đâđš La spirale infernale
La menace du nĂ©o-Caligula pourrait bien devenir lâexemple ultime du dernier paradigme : un chaos international dĂ©pourvu de toute rĂšgle. Si je ne tâaime pas, je te bombarde, et je te tue.
đâđš La spirale infernale
Par Pepe Escobar, le 23 mars 2026
Le culte de la mort en Asie occidentale frappe South Pars, qui fait partie du plus grand gisement de gaz au monde, partagĂ© avec le North Dome du Qatar. Puis câest le tour de la centrale nuclĂ©aire de Natanz.
Les lignes rouges sont franchies les unes aprĂšs les autres.
La machine infernale que constitue cette escalade â sans issue â est impitoyable.
Le culte de la mort en Asie occidentale a frappĂ© South Pars, qui partage avec le Qatar le gisement North Dome, lâun des plus grands gisements de gaz au monde. Il a ensuite frappĂ© la centrale nuclĂ©aire de Natanz.
LâIran a bombardĂ© Dimona et Arad dans le sud dâIsraĂ«l â Ă quelques 10 km seulement du centre de recherche nuclĂ©aire du NĂ©guev.
IsraĂ«l continue de bombarder TĂ©hĂ©ran sans relĂąche et frappe Ă nouveau Ispahan. Le ministre iranien de lâĂnergie confirme que
âles infrastructures vitales du pays en matiĂšre dâeau et dâĂ©lectricitĂ© ont subi de trĂšs gros dĂ©gĂątsâ, notamment âdes dizaines dâinfrastructures de transport et de traitement de lâeauâ et âdes rĂ©seaux dâapprovisionnement en eau essentielsâ.
Neo-Caligula, en pleine crise dâhystĂ©rie, a lancĂ© un ultimatum de 48 heures : rouvrir le dĂ©troit dâOrmuz dâici lundi soir, sinon les Ătats-Unis âfrapperont et anĂ©antirontâ les centrales Ă©lectriques iraniennes âen commençant par la plus grandeâ.
LâIran a rĂ©pondu que le dĂ©troit dâOrmuz sera âcomplĂštement verrouillĂ©â si les centrales Ă©lectriques sont touchĂ©es. Le prĂ©sident du Parlement, Ghalibaf, a rĂ©affirmĂ© que toutes les infrastructures Ă©nergĂ©tiques et pĂ©troliĂšres du golfe Persique seront des âcibles lĂ©gitimesâ et âdĂ©truites de maniĂšre irrĂ©versibleâ. Insistance sur le mot âirrĂ©versibleâ.
Cet article a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© alors que le temps presse â en dĂ©but de soirĂ©e en Asie.
Les prévisions de Goldman Sachs tablant sur un prix du baril compris entre 110 et 125 dollars en avril sont déjà caduques. Il avoisinera plutÎt les 200 dollars.
Alors que le temps presse, lâIran insiste une nouvelle fois : pas de capitulation.
TĂ©hĂ©ran a publiĂ© plutĂŽt ses cinq conditions majeures, qui sâinscrivent dans une nouvelle Ă©quation stratĂ©gique et juridique.
Des garanties juridiques contre toute nouvelle guerre.
Retrait des bases militaires amĂ©ricaines dâAsie occidentale â dans un dĂ©lai de 30 jours.
Versement de réparations, à hauteur de 500 milliards de dollars.
Fin des guerres contre lâAxe de la RĂ©sistance.
Mise en place dâun nouveau statut juridique pour le dĂ©troit dâOrmuz.
Comparons maintenant ces conditions Ă lâobjectif de Barbaria de mettre fin Ă la guerre âen quelques semainesâ :
DémantÚlement du programme nucléaire iranien.
Restrictions sévÚres sur les missiles.
Fin du soutien aux âmandatairesâ en Asie occidentale.
En dâautres termes : capitulation.
Un décret du Babouin de Barbarie
LâEmpire du Chaos, sous la houlette de ce babouin dĂ©boussolĂ©, serait apparemment en quĂȘte dâune porte de sortie, façon TACO [Trump Always Chickens Out, soit en français âTrump se dĂ©file toujoursâ]. Cette sortie inexistante est un impĂ©ratif catĂ©gorique (Larijani, spĂ©cialiste de Kant, aurait pu lâexpliquer).
Si lâEmpire fait marche arriĂšre, le pĂ©trodollar sâeffondre â câest dĂ©jĂ le cas â et les chihuahuas du golfe Persique seront plus tard absorbĂ©s en tant que clients de lâIran. Sans oublier que lâEmpire du Chaos et du Pillage, endettĂ© Ă hauteur de 39 milliards de dollars, plongera lui-mĂȘme dans un effondrement Ă©conomique assurĂ©.
LâIran ne peut tout simplement pas se permettre dâaffaiblir la dissuasion quâil a fermement Ă©tablie. Si le rĂ©seau Ă©lectrique â civil â est pris pour cible, comme il lâĂ©tait dĂ©jĂ avant mĂȘme lâexpiration de lâultimatum, la rĂ©ponse Ă ce crime de guerre doublĂ© de sanction collective doit ĂȘtre exemplaire.
Le zugzwang est en place. Si lâarmada de nĂ©o-Caligula tente de sâemparer de lâĂźle de Kharg, les Houthis bloqueront le dĂ©troit de Bab al-Mandeb. Si nĂ©o-Caligula bombarde les centrales Ă©lectriques iraniennes conformĂ©ment Ă son ultimatum, lâIran dĂ©truit lâĂ©nergie du golfe Persique.
Si ces deux bluffs sâenchaĂźnent, tout laisse prĂ©sager un Shah Mat. Ăchec et mat.
Ă lâheure actuelle, la menace du nĂ©o-Caligula pourrait bien ĂȘtre en passe de devenir lâexemple ultime du nouveau paradigme : un chaos international dĂ©pourvu de toute rĂšgle. Si je ne tâaime pas, je te bombarde et je te tue.
Le tout âlĂ©gitimĂ©â par le systĂšme politique et juridique amĂ©ricain : un crime de guerre annoncĂ© haut et fort Ă lâavance dans un message sur les rĂ©seaux sociaux, de maniĂšre unilatĂ©rale, en contournant tout systĂšme de contrĂŽle et dâĂ©quilibre, la supervision du CongrĂšs, le contrĂŽle judiciaire et le dĂ©bat de la sociĂ©tĂ© civile. Un dĂ©cret du Babouin de Barbarie.
LâIran dispose de tous les atouts nĂ©cessaires pour calibrer sa rĂ©ponse Ă cette folie qui propulse simultanĂ©ment dans le vide lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique mondial, les marchĂ©s financiers et les chaĂźnes dâapprovisionnement de pratiquement tout ce que les gens consomment.
Le prĂ©sident du Parlement, Ghalibaf, a dĂ©jĂ lancĂ© un avertissement sans dĂ©tour : les dĂ©tenteurs de bons du TrĂ©sor amĂ©ricain sont dĂ©sormais des cibles lĂ©gitimes. âNous surveillons votre portefeuilleâ. Il encourage en substance les pĂ©tro-monarchies lĂąches du CCG Ă se dĂ©barrasser de leurs bons du TrĂ©sor afin de ne plus figurer sur la liste des cibles â lâĂ©quivalent dâune bombe nuclĂ©aire financiĂšre.
LâIran a dĂ©jĂ bombardĂ© trois centres de donnĂ©es dâAmazon dans le Golfe. Les prochains sur la liste sont Google, Microsoft, Nvidia, Oracle et Palantir. Les fonds souverains saoudiens et Ă©miratis devront sĂ©rieusement rĂ©flĂ©chir au risque Ă©levĂ© associĂ© Ă la dette amĂ©ricaine. LâEmpire du Chaos doit emprunter massivement pour financer cette Guerre Ăternelle. Si les rendements deviennent incontrĂŽlables, le financement sera impossible.
Et puis, comme par magie, lâultimatum a expirĂ© de lui-mĂȘme, grĂące au nĂ©o-Caligula en personne. On peut parler dâun vĂ©ritable TACO royal.
Sa diatribe sur Truth Social sonne faux de bout en bout. Elle contient des perles telles que
âdes conversations trĂšs fructueuses et productives sur une rĂ©solution complĂšte et totale de nos diffĂ©rendsâ.
Le ministĂšre iranien des Affaires Ă©trangĂšres a Ă©tĂ© catĂ©gorique : il nây a pas eu de nĂ©gociations. âLâIran rejette toute nĂ©gociation tant que les objectifs de la guerre ne sont pas atteintsâ).
à premiÚre vue, le néo-Caligula a décidé de
âreporter toute frappe militaire contre les centrales Ă©lectriques et les infrastructures Ă©nergĂ©tiques iraniennes pour une pĂ©riode de cinq joursâ.
Ce qui sâest peut-ĂȘtre rĂ©ellement passĂ©, câest que lâIran, via Oman, a fait savoir au nĂ©o-Caligula quâil dĂ©tient toutes les cartes, et que sâil met sa menace Ă exĂ©cution, il sera le seul responsable de lâeffondrement de lâĂ©conomie mondiale. La confusion sâest donc installĂ©e dans lâunivers de Mar-a-Lago, alors que les bons du TrĂ©sor amĂ©ricain et les actions sont dĂ©jĂ en proie Ă la panique, que des attaques contre des centrales Ă©lectriques iraniennes ont dĂ©jĂ eu lieu tĂŽt lundi matin, et que lâIran sâapprĂȘte Ă riposter en force au cĆur de la nuit.
La machine infernale de lâescalade est toutefois loin dâĂȘtre maĂźtrisĂ©e. Rendez-vous dans cinq jours.
Traduit par Spirit of Free Speech
https://strategic-culture.su/news/2026/03/23/the-infernal-escalation-machine/



Attention Ă la petite coquille dans l'article.
Les Etats-Unis ont une dette de 39.000 milliards de dollars et non seulement de 39 milliards.