions constantes, l'Ă©quipe d'avocats du procureur a poursuivi son enquĂȘte sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanitĂ© prĂ©sumĂ©s commis par IsraĂ«l en Cisjordanie occupĂ©e.
Mais avant de pouvoir dĂ©poser les requĂȘtes, Khan a dĂ©missionnĂ© aprĂšs une tentative infructueuse de le suspendre.
âKarim avait tout prĂ©parĂ©â, a dĂ©clarĂ© Ă MEE une source de la CPI.
âLes requĂȘtes n'Ă©taient plus qu'une formalitĂ©. Elles n'Ă©taient pas en cours de rĂ©daction. Elles n'Ă©taient pas en cours de rĂ©vision. Elles Ă©taient finalisĂ©es.
âIl ne restait plus qu'Ă suivre la procĂ©dure judiciaire pour soumettre une demande. Mais Karim n'a pas eu le temps de le faire, car tout s'est passĂ© trĂšs vite. Puis il est partiâ.
Une dĂ©claration de la CPI a alors indiquĂ© que les adjoints de Khan poursuivraient son travail sur toutes les affaires, y compris l'enquĂȘte sur la Palestine.
Mais le dĂ©pĂŽt des requĂȘtes de mandat d'arrĂȘt contre Ben Gvir et Smotrich ne serait pas rendu public, la Cour ayant ordonnĂ© en avril que toute nouvelle demande ne puisse ĂȘtre rendue publique.
Deux sources de la CPI ont dĂ©clarĂ© Ă MEE que les deux procureurs adjoints, Nazhat Shameem Khan et Mame Mandiaye Niang, n'ont pas dĂ©posĂ© les requĂȘtes en raison de la menace de sanctions amĂ©ricaines.
L'avocat britannico-israélien de la défense devant la CPI, Nicholas Kaufman, a déclaré en juin à la chaßne publique israélienne Kan que les sanctions américaines contre quatre juges de la CPI étaient
âdestinĂ©es Ă encourager l'abandon des mandats d'arrĂȘt contre le Premier ministre Netanyahu et l'ancien ministre de la DĂ©fense Gallantâ.
Et Kaufman a ajouté :
âEn consĂ©quence, la plupart des commentateurs s'accordent Ă dire que ces sanctions constituent un nouveau signe avant-coureur, si je puis m'exprimer ainsi, avant les sanctions susceptibles d'ĂȘtre prises contre les procureurs adjoints qui ont dĂ©sormais pris la relĂšve de Karim Khanâ.
Interrogé par MEE sur l'état d'avancement des réclamations de Ben Gvir et Smotrich, ainsi que sur la question de savoir si la crainte de sanctions les avait retardées, le bureau du procureur a répondu :
âLe bureau ne peut faire de commentaires sur des questions liĂ©es aux enquĂȘtes en cours et aux accusations spĂ©cifiques pouvant ĂȘtre portĂ©es en lien avec les situations traitĂ©es par le bureau. Cette approche est essentielle pour protĂ©ger l'intĂ©gritĂ© des enquĂȘtes et garantir la sĂ©curitĂ© des victimes, des tĂ©moins et de tous ceux avec qui le bureau est en contactâ.
Karim Khan a refusé de commenter pour MEE.
âJustice diffĂ©rĂ©e, justice refusĂ©eâ
Raji Sourani, avocat représentant la Palestine devant la CPI et la CIJ, a critiqué les procureurs adjoints pour leur lenteur à solliciter des mandats.
âPour nous, ils sont trĂšs en retard. Qu'attendent-ils ? Ils ont pourtant tout ce qu'il fautâ, a-t-il dĂ©clarĂ© Ă MEE. âJustice diffĂ©rĂ©e, justice refusĂ©eâ.
Une source de la CPI a déclaré craindre que l'affaire ne voie jamais le jour.
âDes mois et des mois de travail intense ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires pour prĂ©parer des dossiers trĂšs solides qui attestent de crimes trĂšs graves.
âSi les requĂȘtes concernant Ben Gvir et Smotrich sont abandonnĂ©es, l'occasion de poursuivre l'un des exemples les plus flagrants d'apartheid dans le monde aujourd'hui sera probablement perdue Ă jamaisâ.
Le 27 mai, le Wall Street Journal a rapportĂ© que le procureur s'Ă©tait prĂ©parĂ© Ă solliciter des mandats d'arrĂȘt contre Ben Gvir et Smotrich avant de partir, et que les procureurs ont cherchĂ© Ă âĂ©valuerâ si les deux hommes ont commis des crimes de guerre liĂ©s Ă leur rĂŽle dans l'expansion des colonies.
Toutefois, d'aprÚs trois sources proches du dossier interrogées par MEE, le rapport ne mentionnait pas que l'apartheid constituait une accusation centrale contre les deux dirigeants israéliens, ni que le bureau du procureur était sur le point de soumettre les demandes.
En vertu du Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, l'apartheid est un crime contre l'humanité. Il est défini comme étant « des actes inhumains [...] commis en tant que partie d'un régime institutionnalisé d'oppression et de domination systématiques par un groupe racial sur tout autre groupe ou tous les autres groupes raciaux, et commis dans l'intention de préserver ce régime ».
Des juristes et de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch basée à New York et l'organisation israélienne B'Tselem, ont accusé Israël d'apartheid.
En juillet 2024, la Cour internationale de justice (CIJ), principal organe judiciaire des Nations unies, a rendu un avis juridique selon lequel l'occupation de Gaza et de la Cisjordanie par Israël est illégale. Elle a également conclu que l'isolement quasi total des Palestiniens en Cisjordanie, notamment par l'expansion des colonies, viole les obligations qui qui incombent à Israël en vertu du droit international de prévenir, d'interdire et d'éliminer toute ségrégation raciale et tout apartheid.
Le 10 juin, le Royaume-Uni, l'Australie, le Canada, la Nouvelle-ZĂ©lande et la NorvĂšge ont sanctionnĂ© Smotrich et Ben Gvir pour âleur incitation rĂ©pĂ©tĂ©e Ă la violence contre les communautĂ©s palestiniennesâ.
MEE a contacté le gouvernement israélien pour obtenir des commentaires, mais aucune réponse ne lui a été fournie au moment de publier cet article.
âIls vont vous dĂ©truireâ
Le mois dernier, une enquĂȘte de MEE a rĂ©vĂ©lĂ© que, le 1er mai, l'avocat de la dĂ©fense devant la CPI, Kaufman, a dĂ©clarĂ© Ă Khan sâĂȘtre entretenu avec le conseiller juridique de Netanyahu et ĂȘtre âhabilitĂ©â Ă lui faire une proposition qui lui permettrait de âsortir de l'impasseâ.
Il lui a conseillĂ© de demander Ă la Cour de reclasser les mandats d'arrĂȘt contre Netanyahu et Gallant en âconfidentielâ, selon une note de la rĂ©union dĂ©posĂ©e au dossier de la CPI et consultĂ©e par MEE.
Cela aurait permis à Israël d'accéder aux détails des allégations, chose impossible à l'époque, et de les contester en privé, sans que le résultat soit rendu public.
Cependant, Kaufman a averti que si le procureur requĂ©rait d'autres mandats d'arrĂȘt concernant la Cisjordanie ou si les mandats d'arrĂȘt contre Netanyahu et Gallant n'Ă©taient pas abandonnĂ©s, âtoutes les options seraient sur la tableâ.
Selon la note, Kaufman a dĂ©clarĂ© Ă Khan : âIls vous dĂ©truiront, vous et la Courâ.
Le bureau de Netanyahu n'a pas répondu aux demandes de commentaires à l'époque.
En réponse aux questions de MEE, Kaufman a nié avoir menacé Khan. Il a nié avoir été autorisé à faire des propositions au nom du gouvernement israélien et a déclaré avoir partagé ses opinions personnelles avec Khan sur la situation en Palestine.
Deux semaines aprÚs la réunion, Khan a démissionné pour un congé illimité à la suite de la publication par le Wall Street Journal de nouvelles allégations d'inconduite sexuelle à son encontre, qu'il a toutes niées.
On ne peut établir aucun lien entre la rencontre entre Kaufman et Khan et la publication de ces allégations.
MEE a Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ© en juin que le 23 avril 2024, alors que Khan s'apprĂȘtait Ă requĂ©rir des mandats d'arrĂȘt contre Netanyahu et Gallant, le ministre britannique des Affaires Ă©trangĂšres de l'Ă©poque, David Cameron, a menacĂ© le procureur lors d'un appel tĂ©lĂ©phonique de retirer le financement du Royaume-Uni Ă la CPI et de se retirer de la Cour si celle-ci dĂ©livrait les mandats.
Cet appel téléphonique a également été rapporté au début du mois par le journal français Le Monde.
Le ministÚre britannique des Affaires étrangÚres et Khan ont tous deux refusé de commenter cette information, tandis que Cameron n'a pas répondu aux multiples demandes de commentaires de MEE.
Khan a subi davantage de pressions de la part d'autres sources. Lors d'une réunion virtuelle avec des responsables de la CPI en mai 2024, le sénateur républicain américain Lindsey Graham les a menacés de sanctions si Khan sollicitait les mandats.
Aujourd'hui, la CPI traverse une pĂ©riode difficile. Beaucoup craignent en effet que l'institution elle-mĂȘme ne soit la cible de sanctions, qui paralyseraient son fonctionnement.
Le mois dernier, la Cour a Ă©tĂ© de nouveau menacĂ©e : le conseiller juridique du dĂ©partement d'Ătat amĂ©ricain, Reed Rubinstein, a averti que âtoutes les options restent sur la tableâ si les mandats d'arrĂȘt et l'enquĂȘte sur les crimes de guerre prĂ©sumĂ©s commis par IsraĂ«l ne sont pas abandonnĂ©s.
Reste Ă savoir si la CPI dĂ©livrera des mandats d'arrĂȘt contre Ben Gvir et Smotrich dans un tel contexte.
Traduit par Spirit of Free Speech


Le premier gĂ©nocide non reconnu de lâhistoire (sans compter celui des peuples amĂ©ricains) perpĂ©trĂ© par les USA fut le bombardement dâHiroshima et de Nagasaki il y a 80 ans. La CPI nâexistait pas ni la CIJ. Et ce pays a imposĂ© la crĂ©ation ex-nihilo dâun autre gĂ©nocideur interposĂ© au moyen-orient Ă peine decolonisĂ©. La responsabilitĂ© de l'emprise anglo-sioniste est en filigrane derriĂšre les 2 terroristes Smotrich et Ben Gvir. Ces 2 marionnettes nâexisteraient pas si les successeurs de Truman nâĂ©taient constamment les bailleurs de fonds et dâarmes de cette horreur. La CPI ne sert Ă rien quâĂ minimiser les vĂ©ritables coupables. Et ce nâest pas ça qui va changer la vie des Palestiniens dont tout le monde se moque. On sort lâapartheid comme si câĂ©tait nouveau! Cette forme de racisme pour laquelle Martin Luther King a Ă©tĂ© assassinĂ© et Mendela a passĂ© la moitiĂ© de sa vie en cellule existe dans lâĂ©tat sioniste depuis sa crĂ©ation !!!!! Alors quâon parle du stade ultime qui est le crime humanitaire de masse, la CPI fait de la dentelle sur 2 zigotos pour des broutilles dont personne se soucie. MĂȘme Susan Sarandon qui a promis dâembarquer dans la prochaine flotille aura plus de poids en ayant comme seul objectif de briser ce putain de blocus israelo-nazi et de donner Ă manger aux affamĂ©s !
On est vraiment déconnecté à la Haye...