đâđš Menaces sur la vie de Marwan Barghouti, le leader palestinien emprisonnĂ© par IsraĂ«l
«Je ne suis ni terroriste, ni pacifiste, juste un homme issu du peuple palestinien. Je dĂ©fends le droit Ă me dĂ©fendre en lâabsence de soutien extĂ©rieur. Un principe qui pourrait bien me coĂ»ter la vie»

đâđš Menaces sur la vie de Marwan Barghouti, le leader palestinien emprisonnĂ© par IsraĂ«l
Par Le Centre Palestinien DâInformation, le 5 dĂ©cembre 2025
Suivi de : 200 grands noms du monde des arts & des affaires rĂ©clament la libĂ©ration du âMandela palestinienâ
Le service de presse Asra a lancĂ© un avertissement sĂ©rieux concernant la menace rĂ©elle et croissante pesant sur la vie de Marwan Barghouti, un leader emprisonnĂ© ĂągĂ© de 66 ans, dans un contexte dâattaques systĂ©matiques le visant lui et sa famille, dans le cadre dâune politique de reprĂ©sailles claire.
Une rĂ©cente tactique de harcĂšlement a consistĂ© Ă appeler la famille de Barghouti pour lui transmettre de fausses informations alarmantes sur son Ă©tat de santĂ©, une stratĂ©gie qui reflĂšte la politique plus gĂ©nĂ©ralisĂ©e dâIsraĂ«l axĂ©e sur les pressions et les reprĂ©sailles contre les familles des prisonniers.
Cette derniĂšre violation sâajoute, selon Asra, Ă lâisolement, Ă la torture, au refus des visites et aux menaces ouvertes profĂ©rĂ©es par le ministre israĂ©lien dâextrĂȘme droite Itamar Ben Gvir, qui rĂ©vĂšlent une intention dĂ©libĂ©rĂ©e de mettre en danger la vie de Barghouti.
La situation de Barghouti et de tous les prisonniers est dĂ©sormais entiĂšrement sous la responsabilitĂ© de lâoccupation israĂ©lienne, a dĂ©clarĂ© le mĂ©dia, appelant les Nations unies, la Croix-Rouge et les organisations de dĂ©fense des droits humains Ă intervenir dâurgence, Ă ouvrir une enquĂȘte indĂ©pendante et Ă mettre fin Ă lâescalade des crimes commis dans les prisons israĂ©liennes.
Il ajoute que le silence de la communautĂ© internationale donne carte blanche Ă lâoccupation israĂ©lienne pour poursuivre ses exactions contre les dĂ©tenus, et constitue un grave manquement Ă la protection de leur vie.
Le cas de Marwan Barghouti, un symbole des atrocités israéliennes
La SociĂ©tĂ© des prisonniers palestiniens (PPS) tient Ă©galement lâoccupation israĂ©lienne directement responsable du sort de Marwan Barghouti et de tous les dĂ©tenus. Elle dĂ©clare que les Ă©vĂ©nements en cours sâapparentent Ă une campagne dâextermination Ă lâintĂ©rieur des prisons, symbolisant les atrocitĂ©s gĂ©nĂ©ralisĂ©es commises par IsraĂ«l contre les Palestiniens.
Dans une dĂ©claration publiĂ©e vendredi, la PPS a exprimĂ© sa vive inquiĂ©tude quant au sort de Marwan Barghouti, aprĂšs un nouvel acte de torture psychologique commis contre sa famille, une pratique systĂ©matique dâIsraĂ«l conçue pour briser tout espoir chez les dĂ©tenus et leurs proches.
Ce matin, un individu se prĂ©sentant comme un ancien dĂ©tenu a appelĂ© la famille de Marwan et lui a transmis de fausses informations alarmantes sur ce que ce dernier serait en train de subir. Selon la PPS, de telles pratiques font partie de la stratĂ©gie de terreur actuelle dâIsraĂ«l contre les prisonniers et leurs familles, quâelle qualifie de crimes organisĂ©s.
Mort lente et liquidation délibérée des prisonniers
Le PPS a rĂ©affirmĂ© que les menaces ouvertes, les violences physiques et les attaques dirigĂ©es contre Barghouti et dâautres figures de proue du mouvement des prisonniers constituent une politique dĂ©libĂ©rĂ©e de lente agonie et dâĂ©limination.
Des milliers de dĂ©tenus incarcĂ©rĂ©s dans les prisons israĂ©liennes sont victimes dâabus incessants, notamment de torture, de privation de nourriture, dâisolement, dâagressions sexuelles et de refus de soins mĂ©dicaux, autant de formes dâexĂ©cutions au ralenti.
Les autoritĂ©s pĂ©nitentiaires continuent dâisoler plusieurs leaders dans des conditions Ă©prouvantes et dĂ©gradantes, tout en les soumettant Ă des punitions collectives et Ă des violences constantes. Barghouti lui-mĂȘme a Ă©tĂ© publiquement menacĂ© dans une vidĂ©o par le ministre extrĂ©miste Ben Gvir, ce que le Club a qualifiĂ© dâincitation claire Ă tuer des prisonniers, en particulier alors quâun projet de loi autorisant lâexĂ©cution de dĂ©tenus est en cours dâexamen.
Appel Ă une action internationale urgente
Le PPS a soulignĂ© que les crimes perpĂ©trĂ©s en toute impunitĂ© contre les prisonniers entachent le bilan de la communautĂ© internationale, qui continue de couvrir les politiques dâassassinat et de rĂ©pression dâIsraĂ«l.
LâONG de dĂ©fense des droits humains a Ă©galement appelĂ© Ă une intervention internationale immĂ©diate et concrĂšte pour protĂ©ger les dĂ©tenus et traduire en justice les dirigeants israĂ©liens pour leurs crimes.
Traduit par Spirit of Free Speech
https://english.palinfo.com/news/2025/12/05/353040/
đâđš 200 grands noms du monde des arts & des affaires rĂ©clament la libĂ©ration du âMandela palestinienâ
Par Juan Cole, le 3 décembre 2025
Ann Arbor â Patrick Wintour, du Guardian, rapporte quâenviron 200 personnalitĂ©s Ă©minentes du monde littĂ©raire, culturel et politique ont signĂ© une lettre ouverte rĂ©clamant la libĂ©ration de lâactiviste palestinien Marwan Barghouti, emprisonnĂ© en IsraĂ«l. Barghouti, 66 ans, est largement considĂ©rĂ© comme lâune des rares personnalitĂ©s capables dâunir les Palestiniens et de les mener vers la crĂ©ation dâun Ătat. IsraĂ«l lâemprisonne depuis 23 ans Ă lâissue dâun procĂšs que la plupart des observateurs jugent pour le moins extrĂȘmement contestable. IsraĂ«l semble se prĂ©parer Ă une vague dâexĂ©cutions de prisonniers palestiniens, dont certains sont dĂ©tenus sans inculpation ni procĂšs pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e.
La liste des signataires, qui comprend de nombreuses cĂ©lĂ©britĂ©s, compte Margaret Atwood, connue pour son roman âLa Servante Ă©carlateâ, Mark Ruffalo, alias lâIncroyable Hulk, Philip Pullman, auteur de âĂ la croisĂ©e des mondesâ, Paul Simon, Benedict Cumberbatch, alias Dr Strange, Sting, lâartiste chinois Ai Weiwei (lui-mĂȘme arrĂȘtĂ© et dĂ©tenu sans inculpation 81 jours), lâauteur Stephen Fry, lâentrepreneur milliardaire Richard Bramson, et dâautres Ă©crivains et personnalitĂ©s culturelles de premier plan.
Certains comparent cette campagne Ă celle qui a permis de libĂ©rer Nelson Mandela des prisons de lâAfrique du Sud de lâapartheid Ă la fin des annĂ©es 1980, et qui a prĂ©sagĂ© la fin de lâapartheid lui-mĂȘme.
Le leadership palestinien bat de lâaile, notamment sous lâinfluence dâIsraĂ«l et des Ătats-Unis. Les peuples occupĂ©s sont souvent divisĂ©s et gouvernĂ©s par des occupants Ă©trangers qui les corrompent, les espionnent et les manipulent. Ils font de tout leader indigĂšne qui rĂ©ussit un collaborateur ou un terroriste. Ils nuisent Ă lâĂ©conomie locale et favorisent ainsi lâĂ©chec dâune sociĂ©tĂ© Ă long terme. Les accords dâOslo de 1993 ont rĂ©duit lâOrganisation de libĂ©ration de la Palestine Ă un instrument de contrĂŽle des Palestiniens, pour prĂ©venir toute rĂ©volte contre leur occupation brutale. En consĂ©quence, lâOLP est aujourdâhui largement mĂ©prisĂ©e. Par ailleurs, le refus dâIsraĂ«l dâautoriser la tenue dâĂ©lections depuis 2006 a transformĂ© les dirigeants de lâAutoritĂ© palestinienne en une gĂ©rontocratie gangrenĂ©e par la corruption.
Le Hamas a Ă©tĂ© financĂ© par les IsraĂ©liens puis confinĂ© dans un grand camp de concentration Ă ciel ouvert, devenant ainsi une gouvernance plus hostile que complaisante jusquâaux attaques du 7 octobre 2023, actant la fin de toute nĂ©gociation israĂ©lo-amĂ©ricaine avec des reprĂ©sentants de ce gouvernement Ă©lu., actant la stratĂ©gie dâIsraĂ«l dâaffaiblissement et de division dans les rangs des dirigeants palestiniens.
Barghouti nâa jamais Ă©tĂ© mĂȘlĂ© Ă la corruption et Ă la collaboration qui entachent dĂ©sormais la rĂ©putation de lâOLP, car, bien quâil soit membre du Fatah, il a Ă©tĂ© emprisonnĂ© pendant cette pĂ©riode troublĂ©e.
NĂ© en 1959 dans le hameau de Kober, dans le gouvernorat de Ramallah, il est issu dâune famille de la classe moyenne. Son Ă©pouse, Nadwa, est avocate et militante pour les droits des femmes.
Adolescent, il a rejoint le Parti communiste et participĂ© Ă des manifestations pacifiques. Comme lâa montrĂ© lâhistorien Joel Beinin dans son ouvrage Was the Red Flag Flying There? Marxist Politics and the Arab-Israeli Conflict in Eqypt and Israel 1948-1965, il a rejoint le Parti communiste Ă lâadolescence et a participĂ© Ă des manifestations pacifiques. , le Parti communiste Ă©tait lâun des rares mouvements politiques en IsraĂ«l et en Palestine Ă compter Ă la fois des membres israĂ©liens et palestiniens, la doctrine marxiste rejetant le chauvinisme nationaliste.
Cependant, il estimait que le problĂšme israĂ©lo-palestinien ne pouvait pas ĂȘtre rĂ©solu en poussant la chansonnette autour dâun feu de camp, et il a rejoint le Fatah, le groupe dominant au sein de lâOLP, dirigĂ© par Yasser Arafat. En 1978, les IsraĂ©liens ont arrĂȘtĂ© Barghouti, alors ĂągĂ© de 19 ans, uniquement pour son appartenance Ă lâOLP. Il a Ă©tĂ© emprisonnĂ© quatre ans, et a terminĂ© ses Ă©tudes secondaires Ă la Prince Hassan High School de Bir Zeit en suivant des cours par correspondance depuis la prison.
AprĂšs sa libĂ©ration en 1982, alors quâil avait 23 ans, il a intĂ©grĂ© lâuniversitĂ© de Bir Zeit, oĂč il a obtenu une licence en histoire et en sciences politiques, puis a obtenu une maĂźtrise en relations internationales dans cette mĂȘme universitĂ©. Au cours des annĂ©es 1980, il sâest investi activement dans la politique universitaire et a Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident du conseil Ă©tudiant.
En 1987, les IsraĂ©liens lâont expulsĂ© vers la Jordanie, ce qui constitue un crime de guerre, car la quatriĂšme Convention de GenĂšve de 1949 interdit Ă une puissance occupante de dĂ©placer des membres dâune population occupĂ©e. Il a vĂ©cu en exil forcĂ© jusquâen 1993, date Ă laquelle IsraĂ«l a signĂ© les accords dâOslo avec lâOLP, qui a alors reconnu IsraĂ«l, mettant ainsi fin au conflit entre les deux parties.

De retour sur sa terre natale, il a obtenu un poste dâenseignant sur le campus principal dâAbu Dis de lâuniversitĂ© Al-Quds, Ă JĂ©rusalem. Barghouti Ă©tait connu pour ses bons rapports avec les IsraĂ©liens dans les annĂ©es 1990. Il est ensuite devenu secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Fatah en Cisjordanie, puis a Ă©tĂ© Ă©lu au Parlement palestinien créé aprĂšs les accords dâOslo. Il a fondĂ© le groupe paramilitaire laĂŻc Tanzim pour lutter contre la montĂ©e en puissance des militants fondamentalistes du Hamas. Il Ă©tait considĂ©rĂ© comme lâun des jeunes espoirs de la politique palestinienne sur lequel comptaient dâanciens dirigeants comme Yasser Arafat. Il critiquait toutefois la corruption endĂ©mique au sein de lâAutoritĂ© palestinienne.
Pendant la deuxiĂšme Intifada, les relations entre IsraĂ©liens et Palestiniens se sont Ă nouveau envenimĂ©es. En 2002, Barghouti a Ă©crit un Ă©ditorial pour le Washington Post intitulĂ© âSi vous cherchez la sĂ©curitĂ©, mettez fin Ă lâoccupationâ. Il y dĂ©clarait :
âAu cours des 15 derniers mois, IsraĂ«l a tuĂ© plus de 900 civils palestiniens, dont 25 % avaient moins de 18 ansâ,
ajoutant
âJe ne suis ni un terroriste, ni un pacifiste, juste un homme ordinaire issu du peuple palestinien. Je dĂ©fends le droit Ă la lĂ©gitime dĂ©fense en lâabsence de tout soutien extĂ©rieur. Un principe qui pourrait bien me coĂ»ter la vieâ.
Par la suite, une faction militante du Fatah a menĂ© des attaques en IsraĂ«l, tuant des dizaines dâIsraĂ©liens, et les autoritĂ©s israĂ©liennes ont accusĂ© Barghouti dâĂȘtre impliquĂ©, sans toutefois prĂ©senter la moindre preuve de cette allĂ©gation. En 2004, il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă cinq peines de prison Ă perpĂ©tuitĂ©.
Je condamne fermement le terrorisme consistant Ă attaquer des civils Ă des fins politiques. Mais dans le monde rĂ©el, ceux qui recourent Ă ces mĂ©thodes parviennent toutefois quelquefois Ă revenir sur la scĂšne politique. Menahem Begin, qui se vantait dâavoir mitraillĂ© des femmes et des enfants palestiniens innocents Ă Deir Yassin en 1948, est devenu Premier ministre dâIsraĂ«l et a reçu le Nobel de la paix. Ahmed al-Shara, ancien chef dâune branche dâAl-QaĂŻda emprisonnĂ© par les Marines amĂ©ricains en Irak et a commis bien plus dâactes terroristes que Begin, Ă©tait rĂ©cemment lâinvitĂ© dâhonneur de la Maison Blanche de Trump. Nelson Mandela lui-mĂȘme a commis des actes de violence politique dans sa jeunesse, pour lesquels il a Ă©tĂ© emprisonnĂ© ; il nâĂ©tait pas pacifiste. Une fois libĂ©rĂ©, il est devenu prĂ©sident de lâAfrique du Sud et a appelĂ© Ă la rĂ©conciliation.
Il a obtenu en prison un doctorat en sciences politiques en 2010 et sâest fait connaĂźtre pour avoir plaidĂ© en faveur de la retenue et contre la violence auprĂšs de lâopinion publique palestinienne.
Son conseil aux IsraĂ©liens en 2002, qui nâa malheureusement pas Ă©tĂ© suivi, reste dâactualitĂ© :âSi vous cherchez la sĂ©curitĂ©, mettez fin Ă lâoccupationâ. Si Barghouti pouvait apporter sa contribution, IsraĂ«l pourrait peut-ĂȘtre se sauver des pulsions autodestructrices qui le mĂšnent Ă sa perte.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Juan Cole est le fondateur et rĂ©dacteur en chef dâInformed Comment. Il est professeur dâhistoire Ă lâuniversitĂ© du Michigan, oĂč il occupe la chaire Richard P. Mitchell. Il est lâauteur, entre autres ouvrages, de Muhammad: Prophet of Peace amid the Clash of Empires et The Rubaiyat of Omar Khayyam. Suivez-le sur Twitter @jricole ou sur la page Facebook dâInformed Comment.
https://www.juancole.com/2025/12/luminaries-business-palestinian.html


