đâđš Le traitĂ© qualifiĂ© par Trump de âpire accord de l'histoireâ est le plus exhaustif & le plus strict jamais conclu
Le vĂ©ritable plan est de plonger l'Iran dans le mĂȘme chaos que la Libye, la Syrie & l'Irak, qui ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment anĂ©antis pour permettre Ă IsraĂ«l de s'imposer comme la puissance rĂ©gionale suprĂȘme.
đâđš Le traitĂ© qualifiĂ© par Trump de âpire accord de l'histoireâ est le plus exhaustif & le plus strict jamais conclu
Par Mike Whitney, le 20 avril 2025
Le traitĂ© signĂ© par les Ătats-Unis et l'Iran en juillet 2015 Ă©tait l'accord nuclĂ©aire le plus exhaustif et le plus strict de l'histoire. Aucun autre traitĂ© nuclĂ©aire ne lui arrive Ă la cheville. Le âPlan d'action global conjointâ (JCPOA) imposait les mesures de vĂ©rification et les restrictions les plus rigoureuses et les plus Ă©tendues jamais prĂ©vues dans un traitĂ©. En termes de portĂ©e, d'application et de durĂ©e, il Ă©tait sans conteste le plus strict de tous les temps.
Les contrĂŽles rigoureux du programme nuclĂ©aire iranien garantissaient que l'Iran ne serait pas en mesure de dĂ©tourner des matiĂšres nuclĂ©aires vers un programme d'armement. En bref, l'accord rendait impossible la construction d'une arme nuclĂ©aire par l'Iran, ce qui Ă©tait l'objectif dĂ©clarĂ© de l'accord et la principale raison de l'implication des Ătats-Unis. Mais le 8 mai 2018, le prĂ©sident Trump s'est retirĂ© du traitĂ© sans consulter le CongrĂšs ni les alliĂ©s des Ătats-Unis, en violation flagrante des obligations qui reviennent aux Ătats-Unis en vertu des termes de l'accord. En outre, il a rĂ©imposĂ© des sanctions unilatĂ©rales Ă l'Iran, alors que ce dernier avait dĂ©jĂ Ă©vacuĂ© 25 000 livres d'uranium enrichi hors du pays, dĂ©mantelĂ© et retirĂ© les deux tiers de ses centrifugeuses, dĂ©montĂ© la calandre de son rĂ©acteur Ă eau lourde (et l'avait remplie de bĂ©ton) et accordĂ© un accĂšs sans prĂ©cĂ©dent Ă ses installations nuclĂ©aires et Ă sa chaĂźne d'approvisionnement. Ă tous Ă©gards, l'Iran s'est conformĂ© Ă la âlettre Ă lâaccordâ et a rempli ses obligations en vertu des termes de cet accord honteux, et pourtant Trump a jugĂ© bon de le relĂ©guer aux oubliettes.
Le traitĂ© prĂ©voyait des exigences plus strictes en matiĂšre de limites d'enrichissement de l'uranium, une rĂ©duction drastique des stocks d'uranium faiblement enrichi, une rĂ©duction significative du nombre de centrifugeuses autorisĂ©es, de nouvelles restrictions contraignantes sur les installations souterraines et les sites de recherche, l'arrĂȘt complet de la production de plutonium et l'interdiction totale de construire des rĂ©acteurs Ă eau lourde.
En outre, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a obtenu l'accÚs à l'ensemble de la chaßne d'approvisionnement nucléaire iranienne, y compris les mines d'uranium, la production de centrifugeuses et les sites non déclarés.
L'Iran s'est Ă©galement soumis volontairement Ă une surveillance continue permettant des inspections 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 des installations dĂ©clarĂ©es, Ă des âinspections de contrĂŽleâ permettant Ă l'AIEA d'accĂ©der aux sites suspects et Ă des protocoles additionnels humiliants qui imposaient des mesures de transparence spĂ©ciales qui n'ont jamais Ă©tĂ© imposĂ©es Ă aucun autre pays dans aucun autre traitĂ©.
Ă tous Ă©gards, le JCPOA a consacrĂ© la ânorme d'excellenceâ des traitĂ©s nuclĂ©aires, ce qui signifie que, selon ses dispositions, on pouvait ĂȘtre sĂ»r Ă 100 % que l'Iran ne construirait jamais d'arme nuclĂ©aire.
Je le rĂ©pĂšte : selon les termes du JCPOA, le monde pouvait ĂȘtre sĂ»r Ă 100 % que l'Iran ne construisait pas d'arme nuclĂ©aire.
Alors, quelle partie de cet accord peut ĂȘtre qualifiĂ©e de âpire accord de l'histoireâ?
On n'a jamais posĂ© cette question Ă Trump, et il serait incapable d'y rĂ©pondre. S'il Ă©tait honnĂȘte, cependant, il admettrait qu'il s'est retirĂ© du traitĂ© non pas parce que l'Iran avait commis quelque faute que ce soit (l'Iran l'a toujours scrupuleusement respectĂ©), mais parce que le Premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu y a vu un obstacle Ă ses plans de renversement du rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran. Comme beaucoup l'ont compris, IsraĂ«l aspire Ă devenir la puissance hĂ©gĂ©monique de la rĂ©gion, ce qui signifie que l'Ă©tranglement Ă©conomique de l'Iran doit se poursuivre jusqu'Ă ce que Bibi puisse pousser Trump Ă dĂ©clencher des frappes destinĂ©es Ă dĂ©capiter le rĂ©gime de TĂ©hĂ©ran. C'est l'objectif stratĂ©gique ultime : anĂ©antir l'Iran comme IsraĂ«l et les Ătats-Unis ont anĂ©anti la Libye, la Syrie et maintenant le Liban. L'Iran reprĂ©sente le dernier obstacle majeur au projet ambitieux d'IsraĂ«l de dominer le Moyen-Orient.
Il faut rappeler que le JCPOA a Ă©tĂ© approuvĂ© par la rĂ©solution 2231 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, l'intĂ©grant ainsi au droit international. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un traitĂ© contraignant, le retrait unilatĂ©ral de Trump et la rĂ©imposition des sanctions constituent une violation flagrante de l'appel lancĂ© Ă tous les Ătats par la rĂ©solution Ă soutenir l'accord. Plusieurs universitaires ont fait valoir que la dĂ©cision de Trump porte atteinte au principe pacta sunt servanda (les accords se doivent d'ĂȘtre respectĂ©s).
Soit dit en passant, tous les autres signataires â le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine, l'Allemagne et l'UE â ont respectĂ© leur part d'engagement et honorĂ© l'accord. Mais pas les Ătats-Unis, car les Ătats-Unis ne tiennent pas parole lorsqu'ils choisissent de ne pas le faire. Les rĂšgles, les restrictions, les traitĂ©s et les lois ne s'appliquent pas aux Ătats-Unis.
En rĂ©sumĂ©, l'Iran a agi honorablement et rempli ses obligations, tandis que les Ătats-Unis ont fait fi de leurs engagements et se sont comportĂ©s comme un gamin capricieux. Et voilĂ pourquoi les nĂ©gociateurs iraniens refusent mĂȘme de s'asseoir dans la mĂȘme piĂšce que les nĂ©gociateurs amĂ©ricains. Signalons toutefois que mĂȘme sur cette question apparemment insignifiante, Trump est incapable d'ĂȘtre honnĂȘte. Il continue d'affirmer que les deux Ă©quipes de nĂ©gociateurs mĂšnent des « pourparlers » directs alors qu'il sait pertinemment qu'elles se trouvent dans des piĂšces sĂ©parĂ©es et s'Ă©changent des notes manuscrites. Ce comportement de tromperie compulsive, mĂȘme sur les questions les plus insignifiantes, est pathologique. Il s'agit d'un trouble psychologique. Voici l'extrait d'un article publiĂ© par Press TV (une chaĂźne iranienne mille fois plus fiable que CNN) :
âTrump a qualifiĂ© l'accord nuclĂ©aire de 2015 de âpire accord de l'histoireâ et a promis de conclure un âmeilleur accordâ censĂ© aborder Ă©galement d'autres points tels que le programme de missiles balistiques de la RĂ©publique islamique et ses activitĂ©s rĂ©gionales, des questions que l'Iran a qualifiĂ©es de lignes rouges.
âEn se retirant de l'accord, le prĂ©sident amĂ©ricain a lancĂ© ce qu'il a appelĂ© une campagne de âpression maximaleâ visant Ă contraindre l'Iran Ă renĂ©gocier un nouvel accord. Toutes les autres parties Ă l'accord â la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne â ont exprimĂ© leurs regrets face Ă la dĂ©cision amĂ©ricaine et se sont engagĂ©es Ă respecter l'accordâ. Analysis: As indirect nuclear talks resume in Rome, why is Iran distrustful of US [Analyse : Alors que les nĂ©gociations nuclĂ©aires indirectes reprennent Ă Rome, pourquoi l'Iran se mĂ©fie-t-il des Ătats-Unis ?], Press TV
VoilĂ donc oĂč nous en sommes : Trump s'est retirĂ© du traitĂ© nuclĂ©aire le plus ambitieux et le plus strict de l'histoire, pas parce que l'Iran a enfreint les rĂšgles, mais parce qu'il agit comme un mandataire d'IsraĂ«l. Il veut user de sanctions pour contraindre l'Iran Ă abandonner ses alliĂ©s (Hamas, Hezbollah et Houthis) et Ă renoncer aux armes (missiles balistiques) dont il a besoin pour se dĂ©fendre contre l'attaque militaire imminente des Ătats-Unis et d'IsraĂ«l. Ăvidemment, du point de vue des IsraĂ©liens, c'est parfaitement logique, tandis que du point de vue des Iraniens, ce serait un suicide national. Il faudrait que l'Iran soit devenu fou furieux pour dĂ©manteler son programme de missiles stratĂ©giques au moment mĂȘme oĂč IsraĂ«l perd tout sens des rĂ©alitĂ©s et se dĂ©chaĂźne dans la rĂ©gion comme Attila le Hun. Et ce n'est pas tout :
âQuelles que soient les vĂ©ritables motivations (de Trump), un fait reste incontestable : les Ătats-Unis ont abandonnĂ© le JCPOA malgrĂ© les assurances rĂ©pĂ©tĂ©es de l'Agence internationale de l'Ă©nergie atomique (AIEA) quant au respect total par l'Iran de ses obligations nuclĂ©aires.
âL'agence nuclĂ©aire de l'ONU, chargĂ©e de surveiller les programmes nuclĂ©aires, a publiĂ© 15 rapports confirmant que l'Iran se conforme aux termes de l'accord, y compris aux limitations sur l'enrichissement de l'uranium et Ă la rĂ©duction de ses stocks nuclĂ©aires.
âElle a confirmĂ© que les stocks d'uranium enrichi et les rĂ©serves d'eau lourde de l'Iran respectent les limites prescrites, notant que l'Iran n'a pas dĂ©passĂ© les limites convenues pour les activitĂ©s nuclĂ©aires sensibles et a autorisĂ© les inspecteurs Ă accĂ©der Ă tous les sites nĂ©cessaires. Analysis: As indirect nuclear talks resume in Rome, why is Iran distrustful of US, Press TV
Je le répÚte : 15 rapports ont confirmé que l'Iran a respecté les termes de l'accord !!!
L'AmĂ©ricain moyen ne s'assiĂ©ra jamais Ă une table pour nĂ©gocier avec quelqu'un qui l'a poignardĂ© dans le dos plusieurs fois et âl'a roulĂ© dans la farineâ Ă maintes reprises. Mais, un fois encore, l'Iran a exprimĂ© sa volontĂ© d'engager des nĂ©gociations avec les Ătats-Unis malgrĂ© le bilan dĂ©sastreux de Washington. Et si nous saluons leur persĂ©vĂ©rance, nous nous interrogeons toutefois sur leur discernement. Voici pourquoi :
âSignĂ© en juillet 2015 sous la prĂ©sidence de Barack Obama, le JCPOA a d'abord Ă©tĂ© saluĂ© comme un triomphe de la diplomatie. Mais alors que l'Iran a rapidement et pleinement mis en Ćuvre ses engagements, les Ătats-Unis n'ont pas respectĂ© leur part de l'accord dĂšs le dĂ©part.
âLes sanctions devaient ĂȘtre levĂ©es le jour de la mise en Ćuvre (le 16 janvier 2016), une fois que l'AIEA aurait confirmĂ© le respect des engagements par l'Iran. Mais le TrĂ©sor amĂ©ricain a imposĂ© de nouvelles sanctions dĂšs le lendemain, visant des personnalitĂ©s et des entitĂ©s liĂ©es au programme de missiles iranien, alors que les missiles ne sont pas interdits par le JCPOA ni mĂȘme par la rĂ©solution 2231 du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies.
âTout au long de l'annĂ©e 2016, Washington a continuĂ© Ă exercer des pressions. L'Iran, par exemple, n'a obtenu qu'une autorisation partielle pour l'achat d'avions commerciaux aprĂšs des mois de retard et un avertissement officiel selon lequel il invoquerait la procĂ©dure de rĂšglement des diffĂ©rends prĂ©vue par le JCPOA.
âSur les 117 avions Airbus commandĂ©s par l'Iran, seuls trois ont Ă©tĂ© livrĂ©s ; aucun des avions Boeing commandĂ©s n'est jamais arrivĂ©.
âPlus grave encore, le CongrĂšs amĂ©ricain a adoptĂ© en dĂ©cembre 2016 une prolongation de dix ans de la loi sur les sanctions contre l'Iran (ISA).
Analysis: As indirect nuclear talks resume in Rome, why is Iran distrustful of US, Press TV
Les AmĂ©ricains honnĂȘtes qui ont suivi de prĂšs les Ă©vĂ©nements au Moyen-Orient ne sont probablement pas surpris du traitement dĂ©plorable rĂ©servĂ© Ă l'Iran. Il n'en reste pas moins choquant de constater que âle TrĂ©sor amĂ©ricain a imposĂ© de nouvelles sanctions dĂšs le lendemain !â C'est sans doute un record ! En d'autres termes, l'encre du traitĂ© avait Ă peine sĂ©chĂ© que le double jeu d'Obama le faisait revenir sur sa parole et enfreignait l'accord. Mais ce n'est pas tout :
â... sous Obama, l'approche amĂ©ricaine du JCPOA a Ă©tĂ© ponctuĂ©e de retards, de lacunes et de demi-mesures politiquement orchestrĂ©es. L'accord a peut-ĂȘtre reprĂ©sentĂ© une avancĂ©e sur le papier, mais l'incapacitĂ© de Washington Ă accorder un allĂšgement Ă©conomique significatif a rapidement montrĂ© que l'on ne peut pas compter sur les Ătats-Unis pour respecter leurs engagements, mĂȘme lorsque la diplomatie est censĂ©e ĂȘtre Ă son apogĂ©e...
âAvance rapide jusqu'en 2025, lorsque Trump, de retour Ă la Maison Blanche, a rapidement rĂ©tabli sa campagne de âpression maximaleâ contre l'Iran...
âLors d'un rebondissement qui a soulignĂ© les contradictions de l'approche de Washington, Trump a envoyĂ© une lettre Ă l'ayatollah Khamenei exprimant sa volontĂ© de parvenir Ă un accord, tout en menaçant l'Iran d'une action militaire si cet accord n'Ă©tait pas conclu.
âCette initiative est largement considĂ©rĂ©e Ă TĂ©hĂ©ran comme une nouvelle tentative de crĂ©er l'illusion de nĂ©gociations diplomatiques tout en intensifiant les sanctions et les menaces dans les faits. Pour les responsables iraniens, elle constitue une preuve supplĂ©mentaire du comportement rĂ©current des Ătats-Unis : des mesures hostiles dĂ©guisĂ©es en gestes d'ouverture...
âLe ministre des Affaires Ă©trangĂšres Abbas Araghchi a soulignĂ© que TĂ©hĂ©ran reste ouvert aux nĂ©gociations, mais pas sous la contrainte, affirmant que des pourparlers sous âpression maximaleâ nâĂ©quivaudraient quâĂ une capitulation.
âDans son discours du 7 fĂ©vrier, l'ayatollah Khamenei a soulignĂ© que le JCPOA, fruit de deux annĂ©es d'intenses nĂ©gociations, a Ă©tĂ© rejetĂ© sous le premier mandat de Trump, affirmant que nĂ©gocier avec une telle administration n'est âni sage, ni intelligent, ni honorableâ...
ââNous avons nĂ©gociĂ©, nous avons fait des concessions et nous avons fait des compromis, mais nous n'avons pas obtenu le rĂ©sultat escomptĂ©â, a-t-il dĂ©clarĂ©, faisant rĂ©fĂ©rence aux pourparlers qui ont abouti Ă l'accord de 2015. âNous devons tirer les leçons de cette expĂ©rienceââ. Analysis: As indirect nuclear talks resume in Rome, why is Iran distrustful of US, Press TV
Force est de se poser la question : l'Iran perd-il son temps Ă traiter avec Trump ? Ne serait-il pas plus sage de mettre fin Ă cette mascarade et de se remettre Ă produire des missiles ?
Ce qui est clair, c'est qu'il ne s'agit en rien de programmes nuclĂ©aires, d'enrichissement nuclĂ©aire ou de prolifĂ©ration nuclĂ©aire. Ce nâest qu'une diversion destinĂ©e Ă priver l'Iran de ses systĂšmes d'armement essentiels (missiles balistiques) de dĂ©fense contre une attaque israĂ©lo-amĂ©ricaine. Le vĂ©ritable objectif est de plonger l'Iran dans le mĂȘme chaos que la Libye, la Syrie et l'Irak, qui ont tous Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment anĂ©antis pour permettre Ă IsraĂ«l de s'imposer comme la puissance rĂ©gionale suprĂȘme.
Traduit par Spirit of Free Speech






