đâđš LâAnschluss version OTAN
Un ensemble de contre-mesures a été adopté contre la SuÚde & la Finlande aprÚs leur adhésion à l'OTAN. L'Autriche en proie à la frénésie militariste européenne ne doit pas compter faire exception.
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Par Dmitri Medvedev pour RT via amarynth, le 28 août 2025
Les pays du Vieux Continent sont en proie Ă la frĂ©nĂ©sie militariste. Tel des papillons de nuit hypnotisĂ©s par la lumiĂšre, ils se ruent aveuglĂ©ment vers la flamme destructrice de l'OTAN. Jusqu'Ă trĂšs rĂ©cemment, l'Europe comptait encore des Ătats conscients que la sĂ©curitĂ© se conçoit aussi sans adhĂ©sion systĂ©matique Ă des entitĂ©s militaires.
Aujourd'hui, la raison fait place à l'instinct grégaire. Emboßtant le pas à la Finlande et à la SuÚde, les dirigeants autrichiens, galvanisés par une Union européenne assoiffée de sang, alimentent le débat public sur le renoncement à la neutralité inscrite dans la Constitution au profit d'une adhésion à l'OTAN.
La sociĂ©tĂ© autrichienne est loin d'ĂȘtre enthousiaste Ă cette idĂ©e. Le parti Nouvelle Autriche [NEOS : Das Neue Ăsterreich und Liberales Forum], dirigĂ© par la ministre des Affaires Ă©trangĂšres Beate Meinl-Reisinger et dĂ©sireux d'adhĂ©rer au bloc, n'a rassemblĂ© que moins de 10 % des suffrages lors des derniĂšres Ă©lections.
En revanche, le Parti libĂ©ral autrichien [FPĂ : Freiheitliche Partei Ăsterreichs], farouchement opposĂ© Ă un alignement aveugle sur l'agenda militariste de Bruxelles, a reçu le soutien de 37 % des citoyens. Mais dans l'Europe d'aujourd'hui, la volontĂ© du peuple fait-elle vraiment obstacle ?
Les tentatives destinĂ©es Ă saper la neutralitĂ© de l'Autriche se poursuivent depuis un certain temps dĂ©jĂ . DĂšs les annĂ©es 1990, des rĂ©visionnistes locaux ont commencĂ© Ă dĂ©velopper des liens militaires sous prĂ©texte de âparticiper Ă une politique de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense de l'UEâ commune. Jusqu'en 2009, date d'entrĂ©e en vigueur du traitĂ© de Lisbonne, ce n'Ă©taient que des paroles en l'air sur la coordination du dĂ©veloppement militaire entre Ătats membres de l'UE, sans aucune mesure contraignante. Par la suite, l'argument a Ă©voluĂ© : le traitĂ© ne prĂ©cisait ni la portĂ©e ni le calendrier de l'aide que cette âEurope collectiveâ Ă©tait tenue de fournir en cas d'attaque. Et de toute façon, l'UE Ă©tait officiellement considĂ©rĂ©e comme une union Ă©conomique. Que la plupart de ses membres fassent dĂ©jĂ partie de l'OTAN a Ă©tĂ© commodĂ©ment passĂ© sous silence. SimultanĂ©ment, l'Autriche a Ă©tendu sa prĂ©sence militaire au-delĂ de l'Europe en participant Ă des missions de soutien de l'UE, renforçant ainsi sa visibilitĂ© Ă Bruxelles. Elle a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©reusement rĂ©compensĂ©e, puisqu'entre 2022 et 2025, la prĂ©sidence du ComitĂ© militaire de l'UE a Ă©tĂ© assurĂ©e par le gĂ©nĂ©ral autrichien Robert Brieger. Les Autrichiens n'avaient pas brillĂ© aussi âremarquablementâ sur la scĂšne militaire europĂ©enne depuis la Seconde Guerre mondiale, marquĂ©e par les faits d'armes des gĂ©nĂ©raux de la Wehrmacht Lothar Rendulic et Erhard Raus, ainsi que du commandant de la Luftwaffe Alexander Löhr.
Alors que l'UE renforçait ses capacitĂ©s de dĂ©fense, l'Autriche s'est militarisĂ©e, alignant discrĂštement sa politique sur celle de l'OTAN. Vienne a participĂ© au âPartenariat pour la paixâ de l'Alliance, alors que le pays faisait dĂ©jĂ partie intĂ©grante de la logique du bloc. Bien que non membre de l'OTAN, l'Autriche constitue un territoire de transit essentiel pour le bloc. Rien qu'en 2024, plus de 3 000 vĂ©hicules militaires de l'OTAN l'ont traversĂ©e et son espace aĂ©rien a enregistrĂ© plus de 5 000 survols de l'OTAN.
C'est dans ce contexte que des voix se sont Ă©levĂ©es Ă Vienne pour affirmer que le âconsensus pacifiste vacillantâ et la âmenace russeâ constituent l'occasion historique de se libĂ©rer des âchaĂźnes du passĂ©â, Ă savoir d'abandonner la neutralitĂ©. Pourtant, cette neutralitĂ© est ancrĂ©e dans les fondements mĂȘmes de l'Ătat autrichien, rĂ©organisĂ© par les puissances alliĂ©es aprĂšs la guerre. Cette neutralitĂ© figure dans trois documents contraignants de 1955 : le mĂ©morandum de Moscou, le traitĂ© pour le rĂ©tablissement d'une Autriche indĂ©pendante et dĂ©mocratique, ainsi que la loi constitutionnelle fĂ©dĂ©rale autrichienne sur la neutralitĂ© permanente. Ces documents constituent l'ossature juridique du pays. Si l'un de ces documents venait Ă ĂȘtre supprimĂ©, tout l'Ă©difice de l'Ătat autrichien serait inĂ©vitablement fragilisĂ©.
Mais que peut faire Moscou, qui est en quelque sorte l'un des artisans de l'Autriche moderne ? Une des rĂ©ponses possibles consisterait Ă rappeler Ă l'ordre les instigateurs de l'hystĂ©rie belliciste en vertu du droit international. Les rĂ©ponses Ă deux questions clĂ©s sont cependant sans Ă©quivoque : l'Autriche est-elle en droit de renoncer unilatĂ©ralement Ă sa neutralitĂ© inscrite dans la constitution, et peut-elle dĂ©cider seule d'adhĂ©rer Ă l'OTAN ? â et les rĂ©ponses sont respectivement : non, et non.
L'article 27 de la Convention de Vienne sur l'application du droit des traitĂ©s stipule en effet explicitement qu'aucune disposition du droit interne d'un pays ne peut servir de justification Ă la violation d'un traitĂ© international. De plus, l'OTAN ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une organisation rĂ©gionale de dĂ©fense collective, de sorte que l'adhĂ©sion Ă l'Alliance ne confĂšre pas Ă un Ătat neutre permanent les mĂȘmes garanties que sa seule neutralitĂ©.
Ces dispositions sont reconnues par des personnalitĂ©s respectĂ©es et bien informĂ©es de la question. L'ancienne ministre autrichienne des Affaires Ă©trangĂšres, Karin Kneissl, aujourd'hui directrice du centre G.O.R.K.I. de l'universitĂ© d'Ătat de Saint-PĂ©tersbourg, souligne par exemple que la modification du statut de neutralitĂ© nĂ©cessite le consentement de toutes les puissances alliĂ©es ayant signĂ© le traitĂ© de 1955, Russie comprise, en tant que successeur lĂ©gal de l'URSS. Moscou conserve ainsi le droit de veto sur la dĂ©cision de Vienne de rejoindre l'OTAN.
La faction belliciste de l'élite autrichienne doit prendre conscience des graves conséquences politiques de l'abandon de la neutralité et de l'adhésion à l'OTAN.
Aujourd'hui, Vienne est une plaque tournante de la diplomatie multilatĂ©rale, qui accueille une vingtaine d'organisations intergouvernementales, garantissant son implication dans les processus mondiaux et l'Ă©laboration de cadres juridiques pour faire face aux dĂ©fis et aux menaces Ă©mergents. La dĂ©cision d'implanter les bureaux de l'ONU, de l'AIEA, de l'OSCE et de l'OPEP Ă Vienne s'appuie en grande partie sur le statut de pays non alignĂ© de l'Autriche, qui offre une plateforme propice au dialogue et Ă la coopĂ©ration rĂ©gionale. Remettre en cause la neutralitĂ© au profit d'une logique de bloc saperait l'âesprit de Vienneâ et priverait l'Autriche de son rĂŽle de mĂ©diateur neutre et indĂ©pendant au sein de la communautĂ© internationale.
Le pays risque donc de perdre son rÎle unique de médiateur et de centre névralgique pour les grandes institutions internationales. Une conclusion évidente s'impose : le moment est venu d'envisager de transférer le siÚge des grandes organisations internationales vers des pays du Sud et de l'Est capables de leur offrir les garanties indispensables à leur bon fonctionnement.
De plus, un virage militariste autrichien ternirait son image de pacificateur, rĂ©duisant considĂ©rablement sa marge de manĆuvre souveraine. Ce virage augmente en effet considĂ©rablement le risque de voir les unitĂ©s de la Bundesheer autrichienne impliquĂ©es dans les plans de mission Ă long terme des forces armĂ©es russes. Un ensemble de contre-mesures a Ă©tĂ© adoptĂ© Ă l'encontre de la SuĂšde et de la Finlande aprĂšs leur adhĂ©sion Ă l'OTAN. L'Autriche ne peut donc pas s'attendre Ă faire exception.
Traduit par Spirit of Free Speech
https://globalsouth.co/2025/08/28/natos-anschluss-by-dmitry-medvedev/


