đâđš Le plus grand sacrifice de la Seconde Guerre mondiale ? Pas de dĂ©bat, une Ă©vidence
Les charlatans de l'opinion occidentale tentent d'effacer, salir & faire disparaßtre de la mémoire collective le rÎle unique & incontournable joué par la Russie dans la défaite de l'Allemagne nazie.
đâđš Le plus grand sacrifice de la Seconde Guerre mondiale ? Pas de dĂ©bat, une Ă©vidence
Par Stephen Karganovic, le 8 mai 2025
Ou du moins, ce devrait ĂȘtre le cas dans un monde fonctionnant selon les principes normaux de la dĂ©cence. Mais du point de vue des peuples de l'Occident collectif, qui ont du mal Ă accepter les faits, il y a fort Ă parier que ce n'est pas le cas.
Ă l'approche du 80e anniversaire de la dĂ©faite des puissances de l'Axe en Europe, une question absurde revient sur le devant de la scĂšne. Il s'agit de savoir quel pays mĂ©rite le plus d'ĂȘtre cĂ©lĂ©brĂ© et a le plus sacrifiĂ© pour remporter la victoire sur l'Axe, qui va bientĂŽt ĂȘtre commĂ©morĂ©e. La simple Ă©vocation de cette question aberrante crĂ©e un « dilemme » historique arbitraire et totalement trompeur pour les citoyens occidentaux peu instruits, qui n'a en rĂ©alitĂ© aucune raison d'ĂȘtre.
Au sens mĂ©diatique du terme, cette question sans intĂ©rĂȘt a rĂ©cemment Ă©tĂ© soulevĂ©e dans une dĂ©claration du prĂ©sident Trump. Elle porte directement sur la question de savoir quel pays a le plus contribuĂ© Ă la victoire des forces alliĂ©es et a supportĂ© le plus lourd tribut en termes de vies et de richesses sacrifiĂ©es sur l'autel de la victoire commune.
Ă cet Ă©gard, la position du pays leader de l'Occident collectif s'est clairement manifestĂ©e dans la dĂ©cision du prĂ©sident Trump de dĂ©signer le 8 mai âJour de la Victoireâ aux Ătats-Unis, coĂŻncidant avec le âJour de la Victoire en Europeâ cĂ©lĂ©brĂ© par la plupart des EuropĂ©ens depuis la capitulation de l'Allemagne en mai 1945.
Il n'y a rien de nĂ©cessairement controversĂ© dans la crĂ©ation de cette nouvelle fĂȘte, si ce n'est la justification grandiloquente avancĂ©e par le prĂ©sident pour appuyer sa dĂ©cision, Ă savoir que ânous avons fait plus que tout autre pays, et de loin, pour obtenir ce rĂ©sultat victorieuxâ.
On ne peut contester que, aux cĂŽtĂ©s des troupes alliĂ©es, les forces amĂ©ricaines ont combattu avec courage et abnĂ©gation pour vaincre l'Axe, non seulement en Europe, mais aussi en ExtrĂȘme-Orient contre le Japon, oĂč elles ont remportĂ© la victoire en aoĂ»t 1945. Mais affirmer que les Ătats-Unis ont fait plus que tout autre pays, et âde loinâ, pour assurer la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, c'est aller un peu trop loin.
Le prĂ©sident Trump est un AmĂ©ricain patriote, mais il n'est pas plus historien qu'il n'est fĂ©ru d'Ă©conomie thĂ©orique, Ă en juger du moins par sa politique tarifaire, dont l'effet boomerang aurait pu lui ĂȘtre expliquĂ© par n'importe quel novice en Ă©conomie. Il n'y a rien de mal ou d'incorrect en soi Ă cĂ©lĂ©brer l'Ă©norme contribution des Ătats-Unis Ă la victoire des AlliĂ©s, voire Ă la mettre en avant, tant que cela se fait avec un sens des proportions et dans le respect des sacrifices consentis par les autres. De nombreux pays, grands et petits, ont contribuĂ© Ă la victoire de la Seconde Guerre mondiale, qui a sauvĂ© le monde des horreurs du fascisme, du moins sous la forme qu'il a revĂȘtue il y a plus de quatre-vingts ans. Mais lorsqu'on se met Ă faire des comparaisons Ă©gocentriques afin de souligner la primautĂ© de la contribution d'un pays au dĂ©triment ou au dĂ©triment de celle des autres, il nous incombe, avant de faire des dĂ©clarations publiques, d'examiner attentivement les faits et de conformer nos Ă©valuations non pas aux exigences dĂ©magogiques de la politique intĂ©rieure, mais Ă la rĂ©alitĂ© historique.
Il semblerait que, apparemment mieux informĂ© et plus au fait des Ă©vĂ©nements, le prĂ©sident Franklin Roosevelt ait eu une vision beaucoup plus rĂ©aliste de la contribution relative des principaux participants Ă la victoire des AlliĂ©s pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans l'un de ses discours radiodiffusĂ©s âFireside Chatsâ en mars 1942, le prĂ©sident Roosevelt a dĂ©clarĂ© au public amĂ©ricain que
âles troupes russes ont dĂ©truit â et continuent de dĂ©truire â plus de soldats, d'avions, de chars et de canons de notre ennemi commun que toutes les autres Nations Unies rĂ©uniesâ.
Tout au long du conflit, Roosevelt a tenu le mĂȘme discours. Dans une lettre adressĂ©e au gouvernement soviĂ©tique le 4 fĂ©vrier 1943, Roosevelt a fĂ©licitĂ© les SoviĂ©tiques pour leur victoire locale, mais cruciale dans la dynamique du conflit, sur l'Axe Ă Stalingrad, soulignant que
âl'exemple des soldats russes a suscitĂ© chez les AlliĂ©s une nouvelle dĂ©termination Ă vaincre dĂ©finitivement l'ennemiâ.
Plus tard, le 22 février, le président Roosevelt a déclaré que
âl'ArmĂ©e rouge et le peuple russe ont indĂ©niablement contraint les forces armĂ©es d'Adolf Hitler Ă marcher vers leur dĂ©faite finale et ont suscitĂ© l'admiration du peuple amĂ©ricain, et pour trĂšs longtempsâ.
Hélas, cette admiration n'a pas été de longue durée, mais cette affirmation était tout à fait juste à l'époque.
Des propos similaires, reconnaissant la contribution cruciale de l'Armée soviétique à l'effort de guerre des Alliés, furent tenus par le président Roosevelt à d'autres reprises durant le conflit. Dans son discours sur l'état de l'Union de 1943, aprÚs avoir relaté les événements sur d'autres théùtres d'opérations, il a particuliÚrement insisté sur les développements du front russe, en des termes qui ne laissaient aucun doute sur ce qu'il considérait comme le théùtre principal des opérations :
âLes Ă©vĂ©nements les plus marquants et les plus significatifs de la situation stratĂ©gique mondiale en 1942 ont Ă©tĂ©, de loin, ceux qui se sont dĂ©roulĂ©s sur l'immense front russe : d'abord, la dĂ©fense implacable de Stalingrad, puis les offensives lancĂ©es en plusieurs points par l'armĂ©e russe Ă la fin du mois de novembre, qui se poursuivent avec une Ă©nergie et une efficacitĂ© remarquablesâ.
On pourrait soutenir que ces propos, aussi exacts soient-ils sur le plan historique, relevaient avant tout de la courtoisie et voulaient rendre hommage à un allié de poids afin de l'encourager à se battre encore plus vaillamment. Mais trop de données concrÚtes, indépendantes de ces remarques, attestent de la contribution relative des différents belligérants pour que l'on puisse soutenir que les propos de Roosevelt ne soient que de simples compliments de courtoisie.
Tout d'abord, environ 80 % des pertes infligĂ©es Ă l'Axe au cours de toute la guerre en Europe ont eu lieu sur ce qu'on a appelĂ© le front de l'Est, dans le contexte de l'invasion finalement infructueuse de la Russie par l'Allemagne nazie. Outre les destructions matĂ©rielles subies par l'URSS, les peuples composant l'Union soviĂ©tique ont perdu vingt-sept millions de militaires et de civils durant la Seconde Guerre mondiale, un chiffre qui Ă©clipse les pertes combinĂ©es des nations europĂ©ennes, de la Grande-Bretagne et des Ătats-Unis sur le théùtre europĂ©en. Tout aussi significatif, pendant la majeure partie de la guerre, environ 75 Ă 80 % de la Wehrmacht a dĂ» ĂȘtre dĂ©ployĂ©e Ă l'Est, preuve irrĂ©futable que le haut commandement allemand considĂ©rait l'Est comme son principal adversaire. Les 80 % de soldats allemands morts au combat contre la Russie reprĂ©sentaient environ quatre millions des cinq millions de soldats allemands tuĂ©s pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces donnĂ©es objectives ont Ă©tĂ© publiĂ©es par le U.S. National War Museum. MĂȘme si les propos du prĂ©sident Roosevelt citĂ©s ci-dessus pouvaient ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des courtoisies entre alliĂ©s, les faits Ă©tablis et citĂ©s sans passion plusieurs dĂ©cennies plus tard par une institution universitaire amĂ©ricaine sĂ©rieuse, et pour l'essentiel incontestĂ©s par les historiens universitaires, sont Ă©loquents.
L'objectif de cet article est d'attirer l'attention sur une scandaleuse tendance du discours amoral de l'Occident collectif concernant la guerre mondiale achevĂ©e il y a quatre-vingts ans. Ce discours est diffusĂ© au mĂ©pris flagrant de faits historiques largement corroborĂ©s, et avec un mĂ©pris des normes morales qui, jusqu'Ă rĂ©cemment encore, auraient Ă©tĂ© considĂ©rĂ©es comme inviolables, mĂȘme en politique. Il s'agit d'une campagne vicieuse, une campagne de charlatans, visant Ă réécrire et Ă dĂ©former l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Reprenant un concept clĂ© de la mĂ©thodologie malsaine du âwokeâ, les manipulateurs de l'opinion publique occidentale tentent d'effacer, de salir et de faire disparaĂźtre de la mĂ©moire collective le rĂŽle unique et incontournable jouĂ© par la Russie dans la dĂ©faite de l'Allemagne nazie et de ses alliĂ©s de l'Axe, de dĂ©nigrer l'ampleur sans prĂ©cĂ©dent de sa contribution Ă l'effort de guerre dont nous bĂ©nĂ©ficions encore aujourd'hui, et de railler de maniĂšre indĂ©cente l'Ă©norme sacrifice consenti par le peuple russe.
Nous ne devons pas les laisser poursuivre leur objectif méprisable.
Traduit par Spirit of Free Speech


