đâđš LââisraĂ©lisationâ de lâarmĂ©e amĂ©ricaine se poursuit
Les USA sont pris dans une spirale orchestrĂ©e par Washington en collusion avec un petit Ătat dâapartheid spĂ©cialisĂ© dans le crime, la torture, le gĂ©nocide. OĂč et comment ce chaos prendra-t-il fin ?
đâđš LââisraĂ©lisationâ de lâarmĂ©e amĂ©ricaine se poursuit
Par Philip Giraldi`*, le 31 mai 2026
Un grand merci au CongrÚs et au président Trump !
Peu dâAmĂ©ricains connaissent les origines de la relation de âla queue qui remue le chienâ entre IsraĂ«l et les Ătats-Unis. La victoire dâIsraĂ«l contre ses voisins en 1967 a dĂ©montrĂ© aux stratĂšges militaires de Washington comment la supĂ©rioritĂ© qualitative en matiĂšre dâarmement peut permettre Ă un petit pays de rĂ©sister Ă des adversaires bien plus imposants et apparemment plus puissants. Ă lâĂ©poque, IsraĂ«l Ă©tait principalement Ă©quipĂ© dâarmes françaises qui, selon les rapports, surpassaient les Ă©quipements russes dont disposaient la Syrie et lâĂgypte. En consĂ©quence, grĂące au soutien massif dâun CongrĂšs soumis Ă de fortes pressions, le prĂ©sident amĂ©ricain Lyndon B. Johnson, influencĂ© par les sionistes, a approuvĂ© en 1968 la vente, jusquâalors bloquĂ©e, de chasseurs F-4 Phantom Ă IsraĂ«l, Ă©tablissant ainsi un prĂ©cĂ©dent et permettant aux Ătats-Unis de poursuivre leur soutien Ă lâavantage militaire qualitatif dâIsraĂ«l (gĂ©nĂ©ralement dĂ©signĂ© par lâacronyme QME) face Ă ses voisins arabes et chrĂ©tiens. Cinq ans plus tard, au lendemain de la guerre de Yom Kippour en 1973, les Ătats-Unis et IsraĂ«l sont parvenus Ă un accord selon lequel ils ont tacitement adoptĂ© la doctrine du maintien actif par les Ătats-Unis de lâavantage militaire qualitatif dâIsraĂ«l. AprĂšs cette guerre, les Ătats-Unis ont en outre quadruplĂ© leur aide Ă©trangĂšre Ă IsraĂ«l, remplaçant de fait la France en tant que premier fournisseur dâarmes de lâĂtat hĂ©breu.
Cet engagement de facto Ă maintenir lâavantage qualitatif dâIsraĂ«l a ensuite Ă©tĂ© officiellement confirmĂ© par le prĂ©sident Ronald Reagan et confirmĂ© depuis par toutes les administrations amĂ©ricaines. Les livraisons supplĂ©mentaires considĂ©rables dâarmes sous les prĂ©sidences de Barack Obama, Joe Biden et Donald Trump ont mĂȘme soutenu le gĂ©nocide perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l Ă Gaza et ses attaques contre la Syrie et le Liban qui ne reprĂ©sentent pourtant aucune menace. Cette politique a Ă©tĂ© initialement justifiĂ©e en partie par la stratĂ©gie amĂ©ricaine de la guerre froide consistant Ă sâopposer aux Ătats arabes clients de lâUnion soviĂ©tique, mais aussi par lâinfluence croissante du lobby israĂ©lien aux Ătats-Unis. Aujourdâhui, IsraĂ«l est de loin le plus grand bĂ©nĂ©ficiaire de lâaide militaire Ă©trangĂšre amĂ©ricaine, recevant 3 milliards de dollars par an garantis, plus de nombreux Ă©quipements supplĂ©mentaires pour rĂ©pondre Ă des besoins et initiatives spĂ©cifiques que beaucoup assimilent Ă une politique dâagression systĂ©matique de la part dâIsraĂ«l et Ă la commission de crimes de guerre.
Ce qui Ă©tait autrefois considĂ©rĂ© comme une sorte de garantie de sĂ©curitĂ© pour IsraĂ«l sâest donc muĂ© en monstre, IsraĂ«l sâappuyant sur le soutien fourni par ce partenariat pour dĂ©clencher lâinvasion de ses voisins, et notamment tout rĂ©cemment, du Liban, de la Syrie et de lâIran. La Maison Blanche et le CongrĂšs ont invariablement fourni Ă IsraĂ«l toutes les armes rĂ©clamĂ©es, tout en lui accordant un soutien financier pour son Ă©conomie et un appui politique au sein dâorganisations internationales telles que les Nations unies. Le lobby israĂ©lien, considĂ©rĂ© comme le plus puissant lobby de politique Ă©trangĂšre dĂ©ployĂ© contre le CongrĂšs et la Maison Blanche, a tirĂ© profit de son accĂšs au pouvoir pour Ă©tendre constamment son rĂŽle dans le secteur de la fabrication dâarmes afin de rĂ©pondre Ă ce quâIsraĂ«l estime ĂȘtre des menaces pour sa sĂ©curitĂ©. Et le Premier ministre Benjamin Netanyahu sâest imposĂ© comme le partenaire dominant de cette relation, y compris pour les dĂ©cisions relatives Ă la guerre et Ă la paix.
Actuellement, IsraĂ«l et ses partisans Ă Washington sâemploient Ă achever la fusion de nombreux aspects du fonctionnement de notre armĂ©e Ă divers niveaux avec leurs homologues israĂ©liens. Aucun autre âalliĂ©â des Ătats-Unis â ce que lâĂtat juif nâest dâailleurs pas, techniquement, y compris les membres de lâOTAN â ne dispose dâun tel accĂšs ni dâune telle capacitĂ© Ă inflĂ©chir les Ă©vĂ©nements.
Ceux qui pensent quâIsraĂ«l a trop de pouvoir ont raison, car il est mĂȘme assez puissant pour museler la libertĂ© dâexpression garantie par le Premier Amendement, en rĂ©primant, voire en criminalisant ce quâil considĂšre comme des critiques de lâĂtat hĂ©breu. Peu dâAmĂ©ricains savent que, bien quâIsraĂ«l soit gĂ©nĂ©ralement reconnu comme une grande puissance nuclĂ©aire, les membres du gouvernement amĂ©ricain sont tenus de ne pas sâexprimer sur ce sujet, sous peine de mettre lâĂtat juif dans lâembarras et de risquer de dĂ©clencher des restrictions lĂ©gales sur les armes que les Ătats-Unis pourraient lui fournir. Et lâironie, câest quâIsraĂ«l ne dispose de ces armes que parce quâil a volĂ© le combustible nuclĂ©aire et les dĂ©tonateurs aux Ătats-Unis. Le prĂ©sident John F. Kennedy a tentĂ© de mettre fin au programme dâarmement nuclĂ©aire et nombreux sont ceux qui pensent que câest ce qui lui a valu dâĂȘtre assassinĂ© par IsraĂ«l !
Et cette situation Ă sens unique avantageuse pour IsraĂ«l ne fait quâempirer ! Selon lâarticle que jâai publiĂ© rĂ©cemment, le CongrĂšs envisage dâadopter un projet de loi qui accordera aux AmĂ©ricains servant dans lâarmĂ©e israĂ©lienne tous les avantages fournis par le gouvernement amĂ©ricain, tels que lâĂ©ducation, lâemploi et les soins mĂ©dicaux, comme sâils avaient servi dans lâarmĂ©e amĂ©ricaine. En effet, la lĂ©gislation actuellement en cours dâexamen au CongrĂšs traiterait, pour la premiĂšre fois dans lâhistoire des Ătats-Unis, lâengagement dans une armĂ©e Ă©trangĂšre, tant sur le plan juridique que dans la pratique, comme Ă©quivalent du service dans les forces armĂ©es amĂ©ricaines â mais uniquement si cette armĂ©e Ă©trangĂšre est israĂ©lienne. La rĂ©solution 8445 de la Chambre des reprĂ©sentants, proposĂ©e par les dĂ©putĂ©s rĂ©publicains Guy Reschenthaler (Pennsylvanie) et Max Miller (Ohio), modifierait la lĂ©gislation existante pour que les AmĂ©ricains qui sâengagent dans les Forces de dĂ©fense israĂ©liennes (FDI) soient traitĂ©s âde la mĂȘme maniĂšre que sâils servaient dans lâarmĂ©e amĂ©ricaineâ. Sans surprise, bon nombre des âAmĂ©ricainsâ concernĂ©s possĂšdent Ă©galement la double nationalitĂ© israĂ©lo-amĂ©ricaine. Si ces mesures entrent en vigueur, elles auront pour effet de rĂ©duire considĂ©rablement et spĂ©cifiquement lâĂ©cart entre IsraĂ«l et les Ătats-Unis en matiĂšre de droits et dâavantages, ces derniers ne profitant toutefois quâĂ une seule partie, Ă savoir les intĂ©rĂȘts israĂ©liens, et ce aux frais du contribuable amĂ©ricain !
En outre, le dernier cadeau du gouvernement amĂ©ricain Ă IsraĂ«l, soutenu par la Chambre des reprĂ©sentants des Ătats-Unis (terme impropre, car la Chambre nâest en rĂ©alitĂ© que la Knesset de lâOuest), concerne la loi sur le financement de la dĂ©fense nationale (NDAA) pour 2027, publiĂ©e le 13 mai. La section 224 de la version de la loi adoptĂ©e par la Chambre, intitulĂ©e âInitiative de coopĂ©ration en matiĂšre de technologie de dĂ©fense entre les Ătats-Unis et IsraĂ«lâ, intĂšgre
âla recherche et le dĂ©veloppement militaires amĂ©ricano-israĂ©liens, la coproduction de systĂšmes dâarmes, les accords de licence, lâIA, lâĂ©nergie guidĂ©e, lâintĂ©gration des donnĂ©es et la dĂ©fense antimissileâ. Elle crĂ©e les bases dâune âcoopĂ©ration bilatĂ©rale en matiĂšre de recherche et dĂ©veloppement, de coproduction dâarmes, de coentreprises, dâaccords de licence et, apparemment, de toutes les formes de coopĂ©ration entre les complexes militaro-industriels amĂ©ricain et israĂ©lienâ.
En consĂ©quence, le fonctionnement de lâarmĂ©e amĂ©ricaine et celui de lâarmĂ©e israĂ©lienne seraient totalement interconnectĂ©s. La mise en Ćuvre de cet accord contribuerait sans doute Ă lier de maniĂšre irrĂ©versible lâarmĂ©e amĂ©ricaine Ă lâarmĂ©e israĂ©lienne bien plus que les 200 milliards de dollars dâaide militaire quâIsraĂ«l a reçus des Ătats-Unis depuis sa crĂ©ation en 1948.
Les critiques soulignent que la section 224 combinerait les secteurs de la dĂ©fense amĂ©ricain et israĂ©lien dans de nombreux domaines particuliĂšrement vitaux pour les théùtres de guerre de demain, notamment les systĂšmes autonomes et la cyberguerre. Elle renforcerait Ă©galement considĂ©rablement lâinfluence dâIsraĂ«l sur les Ătats-Unis, au-delĂ de ce quâil exerce dĂ©jĂ par le biais du lobby israĂ©lien et de sa domination sur les mĂ©dias maintream. Ce projet donnerait Ă IsraĂ«l les moyens dâĂ©tendre ou de crĂ©er de nouvelles installations de coproduction, comme câest dĂ©jĂ le cas dans plusieurs Ătats, offrant ainsi au gouvernement israĂ©lien un levier supplĂ©mentaire en crĂ©ant des emplois aux Ătats-Unis, et assurant ainsi des soutiens au CongrĂšs dans les circonscriptions concernĂ©es. La Maison Blanche, forte de ce soutien du CongrĂšs, pourrait bien se montrer encore plus encline Ă entrer en guerre, motivĂ©e par les fantasmes dâun âGrandâ IsraĂ«l (Eretz) chers Ă Netanyahu et Ă son chef de la sĂ©curitĂ©, Itamar Ben-Gvir.
Le CongrĂšs, rĂ©solument pro-sioniste, a orchestrĂ© en toute discrĂ©tion, quasi-secrĂštement, cette Ă©volution des relations amĂ©ricano-israĂ©liennes. Bien que le processus soit clairement pilotĂ© par la Maison Blanche et sous la direction de Netanyahu, il se dĂ©roule Ă lâinsu et sans le consentement du peuple amĂ©ricain Ă qui le gouvernement amĂ©ricain est pourtant censĂ© rendre des comptes. Et, bien entendu, toutes les dĂ©penses dâintĂ©gration seront supportĂ©es par le contribuable amĂ©ricain. Bien sĂ»r, il faut Ă©galement noter que lâintĂ©gration des forces armĂ©es amĂ©ricaines Ă lâarmĂ©e israĂ©lienne intervient Ă un moment oĂč lâopinion publique amĂ©ricaine exprime une mĂ©fiance et une aversion sans prĂ©cĂ©dent envers le gouvernement israĂ©lien. Ce nâest peut-ĂȘtre pas une coĂŻncidence, car Netanyahu cherche Ă crĂ©er des liens juridiques et administratifs indestructibles entre les deux pays, sans quâIsraĂ«l ait pour autant dâobligations particuliĂšres.
Ben Freeman, du Quincy Institute observe comment
âce glissement va supprimer les mĂ©canismes de contrĂŽle politique et diplomatique garantissant la responsabilitĂ© publique de cette relation, la faisant Ă©voluer dâun vote annuel transparent sur lâaide Ă un systĂšme opaque dâacquisition de matĂ©riel de dĂ©fense, oĂč le contrĂŽle sera limitĂ© et la responsabilitĂ© politique minimale. Il en dĂ©coulerait un partenariat militaire Ă la fois plus approfondi et moins transparent. Et tout cela survient alors que lâarmĂ©e israĂ©lienne a Ă plusieurs reprises utilisĂ© les armes amĂ©ricaines lors de frappes violant le droit international et humanitaire Ă Gaza, et quâIsraĂ«l a violĂ© Ă maintes reprises les cessez-le-feu (tout comme les Ătats-Unis eux-mĂȘmes) dans la guerre inutile engagĂ©e par lâadministration Trump contre lâIranâ.
VoilĂ donc oĂč nous en sommes. Les Ătats-Unis sont pris dans une spirale descendante orchestrĂ©e par leur propre gouvernement, en collusion avec un petit Ătat dâapartheid spĂ©cialisĂ© dans le crime, notamment la torture, le gĂ©nocide et divers autres crimes contre lâhumanitĂ©. OĂč et comment ce chaos prendra-t-il fin ? Posons donc la question Ă Donald Trump !
Traduit par Spirit of Free Speech
* Philip M. Giraldi est directeur exĂ©cutif du Council for the National Interest, une fondation Ă©ducative qui milite pour une politique Ă©trangĂšre amĂ©ricaine au Moyen-Orient davantage axĂ©e sur lâintĂ©rĂȘt national. Son site web est https://councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est inform@cnionline.org.
https://www.unz.com/pgiraldi/the-israelization-of-the-united-states-military-is-proceeding/


