đâđš La âguerreâ de Gaza n'est qu'un mensonge, comme le cessez-le-feu, d'ailleurs. Trump vient de nous le dire
Lors de la visite de Netanyahu, Trump a laissé tomber le vernis washingtonien sur les 15 mois de destruction génocidaire de Gaza par Israël. Le nettoyage ethnique a toujours été d'actualité.
đâđš La âguerreâ de Gaza n'est qu'un mensonge, comme le cessez-le-feu, d'ailleurs. Trump vient de nous le dire
Par Jonathan Cook, le 6 février 2025
La visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche cette semaine a fait tomber les masques sur 16 mois de manipulation des dirigeants occidentaux et de l'ensemble des médias de l'establishment occidental.
Le prĂ©sident des Ătats-Unis Donald Trump a finalement renoncĂ© au vernis washingtonien sur la destruction gĂ©nocidaire de Gaza par IsraĂ«l.
Il s'est toujours agi, nous a-t-il dit, d'un massacre made in USA. Selon ses propres termes, Washington va maintenant âprendre le contrĂŽleâ de Gaza et ĂȘtre celui qui va s'occuper de sa valorisation.
Le but de ce massacre a toujours été le nettoyage ethnique.
Les Palestiniens, a-t-il dit, pourraient ĂȘtre âinstallĂ©sâ en un lieu oĂč ils n'auront pas Ă âcraindre de mourir dâun jour Ă lâautreâ - c'est-Ă -dire d'ĂȘtre assassinĂ©s par IsraĂ«l grĂące aux bombes fournies par les Ătats-Unis.
Gaza, pendant ce temps, deviendrait la âRiviera du Moyen-Orientâ, avec les âpeuples du mondeâ - il entend par lĂ les riches blancs comme lui - vivant dans de luxueuses propriĂ©tĂ©s en bord de mer Ă la place des Palestiniens.
Si les Ătats-Unis âpossĂ©daientâ Gaza, a insistĂ© Trump , ils dĂ©tiendraient Ă©galement les eaux territoriales de Gaza, oĂč se trouvent justement de fabuleuses rĂ©serves de gaz inexploitĂ©es susceptibles d'enrichir le nouveau âpropriĂ©taireâ de l'enclave. Bien entendu, les Palestiniens n'ont jamais Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă exploiter leurs propres gisements de gaz.
Trump a peut-ĂȘtre mĂȘme laissĂ© Ă©chapper par inadvertance le vĂ©ritable nombre de morts infligĂ© par le saccage d'IsraĂ«l. Il a parlĂ© de âtous - il y a 1,7 million ou peut-ĂȘtre 1,8 million de personnesâ forcĂ©es de quitter Gaza.
Avant le 7 octobre 2023, la population se situait entre 2,2 et 2,3 millions de personnes. OĂč sont les 500 000 Palestiniens restants ? Sous les dĂ©combres ? Enfouis dans des tombes anonymes ? DĂ©vorĂ©s par des chiens sauvages ? VaporisĂ©s par des bombes amĂ©ricaines d'une tonne ?
La folie destructrice
Trump a prĂ©sentĂ© son plan de nettoyage ethnique comme s'il avait Ă cĆur l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur des Palestiniens. Comme s'il les sauvait d'une zone sinistrĂ©e par un tremblement de terre, et non par un voisin gĂ©nocidaire considĂ©rĂ© comme l'alliĂ© le plus proche de Washington.
Ses propos ont été accueillis avec stupeur et horreur dans les capitales occidentales et arabes. Tous prennent leurs distances face au soutien flagrant apporté à l'épuration ethnique de la population de Gaza.
Mais ce sont prĂ©cisĂ©ment ces mĂȘmes leaders qui ont gardĂ© le silence pendant les 15 mois qui ont vu IsraĂ«l raser les maisons, les hĂŽpitaux, les Ă©coles, les universitĂ©s, les bibliothĂšques, les bĂątiments gouvernementaux, les mosquĂ©es, les Ă©glises et les boulangeries de Gaza.
Ensuite, ils ont invoquĂ© le droit d'IsraĂ«l Ă âse dĂ©fendreâ, alors mĂȘme qu'IsraĂ«l a infligĂ© tant de destructions que les Nations unies ont averti qu'il faudrait jusqu'Ă 80 ans pour reconstruire le territoire, soit quatre gĂ©nĂ©rations.
Que pensaient-ils qu'il se passerait au terme de la campagne de destruction que les Ătats-Unis ont armĂ©e et soutenue sans rĂ©serve ? Ont-ils cru que les habitants de Gaza survivraient des annĂ©es durant sans maison, sans hĂŽpitaux, ni Ă©coles, ni systĂšmes d'approvisionnement en eau, ni Ă©lectricitĂ© ?
Ils savaient que le résultat serait le suivant : les Palestiniens démunis risqueraient de mourir dans les ruines, ou seraient contraints de partir.
Et les politiciens occidentaux n'ont pas seulement laissĂ© faire, ils nous ont dit que c'Ă©tait âjustifiĂ©â, que c'Ă©tait nĂ©cessaire. Ils ont qualifiĂ© d'antisĂ©mites et de dĂ©testeurs de Juifs tous les dissidents, tous ceux qui ont appelĂ© Ă un cessez-le-feu, tous ceux qui ont participĂ© aux manifestations de protestation.
Aux Ătats-Unis et ailleurs, des Ă©tudiants, souvent juifs, ont organisĂ© des mobilisations massives sur leurs campus. En rĂ©ponse, les administrations universitaires ont envoyĂ© la police anti-Ă©meute qui les a brutalisĂ©s. Par la suite, les universitĂ©s ont expulsĂ© les Ă©tudiants organisateurs et leur ont privĂ© de leurs diplĂŽmes.
Et voilĂ que les politiciens et les mĂ©dias occidentaux pensent que câest le moment d'ĂȘtre scandalisĂ©s par les dĂ©clarations de Trump ?
Encore des morts
La franchise effroyable et brutale de Trump ne fait qu'accentuer la gravité du mensonge perpétré ces 16 derniers mois. AprÚs tout, qui n'a pas compris que le cessez-le-feu en trois phases à Gaza, entré en vigueur le 19 janvier, n'est lui aussi qu'un tissu de mensonges ?
C'Ă©tait un mensonge avant mĂȘme que l'encre nâait sĂ©chĂ© !
C'était un mensonge car le cessez-le-feu n'a pas pour seul but de créer une pause dans le carnage. Il est également censé atténuer les dégùts causés à la population civile, mettre un terme aux hostilités et permettre la reconstruction de Gaza.
Or, rien de tout cela ne se produira - en tout cas pas pour les Palestiniens, comme Trump l'a clairement fait savoir.
MalgrĂ© ses affirmations, IsraĂ«l n'a visiblement pas cessĂ© de tirer ses munitions sur Gaza. Il continue Ă tuer et mutiler des Palestiniens, y compris les enfants, mĂȘme si le tapis de bombes a cessĂ© pour l'instant.
Ces morts et ces blessés ne sont jamais mentionnés dans les médias pour ce qu'ils sont : des violations du cessez-le-feu.
Les snipers israĂ©liens ne tirent peut-ĂȘtre plus dans la tĂȘte des enfants palestiniens, comme ils l'ont fait quotidiennement 15 mois durant. Mais les enfants continuent de mourir.
Sans maison, sans accĂšs Ă des hĂŽpitaux fonctionnant correctement, ni Ă la nourriture et Ă l'eau, les enfants de Gaza meurent - la plupart du temps loin des regards, sans ĂȘtre comptabilisĂ©s - de froid, de maladie, de famine.
MĂȘme Steve Witkoff, l'envoyĂ© de Trump au Moyen-Orient, affirme qu'il faudra probablement 10 Ă 15 ans pour reconstruire Gaza.
Mais les habitants de Gaza n'ont pas tout ce temps.
Ce mois-ci, Israël a institué une interdiction des activités de l'agence d'aide des Nations unies, l'Unrwa, dans tous les territoires palestiniens qu'il occupe illégalement.
L'Unrwa est la seule agence capable d'atténuer les pires excÚs de l'enfer qu'Israël a déchaßnés sur Gaza. Sans elle, le processus sera encore plus entravé - et davantage de gens de Gaza mourront dans l'attente d'une aide.
Cécité
En rĂ©alitĂ©, Netanyahu n'a aucune intention de maintenir le âcessez-le-feuâ au-delĂ de la premiĂšre phase, l'Ă©change d'otages. Ensuite, il a quasiment promis de relancer le massacre.
Lorsqu'IsraĂ«l dĂ©cidera d'y âretournerâ, l'administration Trump n'aura pas Ă payer, pas plus qu'il n'y a eu de prix Ă payer pour l'administration Biden.
MĂȘme maintenant, alors qu'IsraĂ«l enfreint le cessez-le-feu, tirant sur des vĂ©hicules civils parce que les habitants ignorent les restrictions imposĂ©es par IsraĂ«l sur leurs dĂ©placements, les politiciens et mĂ©dias occidentaux ferment les yeux.
Et lorsqu'IsraĂ«l finira par rompre l'accord, ce qu'il fera, l'Occident se fera l'Ă©cho d'IsraĂ«l, accusant encore le Hamas d'ĂȘtre Ă l'origine de ces violations.
Le cessez-le-feu est aussi un mensonge parce que, aprĂšs avoir rendu Gaza inhabitable, lâavoir rĂ©duite Ă un camp de la mort, IsraĂ«l a dĂ©placĂ© son activitĂ© gĂ©nocidaire vers la Cisjordanie occupĂ©e, oĂč il introduit progressivement les mĂȘmes tactiques que celles employĂ©es depuis 15 mois dans la minuscule enclave cĂŽtiĂšre.
Le week-end dernier, il a fait exploser de grands secteurs du camp de réfugiés de Jénine, le pulvérisant, comme il vient de le faire pour la plus grande partie de Gaza et certains secteurs du Sud-Liban.
IsraĂ«l s'en prend dĂ©sormais Ă la Cisjordanie, qui n'est pourtant pas dirigĂ©e par le Hamas, mais par Mahmoud Abbas, le dirigeant palestinien qui qualifie de âsacrĂ©eâ la collaboration de ses forces de sĂ©curitĂ© avec IsraĂ«l dans la rĂ©pression de toute rĂ©sistance Ă l'occupation illĂ©gale.
On notera également que la Cisjordanie n'a rien à voir avec l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Mais rien de tout cela n'est surprenant. Ces attaques n'ont jamais été que des prétextes au massacre de Gaza.
Le mensonge du cessez-le-feu vient s'ajouter à toute une série de mensonges passés, du Hamas décapitant des bébés à sa campagne de viols systématiques, pour laquelle il n'y a précisément aucune preuve.
Le mensonge alimente une nouvelle sĂ©rie de mensonges, comme la suggestion de M. Biden, le mois dernier, selon laquelle le cessez-le-feu permettrait aux habitants de Gaza de ârentrer dans leurs foyersâ. Sauf que ces foyers n'existent plus. Ils ont disparu parce que l'administration Biden a envoyĂ© pour des milliards de dollars de munitions pour dĂ©truire Gaza.
Pourquoi, peut-on se demander, l'administration Trump cherche-t-elle à acheminer un milliard de dollars de munitions supplémentaires à Israël, si ce n'est pour qu'il puisse poursuivre la destruction et le massacre ?
Aucune honte
Le cessez-le-feu est un mensonge parce que tout ce qui s'est passé au cours des 16 derniers mois n'a été que mensonge. C'est le dernier de toute une série de menteries, chacune étant destinée à valider d'autres mensonges et à créer un récit global mensonger : le Grand mensonge.
Le Grand mensonge parle d'un âconflitâ vieux de plusieurs dĂ©cennies avec les Palestiniens, de la âlutte pour la survieâ d'IsraĂ«l dans la rĂ©gion. Le Grand mensonge occulte ce qui est rĂ©ellement en jeu : le dernier projet colonial de l'Occident visant Ă Ă©radiquer un peuple autochtone, en l'occurrence dans une rĂ©gion stratĂ©giquement essentielle, le Moyen-Orient, riche en pĂ©trole.
Selon ce Grand mensonge, le Hamas a âdĂ©clenchĂ© une guerreâ le 7 octobre 2023 lorsqu'il a quittĂ© le camp de concentration dans lequel les Palestiniens de Gaza vivent depuis au moins 16 ans, privĂ©s des besoins vitaux par leurs oppresseurs israĂ©liens.
Selon ce Grand mensonge, les terroristes sont le Hamas, et non Israël, qui occupe, colonise et assiÚge illégalement la patrie des Palestiniens depuis trois quarts de siÚcle.
Selon ce Grand mensonge, le massacre par IsraĂ«l de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants et la mutilation de plusieurs fois ce chiffre Ă©taient indispensables pour âĂ©liminer le Hamasâ, et non une preuve de l'intention gĂ©nocidaire d'IsraĂ«l, comme l'ont conclu toutes les grandes organisations de dĂ©fense des droits de l'homme.
MĂȘme Antony Blinken, le secrĂ©taire d'Ătat de M. Biden, a admis - mais seulement, bien entendu, au moment oĂč il quittait ses fonctions - que la folie meurtriĂšre prolongĂ©e d'IsraĂ«l a Ă©tĂ© un auto-sabotage total.
âNous estimons que le Hamas a recrutĂ© presque autant de nouveaux militants qu'il en a perdusâ, a-t-il dĂ©clarĂ©. âLa recette d'une insurrection durable et d'une guerre perpĂ©tuelleâ.
Cette semaine, les responsables de Gaza ont profité de l'accalmie des attaques israéliennes pour réévaluer le bilan des morts. Ils l'ont révisé à prÚs de 62 000 aprÚs avoir ajouté les noms des disparus, présumés morts sous les montagnes de décombres. Mais de nombreux autres morts n'ont sans doute pas encore été identifiés.
La dĂ©cision de la Cour internationale de justice, il y a plus d'un an, selon laquelle il y avait des raisons âplausiblesâ de soupçonner IsraĂ«l de commettre un gĂ©nocide, a Ă©tĂ© occultĂ©e par les politiciens et les mĂ©dias occidentaux, autre signe du Grand mensonge.
De plus, l'Occident s'est empressé de fournir à Israël les bombes nécessaires pour perpétrer les massacres qui ont conduit la Cour mondiale à juger Israël pour génocide.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a prĂ©sentĂ© la privation de nourriture de la population de Gaza par IsraĂ«l comme une action lĂ©gale de âlĂ©gitime dĂ©fenseâ, pour complĂ©ter le mensonge colossal.
Pendant ce temps, les journalistes et d'autres politiciens omettent de mentionner les commentaires de Starmer pour lui Ă©viter de rougir, mĂȘme aprĂšs que la Cour pĂ©nale internationale (CPI) a accusĂ© Netanyahu et son ministre de la DĂ©fense, Yoav Gallant, de crimes contre l'humanitĂ© pour cette mĂȘme politique de famine.
Des médias apathiques
D'aprĂšs le Grand mensonge, le Hamas dĂ©tient des otages, tandis que les milliers de Palestiniens enlevĂ©s par IsraĂ«l pour ĂȘtre utilisĂ©s comme monnaie d'Ă©change dans les nĂ©gociations actuelles - y compris des centaines de mĂ©decins, de personnel humanitaire et d'enfants - sont des âprisonniersâ, lĂ©gitimement âarrĂȘtĂ©sâ comme suspects de terrorisme.
Selon ce mĂȘme Grand mensonge, le gouvernement d'IsraĂ«l devait dĂ©truire Gaza pour ramener les otages, mais les bombardements sur l'enclave se sont intensifiĂ©s au cours des derniers jours ayant prĂ©cĂ©dĂ© l'entrĂ©e en vigueur du cessez-le-feu, montrant un gouvernement manifestement peu prĂ©occupĂ© par la mort potentielle des otages.
Ce Grand mensonge consiste Ă dire que le nivellement de Gaza par IsraĂ«l, le blocus de toute aide et la famine qui frappe 2,3 millions de personnes sont en quelque sorte justifiĂ©s et âproportionnĂ©sâ, et non pas destinĂ©s Ă rendre l'enclave inhabitable, dans le but de forcer les Palestiniens Ă partir et Ă se rĂ©fugier au SinaĂŻ, un territoire Ă©gyptien voisin, ou dans d'autres rĂ©gions du monde arabe.
Le mensonge du âcessez-le-feuâ est en parfaite adĂ©quation avec cet Ă©norme mensonge.
Le Grand mensonge qui a prĂ©tendu que Biden âtravaillait sans relĂącheâ au cessez-le-feu qu'il aurait pu obtenir quelques jours aprĂšs le 7 octobre 2023 par un simple coup de fil Ă Netanyahu. Le cessez-le-feu âdurement acquisâ, proposĂ© exactement sous la mĂȘme forme en mai dernier, mais qui a dĂ» ĂȘtre retardĂ© parce qu'IsraĂ«l avait besoin de plus de temps pour mener Ă bien son gĂ©nocide.
Le Grand mensonge qui a acclamĂ© Biden et Trump pour avoir rĂ©ussi un coup diplomatique avec ce cessez-le-feu, alors que depuis plus d'un an, des millions de manifestants en Occident ont Ă©tĂ© calomniĂ©s, malmenĂ©s par la police et arrĂȘtĂ©s comme des ennemis des Juifs pour avoir prĂ©cisĂ©ment exigĂ© les mĂȘmes mesures.
Le Grand mensonge qui, pendant des dĂ©cennies, a prĂ©sentĂ© Washington comme un âhonnĂȘte nĂ©gociateurâ alors qu'il est le plus grand pourvoyeur d'armes d'IsraĂ«l, son apologiste le plus virulent, son homme de main le plus redoutable.
Le Grand mensonge qui a requis l'expulsion manu militari de deux journalistes lors de la conférence de presse d'adieu de Blinken, le mois dernier.
Chacun d'entre eux a tenté de nous rappeler que l'empereur Biden était nu dÚs le départ.
à ceux qui se demandent pourquoi les médias sont restés si apathiques au cours des 15 derniers mois - sans parvenir, avec Gaza, à susciter la passion et l'indignation qu'ils ont si facilement manifestées lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie - voilà la réponse.
Les autres journalistes ont fait profil bas ou ont dĂ©tournĂ© le regard, craignant de perdre leur privilĂšge de publication s'ils s'associaient Ă ces fauteurs de troubles. MĂȘme en plein gĂ©nocide, la biensĂ©ance se doit d'ĂȘtre respectĂ©e Ă la cour royale.
Le Grand mensonge doit ĂȘtre prĂ©servĂ© Ă tout prix.
Marchand de bobards
Quoi qu'en disent les politiciens et les médias occidentaux, le cessez-le-feu n'a rien arrangé.
Il n'offre qu'un bref répit au peuple palestinien dans ses souffrances et sa misÚre les plus urgentes.
Nous ne pouvons pas permettre que cet arrangement renforce le récit du Grand mensonge.
C'est exactement ce qu'a cherché à faire Keir Starmer, Premier ministre de Grande-Bretagne et marchand de bobards par excellence.
Lors d'une dĂ©claration sur la perspective du cessez-le-feu le mois dernier, Starmer a suggĂ©rĂ© qu'il offrirait Ă la population de Gaza ce qu'il a appelĂ© âun avenir meilleurâ, y compris la crĂ©ation d'un âĂtat palestinien souverain et viableâ.
Vraiment ?
Personne ne veut se demander à quoi ressemblerait le meilleur scénario possible pour Gaza. L'affirmation de M. Starmer repose sur l'idée tout à fait fantaisiste qu'Israël souhaite réellement un cessez-le-feu permanent.
En réalité, cela nous ramÚnerait au 6 octobre 2023, lorsqu'Israël imposait un blocus à Gaza et retenait en otage ses 2,3 millions d'habitants. Israël leur a interdit l'importation de produits de premiÚre nécessité et les a condamnés à un régime de privation.
Il a refusé aux malades l'accÚs aux traitements vitaux qu'ils ne pouvaient recevoir qu'à l'étranger. Il a ruiné l'économie en privant les entreprises d'un marché d'exportation. Il n'a accordé à la population de Gaza que quelques heures d'électricité par jour, et l'a surveillée 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, via une armada de drones.
Dans le meilleur des cas, voici ce que Gaza revivrait, en plus de la dévastation causée par Israël depuis : plus de maisons, d'écoles, d'universités, d'hÎpitaux, de boulangeries, de mosquées, d'églises. Des montagnes de décombres à déplacer. Des systÚmes de traitement de l'eau et des eaux usées détruits. Des pans entiers de la population requérant un traitement médical pour blessures graves et maladies, et prÚs de 40 000 orphelins dont il faut prendre soin.
Est-ce lĂ lââavenir meilleurâ qu'Ă©voquait Starmer ?
Quelles sont les chances que Gaza profite mĂȘme de ce meilleur scĂ©nario de l'enfer, alors qu'IsraĂ«l ne perd pas de temps pour Ă©tendre ses pratiques gĂ©nocidaires Ă la Cisjordanie ?
Le cessez-le-feu est un mensonge parce que tout ce qu'on nous a raconté n'est que mensonge, qu'Israël est une démocratie libérale occidentale ordinaire, qu'Israël veut la paix avec ses voisins, que l'armée d'Israël est la plus morale du monde.
IsraĂ«l n'est pas seulement un Ătat colonisateur ordinaire - le genre qui cherche Ă Ă©radiquer la population autochtone dont il convoite les terres. IsraĂ«l est l'Ătat colonisateur le plus lourdement armĂ©, le plus complaisant de l'histoire, et un Ătat adepte de la politique de la terre brĂ»lĂ©e dans la rĂ©gion qu'il colonise.
La vĂ©ritĂ©, c'est que tout ce qu'on nous a dit sur IsraĂ«l n'est que mensonge. Rien ne peut ĂȘtre rĂ©parĂ©, rien ne peut guĂ©rir tant que perdureront les mensonges.



