đâđš Lâextension de âChat Controlâ de lâUE, une insulte Ă la dĂ©mocratie
Comment Bruxelles a recouru Ă une manĆuvre procĂ©durale pour faire passer en force une proposition de surveillance totale prĂ©cĂ©demment rejetĂ©e par le Parlement europĂ©en.
đâđš Lâextension de âChat Controlâ de lâUE, une insulte Ă la dĂ©mocratie
Par Thomas Fazi, le 12 juillet 2026
Jeudi, le Parlement europĂ©en a âadoptĂ©â lâextension de âChat Control 1.0â. Cette mesure consiste en une suspension temporaire des rĂšgles de lâUE en matiĂšre de confidentialitĂ© des communications Ă©lectroniques (ePrivacy), qui permet aux plateformes technologiques de scanner en masse les communications privĂ©es des citoyens, sous prĂ©texte de dĂ©tecter du contenu pĂ©dopornographique. Le terme âadoptĂ©â est ici placĂ© entre guillemets, car il implique Ă tort quâun vote majoritaire des dĂ©putĂ©s europĂ©ens en faveur de la mesure aurait eu lieu. En rĂ©alitĂ©, 314 dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont votĂ© contre le texte, contre 276 pour. Et pourtant, il a Ă©tĂ© adoptĂ©.
Cette adoption nâa Ă©tĂ© rendue possible que grĂące Ă une manĆuvre procĂ©durale propre au cynisme bruxellois. Le dossier a Ă©tĂ© adoptĂ© en force dans le cadre dâune âprocĂ©dure dâurgenceâ : la prĂ©sidente du Parlement europĂ©en, Roberta Metsola, a rouvert unilatĂ©ralement un dossier que les dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont dĂ©jĂ rejetĂ© en mars, et le Conseil lâa opportunĂ©ment renvoyĂ© au dĂ©but des vacances dâĂ©tĂ©, lorsque la participation des dĂ©putĂ©s est plus difficile Ă organiser. Pour le rejeter une deuxiĂšme fois, il aurait fallu non pas une majoritĂ© simple, mais une majoritĂ© absolue : 360 voix. La loi a donc Ă©tĂ© approuvĂ©e malgrĂ© le vote dĂ©favorable dâune majoritĂ© de dĂ©putĂ©s europĂ©ens. Le rĂšglement restera dĂ©sormais en vigueur jusquâen avril 2028, permettant ainsi de gagner du temps pour les nĂ©gociations autour de son successeur, encore plus ambitieux : âChat Control 2.0â.
Comme lâa fait remarquer le dĂ©putĂ© europĂ©en allemand Fabio De Masi Ă lâissue du vote, âChat Controlâ est un âzombie lĂ©gislatifâ â une mesure que le Parlement europĂ©en a rejetĂ©e Ă plusieurs reprises, mais qui a Ă©tĂ© ressuscitĂ©e encore et encore jusquâĂ ce que le rĂ©sultat souhaitĂ© soit obtenu. Cet Ă©pisode devrait donner Ă rĂ©flĂ©chir Ă ceux qui affirment que le dĂ©ficit dĂ©mocratique de lâUE pourrait ĂȘtre comblĂ© en accordant davantage de pouvoirs au Parlement europĂ©en. Le prĂ©sident de cette mĂȘme institution collabore ici avec le Conseil pour ressusciter un dossier que le Parlement lui-mĂȘme avait enterrĂ©. Si tel est le mode de fonctionnement du Parlement, lui accorder davantage de pouvoirs ne fera quâaggraver lâabsence de dĂ©mocratie, confĂ©rant une lĂ©gitimitĂ© de façade encore plus opaque Ă ce qui nâest, au fond, quâune machine exĂ©cutive et bureaucratique traitant les votes comme des obstacles devant ĂȘtre contournĂ©s.
Les partisans de ce projet font valoir une prĂ©tendue lueur dâespoir : un amendement du groupe libĂ©ral Renew excluant du champ dâapplication de la loi les communications auxquelles le chiffrement de bout en bout âest, a Ă©tĂ© ou sera appliquĂ©â, telles que les messages WhatsApp. Certains dĂ©putĂ©s europĂ©ens ont saluĂ© cette mesure comme un signe encourageant, et elle a probablement contribuĂ© Ă rallier suffisamment de voix pour Ă©viter un rejet pur et simple. Mais cet amendement est en contradiction flagrante avec la logique mĂȘme du balayage de masse, et câest prĂ©cisĂ©ment pour cette raison que le Conseil, oĂč le dossier est pilotĂ© par des ministĂšres de lâIntĂ©rieur peu enclins aux subtilitĂ©s en matiĂšre de vie privĂ©e, devrait selon toute vraisemblance lâĂ©carter lorsque le texte lui sera soumis au cours des trois prochains mois. Il ne sâagit donc que dâune feuille de vigne, destinĂ©e Ă disparaĂźtre par la suite.
La prĂ©sidente réélue du Parti de lâAlliance des libĂ©raux et des dĂ©mocrates pour lâEurope (ALDE), Svenja Hahn, a qualifiĂ© ce vote de âhonteâ, avertissant quâil
âouvre la voie Ă une surveillance de masse de toutes les communications privĂ©esâ et que âla surveillance des conversations privĂ©es prĂ©conisĂ©e par les Ătats membres de lâUE constitue une menace pour notre libertĂ© et notre dĂ©mocratieâ.
Lyudmyla Kozlovska, de la Fondation Open Dialogue, a replacé cette décision dans une tendance plus large :
âun pouvoir Ă©tendu justifiĂ© par un objectif apparent dâurgence, puis discrĂštement normalisĂ©â
â dâabord la confidentialitĂ© financiĂšre, puis les donnĂ©es des voyageurs, et maintenant les messages. La vĂ©ritable bataille, a-t-elle notĂ©, aura lieu en septembre autour de âChat Control 2.0â.
Et câest lĂ tout le problĂšme. âChat Controlâ nâa jamais vraiment concernĂ© la protection de lâenfance. Ce filtrage de la correspondance privĂ©e â chose que personne nâaccepterait si elle sâappliquait aux correspondances papier â ne contribue aucunement Ă apprĂ©hender les vĂ©ritables prĂ©dateurs qui opĂšrent sur le dark web, tout en submergeant la police de fausses alertes. Selon les estimations de la police fĂ©dĂ©rale suisse, environ 80 % des contenus signalĂ©s par les algorithmes ne sont mĂȘme pas illĂ©gaux. Cette mesure ne fait que mettre en place une infrastructure permanente de surveillance totale, propice aux dĂ©rives fonctionnelles et aux abus, en plus dâune obligation de vĂ©rification de lâĂąge qui sonnera le glas de lâanonymat en ligne pour les lanceurs dâalerte, les journalistes et les dissidents. Lâancien dĂ©putĂ© europĂ©en Patrick Breyer lâa trĂšs bien rĂ©sumĂ© lâannĂ©e derniĂšre :
âIls nous vendent de la sĂ©curitĂ©, mais nous livrent une machine de surveillance totaleâ.
Et cette machine vient de franchir un nouvel échelon.
Traduit par Spirit of Free Speech




Ces fonctionnaires zĂ©lĂ©s et surpayĂ©s sont cohĂ©rents avec ce qu'ils ont toujours pratiquĂ©: le dĂ©ni des aspirations des populations... dĂ©jĂ , lors du referendum et du refus de certains pays de la nlle Constitution proposĂ©e, ils sont passĂ©s outre... et qu'ont fait les citoyens ?... lĂ est la vraie question!... rien, nada, ils ont laissĂ© passer... ben, le reste est Ă l'avenant et on en revient encore et encore Ă la mĂȘme chose: rien ne sert de se plaindre de situations que par indolence et/ou fainĂ©antise, on laisse perdurer... vous voulez du changement pour que ce genre de situation ne puisse plus se produire?... bougez-vous!!!