đâđš Le sionisme chrĂ©tien sâattaque Ă la Chine
Le sionisme chrĂ©tien est le sacerdoce de lâempire. Il ne cherche pas Ă convertir la Chine, il nâa besoin que dâune avant-garde convaincue quâaimer IsraĂ«l, câest aimer lâavenir.
đâđš Le sionisme chrĂ©tien sâattaque Ă la Chine
Par Karim pour BettBeat Media, le 29 avril 2026
La Chine prendra-t-elle au sérieux la mise en scÚne psychologique de la guerre impérialiste qui lui est menée ?
Remarque avant lecture. Ces derniĂšres semaines, les commentaires des articles et des publications sur cette plateforme â y compris celles qui critiquent la politique de lâĂtat israĂ©lien et le sionisme chrĂ©tien â ont vu un afflux de remarques et de comptes antisĂ©mites (par exemple, des utilisateurs qui reprochent Ă tous les Juifs les maux de la sociĂ©tĂ© ou qui louent ouvertement Hitler). Cet article porte un regard critique sur le sionisme chrĂ©tien en tant quâidĂ©ologie impĂ©rialiste. Il ne vĂ©hicule pas et ne vĂ©hiculera pas dâantisĂ©mitisme, pas plus que les dĂ©bats qui lâentourent. LâantisĂ©mitisme, ou toute forme de racisme, ne sera pas tolĂ©rĂ© sur cette plateforme. Les commentaires et les comptes qui enfreignent cette rĂšgle seront supprimĂ©s et bannis sans prĂ©avis.
Je vis en Chine depuis seize ans. Il ne sâagit pas dâun sĂ©jour. Ni dâune mission. Câest mon foyer â un foyer plus cher, plus authentique, plus durable que le pays qui mâa dĂ©livrĂ© mon passeport. Les Pays-Bas mâont transmis ma langue, mon Ă©ducation, mes premiĂšres expĂ©riences de vie. La Chine mâa transmis mon sentiment dâappartenance. Et je ne dis pas cela avec le sentimentalisme de lâexpatriĂ© immigrant Ă©tranger tombĂ© amoureux dâune carte postale. Je le dis en tant quâhomme qui a observĂ©, annĂ©e aprĂšs annĂ©e, ce que lâOccident est devenu â ou plutĂŽt, ce quâil a toujours Ă©tĂ©, et que nos ĆillĂšres nous empĂȘchaient de voir â et ce que la Chine a refusĂ© de devenir. Et qui a compris que la diffĂ©rence entre les deux tient Ă distinguer une civilisation qui se souvient encore de ce quâelle est et celle qui ne sâen souvient plus.
Ce qui fait la grandeur de la Chine, ce nâest pas quâelle ait surpassĂ© lâOccident. Mais quâelle ne soit pas lâOccident â et quâelle nâest pas dominĂ©e par lâOccident. Elle sâest forgĂ© quelque chose de plus rare que le pouvoir : une identitĂ©. Elle a refusĂ©, mĂȘme imparfaitement, de considĂ©rer que les catĂ©gories de la modernitĂ© europĂ©enne soient les seules catĂ©gories valables pour une civilisation digne de ce nom. Elle a refusĂ© de laisser Washington et Bruxelles lui dicter les termes qui doivent la dĂ©finir. Ce refus â discret, souvent inexprimĂ©, parfois contradictoire â est le bien le plus prĂ©cieux quâune nation puisse possĂ©der en ce siĂšcle. Et câest prĂ©cisĂ©ment ce que lâempire veut lui ravir Ă tout prix.
Jâai observĂ©, de lâextĂ©rieur et de lâintĂ©rieur, la mainmise sioniste sur lâOccident. Jâai vu comme elle a perverti une sociĂ©tĂ© dĂ©jĂ corrompue â comme elle a saccagĂ© les derniers vestiges de la prĂ©tention occidentale au droit, Ă la vĂ©ritĂ©, Ă la dignitĂ© humaine. Jâai vu la presse capituler. Jâai vu les universitĂ©s sâincliner. Jâai vu des politiciens se prosterner devant un drapeau Ă©tranger tandis que des enfants gisaient en piĂšces sous les dĂ©combres de Gaza. Et jâai observĂ© tout cela avec la luciditĂ© propre Ă un homme qui nâest plus au cĆur de lâincendie, mais suffisamment proche pour sentir la chaleur sur son visage.
On mâa parfois accusĂ© dâĂȘtre un supremaciste occidental, un gauchiste bourgeois pour avoir osĂ© critiquer la politique Ă©trangĂšre de la Chine. Pour avoir dit, sans dĂ©tours, quâen ce qui concerne la Palestine, le Venezuela, lâIran et dâautres questions, PĂ©kin a parfois agi avec une prudence contraire Ă ses propres principes dĂ©clarĂ©s.
Mais cette accusation repose sur une confusion de catĂ©gories. La critique nâest pas du mĂ©pris. La critique est la forme la plus noble de la conviction. On ne prend pas la peine de critiquer ce quâon nâaime pas. On nâĂ©lĂšve pas la voix pour un pays dont on ne croit pas quâil soit capable de mieux faire.
Ma critique vient toujours de ma conviction que la Chine nâest pas lâOccident, et quâelle est donc meilleure â quâelle nâa pas besoin de singer lâamoralitĂ© de lâOccident, ni de se plier aux diktats et aux normes occidentales, mais quâelle peut et doit tracer sa propre voie. Le partisan et le dĂ©tracteur aveugles sont les deux faces dâune mĂȘme lĂąchetĂ© intellectuelle. Je refuse dâĂȘtre un adorateur de type MAGA de quelque Ătat que ce soit, y compris celui qui mâa accueilli.
Ceux qui me connaissent bien ne me font jamais ce reproche. Ils savent Ă quel point mon affection est profonde. Ils savent que câest la raison pour laquelle mes Ă©tudiants chinois apprĂ©cient mes cours â pas parce que je les flatte, mais parce quâils sentent, Ă juste titre, que je respecte leur pays, leur histoire, leur culture et leur droit de ne pas ĂȘtre rĂ©duits Ă une caricature occidentale. Ils sentent que je vois la Chine telle quâelle est â magnifique et imparfaite, ancienne et improvisĂ©e, marquĂ©e par son siĂšcle de colonialisme et cherchant encore sa voie â et que je lâaime non pas malgrĂ© ses imperfections, mais pleinement conscient quâelles existent.
Câest par amour que jâĂ©cris ce qui suit. Pas contre la Chine. Mais pour la Chine. Et contre ce qui lâattend.
âSur sa trajectoire de croissance actuelle, la Chine pourrait, dâici quelques gĂ©nĂ©rations, compter la plus grande population chrĂ©tienne de toutes les nationsâ.
LâimpĂ©rialisme veut sâemparer de lâesprit chinois
Lâempire ne dĂ©barque pas quâĂ grand renfort de canons. Il sâinstalle de maniĂšre plus insidieuse avec des chants religieux. Il arrive vĂȘtu de la soutane du missionnaire, chaussĂ© des souliers cirĂ©s du philanthrope, avec la douce voix du professeur Ă©tranger, le sourire du pasteur qui vous assure que votre souffrance est sacrĂ©e et que votre asservissement relĂšve du divin. La baĂŻonnette mutile le corps. Lâendoctrinement meurtrit lâĂąme. Et câest cette seconde blessure qui perdure Ă travers les gĂ©nĂ©rations.
Câest lĂ lâhistoire secrĂšte de lâimpĂ©rialisme que les mĂ©dias dâĂtat occidentaux et les universitĂ©s de lâIvy League refusent dâenseigner. Les NĂ©erlandais nâont pas rĂ©gnĂ© sur lâIndonĂ©sie pendant trois siĂšcles parce que leurs soldats Ă©taient nombreux. Ils ont rĂ©gnĂ© parce que les servantes de Batavia en sont venues Ă croire quâĂȘtre exploitĂ©es par un homme blanc Ă©tait un privilĂšge. Les plantations des AmĂ©riques ne fonctionnaient pas uniquement grĂące aux chĂątiments corporels. Elles fonctionnaient grĂące au fantasme des femmes asservies rĂȘvant dâĂȘtre choisies par leurs maĂźtres. Les Ă©glises missionnaires dâAfrique nâont pas prospĂ©rĂ© parce que les Africains aspiraient Ă la thĂ©ologie europĂ©enne. Elles ont prospĂ©rĂ© parce que les enfants de chĆur ont appris Ă croire que la main du prĂȘtre qui les abusait dans la sacristie nâĂ©tait autre que celle de Dieu. Le colonialisme est une lame. Il tranche deux fois. Il sculpte le territoire, puis lâesprit. Or, câest lâesprit qui continue de saigner bien aprĂšs que le drapeau a Ă©tĂ© dĂ©crochĂ©.
Le sionisme chrĂ©tien nâest que la derniĂšre arme en date.
Câest le nouveau costume revĂȘtu par la plus ancienne des escroqueries : le projet suprĂ©maciste de la modernitĂ© europĂ©enne parĂ© des atours empruntĂ©s Ă un peuple ancien et meurtri. Câest, selon sa propre thĂ©ologie, une idĂ©ologie profondĂ©ment antisĂ©mite, enracinĂ©e dans lâattente que le peuple juif soit rassemblĂ© en IsraĂ«l pour que la majoritĂ© dâentre eux puisse ĂȘtre tuĂ©e ou convertie lors du retour du Christ. Les Juifs nâen sont pas les protagonistes. Ils en sont les instruments â un fait souvent ignorĂ© par les antisĂ©mites qui pensent que les entreprises impĂ©riales des Ătats-Unis sont guidĂ©es par le âpouvoir juifâ plutĂŽt que conçues Ă Washington.
Et comme tous les outils au service de lâempire, il ne sĂ©vit pas lĂ oĂč il sâimpose par la force des armes, mais lĂ oĂč il est accueilli Ă bras ouverts. Il trouve ses disciples les plus fervents non pas Ă Tel-Aviv, mais dans les mĂ©ga-Ă©glises de SĂŁo Paulo, les salles de priĂšre de Lagos, les auditoriums de SĂ©oul â et dĂ©sormais, avec des accĂ©lĂ©rations angoissantes, dans les sanctuaires bondĂ©s de la rĂ©gion Asie-Pacifique.
Un nombre croissant de travaux universitaires documente la montĂ©e du sionisme chrĂ©tien Ă travers les pays du Sud, des mouvements dont lâinfluence transforme tant la politique internationale que les fondements du christianisme mondial. Comme des chercheurs universitaires ont commencĂ© Ă le mettre en Ă©vidence, le nouveau sionisme chrĂ©tien dans des pays comme le BrĂ©sil, le Nigeria et la Chine nâest plus une curiositĂ© marginale, mais une force gĂ©opolitique en devenir.
âPlusieurs mĂ©dias prestigieux Ă TaĂŻwan ont suscitĂ© un tollĂ© pour avoir simplement Ă©voquĂ© lâhistoire et les expĂ©riences des Palestiniens. Toute tentative dâexpliquer pourquoi Gaza est qualifiĂ©e de âprison Ă ciel ouvertâ a Ă©tĂ© qualifiĂ©e de âcriminelle, occultant les faits et favorable aux terroristesââ.
Les chiffres parlent dâeux-mĂȘmes. Comme lâont observĂ© les spĂ©cialistes du mouvement,
âsur sa trajectoire de croissance actuelle, la Chine pourrait, dâici quelques gĂ©nĂ©rations, compter la plus importante population chrĂ©tienne au mondeâ.
Mais les chiffres ne disent pas tout. Les chrĂ©tiens chinois sont majoritairement urbains, issus de la classe moyenne et diplĂŽmĂ©s de lâenseignement supĂ©rieur. Ils reprĂ©sentent la population active des cabinets dâavocats, des universitĂ©s et des comitĂ©s de rĂ©daction. Leur influence sur la sociĂ©tĂ© chinoise â et sur la politique Ă©trangĂšre chinoise â va bien au-delĂ de leur poids dĂ©mographique. Une Ăglise chinoise favorable Ă IsraĂ«l produira, Ă terme, une Ă©lite chinoise favorable Ă IsraĂ«l.
Lâempire nâa pas besoin dâune majoritĂ©. Il a besoin dâune avant-garde. Et il la crĂ©e de lâintĂ©rieur.
Regardez TaĂŻwan. Regardez cette Ăźle sans doute jamais psychologiquement dĂ©colonisĂ©e, arrachĂ©e aux Qing pour passer aux mains des Japonais, puis dans lâengrenage amĂ©ricain de la Guerre froide, une Ăźle qui a passĂ© plus dâun siĂšcle Ă se voir au travers des prismes Ă©trangers. Passez devant le gratte-ciel Taipei 101 et câest Theodor Herzl qui vous attend.
La fresque du pĂšre fondateur du sionisme politique, rĂ©cemment signalĂ©e par Haaretz, trĂŽne dans une ville dĂ©pourvue de communautĂ© juive historique digne de ce nom â un mĂ©morial sans public, ou plutĂŽt, un mĂ©morial en attente de son public. Ce public est en train de se constituer. Des musĂ©es de lâHolocauste ont fait leur apparition Ă lâintĂ©rieur dâĂ©glises taĂŻwanaises. Des congrĂ©gations chinoises han observent des fĂȘtes juives apprises auprĂšs de pasteurs amĂ©ricains. La carte est en train dâĂȘtre redessinĂ©e, discrĂštement, un sanctuaire aprĂšs lâautre.
Lâessayiste Michelle Courtois lâa formulĂ© sans dĂ©tour : depuis que la guerre froide a dĂ©finitivement placĂ© TaĂŻwan dans lâorbite amĂ©ricaine, les TaĂŻwanais regardent le monde au travers dâyeux dâemprunt. Ils ont hĂ©ritĂ© en bloc de la cartographie morale de Washington â âIsraĂ«l le stoĂŻqueâ contre âles terroristes arabesâ â une dichotomie bien ordonnĂ©e entre le bien et le mal qui efface lâhistoire et les souffrances palestiniennes comme condition prĂ©alable Ă sa cohĂ©rence.
Comme elle le note :
âPlusieurs mĂ©dias prestigieux Ă TaĂŻwan, tels que The Reporter, Corner International et PBS, ont suscitĂ© un tollĂ© pour avoir simplement Ă©voquĂ© lâhistoire et les expĂ©riences des Palestiniens dans leurs reportages. Toute tentative dâexpliquer pourquoi Gaza est qualifiĂ©e de âprison Ă ciel ouvertâ a Ă©tĂ© qualifiĂ©e de âcriminelle, occultant les faits et favorable aux terroristesâ.
Mais voici lâironie la plus cruelle : ce que ce discours passe sous silence, câest que TaĂŻwan est la Chine â et que le parallĂšle entre TaĂŻwan et la Palestine ne correspond pas Ă celui de deux nations distinctes, mais Ă celui de deux blessures infligĂ©es par la mĂȘme lame impĂ©riale. TaĂŻwan a Ă©tĂ© sĂ©parĂ© de la Chine pendant la guerre sino-japonaise, cĂ©dĂ© Ă la colonisation japonaise, puis isolĂ© par les manipulations de lâordre dâaprĂšs-guerre dirigĂ© par les Ătats-Unis, transformĂ© en une forteresse de la guerre froide contre la civilisation qui est la sienne.
La Palestine, elle aussi, est un pays amputĂ© â son peuple a Ă©tĂ© coupĂ© de sa terre, de sa continuitĂ©, de son intĂ©gritĂ©, par un projet colonialiste nĂ© dans le mĂȘme laboratoire impĂ©rialiste. La blessure est la mĂȘme. La main qui brandit le couteau est la mĂȘme. Et pourtant â et câest lĂ que rĂ©side lâobscĂ©nitĂ© â une partie des membres amputĂ©s de la Chine acclame aujourdâhui lâidĂ©ologie mĂȘme du dĂ©membrement dont elle a Ă©tĂ© victime. Le membre amputĂ© bĂ©nit le chirurgien.
LâĂąme chinoise de TaĂŻwan, Ă qui lâon a appris pendant un siĂšcle Ă se voir Ă travers des yeux amĂ©ricains, adhĂšre dĂ©sormais aux idĂ©ologies impĂ©riales mĂȘmes qui ont orchestrĂ© sa sĂ©paration â le sionisme chrĂ©tien en tĂȘte â et prend cette adhĂ©sion pour une rĂ©demption. Afficher Theodor Herzl sur un mur de Taipei ne relĂšve pas de lâacte de foi. Câest un acte dâeffacement de soi. Câest sâincliner devant la mĂȘme logique impĂ©riale qui a coupĂ© TaĂŻwan du reste de la Chine, aujourdâhui vĂȘtue de toges bibliques, parlant en prophĂ©tie, murmurant quâaimer la promesse du colonisateur, ce serait se placer du bon cĂŽtĂ© de lâhistoire. Ce nâest pas de la bĂȘtise. Câest ce que le colonialisme inflige Ă lâĂąme lorsquâon le laisse couver pendant un siĂšcle sans lâantiseptique dâune Ă©ducation dĂ©coloniale.
Et la maladie se propage vers le nord.
Depuis des dĂ©cennies, la Chine envoie ses plus brillants Ă©lĂ©ments vers lâOuest pour quâils sây perfectionnent â Ă Harvard, Ă Yale, Ă Princeton, Ă la LSE â et les livre, tout sourire, aux rouages mĂȘmes de lâEmpire.
Lâurgence de la dĂ©colonisation psychologique en Chine
Des recherches universitaires rĂ©centes ont commencĂ© Ă cartographier la situation. Le sionisme chrĂ©tien chinois, nous disent les chercheurs, nâest pas fortuit. Il sâest dĂ©veloppĂ© sur le terreau de lâĂšre des rĂ©formes, lorsque les anciennes certitudes ont Ă©tĂ© balayĂ©es et que les nouvelles nâĂ©taient pas encore implantĂ©es. Il est liĂ© Ă IsraĂ«l. Il se rĂ©clame du mouvement missionnaire Back to Jerusalem, qui rĂȘve de porter lâĂvangile vers lâouest Ă travers le monde musulman jusquâĂ la ville sainte elle-mĂȘme. Il réécrit lâhistoire chinoise comme une histoire monothĂ©iste, une longue prĂ©paration Ă une foi venue dâailleurs. Il parle au nom de la tradition tout en servant les intĂ©rĂȘts de lâempire.
Lorsquâune sociĂ©tĂ© perd ses repĂšres â lorsque ses paysans sont dĂ©racinĂ©s, lorsque ses travailleurs sont dispersĂ©s, lorsque ses jeunes sâadonnent au consumĂ©risme occidental et dĂ©couvrent la vacuitĂ© de ces valeurs â, elle se raccroche Ă tout ce qui pourrait la sortir du vide. Le christianisme est arrivĂ©. Puis le sionisme chrĂ©tien. Ensuite, parĂ©e de drapeaux et de prophĂ©ties, câest toute la structure de lâempire amĂ©ricain qui sâest imposĂ©e. Et le suppliant sâagenouille non pas parce quâil a Ă©tĂ© conquis, mais parce quâon lui a dit, dans les plus beaux termes jamais formulĂ©s, que se mettre Ă genoux, câest ĂȘtre sauvĂ©.
Voici ce que lâempire sait et que PĂ©kin ne semble pas encore avoir compris : il nâest pas nĂ©cessaire dâenvahir la Chine. Il suffit de coloniser un nombre suffisant dâĂąmes chinoises.
Et la porte est grande ouverte.
âJâai enseignĂ© Ă des Ă©tudiants chinois. Jâai observĂ© le moment oĂč la prise de conscience illumine leurs visages, lorsquâils comprennent que le sentiment dâinfĂ©rioritĂ© vĂ©hiculĂ© par des milliers de films et de manuels scolaires nâest pas le reflet de la rĂ©alitĂ©, mais un vestige de la conquĂȘteâ.
Comme lâont observĂ© les spĂ©cialistes de la pensĂ©e dĂ©coloniale chinoise, le rĂȘve dâune Chine forte est lui-mĂȘme un hĂ©ritage colonial. La Chine a Ă©tĂ© humiliĂ©e. Lâopium a fait son apparition. Les canonniĂšres aussi. Des traitĂ©s iniques ont Ă©tĂ© signĂ©s. Les concessions Ă©trangĂšres ont morcelĂ© les villes cĂŽtiĂšres et les puissances Ă©trangĂšres ont divisĂ© le pays en sphĂšres dâinfluence. Et de cette humiliation est nĂ©e une question qui nâa pas encore trouvĂ© de rĂ©ponse honnĂȘte : comment devenir assez forts pour que cela ne se reproduise plus jamais ?
La rĂ©ponse apportĂ©e par le pays nâĂ©tait pas dĂ©coloniale. Elle Ă©tait mimĂ©tique. Apprendre de lâOccident. Apprendre sa science. Apprendre ses armĂ©es. Apprendre ses universitĂ©s, ses entreprises, ses mĂ©thodes dâorganisation du pouvoir. Rattraper son retard. Surpasser. Devenir ce qui nous a humiliĂ©s afin de ne plus jamais ĂȘtre humiliĂ©s. Le colonisateur nâa pas Ă©tĂ© remis en question. Le colonisateur a Ă©tĂ© pris pour modĂšle.
VoilĂ le piĂšge. VoilĂ le scĂ©nario hĂ©ritĂ© dont Fanon nous a avertis, que Cabral nous a signalĂ©, que tout penseur dĂ©colonial sĂ©rieux sâest efforcĂ© de dĂ©noncer : la population colonisĂ©e qui ne sâest pas psychologiquement dĂ©colonisĂ©e vĂ©nĂ©rera les pouvoirs mĂȘmes qui lâont humiliĂ©e, et confondra ce culte avec lâambition.
Le Japon est tombĂ© dans ce piĂšge avant la Chine. ConfrontĂ©e aux canonniĂšres occidentales au XIXe siĂšcle, lâĂ©lite Meiji a reniĂ© la civilisation des samouraĂŻs qui a dominĂ© les Ăźles pendant sept siĂšcles et a rĂ©inventĂ© le Japon en tant quâempire capitaliste sur le modĂšle europĂ©en. Elle a construit les usines. Elle sâest dotĂ©e dâune marine. Elle a installĂ© des administrations coloniales en CorĂ©e, Ă TaĂŻwan et en Mandchourie. Elle est devenue, en un temps record, ce qui avait menacĂ© son existence.
Puis ils ont dĂ©couvert le principe que tout imitateur finit par dĂ©couvrir : on ne bat pas lâempire Ă son propre jeu. Câest lâempire qui a Ă©crit les rĂšgles. Câest lâempire qui dĂ©tient le pouvoir. Le Japon a Ă©tĂ© anĂ©anti Ă Hiroshima et Nagasaki, puis reconstituĂ©, dans les annĂ©es qui ont suivi, comme serviteur de la puissance mĂȘme qui lâavait anĂ©anti. Tokyo est devenue une garnison. LâĂ©conomie nâa Ă©tĂ© autorisĂ©e Ă se dĂ©velopper quâaux conditions fixĂ©es Ă Washington. Un siĂšcle de mimĂ©tisme sâest achevĂ© lĂ oĂč le mimĂ©tisme prend toujours fin : dans une subordination dĂ©guisĂ©e en succĂšs.
La Chine investit aujourdâhui des sommes colossales dans les semi-conducteurs, lâhypersonique, lâintelligence artificielle, les fusĂ©es, les satellites et la communication quantique. Ces investissements sont nĂ©cessaires. Mais ils sont insuffisants. Une nation peut remporter toutes les courses technologiques que lâempire lui impose et pourtant perdre la bataille ultime, car celle-ci ne porte pas sur les compĂ©tences. Elle porte sur la conscience. Ce sont les histoires quâun peuple se raconte sur qui il est et Ă quoi il sert. Et ce combat ne se gagne pas dans les laboratoires. Il se gagne â ou se perd â au sĂ©minaire, en classe, Ă lâĂ©glise, sur les plateformes de streaming, au cinĂ©ma, dans ces lieux discrets oĂč se forge le sens.
Lâerreur de la Chine : avoir sous-estimĂ© les sciences humaines et sociales
La Chine a bĂąti son essor sur les sciences exactes. Les ingĂ©nieurs, les physiciens et les chimistes ont Ă©tĂ© glorifiĂ©s, financĂ©s et promus. Les sciences humaines et sociales ont Ă©tĂ© traitĂ©es comme des accessoires, utiles peut-ĂȘtre pour le prestige culturel, mais pas pour la puissance nationale. Les Ă©tudiants les plus brillants sont orientĂ©s vers les STEM. Les universitĂ©s sont classĂ©es en fonction de leurs brevets et de leurs citations dans Nature. Les sciences sociales sont tolĂ©rĂ©es. On nây croit pas.
Câest une erreur. Et on peut observer qui dâautre lâa commise.
Regardez oĂč les gouvernements de droite occidentaux ont dâabord rĂ©duit leurs dĂ©penses. Pas dans les dĂ©partements de physique. Pas dans les Ă©coles dâingĂ©nieurs. Pas dans les budgets de la recherche mĂ©dicale. Ils ont rĂ©duit les budgets des sciences humaines. Ils ont rĂ©duit ceux de la sociologie, de lâanthropologie, de lâhistoire, des Ă©tudes de genre, des Ă©tudes ethniques, des Ă©tudes rĂ©gionales. Ils ont supprimĂ© les disciplines qui enseignent Ă la population comment fonctionne le pouvoir, comment fonctionne lâempire, comment fonctionne lâidĂ©ologie, comment les rĂ©cits quâune sociĂ©tĂ© se raconte sont fabriquĂ©s et par qui. Ils ont supprimĂ© les disciplines qui forment le genre de citoyen capable de reconnaĂźtre une campagne de propagande au moment mĂȘme oĂč elle a lieu. Le Japon a suivi le mĂȘme chemin. Les Britanniques aussi. Les AmĂ©ricains le font depuis quarante ans. La tendance est trop marquĂ©e pour ĂȘtre le fruit du hasard.
Les sciences sociales â les vraies sciences sociales, pas les variantes libĂ©rales occidentales imitĂ©es qui produisent des intellectuels compradores â ne sont pas un luxe. Elles constituent le systĂšme immunitaire dâune civilisation. Elles permettent Ă un peuple de reconnaĂźtre quand Hollywood le conditionne, quand Netflix lâinfluence, quand les algorithmes de TikTok ajustĂ©s en Californie le manipulent, quand ce pasteur au sourire chaleureux et au ministĂšre Ă©trangement bien financĂ© le subjugue. Privez une sociĂ©tĂ© de ces dĂ©fenses et peu importe le nombre dâusines quâelle construit. Elle produira les biens de lâempire tout en pensant Ćuvrer Ă sa propre libĂ©ration.
Jâai enseignĂ© Ă des Ă©tudiants chinois. Jâai observĂ© le moment oĂč la prise de conscience illumine leurs visages lorsquâils dĂ©couvrent Fanon pour la premiĂšre fois, lorsquâils lisent Said, lorsquâils comprennent que le sentiment dâinfĂ©rioritĂ© vĂ©hiculĂ© par des milliers de films et de manuels scolaires nâest pas le reflet de la rĂ©alitĂ©, mais un vestige de la conquĂȘte. Ils brisent les chaĂźnes en temps rĂ©el. Câest lâune des choses les plus extraordinaires dont jâaie jamais Ă©tĂ© tĂ©moin en cours. Et cela me convainc, sans lâombre dâun doute, que lâesprit chinois nâest pas perdu â mais quâil est Ă©galement sans protection.
Le sionisme chrĂ©tien fait dĂ©sormais partie de lâarsenal dont il est la cible.
Il arrivera en mandarin, proclamĂ© par des pasteurs souriants, diplĂŽmĂ©s de sĂ©minaires de Californie et de SĂ©oul et titulaires de diplĂŽmes de Harvard et dâOxford, parlant couramment le dialecte local. Il dira aux jeunes chrĂ©tiens chinois quâils font partie dâun peuple mondial sous alliance. Il leur dira que soutenir lâĂtat dâIsraĂ«l, câest sâaligner sur la prophĂ©tie, le progrĂšs et la modernitĂ©. Il leur dira que la souffrance des Palestiniens est un coĂ»t fĂącheux, mais bibliquement inĂ©vitable, du plan divin. Et il leur dira, de la maniĂšre la plus insidieuse qui soit, que cette allĂ©geance est la leur â choisie librement, adoptĂ©e personnellement, Ă lâabri de toute influence Ă©trangĂšre.
Câest ce que croient toujours les colonisĂ©s au plus fort de leur colonisation. Quâils sont libres. Quâils ont choisi. Que leurs chaĂźnes sont leur parure.
La question adressĂ©e Ă PĂ©kin nâest pas thĂ©orique. Câest la question que chaque civilisation ciblĂ©e par lâEmpire a dĂ» trancher sous peine de pĂ©rir. La Chine prendra-t-elle au sĂ©rieux la guerre psychologique que lâEmpire mĂšne contre elle ? Investira-t-elle dans les sciences humaines et sociales dĂ©coloniales avec le mĂȘme sĂ©rieux quâelle investit dans les technologies ? Va-t-elle former une gĂ©nĂ©ration dâintellectuels capables de dĂ©crypter les armes subtiles de lâEmpire â lâĂglise, les ONG, les Ă©changes culturels, les avant-premiĂšres hollywoodiennes, les experts Ă©trangers au sourire charmeur â avec la mĂȘme prĂ©cision que ses ingĂ©nieurs construisent des TGV ? Ou va-t-elle continuer Ă relĂ©guer les sciences sociales au rang de simple ornement, de bric-Ă -brac idĂ©ologique, de discipline moins noble que le gĂ©nie aĂ©rospatial, jusquâau jour oĂč elle dĂ©couvrira que ces fusĂ©es sont guidĂ©es par des esprits conquis par lâEmpire ?
Chine, garde tes meilleurs éléments
Un derniĂšre accĂšs demeure, peut-ĂȘtre le plus bĂ©ant de tous. Depuis des dĂ©cennies, la Chine envoie ses plus brillants Ă©lĂ©ments vers lâOuest pour quâils sây perfectionnent â Ă Harvard, Ă Yale, Ă Princeton, Ă la LSE â et les livre, tout sourire, aux rouages mĂȘmes de lâEmpire. LâIvy League nâest plus, si tant est quâelle lâait jamais Ă©tĂ©, un temple de la libre pensĂ©e. Câest une Ă©cole de perfectionnement pour la classe dirigeante impĂ©riale, ouvertement et de plus en plus sioniste, oĂč les recteurs sont dĂ©mis de leurs fonctions pour avoir refusĂ© dâallĂ©geance Ă un drapeau Ă©tranger et oĂč les Ă©tudiants sont expulsĂ©s pour avoir pleurĂ© la mort dâenfants palestiniens.
Les jeunes Chinois qui y entrent nâen ressortent pas inchangĂ©s. Ils rentrent parlant couramment lâanglais, diplĂŽmĂ©s, discrĂštement convertis â et ils intĂšgrent les ministĂšres, les universitĂ©s, les conseils dâadministration et les rĂ©dactions de la nation oĂč ils ont Ă©tĂ© envoyĂ©s. Câest la derniĂšre forteresse de lâĂąme coloniale : la croyance persistante, au plus profond de lâĂ©lite chinoise, que lâOccident continue dâarbitrer la notion de rigueur intellectuelle. Cette croyance doit disparaĂźtre.
Envoyez les Ă©tudiants dans le monde, bien sĂ»r, Ă Alger et Ă TĂ©hĂ©ran, Ă SĂŁo Paulo et Ă Dakar, auprĂšs de civilisations qui ont elles aussi rĂ©sistĂ© et se sont souvenues. Mais cessez de nourrir lâavenir de la Chine avec le brasier de lâempire et de prĂ©tendre que câest de la culture. Faites-les rentrer chez eux. Ăduquez-les ici. Faites confiance aux vĂŽtres.
Les civilisations du passĂ© ne sont pas tombĂ©es parce que leurs murs Ă©taient trop bas. Elles sont tombĂ©es parce que leurs prĂȘtres ont Ă©tĂ© corrompus. Elles sont tombĂ©es parce que leurs poĂštes ont Ă©tĂ© achetĂ©s. Elles sont tombĂ©es parce que, bien avant que les lĂ©gions nâarrivent aux portes, celles-ci avaient Ă©tĂ© ouvertes de lâintĂ©rieur par des mains quâaucun habitant de la ville nâaurait pu identifier.
Le sionisme chrĂ©tien est le sacerdoce de lâempire actuel. Il se propage au sein de lâĂglise asiatique avec patience et sophistication, pour notre plus grande peur. Il ne cherche pas Ă convertir la Chine. Il nâa besoin que dâune avant-garde â issue de la classe moyenne, Ă©duquĂ©e, bien informĂ©e et convaincue quâaimer IsraĂ«l, câest aimer lâavenir.
Mais le temps presse, bien plus que Pékin ne le croit.
Traduit par Spirit of Free Speech






Dâune part, lâauteur vit Ă Hong Kong, dâautre part, il base une partie de sa « thĂ©orie » sur la situation Ă TaĂŻwan. Loin de moi lâidĂ©e de contester ici la lĂ©gitimitĂ© des revendications de la Chine sur lâĂźle (ce nâest pas le sujet), mais lorsquâil dit que « TaĂŻwan est la Chine », il se trompe lourdement. Ce qui fausse totalement son analyse sur la possible influence du christianisme dans les positions chinoises sur le sionisme.
Culturellement, socialement, politiquement, TaĂŻwan NâEST PAS la Chine.
Elle est bien plus ouverte aux influences extĂ©rieures, mĂȘme religieuses, que ne lâest la Chine continentale oĂč une dĂ©mographie chrĂ©tienne insignifiante (entre 1 et 2% de la population totale) semble au contraire dans lâincapacitĂ© de peser sur la diplomatie chinoise. Il y a en France entre 8 et 10% de musulmans, il nâont aucune influence sur la politique menĂ©e par le pays.
Lorsquâil parle des chrĂ©tiens chinois, il les dĂ©crit comme une Ă©lite.
Le hic, câest que ce ne sont pas les « Ă©lites » qui dirigent le pays, comme Ă TaĂŻwan, Hong Kong ou en Occident, câest le PCC. Or, il ne me semble pas quâau PCC il y ait des membres chrĂ©tiens ni que la foi chrĂ©tienne soit compatible avec une adhĂ©sion au parti communiste en gĂ©nĂ©ral. MĂȘme le pape nâest pas le bienvenu en Chine.
En plus de fonder son analyse de la situation sur des Ă©tudes provenant dâorganismes pro-israĂ©liens (donc partiaux), il sâappuie sur un passĂ© rĂ©volu en Chine, celui du milieu du 19Ăšme siĂšcle, oĂč une Chine affaiblie est tombĂ©e face au colonialisme.
La Chine du 19Ăšme nâest pas la Chine dâaujourdâhui, et on se demande bien pourquoi...
Oui, la Chine a rattrapĂ© son retard et mĂȘme surpassĂ© lâOccident, mais elle ne lâa pas copiĂ© et encore moins pris pour modĂšle. Il est aussi absurde que simpliste de dire ce genre de trucs...
Je ne parle pas du fait quâil compare aussi la Chine avec le Japon impĂ©rial post-2GM...
Au final, tout ça pour dĂ©fendre les sciences humaines et sociales (son domaine) quâil estime dĂ©laissĂ©es par le pouvoir chinois... au profit des sciences dures.
Lâauteur se targue mĂȘme avec un peu dâarrogance je trouve, dâavoir apporter la « lumiĂšre » Ă ses Ă©tudiants chinois, tout ça en leur ayant fait lire Frantz Fanon...
Chacun jugera Ă sa maniĂšre ce genre dâenvolĂ©e lyrique. Moi, elle ne me convainc pas. Si la libertĂ© du culte est libre en Chine, la religion est sous contrĂŽle et nâa aucun poids dans les affaires politiques du pays. Croire Ă une faiblesse du pays sur ce point, croire mĂȘme Ă un sentiment dâinfĂ©rioritĂ©, câest, malgrĂ© 16 annĂ©es en Chine, mal connaĂźtre ce pays.
EntiĂšrement dâaccord avec votre critique de cet article ! Câest cousu de fil blanc! Lâempire du Millieu considĂšre le monothĂ©isme comme une abstraction occidentale. Le culte des anciens et le confucianisme sont les socles sur lequel le PCC sâappuie dans une harmonie bien dosĂ©e. Les OuĂŻghours par exemple, ne reprĂ©sentent que 13 millions dâh. pour une population totale dâun millard 400 millions! Quand aux soi-disants chrĂ©tiens, on doit les compter pour quelques milliers, avatars des concessions forcĂ©es de ports dĂ©tenus par les occidentaux pendant la guerre de lâopium jusqu'Ă libĂ©ration du pays en 1949...A part Hong-Kong qui jouit dâune situation particuliĂšre (aprĂšs 100 ans de domination britannique) oĂč les prĂȘtres anglicans ont pu sĂ©vir, câest ridicule au point de vue influence! Quand Ă voir des chrĂ©tiens sionistes dans chaque clergyman...Il faudrait d'abord enquĂȘter sur l'ensemble des pays qui constituent le 'Sud global'. Je pense en particulier Ă lâAfrique anglophone non musulmane. La population protestante est-elle infestĂ©e par les Ă©vangĂ©listes principaux propagateurs du christianisme 'sioniste' ? Quel est son influence en RSA, par exemple, pays instigateur dâune politique anti-israelienne depuis la chute de lâapartheid et partie civile Ă la Cour Internationale de Justice ?
Tout cela est un fantasme pour moi. Contrairement aux occidentaux dont les mĂ©dias sont totalement sous la coupe de milliardaires sionistes, le reste du Monde a une vision bien plus claire de lâinfluence nĂ©faste du camp du mal ayant le souvenir du colonialisme encore prĂ©sent dans le coeur...