đâđš Les dix Ă©tapes du gĂ©nocide Ă Gaza
Le dĂ©ni est la 10Ăš Ă©tape du gĂ©nocide & survient quand les auteurs tentent de l'occulter. Ils tuent les tĂ©moins, effacent les preuves, orientent le rĂ©cit. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui se passe Ă Gaza.
đâđš Les dix Ă©tapes du gĂ©nocide Ă Gaza
Par R. Qureshi, le 17 octobre 2025
Câest Gregory Stanton, fondateur de Genocide Watch, qui a identifiĂ© ces dix Ă©tapes en Ă©tudiant lâHolocauste, le gĂ©nocide rwandais, le gĂ©nocide armĂ©nien et dâautres exemples.
Ces étapes ne sont pas des catégories distinctes. Elles sont interdépendantes, et peuvent se produire simultanément.
Ă Gaza, toutes ces Ă©tapes sont rĂ©unies. Bien sĂ»r, IsraĂ«l et ses soutiens le nieront. Câest prĂ©visible. AprĂšs tout, le dĂ©ni est la dixiĂšme Ă©tape du gĂ©nocide.
Voici ces dix étapes observées en Palestine :
1. Classification
La classification est le fondement du gĂ©nocide. Elle commence par diviser les gens en ânousâ et âeuxâ, puis par mettre en place des systĂšmes juridiques, politiques et militaires autour de cette division.
En 1948, lâoccupation israĂ©lienne a dĂ©fini les Juifs comme Ă©tant les autochtones et les Palestiniens, les Ă©trangers.
Il nâexiste pas de ânationalitĂ© israĂ©lienneâ Ă part entiĂšre. Le recensement identifie les personnes comme âjuivesâ, âarabesâ ou âautresâ. Les Juifs sont considĂ©rĂ©s comme membres de la nation. Les Palestiniens ne sont citoyens que sur le papier.
AprĂšs la Nakba, les terres ont Ă©tĂ© partagĂ©es entre âterres dâĂtatâ, âterres juivesâ et âbiens vacantsâ, accentuant ainsi la fracture entre les expulsĂ©s et les occupants.
Les colons juifs de Cisjordanie vivent sous lâautoritĂ© du droit civil. Les Palestiniens vivent sous le droit militaire. Deux systĂšmes sur une zone unique.
Les Palestiniens sont considĂ©rĂ©s par dĂ©faut comme une menace pour la sĂ©curitĂ©. Partout dans le monde, les Juifs sont considĂ©rĂ©s comme des privilĂ©giĂ©s bĂ©nĂ©ficiant automatiquement du droit de sĂ©jour et de citoyennetĂ©. Les rĂ©fugiĂ©s palestiniens sont, eux, traitĂ©s comme des Ă©trangers, alors quâils sont nĂ©s sur cette terre.
La classification constitue les fondements du génocide.
2. Symbolisation
La symbolisation désigne la façon dont les gens sont marqués et stigmatisés.
Des cartes dâidentitĂ© de diffĂ©rentes couleurs (verte pour la Cisjordanie, orange pour Gaza et bleue pour JĂ©rusalem) permettent de contrĂŽler qui peut se dĂ©placer, travailler et accĂ©der aux services.
Les checkpoints contrĂŽlent les personnes en fonction de la couleur de leur carte dâidentitĂ©. Une seule lettre peut dĂ©cider du sort dâune personne : passer ou mourir sur place.
Les Palestiniens sont systĂ©matiquement qualifiĂ©s dââArabesâ, de âterroristesâ ou dââinfiltrĂ©sâ, rĂ©duisant ainsi leur identitĂ© Ă une caractĂ©ristique sĂ©curitaire.
Les cartes officielles font disparaĂźtre les villages palestiniens non officiellement reconnus, en particulier dans le Naqab.
Lâoccupation israĂ©lienne contrĂŽle les registres de population et peut effacer des citoyens de toute existence lĂ©gale.
La loi du retour accorde automatiquement la citoyenneté à tous les Juifs du monde, tandis que la loi sur les biens des absents dépouille les Palestiniens de leurs terres.
La rĂ©solution 194 de lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies reconnaĂźt le droit au retour des Palestiniens, mais lâĂtat dâIsraĂ«l refuse de lâappliquer.
La symbolisation transforme les personnes en catégories administratives. Ces catégories deviennent alors des cibles.
3. Discrimination
Il y a discrimination lorsque lâĂtat inscrit lâinĂ©galitĂ© dans la loi et dans la vie quotidienne.
Les Palestiniens vivent sous le régime de la loi martiale, tandis que les colons juifs sont soumis au droit civil.
La loi sur la citoyennetĂ© et lâentrĂ©e sur le territoire empĂȘche les Palestiniens de vivre avec leur conjoint sâil ou elle vient de Cisjordanie ou de Gaza. Depuis 1967, plus de 14 000 habitants de JĂ©rusalem ont perdu leur droit de rĂ©sidence.
Les Palestiniens nâobtiennent que 10 % des permis de construire Ă JĂ©rusalem-Est, alors quâils reprĂ©sentent 40 % de la population. Plus de 100 000 dâentre eux vivent sous le rĂ©gime dâordres de dĂ©molition.
Plus de 600 checkpoints contrĂŽlent les terres palestiniennes. Depuis 2007, Gaza est sous blocus total.
Les populations des colonies illĂ©gales bĂ©nĂ©ficient de quatre Ă cinq fois plus dâeau que les communautĂ©s palestiniennes.
Plus de 10 000 Palestiniens sont emprisonnés, dont plus de la moitié sans inculpation ni procÚs.
Les ONG, les journalistes, les étudiants et les artistes palestiniens sont criminalisés pour leurs opinions politiques.
Les communautĂ©s bĂ©douines, comme celle de Masafer Yatta, sont menacĂ©es dâexpulsion en vertu de lois âdâurbanismeâ.
Les humiliations quotidiennes, telles que les fouilles Ă nu, les raids nocturnes et les heures dâattente aux checkpoints, sont monnaie courante.
La discrimination aggrave les inégalités, et facilite ainsi les étapes suivantes.
4. Déshumanisation
La déshumanisation consiste à priver un peuple de son humanité.
Pour les Palestiniens, ce processus dure depuis plus de 75 ans.
En 1948, ils ont Ă©tĂ© qualifiĂ©s dââintrusâ et de âsquatteursâ lorsquâils ont Ă©tĂ© expulsĂ©s lors de la Nakba.
Les responsables de lâoccupation israĂ©lienne les ont ensuite qualifiĂ©s de âproblĂšme arabeâ ou de âmenace dĂ©mographiqueâ.
Les attaques militaires contre Gaza sont dĂ©crites comme âtondre la pelouseâ, une expression signifiant tuer des milliers de personnes pour âmaĂźtriserâ la population.
En 2006, les responsables de lâoccupation ont parlĂ© de âmettre Gaza au rĂ©gimeâ en comptant les calories nĂ©cessaires Ă affamer la population sans la âtuerâ.
En 2023, le ministre de la DĂ©fense, Yoav Gallant, a qualifiĂ© les Palestiniens dââanimaux humainsâ.
Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, les a qualifiĂ©s dââenfants des tĂ©nĂšbresâ.
Le ministre Amihai Eliyahu a mĂȘme suggĂ©rĂ© de larguer une bombe nuclĂ©aire sur Gaza.
Les reprĂ©sentants des colonies illĂ©gales qualifient depuis longtemps les Palestiniens de âserpentsâ ou de âvermineâ.
La dĂ©shumanisation facilite lâextermination. Elle fait croire aux individus quâil ne sâagit pas dâĂȘtres humains et que les tuer ne constitue donc pas un meurtre.
5. Organisation
Lâorganisation consiste Ă mettre en place une machinerie de violence.
LâarmĂ©e israĂ©lienne a dĂ©ployĂ© des centaines de milliers de soldats autour de Gaza et a bouclĂ© le territoire par voie terrestre, maritime et aĂ©rienne.
Une infrastructure de blocus contrĂŽle tous les checkpoints.
Des systÚmes automatisés ont généré des cibles à bombarder à grande échelle grùce aux données téléphoniques et aux algorithmes.
Les tribunaux, les ministĂšres, lâarmĂ©e et les services de sĂ©curitĂ© ont agi de concert.
Les milices dâextrĂȘme droite et les colonies de peuplement illĂ©gales en Cisjordanie ont Ă©tĂ© armĂ©es et protĂ©gĂ©es.
LâaccĂšs des mĂ©dias Ă Gaza a Ă©tĂ© interdit. Un nombre record de journalistes y ont Ă©tĂ© tuĂ©s.
Des expressions telles que âanimaux humainsâ et ârepaire de terroristesâ ont permis de maintenir la cohĂ©sion de lâoffensive.
Le gĂ©nocide nâest pas le chaos. Il est organisĂ©.
6. Polarisation
La polarisation a lieu lorsque la société est divisée et que le discours extrémiste est amplifié.
Les voix de la paix sont alors diffamées ou réduites au silence. Les manifestations sont interdites.
Les ministres partisans dâune ligne dure en matiĂšre dâoccupation, tels que Bezalel Smotrich et Itamar Ben-Gvir, donnent le ton.
Les médias présentent les Palestiniens comme des terroristes sans aucune nuance.
De nouvelles lois dâurgence criminalisent la dissidence.
Les discours de haine se banalisent.
Les universitaires, artiste et militants qui soutiennent la Palestine sont sanctionnĂ©s Ă lâĂ©chelle internationale.
La polarisation ne laisse aucune place Ă lâhumanitĂ© universelle, mais uniquement Ă la logique de guerre.
7. Planification
La planification consiste à élaborer des stratégies homicides.
La logistique du blocus a Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment mise en Ćuvre pour affamer et isoler Gaza.
Les troupes, les chars et la puissance aĂ©rienne ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s bien avant lâinvasion totale.
Les responsables de lâoccupation ont cartographiĂ© les âzones dâĂ©vacuationâ et les âzones de sĂ©curitĂ©â, puis les ont bombardĂ©es.
Des officiels haut placĂ©s ont Ă©voquĂ© la âmigration volontaireâ des Gazaouis vers le SinaĂŻ.
Des camps et des sites de détention ont été préparés pour procéder à des arrestations massives.
Des zones tampons ont Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es au cĆur de Gaza, rasant des quartiers entiers.
Des listes de cibles ont été dressées à un rythme effréné.
Des dĂ©clarations telles que âGaza ne sâen relĂšvera jamaisâ ont annoncĂ© lâintention sous-jacente.
8. Persécution
La persécution consiste à traquer un groupe et à le priver de toute protection.
Depuis octobre 2023, plus de deux millions de Palestiniens ont Ă©tĂ© parquĂ©s Ă lâintĂ©rieur de Gaza.
La bande de Gaza a Ă©tĂ© affamĂ©e, privĂ©e de mĂ©dicaments, dâeau et de carburant.
Les infrastructures civiles ont été systématiquement détruites, notamment les hÎpitaux, les écoles, les boulangeries, les mosquées et les marchés.
Lâaide humanitaire a Ă©tĂ© bloquĂ©e ou dĂ©libĂ©rĂ©ment ralentie Ă la frontiĂšre.
Les responsables de lâoccupation israĂ©lienne ont ouvertement parlĂ© de vider Gaza de sa population.
Les familles ont été contraintes de fuir à plusieurs reprises sous les bombardements.
Des journalistes, mĂ©decins et dĂ©fenseurs des droits humains ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s ou tuĂ©s.
La persécution fait de la survie un crime en soi.
9. Extermination
Lâextermination consiste Ă perpĂ©trer des massacres.
Au moins 67 000 Palestiniens ont officiellement Ă©tĂ© recensĂ©s comme tuĂ©s. Des dizaines de milliers dâautres sont encore sous les dĂ©combres.
Selon certaines informations, le bilan réel se situerait entre 650 000 et 1 million de morts.
Des massacres ont eu lieu dans les camps de rĂ©fugiĂ©s de Jabalia et de Nuseirat, Ă lâhĂŽpital Al-Shifa, ainsi que dans des âzones de sĂ©curitĂ©â comme Ă Rafah.
La famine a été délibérément utilisée comme arme de guerre.
Les hÎpitaux, abris et camps de réfugiés ont été bombardés à plusieurs reprises.
Yoav Gallant a qualifiĂ© les Palestiniens dââanimaux humainsâ.
Benjamin Netanyahu a promis de âtransformer Gaza en un dĂ©sertâ.
Amihai Eliyahu a Ă©voquĂ© lâutilisation dâarmes nuclĂ©aires.
Des spĂ©cialistes du gĂ©nocide, comme Raz Segal, ont qualifiĂ© cette situation de cas dâĂ©cole. La Cour internationale de justice a estimĂ© quâil existe un risque plausible de gĂ©nocide.
Il ne sâagit pas de dommages collatĂ©raux. Il sâagit dâextermination.
10. Déni
Le déni est la dixiÚme étape du génocide.
Il survient lorsque les auteurs du crime tentent de le dissimuler. Ils tuent les tĂ©moins. Ils dĂ©truisent les preuves. Ils contrĂŽlent le rĂ©cit. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui se passe en ce moment Ă Gaza.
Le 12 octobre 2025, le journaliste palestinien Saleh al-Jafarawi a Ă©tĂ© tuĂ© Ă Gaza. En quelques heures, son compte Instagram officiel, qui comptait 4,5 millions dâabonnĂ©s, a Ă©tĂ© supprimĂ©. Lâensemble de ses archives documentant les attaques de lâoccupation ont disparu. Meta a justifiĂ© cette suppression par lâapplication de sa politique. Les groupes de dĂ©fense des droits humains ont qualifiĂ© cette action dâeffacement.
Le 5 mai 2024, lâoccupation israĂ©lienne a contraint Al Jazeera Ă fermer ses bureaux. Elle a saisi du matĂ©riel en vertu dâune nouvelle loi sur les mĂ©dias. La mĂȘme loi a ensuite Ă©tĂ© utilisĂ©e contre Associated Press.
Depuis octobre 2023, Gaza est interdit aux journalistes étrangers. Seules les délégations militaires sont autorisées à entrer.
LâarmĂ©e israĂ©lienne a Ă plusieurs reprises coupĂ© lâaccĂšs Ă internet et aux rĂ©seaux tĂ©lĂ©phoniques de Gaza, isolant ainsi les hĂŽpitaux et les journalistes.
Meta a supprimé des milliers de publications et de comptes partageant des preuves provenant de Gaza.
Dâoctobre 2023 Ă octobre 2025, 278 journalistes palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s. Les bureaux des mĂ©dias ont Ă©tĂ© bombardĂ©s. Les camĂ©ras ont Ă©tĂ© dĂ©truites. Les tĂ©moins ont Ă©tĂ© rĂ©duits au silence.
Le gĂ©nocide ne prend pas fin avec les meurtres. Il sâachĂšve dans le silence. Lâeffacement nâest pas un dommage collatĂ©ral. Il fait partie intĂ©grante du crime. Lorsque des journalistes sont tuĂ©s, lorsque les archives disparaissent et que lâaccĂšs Ă internet est coupĂ©, les coupables dictent leur propre rĂ©cit. Câest prĂ©cisĂ©ment ce qui se passe Ă Gaza, en temps rĂ©el.
Conclusion
Il ne sâagit pas dâun conflit entre deux camps Ă©gaux. Câest un gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par lâoccupation israĂ©lienne contre le peuple palestinien.
Toutes les Ă©tapes identifiĂ©es par Gregory Stanton sont rĂ©unies. Certaines sont apparues il y a des dĂ©cennies. Le gĂ©nocide de Gaza nâa pas commencĂ© en octobre 2023. Il a commencĂ© avec la Nakba, en 1948, et sâest poursuivi via la loi, la langue, le blocus et la guerre.
Câest ce que disent les universitaires, dont beaucoup sont israĂ©liens.
DĂšs le dĂ©but, Raz Segal, spĂ©cialiste de lâHolocauste et du gĂ©nocide, lâa qualifiĂ© de âcas dâĂ©cole de gĂ©nocideâ.
Amos Goldberg, titulaire de la chaire dâĂ©tudes sur lâHolocauste Ă lâuniversitĂ© hĂ©braĂŻque, a dĂ©clarĂ© : âCe qui se passe Ă Gaza est un gĂ©nocideâ.
Les historiens Amos Goldberg et Daniel Blatman ont dĂ©clarĂ© ensemble : âCâest exactement Ă cela que ressemble un gĂ©nocideâ.
Ilan PappĂ© a dĂ©clarĂ© : âCe quâIsraĂ«l commet dans la bande de Gaza est un gĂ©nocide au sens juridique du termeâ.
Omer Bartov lâa dĂ©crit comme âla phase finale du gĂ©nocide Ă Gazaâ.
Daniel Feierstein, ancien prĂ©sident de lâAssociation internationale des chercheurs sur le gĂ©nocide, lâa qualifiĂ© de âtransition vers la phase dâextermination dâune pratique sociale gĂ©nocidaireâ.
Norman Finkelstein a quant Ă lui dĂ©clarĂ© sans hĂ©siter : âCâest un gĂ©nocide. Pas une guerre. Pas un conflit. Un gĂ©nocideâ.
LâAssociation internationale des chercheurs sur le gĂ©nocide a dĂ©clarĂ© que les agissements dâIsraĂ«l rĂ©pondent Ă la dĂ©finition juridique du gĂ©nocide.
Hajo Meyer, survivant dâAuschwitz, a lancĂ© cette mise en garde il y a plusieurs annĂ©es :
âJe sais Ă quoi ressemble la dĂ©shumanisation. Je lâai vĂ©cue. Et je la vois se reproduireâ.
Traduit par Spirit of Free Speech












