đâđš Le roi des crampons
Pleinement confiant en la volontĂ© de Trump de rĂ©pondre Ă ses attentes, Volodymyr Zelensky sâest rendu chez Raytheon, le fabricant du Tomahawk, avant sa visite Ă la Maison Blanche.

đâđš Le roi des crampons
Par Patrick Lawrence pour Consortium News, le 20 octobre 2025
Volodymyr Zelensky a sorti le grand jeu avant son dernier petit tour dans le Bureau ovale, vendredi dernier.
Le prĂ©sident ukrainien, dĂ©sormais dĂ©pourvu de toute lĂ©gitimitĂ©, est arrivĂ© avec sa liste de systĂšmes de dĂ©fense aĂ©rienne et dâarmement souhaitĂ©s, pour un montant total de 90 milliards de dollars, pour son nouveau rendez-vous avec le prĂ©sident Trump.
Oui messieurs dames, 90 milliards de dollars. Ă titre de comparaison, les Ătats-Unis ont dĂ©jĂ versĂ© 128 milliards de dollars Ă lâUkraine depuis le dĂ©but de lâintervention russe en fĂ©vrier 2022, selon un rapport du Council on Foreign Relations datĂ© du 15 juillet 2025.
Misant sur la passion de Trump pour les affaires, Zelensky affirme que lâUkraine achĂštera tous ces nouveaux Ă©quipements dans le cadre dâun âmĂ©ga-accordâ. En voilĂ une ineptie ! Kiev est complĂštement fauchĂ©. Comment le rĂ©gime ferait-il pour payer de telles sommes ?
Voulait-il dire que Kiev ferait un chĂšque Ă Washington sur les fonds que Washington lui a dĂ©jĂ envoyĂ©s ? Ou Zelensky suggĂšre-t-il que lâOTAN, censĂ©e acheter des armes amĂ©ricaines pour les transmettre Ă lâUkraine, financera sa liste dâemplettes ?
Ou bien Zelensky parlerait-il maintenant au nom de la branche europĂ©enne de lâOTAN ?
En fait, je ne vois quâune possibilitĂ© : le rĂ©gime Zelensky a lâintention de payer les nouveaux armements avec les milliards dâeuros que les EuropĂ©ens sâapprĂȘtent Ă envoyer Ă Kiev, câest-Ă -dire les milliards quâils comptent prĂ©lever sur les avoirs gelĂ©s de la Russie. Mais cet argent est censĂ© permettre Ă Kiev de continuer Ă sâapprovisionner en crayons et en trombones pendant encore un certain temps.
Ces gens ne cessent de broder des histoires. De quoi broder Ă loisir.
Mais Zelensky, corrompu jusquâĂ la moelle, avait en tĂȘte une augmentation de plus de 70 % lorsquâil a dĂ©barquĂ© Ă Washington. Le roi des crampons ambitionnait Ă©galement dâobtenir une quantitĂ© non prĂ©cisĂ©e, mais considĂ©rable, de missiles Tomahawk.
Ces missiles longue portĂ©e, pouvant transporter une charge nuclĂ©aire, coĂ»tent entre 2 et 2,5 millions de dollars piĂšce. DâaprĂšs mes sources, Zelensky espĂ©rait que Trump les lui fournirait gratuitement. Preuve dâune confiance aveugle en sa capacitĂ© Ă obtenir les faveurs de Trump, Zelensky sâest tout dâabord rendu chez Raytheon, le fabricant des Tomahawk, avant sa rĂ©union Ă la Maison Blanche.
Un escroc trÚs culotté, il faut le lui reconnaßtre.
âPlus dâarmes, moins de blablaâ, telle semble ĂȘtre la formule, en apparence astucieuse, mais ĂŽ combien stupide, du rĂ©gime de Kiev, alors que Zelensky sâapprĂȘtait Ă mendier une Ă©niĂšme fois. Il faut frapper sans relĂąche les cibles russes. Câest la seule façon dâamener Moscou Ă accepter de nĂ©gocier rapidement la fin de la guerre. Câest notre ultime option.
Finalement, le passage de Zelensky dans le Bureau ovale nâa pas suscitĂ© la mĂȘme pagaille que lors de sa premiĂšre rencontre avec Trump, en fĂ©vrier. Mais câĂ©tait prĂ©visible. Les responsables du protocole ont placĂ© Vlod dos aux journalistes couvrant lâĂ©vĂ©nement, un affront subtil, mais indĂ©niable. Et lorsque Zelensky a briefĂ© les mĂ©dias aprĂšs coup, il nâa pu le faire quâĂ lâextĂ©rieur de la Maison Blanche.
Exit les Tomahawks

Pas de Tomahawks pour Volod, donc, du moins pas pour lâinstant. Trump a Ă©tĂ© trĂšs clair avant, pendant et aprĂšs sa rencontre avec le parasite ukrainien. Quant au reste de la liste de Zelensky, rien nâest trĂšs clair, mais je pense que Kiev obtiendra ce que les EuropĂ©ens achĂštent aux fabricants dâarmes amĂ©ricains, et quâelle acheminera ces armes vers le sud, de lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre polonaise.
Câest la veille de la visite de Zelensky Ă la Maison Blanche que les choses se sont dĂ©cidĂ©es, lorsque Trump a reçu un appel de Vladimir Poutine et a passĂ© plusieurs heures Ă discuter avec le prĂ©sident russe. Selon les observateurs, la dĂ©cision de Trump concernant les Tomahawks figurait en bonne place dans lâordre du jour.
Les commentaires de Trump a posteriori en témoignent.
âLe Tomahawk est une arme vicieuse, offensive et incroyablement destructriceâ, a-t-il dĂ©clarĂ© immĂ©diatement aprĂšs lâappel. âQui voudrait se faire tirer dessus avec des Tomahawks ?â
Avant son entretien avec Zelensky, il a ajouté :
âEspĂ©rons que nous pourrons mettre fin Ă la guerre sans avoir Ă nous prĂ©occuper des Tomahawksâ.
On entend souvent dire que Donald Trump croit tout ce que lui dit son dernier interlocuteur. Ce qui semble ĂȘtre le cas, car Trump est un homme au jugement superficiel et sans aucune expĂ©rience de la gestion des affaires dâĂtat.
Ce genre de personne a tendance à se complaire dans la facilité en reproduisant avec une fausse conviction les opinions du premier venu, pourvu que ses jugements soient reconnus. Mais suggérer que Poutine manipule facilement Trump, comme le prétendent les médias mainstream et leurs lecteurs, relÚve de la mauvaise foi.
Ceux qui osent tenir de tels propos sont mis au ban, mais peu importe : Vladimir Poutine est un homme dâĂtat accompli et le principal acteur de la crise ukrainienne Ă prĂ©senter des arguments crĂ©dibles en faveur dâun rĂšglement durable, non seulement entre Moscou et Kiev, mais aussi entre la Russie et lâOccident.
La sĂ©curitĂ© dâune nation ne peut ĂȘtre Ă©tablie au dĂ©triment dâune autre : câest un principe fondamental de toute bonne diplomatie, et lâargument clĂ© de Moscou. Câest ce que Poutine et les membres de son cercle de sĂ©curitĂ© nationale veulent dire quand ils insistent sur la nĂ©cessitĂ© de sâattaquer aux vĂ©ritables causes du conflit.
Comme me lâa enseignĂ© feu Stephen F. Cohen, il y a des annĂ©es, la stratĂ©gie de la Russie envers lâOccident nâa rien Ă voir avec les sphĂšres dâinfluence, ce concept anachronique du XIXĂš siĂšcle. On parle ici de stratĂ©gies de sĂ©curitĂ©, et pas une puissance au monde ne façonne sa politique Ă©trangĂšre sans objectif sĂ©curitaire en tĂȘte.
Tomahawks et montée des tensions

Sâagissant des Tomahawks, Poutine a averti Trump, comme cela a Ă©tĂ© largement rapportĂ©, quâenvoyer ces missiles Ă un rĂ©gime aussi irresponsable que celui de Kiev nuirait fondamentalement Ă tout espoir de rĂ©tablissement des relations entre les Ătats-Unis et la Russie, et reviendrait Ă intensifier la guerre.
Cette crainte est fondĂ©e, notamment parce que les Russes ne sauraient pas dĂ©terminer si un missile entrant est Ă©quipĂ© ou non dâune ogive nuclĂ©aire. De plus, seuls les AmĂ©ricains peuvent les utiliser, car les Ukrainiens nâont pas les compĂ©tences nĂ©cessaires.
Selon vous, Poutine a-t-il eu raison dâexhorter Trump Ă ne pas livrer de missiles Tomahawk Ă lâUkraine, ou y a-t-il une lecture diffĂ©rente ?
Ă ce stade, lire la presse mainstream dĂ©crire lâattitude russe est franchement fastidieux. âMonotoneâ semble ĂȘtre le terme le plus appropriĂ©.
Le Washington Post affirme que la Russie manipule Trump âen lui faisant miroiter sans cesse lâespoir dâun accord de paix tout en intensifiant ses attaquesâ. Et encore : âLa Russie exclut tout cessez-le-feu afin que les combats puissent se poursuivreâ. Et encore : âPoutine a refusĂ© toute concessionâ.
Le New York Times : âLa Russie rejette lâinitiative diplomatique du prĂ©sident Trumpâ. Et : âLe choix de Moscou de rejeter les nĂ©gociations et dâintensifier ses attaques meurtriĂšresâ.
Tout cela repose sur des mensonges, pas un seul mot nâest vrai. Toute cette rhĂ©torique redondante sert uniquement Ă Ă©viter toute mention de la vĂ©ritable position de Moscou. Elle est trop pragmatique pour ça, trop favorable Ă une paix dans lâintĂ©rĂȘt de tous.
Je nâaime pas les 90 milliards de dollars Ă©voquĂ©s par Zelensky et sa garde rapprochĂ©e avant leur rencontre dans le Bureau ovale la semaine derniĂšre. Sa dĂ©mesure suggĂšre que le rĂ©gime de Zelensky et les EuropĂ©ens â ces derniers sont dĂ©sormais son unique boussole, car ils partagent les mĂȘmes illusions â ont lâintention dâentretenir indĂ©finiment le conflit avec la Russie, alors que lâUkraine et ses parrains occidentaux ont dĂ©jĂ perdu la guerre depuis longtemps.
Appelons cela âune vie dĂ©sespĂ©rĂ©eâ !
Trump devrait maintenant rencontrer Poutine pour un autre sommet, dans deux semaines, cette fois Ă Budapest. Je ne vois pas ce qui pourrait en sortir de positif.
Pour moi, Trump a peut-ĂȘtre saisi la pertinence de la vision russe de la guerre et la maniĂšre de la rĂ©soudre Ă la mi-aoĂ»t, lors du sommet de lâAlaska. Mais on ne peut Ă©videmment pas en ĂȘtre certain.
La triste rĂ©alitĂ© est que tout cela nâaura probablement aucune importance, car trop de groupes dâintĂ©rĂȘt ont intĂ©rĂȘt Ă ce que le conflit ukrainien se poursuive.
Et ce serait une excellente chose de se tromper, cette fois.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Patrick Lawrence, correspondant Ă lâĂ©tranger pendant de nombreuses annĂ©es, principalement pour lâInternational Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, confĂ©rencier et auteur, dont le dernier ouvrage, Journalists and Their Shadows, est disponible chez Clarity Press ou via Amazon. Parmi ses autres livres, citons Time No Longer: Americans After the American Century. Son compte Twitter, @thefloutist, a Ă©tĂ© rĂ©tabli aprĂšs avoir Ă©tĂ© censurĂ© de maniĂšre permanente pendant des annĂ©es.
https://consortiumnews.com/2025/10/20/patrick-lawrence-desperation-row/

