đâđš La folie Tucker au service de l'AmĂ©rique
L'interview de Tucker va ébranler la Russophobia américaine dans ses fondements, et sera un moment historique qui va changer la donne, susceptible de détourner l'Amérique du conflit.
đâđš La folie Tucker au service de l'AmĂ©rique
Par Scott Ritter, le 8 février 2024
L'ancien animateur de talk-show de Fox News devenu un phĂ©nomĂšne mĂ©diatique indĂ©pendant, Tucker Carlson, est Ă Moscou, oĂč il a commis le pĂ©chĂ© mortel d'interviewer le prĂ©sident russe Vladimir Poutine. L'interview doit ĂȘtre diffusĂ©e Ă 18 heures East Time [minuit Ă Paris], le jeudi 8 fĂ©vrier. Aucun doute n'est permis : Tucker Carlson a rĂ©ussi l'un des exploits journalistiques les plus mĂ©morables de l'histoire moderne, et lorsque l'interview sera diffusĂ©e, elle enflammera internet, au sens propre comme au sens figurĂ©.
Ayant voyagĂ© en Russie Ă deux reprises au cours de l'annĂ©e Ă©coulĂ©e pour participer Ă la âdiplomatie du peupleâ destinĂ©e Ă promouvoir de meilleures relations entre les Ătats-Unis et la Russie, j'applaudis la dĂ©cision de Tucker Carlson de se rendre Ă Moscou et d'obtenir cette interview. Le peuple amĂ©ricain a Ă©tĂ© contaminĂ© par une russophobie virulente transmise par une Ă©lite politique et Ă©conomique qui a construit un modĂšle de pertinence amĂ©ricaine fondĂ© sur la nĂ©cessitĂ© d'avoir un ennemi permettant de nourrir un complexe militaro-industriel et congressiste, en justifiant un budget expansif qui affaiblit l'AmĂ©rique et enrichit ses actionnaires.
La russophobie rampante menace la sĂ©curitĂ© amĂ©ricaine en crĂ©ant un faux sentiment de danger autour duquel sont formulĂ©es et mises en Ćuvre des politiques qui pourraient dĂ©boucher sur une confrontation militaire avec la Russie et une guerre nuclĂ©aire. Si le peuple amĂ©ricain veut avoir un quelconque espoir de survivre Ă la prochaine dĂ©cennie, il faut administrer un antidote au flĂ©au de la russophobie. Cet antidote n'est pas difficile Ă se procurer : c'est une vĂ©ritĂ© basĂ©e sur les faits, fondĂ©e sur une comprĂ©hension rĂ©aliste du monde dans lequel nous vivons, y compris d'une Russie souveraine. Le vrai problĂšme est d'administrer cet antidote parce que les vecteurs traditionnels de diffusion de l'information en AmĂ©rique - les soi-disant grands mĂ©dias - ont depuis longtemps Ă©tĂ© corrompus par les Ă©lites politiques et Ă©conomiques qui promeuvent la russophobie avant tout.
Qu'on l'aime ou qu'on le dĂ©teste (je suis coupable des deux, mais je considĂšre actuellement Tucker comme l'un des âbonsâ), Tucker Carlson incarne une prĂ©sence mĂ©diatique de taille qui Ă©chappe au contrĂŽle de l'Ă©lite amĂ©ricaine de l'information, une prĂ©sence basĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux qui, compte tenu de son affiliation Ă la plateforme de âlibertĂ© d'expressionâ d'Elon Musk, X (l'ancien Twitter), ne peut ĂȘtre ni arrĂȘtĂ©e, ni rĂ©duite au silence.
Tucker Carlson s'est déchaßné contre Trump en privé. Mais lors de son entretien avec l'ancien président, il a adopté un ton trÚs différent.
Quantifier le âfacteur Tucker Carlsonâ est un dĂ©fi. En aoĂ»t 2023, Tucker a interviewĂ© l'ancien prĂ©sident Donald Trump. L'interview a Ă©tĂ© diffusĂ©e en mĂȘme temps qu'un dĂ©bat prĂ©sidentiel du Parti rĂ©publicain aux heures de grande Ă©coute, que Trump avait boycottĂ©. Fox News, qui a diffusĂ© le dĂ©bat, a attirĂ© quelque 12,8 millions de tĂ©lĂ©spectateurs pendant les deux heures d'Ă©mission. Donald Trump a par la suite publiĂ© sur X que l'interview avait fait 236 millions de vues un jour aprĂšs sa diffusion en direct. Mais ce chiffre reflĂšte ce que X nomme les âimpressionsâ, et non les vues rĂ©elles - ce chiffre Ă©tait tout prĂšs de 15 millions (ce qui n'est pas aussi impressionnant, mais bat tout de mĂȘme le dĂ©bat de Fox).
Soyons clairs : les grandes chaĂźnes tueraient pour avoir 15 millions de tĂ©lĂ©spectateurs (le dernier Ă©pisode de la sĂ©rie Ă succĂšs de HBO âGame of Thronesâ a rassemblĂ© 13,8 millions de tĂ©lĂ©spectateurs, soit le plus grand nombre de tĂ©lĂ©spectateurs de l'histoire de la chaĂźne). Il existe des cas exceptionnels : le dernier Ă©pisode de MASH en 1983 a attirĂ© 136 millions de tĂ©lĂ©spectateurs et le Super Bowl de 2023 plus de 115 millions de tĂ©lĂ©spectateurs. Mais que Tucker Carlson attire 15 millions de tĂ©lĂ©spectateurs pour un Ă©vĂ©nement indĂ©pendant sur les rĂ©seaux sociaux est sans prĂ©cĂ©dent. Et bien que les âimpressionsâ ne soient pas des âvuesâ Ă proprement parler, on ne peut pas les nĂ©gliger - 236 millions d'âimpressionsâ signifient que Tucker fait bouger les choses quelque part.
Scott Ritter discutera de cet article dans l'épisode 134 de l'émission Ask the Inspector
Et lorsqu'il s'agit de fournir un antidote Ă la russophobie, ces âimpressionsâ comptent autant que les vues rĂ©elles. Il ne fait aucun doute que l'interview de Tucker Carlson avec Vladimir Poutine attirera un trĂšs grand nombre de tĂ©lĂ©spectateurs, battant trĂšs probablement des records pour un Ă©vĂ©nement diffusĂ© en direct sur X. Mais nous en sommes au stade oĂč le contenu de l'interview n'a plus d'importance - le simple fait que cette interview ait lieu a mis le feu aux poudres dans le monde de l'information. Le soutien que Tucker Carlson a reçu est impressionnant - une indication claire du pouvoir des mĂ©dias alternatifs. Mais le vĂ©ritable rĂ©vĂ©lateur est le vitriol absolu que suscite le principe de cette interview dans les rangs de l'Ă©lite politique et mĂ©diatique des Ătats-Unis et d'Europe.
Il semble que toutes les grandes personnalitĂ©s des mĂ©dias dominants se soient exprimĂ©es sur la question, condamnant universellement Tucker pour avoir osĂ© opĂ©rer en dehors de son âchamp d'actionâ. Il semble que le droit d'interviewer Vladimir Poutine n'appartient apparemment qu'Ă quelques Ă©lus, ces gardiens autoproclamĂ©s par lesquels doit passer toute information susceptible d'ĂȘtre consommĂ©e par le public. Tucker a Ă©galement Ă©tĂ© vilipendĂ© par une classe d'Ă©lites politiques qui, avec leurs complices des mĂ©dias grand public, ont Ă©tĂ© responsables de la contamination de l'esprit de l'AmĂ©ricain moyen par des inepties teintĂ©es de russophobie. Pour le pĂ©chĂ© de Tucker, ces Ă©lites ont appelĂ© Ă son excommunication, Ă la saisie de son passeport, Ă des interdictions de voyager et mĂȘme Ă des poursuites pĂ©nales.
Ces Ă©lites amĂ©ricaines sont devenues folles. L'arrogance dont elles font preuve en pensant qu'elles reprĂ©sentent une sorte de police morale et Ă©thique dotĂ©e de pouvoirs extraconstitutionnels destinĂ©s Ă punir la libertĂ© d'expression lorsque le contenu ne convient plus au rĂ©cit officiel n'a d'Ă©gal que leur ignorance collective de la Constitution en ce qui concerne la libertĂ© d'expression. Leurs actions sont l'incarnation vivante d'activitĂ©s anti-amĂ©ricaines, une ironie qui semble leur Ă©chapper lorsqu'ils contestent le patriotisme de Tucker Carlson pour avoir eu l'audace d'offrir une tribune Ă la voix peut-ĂȘtre la plus importante sur la question la plus cruciale de notre Ă©poque.
En outre, la stupiditĂ© de ces Ă©lites est stupĂ©fiante. Si elles croient vraiment que la tribune donnĂ©e par Tucker Carlson Ă Vladimir Poutine est une mauvaise idĂ©e, la rĂ©ponse appropriĂ©e est de se tourner vers la Constitution amĂ©ricaine telle qu'elle est interprĂ©tĂ©e par la Cour suprĂȘme. Ă cet Ă©gard, nous avons l'exemple du juge Louis Brandeis, qui s'est exprimĂ© sur la question de la libertĂ© d'expression et de sa relation avec les valeurs amĂ©ricaines lors de l'audition des arguments dans l'affaire Whitney v. California, en 1927.
âSi le temps est venu d'exposer par le biais de dĂ©bats les faussetĂ©s et les sophismes, d'Ă©viter le mal par les processus d'Ă©ducation, le remĂšde Ă appliquer est plus de parole, et non un silence imposĂ©. Seule une situation d'urgence peut justifier la rĂ©pressionâ, a dĂ©clarĂ© Brandeis.
La question qui se pose est donc de savoir si l'interview de Vladimir Poutine par Tucker Carlson constitue une situation d'urgence justifiant la rĂ©pression. Pour rĂ©pondre Ă cette question, Brandeis se rĂ©fĂšre aux pĂšres fondateurs des Ătats-Unis d'AmĂ©rique.
âIls [les pĂšres fondateurs] pensaient que la libertĂ© de penser et de parler comme on le souhaite et le pense sont les moyens indispensables Ă la dĂ©couverte et Ă la diffusion de la vĂ©ritĂ© politique : que, sans libertĂ© de parole et de rĂ©union, toute discussion serait vaine ; qu'avec elles, le dĂ©bat offre ordinairement une protection adĂ©quate contre la diffusion de doctrines nocives ; que la plus grande menace pour la libertĂ© est un peuple inerte. Croyant au pouvoir de la raison tel qu'il est appliquĂ© dans le cadre d'un dĂ©bat public, ils ont Ă©vitĂ© le silence imposĂ© par la loi - l'argument de la force sous sa pire formeâ.
Les détracteurs de Tucker Carlson ne cherchent pas à l'engager dans une bataille d'idées - le type de discussion basé sur le pouvoir de la raison préconisé par les pÚres fondateurs. S'ils avaient choisi cette voie, ils se seraient engagés dans des activités représentant la quintessence de la liberté d'expression américaine. Comme l'a noté Brandeis,
ânous n'avons rien Ă craindre des raisonnements moralisateurs de certains, si on laisse les autres faire la dĂ©monstration de leurs erreurs et surtout si la loi se tient prĂȘte Ă punir le premier acte criminel produit par les faux raisonnements ; ce sont lĂ des corrections plus fiables que la conscience d'un jugeâ.
Tucker Carlson n'a commis aucun acte criminel. Si les gens ne sont pas d'accord avec ses actions ou, une fois que l'interview du président russe sera rendue publique, avec ses propos (ou ceux du président Poutine), ils sont libres de démontrer les erreurs de Tucker, de Poutine, ou des deux.
Le problĂšme, cependant, est que les partisans de la russophobie opĂšrent dans un environnement exempt de donnĂ©es factuelles, oĂč la haine idĂ©ologique a remplacĂ© le jugement Ă©clairĂ©, oĂč les connaissances rĂ©elles sur la Russie ont Ă©tĂ© supplantĂ©es par une fiction teintĂ©e d'imaginaire. Ils craignent l'interview de Vladimir Poutine par Tucker Carlson parce que, grĂące Ă cette interview, des idĂ©es, des rĂ©cits et des faits ignorĂ©s ou oblitĂ©rĂ©s par les Ă©lites politiques et mĂ©diatiques seront exposĂ©s de maniĂšre non filtrĂ©e pour que le public amĂ©ricain puisse les examiner sans subir l'influence de ceux qui cherchent Ă manipuler la population par le biais de la manipulation des rĂ©cits.
L'un de ces âgardes-fousâ est Fred Hoffman, un colonel de l'armĂ©e amĂ©ricaine Ă la retraite qui a servi en tant qu'officier en poste Ă l'Ă©tranger et a converti ce service en activitĂ© d'enseignement Ă l'universitĂ© Mercyhurst d'Erie, en Pennsylvanie.
âLe principal problĂšme que je rencontre avec Tucker Carlson interviewant Vladimir Poutineâ, a notĂ© Hoffman dans un rĂ©cent message sur X, âc'est que Carlson est utilisĂ© comme un outil, un âidiot utileâ, dans la campagne de dĂ©sinformation stratĂ©gique du Kremlin contre l'Occidentâ.
N'étant pas du genre à laisser passer une occasion de défendre la liberté d'expression, j'ai préparé une réponse :
Scott Ritter @RealScottRitter
Dieu merci, il y a des AmĂ©ricains patriotes comme vous qui s'autoproclament gardiens moraux et intellectuels de toutes les informations jugĂ©es trop complexes pour ĂȘtre comprises par les simples AmĂ©ricains.
Maudit soit Tucker Carlson pour avoir osĂ© penser que nous, simples d'esprit, pouvions juger par nous-mĂȘmes de la qualitĂ© de son journalisme ou de la vĂ©racitĂ© des dĂ©clarations faites par Vladimir Poutine au cours d'une interview.
AprĂšs tout, la libertĂ© d'expression n'est pas vraiment libre si elle n'est pas surveillĂ©e par des patriotes comme vous, qui savent tout mieux que quiconque et protĂšgent le reste d'entre nous des dangers des idĂ©es qui ne passent pas auprĂšs des gardiens de la pensĂ©e, nous prĂ©servant ainsi de la prĂ©dation de concepts qui remettent en cause les limites des conventions imposĂ©es par l'Ătat.
Bon travail, citoyen Fred ! L'establishment applaudit votre dĂ©vouement Ă la dĂ©fense de la collectivitĂ© contre elle-mĂȘme.
Vous incarnez les valeurs et les principes de la Nouvelle Amérique !
On pourrait espĂ©rer que des âexperts en sĂ©curitĂ© nationaleâ autoproclamĂ©s comme Hoffman se rĂ©jouissent de l'occasion qui leur est donnĂ©e de dĂ©monter les illogismes et les sophismes qui, selon eux, seront vĂ©hiculĂ©s par l'interview du prĂ©sident Poutine par Tucker Carlson. Si c'Ă©tait mon cas, je me rĂ©jouirais de ce genre de combat intellectuel, une occasion de dĂ©montrer au public la force de mes idĂ©es et les faiblesses de celles de mon adversaire.
Mais Hoffman et ses semblables ne prennent aucun plaisir Ă relever un tel dĂ©fi, en grande partie Ă cause du dĂ©ficit factuel et logique qui leur est propre. Dans leur esprit, Poutine et la Russie ont Ă©tĂ© rĂ©duits Ă une caricature simpliste en noir et blanc, le bien contre le mal, n'existant que pour se moquer et critiquer. Toute action permettant Ă la cible de cet avilissement de se dĂ©fendre, de prĂ©senter des faits alternatifs, de remettre en question le statu quo doit ĂȘtre Ă©vitĂ©e Ă tout prix, pour la simple raison que Hoffman et ses collĂšgues sont mal Ă©quipĂ©s pour s'engager dans un tel dĂ©bat.
L'interview du prĂ©sident Poutine par Tucker Carlson reprĂ©sente la plus grande menace de l'histoire rĂ©cente pour les partisans de la russophobie. Je dis cela avec plus qu'un peu d'amertume, car moi-mĂȘme et d'autres avons Ă©tĂ© Ă la pointe de la lutte contre la russophobie pendant des annĂ©es, avec un impact minime. Voir Tucker Carlson dĂ©barquer Ă Moscou et accomplir en quelques jours ce que je me suis efforcĂ© de faire tout au long de ma vie est, pour ĂȘtre franc, assez dur Ă avaler, d'autant plus que j'avais moi-mĂȘme soumis une demande d'interview avec le prĂ©sident russe en septembre 2023.
Aurais-je aimé avoir l'opportunité qui a été donnée à Tucker Carlson ?
Oui, bien sûr.
Suis-je contrarié qu'il ait obtenu cette interview et pas moi ?
Pour ĂȘtre honnĂȘte, je l'ai Ă©tĂ© â et pas qu'un peu.
Mais c'est parce que je ne suis qu'un ĂȘtre humain, et que la jalousie est bien un trait humain prĂ©sent en moi comme chez n'importe qui d'autre.
Mais je l'ai surmontée.
Soyons honnĂȘtes â je suis un expert, un historien.
Je ne suis pas un journaliste lambda.
Mon interview idéale avec Vladimir Poutine prendrait la forme d'une conversation au cours de laquelle je pourrais découvrir
les défis auxquels il a été confronté au cours des premiÚres années de sa présidence, en surmontant l'héritage de la catastrophe des années 1990.
comment lui et Akhmad Kadyrov ont mis fin au conflit tchétchÚne.
ce qui a motivé son discours à la conférence de Munich sur la sécurité en 2007.
comment il a surmonté la domination de la classe des oligarques et créé une économie qui enrichit la Russie, et non les milliardaires russes.
ce qu'il pense de la trahison des accords de Minsk.
de la trahison des Ătats-Unis en matiĂšre de contrĂŽle des armements.
ses liens avec le peuple russe.
Mon interview n'aurait pas comportĂ© de âmoments piĂšgesâ.
Elle n'aurait pas suscitĂ© la dramaturgie de la chasse, oĂč un intervieweur rusĂ© cherche Ă trouver la faille dans la logique de la personne interviewĂ©e.
En bref, mon interview aurait ennuyé au plus haut point un public américain. Et elle n'aurait pas fait bouger l'aiguille d'une maniÚre significative lorsqu'il s'agit de vaincre la russophobie dans l'Amérique d'aujourd'hui.
Tucker Carlson est un journaliste accompli. Il sait comment se joue le jeu. Il ne fait aucun doute qu'il prĂ©sentera l'interview du prĂ©sident Poutine de maniĂšre Ă la fois informative et divertissante. Il suscitera des rĂ©ponses conçues pour crĂ©er la controverse aux Ătats-Unis et en Europe, pour remettre en question le rĂ©cit officiel et injecter un nouvel Ă©clairage dans l'opinion publique amĂ©ricaine.
En bref, l'interview de Tucker sera tout ce que n'importe quelle interview que j'aurais pu mener n'aurait pas été. Ce sera un moment qui va changer la donne, un événement historique. Elle ébranlera la russophobie américaine dans ses fondements et, ce faisant, on peut espérer qu'elle jettera les bases d'une discussion plus large sur les relations américano-russes capable de détourner l'Amérique du conflit et de contribuer à éliminer le risque d'une guerre nucléaire.
Un tel rĂ©sultat serait une bonne chose. Et il est de mon devoir d'ĂȘtre prĂȘt Ă utiliser toutes les ressources que je peux rassembler pour aider Ă faciliter un tel dialogue national.
Je félicite Tucker Carlson d'avoir eu le courage de faire ce voyage en Russie et de réaliser cette interview.
Je sais par expérience que le prix à payer pour entreprendre un tel voyage sera élevé.
Mais je sais aussi que les avantages d'un tel voyage, du point de vue de ce qui est bon pour l'Amérique, l'emporteront sur son coût.
Je suis convaincu que Tucker Carlson fait ce qu'il croit ĂȘtre le mieux pour l'AmĂ©rique.
J'espĂšre que la plupart des AmĂ©ricains finiront par partager cette conviction et que, grĂące Ă cette interview, l'AmĂ©rique se retrouvera sur une voie oĂč la coexistence pacifique avec la Russie sera l'issue Ă privilĂ©gier.








