đâđš Le ministre russe des Affaires Ă©trangĂšres, SergueĂŻ Lavrov dĂ©nonce lâĂ©volution nĂ©gative des nĂ©gociations avec Washington
Poutine comptait les promesses de Trump Ă Anchorage. Or, Trump a plutĂŽt signifiĂ© Ă Poutine dâaller se faire voir. Moscou informe donc Trump que les exigences russes sont claires & non nĂ©gociables.
đâđš Le ministre russe des Affaires Ă©trangĂšres, SergueĂŻ Lavrov dĂ©nonce lâĂ©volution nĂ©gative des nĂ©gociations avec Washington
Par Larry Johnson, le 11 février 2026
SergueĂŻ Lavrov a rĂ©cidivĂ©. La semaine derniĂšre, il a accordĂ© une longue interview Ă Rick Sanchez de RT. Lundi, il a donnĂ© une interview similaire Ă BRICS TV. Et mardi, SergueĂŻ Lavrov sâest exprimĂ© dans une longue interview Ă la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision russe NTV. La discussion a portĂ© sur la multipolaritĂ© mondiale, les relations avec lâOccident (en particulier les Ătats-Unis et lâEurope), les nĂ©gociations sur le conflit en Ukraine, le contrĂŽle des armes nuclĂ©aires aprĂšs lâexpiration du nouveau traitĂ© START et dâautres questions gĂ©opolitiques. Dans lâensemble, lâinterview a confortĂ© le point de vue de la Russie selon lequel la guerre en Ukraine a Ă©tĂ© causĂ©e par les provocations de lâOTAN. M. Lavrov nâa pas mĂąchĂ© ses mots pour reprocher Ă lâOccident/aux Ătats-Unis de freiner les progrĂšs de nĂ©gociations en Ukraine malgrĂ© certains signaux positifs de la part de Donald Trump, et a soulignĂ© lâengagement de Moscou en faveur de la multipolaritĂ© tout en maintenant des lignes rouges fermes en matiĂšre de sĂ©curitĂ©. Vous pouvez lire lâintĂ©gralitĂ© de lâinterview en cliquant sur le lien ci-dessus.
M. Lavrov a soulignĂ© lâĂ©volution de 500 ans de domination occidentale (fondĂ©e sur lâesclavage et le colonialisme) Ă un monde multipolaire, et lâinfluence croissante de nations comme la Chine, lâInde, le BrĂ©sil et de blocs dâintĂ©gration tels que les structures liĂ©es aux BRICS, lâUEE, la CEI, lâOTSC, lâASEAN et le CCG. Il a accusĂ© lâEurope de persister Ă dicter ses approches Ă travers lâEurasie, dâentraver la coopĂ©ration naturelle (par exemple entre la Russie et lâAsie centrale ou le Caucase du Sud) et dâinterfĂ©rer dans lâArctique.
Lavrov a fait une dĂ©claration choc en dĂ©crivant les relations entre les Ătats-Unis et la Russie comme allant âdans la mauvaise directionâ, les Ătats-Unis cherchant Ă dominer le monde plutĂŽt quâĂ compartimenter les zones dâinfluence. Il a soulignĂ© que les prises de contact de Trump avec les pays importateurs de pĂ©trole et de gaz russes relĂšvent dâune tentative de domination du marchĂ© mondial de lâĂ©nergie. Il a saluĂ© Trump comme Ă©tant le seul dirigeant occidental Ă reconnaĂźtre publiquement la lĂ©gitimitĂ© des prĂ©occupations de la Russie concernant une nouvelle expansion de lâOTAN, qualifiant cette prise de position dââĂ©norme avancĂ©eâ, mais il a ensuite rejetĂ© lâaffirmation de Trump selon laquelle la Russie aurait violĂ© ses obligations au titre du New START, la jugeant infondĂ©e.
M. Lavrov a minimisĂ© la portĂ©e de lâexpiration du traitĂ© New START, le 5 fĂ©vrier 2026, soulignant son inefficacitĂ© au cours des trois derniĂšres annĂ©es. Il a dĂ©clarĂ© au journaliste que la Russie Ă©vitera toute escalade, mais quâelle surveillera de prĂšs les initiatives des Ătats-Unis âavec tout le sĂ©rieux nĂ©cessaireâ. Il a exprimĂ© son scepticisme quant Ă une Ă©ventuelle inclusion de la Chine dans les futures nĂ©gociations sur les armes par les Ătats-Unis (probablement dans le but de dĂ©tourner lâattention des questions fondamentales), et a dĂ©clarĂ© quâun Ă©ventuel accord multilatĂ©ral devra prendre en compte les capacititĂ©s de la Grande-Bretagne et de la France. Il a rĂ©affirmĂ© que la Russie considĂšre ses force armĂ©es comme le principal garant de sa sĂ©curitĂ© aprĂšs lâexpiration du traitĂ©.
Concernant les nĂ©gociations avec lâUkraine, M. Lavrov a mis en garde contre un optimisme excessif, dĂ©clarant que âla route est encore longueâ avant dâaboutir Ă un accord. Les discussions entre militaires portent sur des questions âmultiformes et substantiellesâ requĂ©rant des nĂ©gociations approfondies, y compris la mise en place de mĂ©canismes de contrĂŽle pour tout accord. Les causes profondes du conflit doivent Ă©galement ĂȘtre abordĂ©es, notamment la sĂ©curitĂ© de la Russie, lâĂ©limination des menaces (aucune arme en Ukraine susceptible de menacer la Russie) et la garantie des droits des Russes et des russophones en Ukraine, conformĂ©ment au droit international et Ă la Charte des Nations unies.
Il a affirmĂ© que les Ătats-Unis admettent que les questions territoriales doivent ĂȘtre rĂ©glĂ©es conformĂ©ment aux ârĂ©alitĂ©s de terrainâ et Ă la volontĂ© du peuple. M. Lavrov a critiquĂ© les plans europĂ©ens, comme le cessez-le-feu immĂ©diat qui ne rĂ©solvent rien et fournissent Ă lâUkraine une aide militaire accrue sans prendre en compte les nouvelles rĂ©alitĂ©s. Il a rĂ©itĂ©rĂ© la position de la Russie en sâappuyant sur les prĂ©cĂ©dents pourparlers (par exemple, ceux dâIstanbul en 2022), rejetant toute garantie de sĂ©curitĂ© pour lâUkraine risquant de menacer la Russie. LâEurope tente dâĂ©tablir des contacts officieux sur lâUkraine, mais nâapporte aucune proposition concrĂšte au-delĂ des engagements publics.
M. Lavrov a explicitement dĂ©clarĂ© que la Russie nâa âaucune intentionâ et âabsolument aucune raisonâ dâattaquer lâEurope (ou toute partie de celle-ci). Il a insistĂ© sur lâabsence de tout projet dâaction offensive contre les pays de lâOTAN ou de lâUE. Il a toutefois averti que si lâEurope (ou les forces occidentales) menacent de lancer une attaque contre la Russie, Moscou ripostera immĂ©diatement Ă grande Ă©chelle en recourant Ă tous les moyens Ă sa disposition, conformĂ©ment Ă sa politique militaire. Il oppose cette riposte Ă lâopĂ©ration actuelle en Ukraine, quâil (et Poutine) dĂ©crivent comme une âopĂ©ration militaire spĂ©cialeâ limitĂ©e, laissant entendre quâun conflit plus large aurait des rĂ©percussions bien plus graves, sans pour autant passer Ă lâoffensive.
Cette sĂ©rie dâinterviews en lâespace de trois jours est inhabituelle pour Lavrov. Jâestime quâil a Ă©tĂ© mandatĂ© par le prĂ©sident Poutine pour utiliser la presse pour transmettre un message ferme Ă Donald Trump et aux membres de lâOTAN. Poutine et ses conseillers comptent sur Trump pour tenir les promesses formulĂ©es lors de la rĂ©union dâAnchorage en aoĂ»t 2025, et prendre des mesures concrĂštes dâapaisement, comme le dĂ©blocage des avoirs russes ou lâabandon des droits de douane sur les pays qui achĂštent du pĂ©trole russe. Or, Trump a plutĂŽt signifiĂ© Ă Poutine dâaller se faire voir. La Russie a reçu le message et fait dĂ©sormais savoir Ă Trump que les exigences russes sont claires et non nĂ©gociables. Si Trump dĂ©cide dâattaquer lâIran, les perspectives dâamĂ©lioration des relations entre Washington et Moscou seront enterrĂ©es.
Nima est de retour au BrĂ©sil et nous a reçus, le professeur Marandi et moi-mĂȘme, pour un entretien sur une Ă©ventuelle attaque des Ătats-Unis contre lâIran. Jâai Ă©galement Ă©changĂ© avec Glenn Diesen lundi et notre conversation a Ă©tĂ© diffusĂ©e aujourdâhui.
Traduit par Spirit of Free Speech



