đâđš La Patagonie en flammes, ou comment Milei trahit lâArgentine au profit dâIsraĂ«l
Par Sarah B., le 10 janvier 2026
De la théorie du complot à la réalité ? Les incendies ouvrent la voie à une mainmise étrangÚre sur la derniÚre frontiÚre.
Alors que je parcourais les fils dâactualitĂ©, essayant de suivre le chaos dans le monde, je suis tombĂ©e sur une avalanche de reportages en provenance dâArgentine concernant des incendies de forĂȘt qui ravagent la Patagonie. Depuis le 5 janvier 2026 environ, les flammes ont dĂ©vastĂ© des milliers dâhectares dans la province de Chubut, dans des rĂ©gions comme El Hoyo, Puerto Patriada et prĂšs dâEpuyĂ©n, provoquant des Ă©vacuations au milieu dâune Ă©paisse fumĂ©e, de maisons dĂ©truites et dâĂ©cosystĂšmes menacĂ©s. Des milliers dâArgentins et autres hispanophones inondaient X de commentaires sur les incendies, la plupart dâentre eux Ă©tant extrĂȘmement virulents contre le gouvernement Milei. Des phrases telles que âLes sionistes essaient de voler la Patagonie !â et âMilei nous a vendus Ă IsraĂ«l !â apparaissaient sans cesse dans des fils de discussion devenus viraux, les utilisateurs partageant des vidĂ©os dâactivitĂ©s suspectes, Ă©tablissant un lien entre les incendies et des intĂ©rĂȘts Ă©trangers.
Je me suis dit que, bien sĂ»r, il pouvait sâagir de bots amplifiant lâindignation, mais lâarmĂ©e de bots dâElon a toujours Ă©tĂ© farouchement pro-Milei, enjolivant sans relĂąche son image de hĂ©ros du libre Ă©change et ses alliances Ă©troites avec IsraĂ«l. Alors pourquoi les habitants de la rĂ©gion, des Patagoniens du sud aux commentateurs urbains, ont -ils rĂ©agi avec tant de fureur, accusant leur propre prĂ©sident de permettre une prise de contrĂŽle sioniste ? Jâai creusĂ© le sujet, recoupant les tĂ©moignages oculaires, les vidĂ©os virales et la vague croissante de rĂ©actions publiques, et ce que jâai dĂ©couvert nâa Ă©tĂ© quâun nouvel exemple flagrant de lâimpĂ©rialisme sioniste balayant la planĂšte, mettant cette fois le feu aux frontiĂšres vierges de lâAmĂ©rique du Sud pour ouvrir la voie au contrĂŽle et Ă lâexploitation.
Dans une vidĂ©o filmĂ©e par le randonneur argentin MartĂn Morales, on voit un homme Ă genoux en train de mettre le feu aux herbes sĂšches et aux branches dans une zone Ă risque extrĂȘme dâincendie, tandis que son compĂ©re montait la garde. Morales les a interpellĂ©s en espagnol en criant : âPourquoi mettre le feu, mon frĂšre ?â Les hommes se sont empressĂ©s dâĂ©teindre les flammes avec lâeau dâun ruisseau tout proche, ont rassemblĂ© leur Ă©quipement et se sont enfuis sur le sentier sans un mot, laissant Morales sâassurer que le feu Ă©tait bien Ă©teint avant dâalerter les gardes forestiers par radio. Il a ensuite publiĂ© une vidĂ©o de suivi expliquant ses actions :
âJâĂ©tais seul, je ne pouvais pas mâapprocher â ils avaient manifestement de mauvaises intentions. Je me suis assurĂ© que le feu Ă©tait bien Ă©teint et quâils Ă©taient partis. Je ne pleure pas de peur, mais dâimpuissanceâ.
Puis le média local, Ahora Calafate, a rapporté :
âSelon [Morales], les touristes seraient dâorigine israĂ©lienne, une information dĂ©jĂ Ă©tĂ© transmise aux autoritĂ©sâŠâ
Cet incident, qui sâest produit vers le 6 janvier, coĂŻncide avec le dĂ©clenchement de multiples incendies qui ont depuis gĂ©nĂ©rĂ© un gigantesque brasier, ravageant plus de 17 500 hectares dans la province de Chubut et forçant lâĂ©vacuation de plus de 3 000 touristes et rĂ©sidents. Une Ă©paisse fumĂ©e a recouvert la rĂ©gion, dĂ©truisant des habitations, brĂ»lant les terres des Mapuches et anĂ©antissant des Ă©cosystĂšmes anciens, le Chili envoyant une aide transfrontaliĂšre alors que les brigades argentines, en manque de moyens, peinaient Ă faire face.
Pour ajouter aux soupçons dâactes criminels, des rapports provenant de sources argentines et des publications sur X ont affirmĂ© que les autoritĂ©s ont dĂ©couvert plusieurs grenades Ă fragmentation M26, du matĂ©riel militaire utilisĂ© par les forces amĂ©ricaines et israĂ©liennes Ă©parpillĂ©es prĂšs du lac EpuyĂ©n. Le procureur de Chubut a confirmĂ© quâau moins un incendie a Ă©tĂ© allumĂ© Ă lâaide dâaccĂ©lĂ©rateurs tels que de lâessence. Le gouverneur Ignacio Torres a promis que âLes misĂ©rables qui ont dĂ©clenchĂ© lâincendie finiront en prisonâ, alors quâune chasse Ă lâhomme Ă©tait lancĂ©e et une rĂ©compense de 50 millions de pesos offerte pour toute information.
Cela mâa mis la puce Ă lâoreille. Pourquoi des IsraĂ©liens mettraient-ils le feu Ă ce coin reculĂ© et riche en ressources de la planĂšte ? La Patagonie, ce nâest pas seulement une nature sauvage Ă©poustouflante et des doudounes. Elle regorge de vastes rĂ©serves dâeau douce et abrite certaines des sources dâeau glaciaire les plus pures de la planĂšte, dâimmenses aquifĂšres et des riviĂšres alimentant les Ă©cosystĂšmes mondiaux. Elle regorge Ă©galement des ressources prĂ©fĂ©rĂ©es dâElon : des minĂ©raux comme le lithium, les terres rares, le cuivre, le zinc, lâargent et mĂȘme des gisements dâuranium dans des zones stratĂ©giques. Le pĂ©trole, le gaz et les terres inexploitĂ©s de la rĂ©gion en font Ă©galement un lieu dâune importance gĂ©opolitique vitale, une zone prĂȘte Ă ĂȘtre placĂ©e sous contrĂŽle Ă lâĂšre des guerres pour les ressources et de la pĂ©nurie liĂ©e au climat.
En creusant davantage, jâai dĂ©couvert une tendance impossible Ă ignorer, qui remonte Ă plus dâune dĂ©cennie de lâautre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre, au Chili, oĂč des incidents similaires ont ravagĂ© le parc national Torres del Paine, lâune des zones protĂ©gĂ©es les plus emblĂ©matiques dâAmĂ©rique du Sud. Fin dĂ©cembre 2011, Rotem Singer, randonneur israĂ©lien et ancien combattant de lâarmĂ©e israĂ©lienne, alors ĂągĂ© de 23 ans, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, soupçonnĂ© dâavoir dĂ©clenchĂ© un gigantesque incendie dans le parc en omettant dâĂ©teindre complĂštement un rouleau de papier toilette en feu. Lâincendie a fait rage pendant des jours, dĂ©truisant plus de 17 000 hectares de forĂȘt et de steppe vierges, dâanciens lengas et des habitats fauniques, et contraignant Ă lâĂ©vacuation. Singer a reconnu sa nĂ©gligence dans le cadre dâun accord de plaidoyer, a payĂ© une amende dâenviron 10 000 dollars au service forestier chilien (CONAF), effectuĂ© des travaux dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral pour la prĂ©servation du parc et Ă©tĂ© expulsĂ©. Un sĂ©nateur chilien a exigĂ© une indemnisation de la part dâIsraĂ«l, qui, bien sĂ»r, nâest jamais venue. La famille et les soutiens de Singer ont insistĂ© sur la thĂšse de lâaccident, son grand-pĂšre qualifiant les accusations de âbizarresâ et mettant en avant son service militaire dans une unitĂ© de combat. Mais les habitants et certains enquĂȘteurs ont rejetĂ© lâexcuse du âpapier toiletteâ, invraisemblable compte tenu de lâampleur de lâincendie et de sa propagation rapide dans des conditions sĂšches et venteuses, la qualifiant de âbidonâ
Et ce nâĂ©tait pas un cas isolĂ©. En 2014, quatre randonneurs israĂ©liens ont Ă©tĂ© expulsĂ©s de Torres del Paine pour avoir
âenfreint les lois de la rĂ©gion dans lâenceinte du parc dans le but dâallumer un feu de joieâ.
Le pĂšre de lâun des voyageurs israĂ©liens a dĂ©clarĂ© Ă Ynet :
âTout ce quâils voulaient, câĂ©tait rĂ©chauffer du thonâ.
Essayez de ne pas rire⊠Ils ont fait lâobjet dâamendes et de plaintes pour dĂ©gradations, certains dĂ©crivant des interrogatoires menĂ©s via Google Translate.
Avance rapide jusquâen 2017, lorsquâun autre groupe de touristes israĂ©liens a Ă©tĂ© expulsĂ© de Torres del Paine. La directrice de la SociĂ©tĂ© nationale des forĂȘts, Elizabeth Munoz, a rĂ©vĂ©lĂ© un fait choquant :
âJâai examinĂ© les statistiques et depuis 2012, nous avons eu 36 expulsions, dont 23 concernaient des IsraĂ©liens, et ces trois-lĂ sont Ă©galement des IsraĂ©liens. Il semble quâils aient pour habitude de ne pas obĂ©ir et dâenfreindre les rĂšglesâ.
Oui, les IsraĂ©liens reprĂ©sentent prĂšs des deux tiers des 36 expulsions du parc ! Certaines auberges ont mĂȘme commencĂ© Ă refuser purement et simplement les ressortissants israĂ©liens. Bien quâaucun incendie majeur nâait Ă©tĂ© directement liĂ© aux IsraĂ©liens dans les rapports de 2017, le scĂ©nario des infractions en matiĂšre dâincendie a persistĂ©, souvent liĂ© aux voyageurs en âannĂ©e sabbatiqueâ aprĂšs leur service dans lâarmĂ©e israĂ©lienne affluant en Patagonie pour lâaventure. Mauvais comportement ? Plan coordonnĂ© ? Je ne sais pas, mais revenons Ă lâArgentineâŠ
Le vĂ©ritable Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur du cauchemar argentin est Javier Milei, lâautoproclamĂ© âanarcho-capitalisteâ qui a transformĂ© le pays en un spectacle de marionnettes sioniste. Milei, un fervent sioniste soutenu bec et ongles par les Ătats-Unis et IsraĂ«l, ne sâest pas contentĂ© de rĂ©duire les dĂ©penses publiques : il a dĂ©mantelĂ© les agences mĂȘmes qui auraient pu prĂ©venir cette catastrophe. Sous son austĂ©ritĂ© Ă la tronçonneuse, les budgets environnementaux ont Ă©tĂ© sabrĂ©s jusquâĂ 84,5 % en termes rĂ©els en raison de lâinflation, de la sous-exĂ©cution et de changements politiques dĂ©libĂ©rĂ©s, paralysant ainsi la lutte contre les feux de forĂȘt et les tentatives de conservation des forĂȘts Ă tous les niveaux. Le Service national de gestion des incendies (Servicio Nacional de Manejo del Fuego), paralysĂ© par des coupes sombres dâenviron 81 % en 2024 par rapport Ă 2023, sâest trouvĂ© cruellement Ă court de ressources pour la prĂ©vention, les brigades et le soutien aĂ©rien, alors que les risques dâincendie ont augmentĂ© en raison du changement climatique et de la sĂ©cheresse. Le Fonds pour la protection environnementale des forĂȘts indigĂšnes (Fondo para la ProtecciĂłn Ambiental de los Bosques Nativos), intĂ©gralement supprimĂ© par un dĂ©cret dâoctobre 2024 (dĂ©cret 888/2024), a ainsi privĂ© de financement la conservation, les projets de restauration et la lutte de la province contre la dĂ©forestation illĂ©gale et les incendies. LâAdministration des parcs nationaux (AdministraciĂłn de Parques Nacionales) a vu son budget rĂ©duit de 34 % entre 2023 et 2024, ne laissant quâun effectif rĂ©duit dâenviron 350 Ă 391 pompiers Ă lâĂ©chelle nationale pour couvrir plus de 5 millions dâhectares de terres protĂ©gĂ©es, un nombre bien infĂ©rieur aux 700 recommandĂ©s, les demandes de renforts ayant Ă©tĂ© largement rejetĂ©es. Les âajustementsâ de Milei, notamment la dissolution du ministĂšre de lâEnvironnement au profit dâun sous-secrĂ©tariat dĂ©classĂ© et des mesures plus gĂ©nĂ©rales de rĂ©duction de lâĂtat, ont laissĂ© lâArgentine sans dĂ©fense face Ă ces incendies, transformant un Ă©tĂ© sec en apocalypse tandis que les habitants et les experts dĂ©noncent cette politique comme facteur dĂ©libĂ©rĂ© de vulnĂ©rabilitĂ© environnementale.
Jâai discutĂ© avec des Argentins sur le terrain, des amis, des contacts, des gens ordinaires, et ils sont furieux. âNotre gouvernement nous a trahisâ, mâa dit lâun dâeux, dĂ©crivant un ciel noir de cendres et des familles fuyant sans rien. Des maisons dĂ©truites, des moyens de subsistance ruinĂ©s, et aucune aide rĂ©elle en vue.
Les Chiliens, gĂ©nĂ©reux, sont intervenus avec des Ă©quipes de pompiers et des ressources, car lâArgentine est trop ruinĂ©e et affaiblie pour sâen sortir seule. La coopĂ©ration transfrontaliĂšre a Ă©tĂ© une bouĂ©e de sauvetage lors dâincidents passĂ©s et les habitants sont reconnaissants de lâaide de leurs voisins alors que leur propre gouvernement semble absent. Les communautĂ©s autochtones Mapuche, dĂ©jĂ engagĂ©es dans des luttes de longue date contre lâaccaparement des terres, les rachats Ă©trangers et les expulsions, sont les plus durement touchĂ©es : leurs territoires ancestraux sont incendiĂ©s, leurs sites culturels menacĂ©s et les dĂ©placements sâamplifient. Pendant ce temps, le rĂ©gime de Milei et des personnalitĂ©s telles que la ministre de la SĂ©curitĂ© Patricia Bullrich les qualifie de âterroristesâ ou de âgroupes terroristes mapuches autoproclamĂ©sâ (ça vous dit quelque chose, non ?). Ce bouc Ă©missaire sert Ă dĂ©tourner lâattention des vĂ©ritables suspects dâincendie criminel, des coupes budgĂ©taires qui ont paralysĂ© la prĂ©vention et des pressions plus gĂ©nĂ©rales sur les ressources, tandis que les groupes de dĂ©fense des droits humains condamnent cette criminalisation comme un moyen de ouvrir la voie Ă lâexploitation.
La soumission de Milei aux sionistes nâest un secret pour personne. Il a Ă©tĂ© sauvĂ© Ă plusieurs reprises par les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains et israĂ©liens, se blottissant contre Netanyahu comme un petit chien, lui rendant visite en IsraĂ«l peu aprĂšs sa victoire Ă©lectorale de 2023 et alignant la politique Ă©trangĂšre de lâArgentine sur les âmenaces perçues pour la libertĂ©â. Le tout en ignorant le tollĂ© mondial concernant Gaza. Il agite des drapeaux israĂ©liens lors de rassemblements, a transfĂ©rĂ© lâambassade Ă JĂ©rusalem et a mĂȘme lancĂ© les âAccords Isaacâ avec une manne dâun million de dollars provenant du Prix Genesis afin de lier plus Ă©troitement lâAmĂ©rique latine Ă IsraĂ«l, Ă lâimage des Accords dâAbraham, en favorisant les liens technologiques, sĂ©curitaires, commerciaux et culturels, en commençant par lâUruguay, le Panama et le Costa Rica, tout en envisageant une expansion vers le BrĂ©sil, la Colombie et le Chili. Certains murmurent quâil sâest dĂ©jĂ converti au judaĂŻsme en secret, Ă©tudiant sous la direction du rabbin Shimon Axel Wahnish (ambassadeur dâArgentine en IsraĂ«l) et participant Ă des Ă©vĂ©nements du mouvement Chabad. Dâautres affirment quâil ne fait que jouer le jeu du pouvoir, tirant parti du soutien sioniste pour consolider son rĂ©gime en plein marasme Ă©conomique. Quoi quâil en soit, son administration a largement ouvert la porte Ă lâinfluence israĂ©lienne, depuis les accords prĂ©dateurs de Mekorot sur lâeau qui dĂ©pouillent les ressources locales jusquâaux achats massifs de terres par des magnats liĂ©s au sionisme comme Eduardo Elsztain et Joe Lewis.
Dans le domaine de lâeau, Mekorot, le gĂ©ant public israĂ©lien de lâeau, tristement cĂ©lĂšbre pour avoir imposĂ© un apartheid de lâeau en Palestine en refusant lâaccĂšs aux Palestiniens tout en favorisant les colonies israĂ©liennes, a signĂ© des accords avec au moins 12 provinces argentines depuis 2022 (dont Mendoza, San Juan, La Rioja, Catamarca, RĂo Negro, Formosa, Santa Cruz, Santa Fe, Santiago del Estero, Jujuy, Chubut et NeuquĂ©n), fournissant une âassistance techniqueâ pour les plans directeurs, lâĂ©valuation Ă©conomique de lâeau et les cadres rĂ©glementaires qui, selon les critiques, ouvrent la voie Ă la privatisation et Ă lâexploitation. Ces accords opaques, souvent dĂ©pourvus de consultation publique et de transparence sur les coĂ»ts (seules RĂo Negro et Catamarca ont divulguĂ© leurs dĂ©penses), profitent aux oligarques miniers et agricoles tandis que les populations locales sont confrontĂ©es Ă la pĂ©nurie dâeau. Sous Milei, cette dynamique sâest intensifiĂ©e avec la privatisation prĂ©vue en 2025 dâAySA (le service public national de lâeau argentin desservant 11 millions de personnes Ă Buenos Aires), alimentant les craintes de lâemprise de Mekorot, contrĂŽlant ainsi jusquâĂ la moitiĂ© de lâapprovisionnement en eau du pays, malgrĂ© la rhĂ©torique âlibertaireâ de Milei contre lâintervention de lâĂtat (tant quâil ne sâagit pas de lâĂtat argentin). Des manifestations ont Ă©clatĂ©, les militants qualifiant lâopĂ©ration de âcolonialisme de lâeauâ, alors que Mekorot lorgne sur les glaciers et les aquifĂšres de Patagonie pour les exporter dans un contexte de pĂ©nurie mondiale. Quand une entitĂ© privĂ©e extĂ©rieure contrĂŽle lâeau dâun pays, cela donne littĂ©ralement la chair de poule.
Vient ensuite Eduardo Elsztain, le magnat sioniste argentin surnommĂ© âle Juif le plus riche dâAmĂ©rique du Sudâ, dont lâempire a Ă©tĂ© bĂąti grĂące Ă une injection initiale de 10 millions de dollars de George Soros en 1990, et qui englobe IRSA (gĂ©ant de lâimmobilier), Cresud (gĂ©ant de lâagroalimentaire dont lâĂ©levage bovin est liĂ© Ă la dĂ©forestation dans le Gran Chaco), ainsi que dâimmenses propriĂ©tĂ©s personnelles de plus de 100 000 hectares prĂšs de San Carlos de Bariloche en Patagonie, sans compter des participations dans des entreprises brĂ©siliennes et amĂ©ricaines. Fervent adepte du Chabad-Lubavitch et ayant de la famille en IsraĂ«l, Elsztain a occupĂ© le poste de trĂ©sorier du CongrĂšs juif mondial (soutenu par des poids lourds sionistes tels quâEdgar Bronfman et Michael Steinhardt), dĂ©tient une participation majoritaire dans le conglomĂ©rat israĂ©lien IDB (actifs de 35 milliards de dollars, couvrant les tĂ©lĂ©communications, les supermarchĂ©s et lâassurance), et sert de liaison entre Milei et les rĂ©seaux juifs orthodoxes. Ses accaparements de terres, notamment cinq puits gĂ©ants dans la rĂ©gion de Mendoza frappĂ©e par la sĂ©cheresse offerts par Milei, ont alimentĂ© les thĂ©ories de colonisation sioniste, ses dĂ©tracteurs lâaccusant de transformer la Patagonie en zone dâextraction de ressources pour les Ă©lites mondiales.
Joe Lewis, le milliardaire britannique aux liens obscurs avec des spĂ©culateurs monĂ©taires comme Soros (via des transactions des annĂ©es 1990 qui ont ruinĂ© des Ă©conomies), complĂšte ce cercle. Son domaine Lago Escondido empĂȘche non seulement lâaccĂšs aux populations autochtones et au public, mais accueille Ă©galement des retraites dâĂ©lite pour juges, magnats des mĂ©dias et politiciens, brouillant ainsi les frontiĂšres entre le monde des affaires et lâĂtat. Le domaine fonctionne comme une enclave privatisĂ©e de facto que les habitants et les militants qualifient depuis longtemps dââĂtat parallĂšleâ Ă©chappant Ă la loi argentine. Acquis par le biais dâachats prĂ©tendument irrĂ©guliers Ă partir des annĂ©es 1990 (via des sociĂ©tĂ©s comme Hidden Lake S.A.), le terrain se trouve dans une âzone de sĂ©curitĂ© frontaliĂšreâ Ă accĂšs restreint oĂč la propriĂ©tĂ© Ă©trangĂšre est interdite en vertu de la loi argentine sur la dĂ©fense nationale. Pourtant, Lewis a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă le clĂŽturer, Ă y construire un immense manoir, un aĂ©roport privĂ© (non surveillĂ© par lâĂtat), un hĂ©liport, des centrales Ă©lectriques, des terrains de foot, des Ă©curies et bien plus encore, bloquant lâaccĂšs public au lac malgrĂ© plus de 25 dĂ©cisions de justice (depuis 2005) ordonnant lâouverture des routes. Ce qui distingue Lewis, câest son recours prĂ©sumĂ© Ă une sĂ©curitĂ© privĂ©e agressive, dĂ©crite dans de multiples rapports dâenquĂȘte comme une âarmĂ©e privĂ©eâ ou des gangs organisĂ©s pour faire respecter le blocus et repousser les intrus. Bien quâil ne soit pas ouvertement sioniste dans les mĂ©dias grand public, on lây associer par le biais de son hĂ©ritage juif et de son âĂtat parallĂšleâ en Patagonie, oĂč il a accueilli nombre de sionistes et attisĂ© les craintes dâaccaparement des terres en 2025, attribuĂ©es Ă des incendies criminels visant Ă dĂ©valoriser les propriĂ©tĂ©s pour les acheter Ă bas prix. Ces magnats sont plus que de simples investisseurs, ils sont lâavant-garde dâune prise de contrĂŽle, transformant le sud de lâArgentine en un avant-poste sioniste privatisĂ©.
Oui, tout cela est assez choquant, nâest-ce pas ? Mais il y a plus effrayant. Alors que je creusais davantage sur les accaparements de terres en Patagonie et le rĂ©seau dâinfluence des milliardaires qui Ă©touffe la rĂ©gion, je suis tombĂ©e sur ce post Reddit datant de six mois sur r/RepublicaArgentina qui mâa glacĂ© le sang. IntitulĂ© âThĂ©ories du complot, ou sont-ils sĂ©rieusement en train dâoccuper la Patagonie...â, un fil de discussion lancĂ© par un utilisateur (u/Interroga_Omnia) partageant des commentaires anonymes de locaux Ă El BolsĂłn.
Le post comprenait des tĂ©moignages brossant un tableau inquiĂ©tant. Une personne dâEl BolsĂłn affirmait que âdes tonnes dâIsraĂ©liensâ Ă©taient prĂ©sents dans la rĂ©gion depuis 20 ans, dont beaucoup aprĂšs leur service militaire, achetant des terres et gĂ©rant une âgrande aubergeâ oĂč ils coordonnent leurs plans. Ils ont surtout affirmĂ© que les terrains ont reçu lâautorisation Ă ĂȘtre dĂ©veloppĂ©s aprĂšs des incendies de forĂȘt, car les flammes dĂ©truisent les protections forestiĂšres indigĂšnes, permettant ainsi aux acheteurs de les exploiter ou de les revendre. Ils ont soulignĂ© que pendant des annĂ©es, la loi forestiĂšre a pu bloquer de telles pratiques, mais que le mĂ©ga-dĂ©cret de Milei a ouvert les vannes aux abus.
Un autre habitant dâEl BolsĂłn a renchĂ©ri. On avait proposĂ© Ă son grand-pĂšre un prix ridiculement bas pour 7 hectares Ă Los Repollos. I avait refusĂ©, et quelques mois plus tard, un immense incendie a ravagĂ© la rĂ©gion, aprĂšs quoi les offres ont considĂ©rablement baissĂ©.
Le fil de discussion sâest Ă©toffĂ© dâautres anecdotes, notamment une interview vidĂ©o de lâemployĂ© dâune auberge tombĂ© par hasard sur un groupe de touristes israĂ©liens dans la forĂȘt, Ă©quipĂ©s de matĂ©riel de communication radio longue portĂ©e et de tĂ©lĂ©phones satellites. Lorsquâils ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©s, les membres du groupe ont paniquĂ©, ont parlĂ© nerveusement en hĂ©breu et ont rapidement tout escamotĂ©.
Lâauteur du post a conclu en se demandant : âPeut-ĂȘtre que le Plan Andinia est un canular ou quâil a Ă©tĂ© abandonnĂ© il y a longtemps, mais peut-ĂȘtre que ces personnes ont vu une opportunitĂ© et ont agi de leur propre initiativeâ. De quelle conspiration parlaient-ils ? En parcourant les rĂ©ponses aux diffĂ©rents messages, une expression revenait sans cesse, rĂ©pĂ©tĂ©e comme un mantra : âPlan Andiniaâ. Les gens partageaient des liens vers de vieux documents, des citations de Herzl, des rapports militaires argentins des annĂ©es 1970 et des fils de discussion rĂ©cents reliant le tout aux politiques de Milei, aux âroutardsâ Ă©trangers et aux incendies. Jâai fait le rapprochement, et nous voilĂ plongĂ©s dans le terrier du lapinâŠ
Le cĆur de tout ce dĂ©sordre remonte au Plan Andinia, un concept que les sionistes rejettent dâemblĂ©e comme une thĂ©orie du complot antisĂ©mite sans fondement (comme dâhabitude), mais qui ne cesse de refaire surface avec une persistance inquiĂ©tante. Le but nâest pas de prouver noir sur blanc sâil est vrai ou faux, mais plutĂŽt que âce sont des complots jusquâĂ ce quâelles ne le soient plusâ. Lâhistoire regorge de complots niĂ©s, minimisĂ©s ou qualifiĂ©s de âmythesâ jusquâĂ ce que les preuves sâaccumulent et quâil soit trop tard, lorsque les terres sont dĂ©jĂ achetĂ©es, les ressources verrouillĂ©es et la carte redessinĂ©e.
Ses racines historiques remontent Ă la fin du XIXe siĂšcle, lorsque Theodor Herzl, pĂšre du sionisme politique moderne, sâest demandĂ© oĂč une patrie juive pourrait ĂȘtre Ă©tablie au milieu de lâantisĂ©mitisme galopant en Europe. Dans sa brochure rĂ©volutionnaire de 1896, âDer Judenstaatâ (LâĂtat juif), Herzl considĂ©rait explicitement lâArgentine comme une alternative sĂ©rieuse Ă la Palestine, soulignant ses vastes terres, son sol fertile, sa faible densitĂ© de population et les politiques favorables Ă lâimmigration des gouvernements argentins. Si Herzl sâest finalement tournĂ© vers la Palestine comme objectif principal, lâoption argentine nâĂ©tait pas marginale. Elle a fait lâobjet dâun dĂ©bat sĂ©rieux dans les premiers cercles sionistes en tant que solution de repli viable ou voie parallĂšle.
Ce dĂ©bat sâest traduit par des actions concrĂštes et documentĂ©es : le philanthrope Baron Maurice de Hirsch a fondĂ© la Jewish Colonization Association (JCA) en 1891 afin de financer des colonies agricoles pour les Juifs dâEurope de lâEst fuyant les pogroms. La JCA acquit dâimmenses Ă©tendues de terres, atteignant finalement plus de 600 000 hectares rien quâen Argentine, et Ă©tablit plus de 20 colonies, principalement dans les provinces fertiles de la Pampa telles quâEntre RĂos, Santa Fe, Buenos Aires, La Pampa et Corrientes.

Ces initiatives Ă©taient dĂ©crites comme des efforts humanitaires visant Ă offrir un refuge, Ă favoriser lâautosuffisance et Ă faciliter lâintĂ©gration dans la sociĂ©tĂ© argentine, les colons devenant des « gauchos juifs » grĂące Ă la culture du blĂ©, du maĂŻs et du lin, Ă lâĂ©levage et, plus tard, Ă des industries lĂ©gĂšres. Ă leur apogĂ©e dans les annĂ©es 1920, elles faisaient vivre des dizaines de milliers dâagriculteurs sur environ 1,5 million dâacres Ă travers lâArgentine et le BrĂ©sil, avec lâĂ©mergence de forts Ă©lĂ©ments culturels sionistes (dĂ©bats sur IsraĂ«l, théùtres yiddish, synagogues).

La version moderne du âPlan Andiniaâ est une thĂ©orie qui allĂšgue lâexistence dâun complot sioniste/israĂ©lien secret visant Ă conquĂ©rir et Ă proclamer un deuxiĂšme Ătat juif spĂ©cifiquement dans le sud de la Patagonie (Argentine et Chili), apparue dans les annĂ©es 1970 dans les cercles dâextrĂȘme droite argentins. En 1971, lâĂ©conomiste et professeur ultranationaliste Walter Beveraggi Allende lâa popularisĂ©e Ă travers des tracts et des articles dans des magazines comme Cabildo, affirmant que les sionistes achetaient secrĂštement des terres pour saper la souverainetĂ© argentine et Ă©tablir âAndiniaâ (un mot formĂ© Ă partir dâAndes et de Patagonie). Cette thĂ©orie a progressĂ© pendant la dictature militaire de 1976 Ă 1983, au cours de laquelle des prisonniers juifs (dont le journaliste Jacobo Timerman) auraient Ă©tĂ© torturĂ©s et interrogĂ©s sans relĂąche sur les plans dâinvasion de lâarmĂ©e israĂ©lienne en Patagonie. Timerman a par la suite tournĂ© cet Ă©pisode en dĂ©rision dans ses mĂ©moires, le qualifiant de fantasme paranoĂŻaque, mais est-ce vraiment le cas ? Ou sâagit-il lĂ dâun cas typique de manipulation mentale ?
Les historiens et universitaires traditionnels sâempressent de maniĂšre suspecte de qualifier le Plan Andinia de propagande antisĂ©mite sans aucune preuve de complots en cours, mais les preuves commencent Ă devenir accablantes. Les vieilles thĂ©ories ont la vie dure, et celle-ci a refait surface dans les annĂ©es 2010 Ă propos de randonneurs israĂ©liens ayant allumĂ© des feux en Patagonie, lors des scandales mĂ©diatiques de 2023, et maintenant en 2025â2026 au beau milieu des politiques pro-israĂ©liennes de Milei, des achats massifs de terres par des personnalitĂ©s liĂ©es au sionisme, et des incendies qui dĂ©frichent des forĂȘts protĂ©gĂ©es au nom du âdĂ©veloppementâ.
Le scĂ©nario est indĂ©niable et Ă©culĂ© : le nier et le qualifier de âcomplotâ tandis que les acquisitions se font discrĂštement, que les lois sont Ă©rodĂ©es (comme les modifications de la loi sur la gestion des incendies) et que la rĂ©gion change de mains. Lorsque la fumĂ©e se dissipe (sans jeu de mots), les gens se demandent comment cela a pu se produire sous leur nez. Il ne sâagit pas de porter une âaccusation gĂ©nĂ©raleâ, mais de sâinterroger sur ce qui se passe lorsque les âcomplotsâ coĂŻncident avec des manipulations de pouvoir visibles. Les questions se font plus pressantes, et les ignorer ne les fait pas disparaĂźtre, elles ne font quâempirer les choses.
Aujourdâhui encore, ceux qui ont tentĂ© de sensibiliser le public au Plan Andinia, pour se heurter Ă une vive rĂ©action le qualifiant de âdiscours de haineâ alors que les questions sous-jacentes persistent. En menant mes propres recherches, je suis tombĂ© sur le cas Ă©trange de la chaĂźne Islam Channel, basĂ©e au Royaume-Uni, un diffuseur qui touche des millions de personnes dans les communautĂ©s musulmanes. En fĂ©vrier 2021, elle a diffusĂ© un documentaire dâune heure intitulĂ© The Andinia Plan, affirmant sans dĂ©tour quâun complot sioniste est en cours pour Ă©tablir un nouvel Ătat juif en Patagonie, sâĂ©tendant entre lâArgentine et le Chili. Le film nây allait pas par quatre chemins, affirmant quâil existe des âsignes fiablesâ de ce complot en cours : acquisitions massives de terres par des investisseurs liĂ©s Ă IsraĂ«l, des vagues de randonneurs post-armĂ©e israĂ©lienne en repĂ©rage sur le terrain, et mĂȘme lâapparition dans la rĂ©gion dâentreprises suspectes arborant lâĂ©toile de David. Des liens historiques entre Herzl et les accords actuels prĂ©sentent le tout comme une appropriation furtive de terres dĂ©guisĂ©e en tourisme et en investissement.
Mais câest lĂ que la machine Ă dĂ©mentir se met en marche : en septembre 2023, lâautoritĂ© de rĂ©gulation britannique Ofcom a infligĂ© Ă la chaĂźne une amende de 40 000 ÂŁ pour âviolations graves et rĂ©pĂ©tĂ©esâ des codes de diffusion, jugeant que le documentaire constituait un discours de haine antisĂ©mite ancrĂ© dans des clichĂ©s nĂ©onazis. La dĂ©cision a fustigĂ© la chaĂźne pour avoir promu des âstĂ©rĂ©otypes prĂ©judiciablesâ sans preuve, obligeant Islam Channel Ă prĂ©senter des excuses Ă lâantenne, qui a attribuĂ© cela sur le compte dâune âerreurâ commise par de nouveaux employĂ©s. Les critiques se sont multipliĂ©es, des groupes comme lâADL reprenant Ă leur compte quâil sâagissait de propagande recyclĂ©e destinĂ©e Ă semer la division. Pourtant, dans le mĂȘme temps, le film mettait en lumiĂšre des Ă©lĂ©ments rĂ©els, comme ces enseignes dâentreprise inquiĂ©tantes en Patagonie, que les habitants photographient et partagent depuis des annĂ©es, soulevant la question : pourquoi de telles images existent-elles si tout cela nâest quâun mythe ?
Nâest-ce pas toujours la mĂȘme stratĂ©gie ? Amplifier la thĂ©orie dans les mĂ©dias alternatifs pour provoquer un effet Streisand, accabler lâauteur dâĂ©tiquettes âantisĂ©mitesâ et dâamendes, puis voir le dĂ©bat disparaĂźtre tandis que les achats de terrains, les licenciements et les transactions continuent. Tout nâest que âcomplotâ jusquâĂ ce que la preuve vous saute aux yeux, et Ă ce moment-lĂ , il est souvent trop tard.
Au cours de mes recherches, je suis tombĂ©e sur cet article dĂ©chirant de Milagros JuĂĄrez, publiĂ© dans une tribune libre pour Diario Uno le 18 juin 2025. Son ton est cru, quasi prophĂ©tique, et elle prĂ©sente le Plan Andinia comme quelque chose qui pourrait bien se dĂ©rouler en ce moment mĂȘme sous la gouvernance de Milei. Elle le qualifie de ârĂ©alitĂ©â mettant en danger toute lâAmĂ©rique du Sud, avertissant quâun ânouvel IsraĂ«lâ en Patagonie pourrait transformer les pays voisins en futurs Irans ou Syries, des zones de guerre imminente.
Elle prĂ©sente Milei comme un âconverso al judaĂsmoâ (converti au judaĂŻsme), Ă©tablit un lien entre lâaccaparement de terres, les ventes Ă bas prix, les vols directs vers Tel-Aviv et les nouveaux accords de sĂ©curitĂ© sociale favorisant les migrants juifs, tout en critiquant le timing au milieu des tensions mondiales. Câest le cri de quelquâun qui voit dans ce schĂ©ma une rĂ©alitĂ© trop Ă©vidente pour ĂȘtre ignorĂ©e, appelant les lecteurs Ă reconnaĂźtre le danger avant quâil ne devienne irrĂ©versible.
Cet article dâopinion a fait le buzz en ligne, les dĂ©tracteurs le qualifiant dâincitateur Ă la haine et ses dĂ©fenseurs affirmant quâil exprime enfin ce que murmurent les habitants. Quoi quâil en soit, il reflĂšte un changement : ce qui nâĂ©tait autrefois quâune âthĂ©orie du complotâ est dĂ©sormais ouvertement dĂ©battu dans les grands mĂ©dias argentins comme une menace gĂ©opolitique.
Et lâimage devenue bombe mĂ©diatique : Benjamin Netanyahu lors dâune rĂ©union en 2025 avec Milei, Ă©tudiant attentivement une carte centrĂ©e sur le sud de lâAmĂ©rique du Sud, avec la Patagonie au premier plan, juste au moment de nouveaux accords bilatĂ©raux et des frappes israĂ©liennes sur lâIran. La photo (publiĂ©e sans explication officielle) a immĂ©diatement dĂ©clenchĂ© un tollĂ©, les gens se demandant : coĂŻncidence ou signal ?
Cette image illustre parfaitement le moment oĂč Netanyahu se penche sur la carte tandis que Milei lâobserve, en pleines discussions sur la coopĂ©ration militaire, lâaccĂšs aux ressources et les accords migratoires permettant aux IsraĂ©liens de bĂ©nĂ©ficier des prestations sociales argentines. Câest le genre dâimage qui rend la âconspirationâ beaucoup moins thĂ©orique.
Tout comme le discours actuel aux Ătats-Unis, ce regain dâintĂ©rĂȘt nâest pas vraiment marginal : il est prĂ©sent dans les journaux, des photos virales et des dĂ©bats houleux. Lorsquâune religieuse en parle avec une telle urgence Ă©motionnelle et que le prĂ©sident pose avec Netanyahu devant une carte de la Patagonie, le dĂ©ni devient plus difficile Ă maintenir.
Si les repĂšres historiques, les rapports mĂ©diatiques et les avertissements dĂ©chirants de voix comme celle de SĆur JuĂĄrez ne suffisent pas Ă vous faire rĂ©flĂ©chir, alors regardez les signes tangibles sur le terrain en Patagonie. Le genre dââindicesâ que les thĂ©oriciens citent comme preuve dâun plan en cours, cachĂ©s Ă la vue de tous sous lâapparence dâactivitĂ©s commerciales lĂ©gitimes. Nous parlons dâentreprises dont les noms Ă©voquent clairement une expansion vers le sud et dont les logos arborent sans vergogne lâĂtoile de David, opĂ©rant en tant que cabinets de conseil, promoteurs immobiliers et constructeurs dans une rĂ©gion mĂ»re pour lâaccaparement des ressources. On peut bien sĂ»r tout rejeter en parlant de âcoĂŻncidenceâ, mais lorsque ces entitĂ©s sâalignent sur des achats de terres, des accords sur lâeau et des feux de forĂȘt qui ouvrent la voie au dĂ©veloppement, la âconspirationâ ressemble fort Ă une stratĂ©gie.
La premiĂšre est Antartica Constructora, dont les panneaux routiers parsĂšment le paysage enneigĂ© de Patagonie. Leur logo met en avant une Ătoile de David entrelacĂ©e. Le nom Ă lui seul laisse entrevoir des ambitions sâĂ©tendant au-delĂ de la Patagonie vers les revendications sur le continent gelĂ© (oĂč lâArgentine, le Chili et dâautres pays se disputent des ressources telles que les minĂ©raux et la glace), mais le symbole de lâĂ©toile le relie directement aux thĂ©ories de lâAndinia. Ces panneaux, photographiĂ©s par les habitants et partagĂ©s dans des fils de discussion depuis des annĂ©es, font la promotion de services de construction dans une zone frontaliĂšre contestĂ©e oĂč les infrastructures prĂ©cĂšdent souvent un âdĂ©veloppementâ Ă grande Ă©chelle. Les sceptiques affirment quâil sâagit simplement dâune entreprise familiale au symbolisme particulier, mais les thĂ©oriciens y voient un clin dâĆil subtil Ă la colonisation ou Ă lâexpansion, surtout lorsque des incendies prĂ©parent les terres Ă de nouvelles constructions.
Vient ensuite Antartica Sur S.A.S., dont le logo intĂšgre lâĂ©toile de David au-dessus de bĂątiments stylisĂ©s, de maisons Ă©voquant lâimmobilier, les projets de logement ou le dĂ©veloppement urbain dans la sphĂšre de lââAntarctique mĂ©ridionalâ. Le nom trahit une ambition gĂ©ographique, positionnant lâentreprise pour profiter des booms de la construction en Patagonie (et potentiellement au-delĂ ) au milieu de projets liĂ©s aux ressources telles que lâexploitation miniĂšre, le glamping ou les enclaves privĂ©es.
Ce ne sont pas des noms connus ni des gĂ©ants multinationaux, plutĂŽt des acteurs de niche dont lâesthĂ©tique et les activitĂ©s alimentent le rĂ©cit dâune colonisation discrĂšte par le biais de lââinvestissementâ. Quâil sâagisse de façades intentionnelles ou simplement dâune image de marque audacieuse, leur visibilitĂ© en Patagonie, au coeur dâincendies qui sâintensifient, de coupes budgĂ©taires et dâune influence sioniste, rend ces questions impossibles Ă ignorer. Ces images ne sont pas cachĂ©es dans des recoins obscurs. Elles sont exposĂ©es au grand jour, photographiĂ©es par des passants et partagĂ©es dans les dĂ©bats. On peut nier, balayer ces faits dâun revers de main, mais le terrain ne cesse de bouger.
Les flammes en Patagonie ne brĂ»lent pas seulement les forĂȘts, elles mettent en lumiĂšre une rĂ©alitĂ© qui se dessine depuis plus dâun siĂšcle, une rĂ©alitĂ© que les gens ont qualifiĂ©e de âcomplotâ pendant si longtemps quâil devient habituel de la rejeter. Mais quand on assemble les piĂšces du puzzle, notamment la rĂ©flexion ouverte dâHerzl sur lâArgentine comme terre dâaccueil de secours, les vĂ©ritables efforts de colonisation juive qui ont suivi, lâexplosion dans les annĂ©es 1970 du discours andiniste dans les cercles dâextrĂȘme droite, le schĂ©ma persistant dâacquisitions fonciĂšres liĂ©es Ă IsraĂ«l, les incendies de forĂȘt suspects qui dĂ©frichent des terres protĂ©gĂ©es au moment mĂȘme oĂč les lois sont vidĂ©es de leur substance pour permettre le rĂ©amĂ©nagement, les magnats se taillant des fiefs privĂ©s avec armĂ©es privĂ©es, les accords sur lâeau cĂ©dant des riviĂšres Ă Mekorot, les panneaux routiers et logos arborant des Ă©toiles de David prĂšs dâune frontiĂšre contestĂ©e, la photo de la carte de Netanyahu et Milei, et maintenant une religieuse Ă©crivant dans un journal national que le âmytheâ devient rĂ©alité⊠il est difficile de continuer Ă parler de coĂŻncidence.
Le rĂ©gime de Milei, tout comme celui de son mentor Trump, est accĂ©lĂ©rationniste. Milei appuie Ă fond sur lâaccĂ©lĂ©rateur : il a rĂ©duit Ă nĂ©ant les budgets de gestion des incendies, abrogĂ© lâinterdictions dâutilisation des terres pendant 30 Ă 60 ans aprĂšs un incendie, liquidĂ© les fonds environnementaux, sâest rapprochĂ© de Netanyahu, a initiĂ© les Accords dâIsaac et ouvert la voie Ă des pactes migratoires permettant aux Juifs de âfaire homologuerâ leurs prestations sociales en Argentine. Pendant ce temps, sur le terrain, les familles mapuches perdent leurs territoires ancestraux, les habitants de Chubut fuient des villes noyĂ©es sous les cendres, et les Argentins voient leur sud rachetĂ© Ă bas prix, contre des maisons dĂ©truites, des moyens de subsistance rĂ©duits en cendres et une souverainetĂ© Ă©rodĂ©e.
Le schĂ©ma est toujours le mĂȘme : nier, minimiser, qualifier le tout de âcomplot antisĂ©miteâ jusquâĂ ce que les terres soient clĂŽturĂ©es, lâeau dĂ©tournĂ©e, les forĂȘts disparues et les nouvelles infrastructures en place. Alors il ne sâagira plus de thĂ©orie, mais de rĂ©alitĂ© de terrain, et il sera presque impossible de revenir en arriĂšre. Nous avons dĂ©jĂ vu ce scĂ©nario quand il sâappelait Palestine. Des manĆuvres qualifiĂ©es de paranoĂŻa pendant que les bases sont posĂ©es en silence, pour que le rideau ne se lĂšve que lorsque la scĂšne est dĂ©jĂ prĂȘte.
La Patagonie nâest pas seulement une rĂ©gion sauvage ou une destination touristique pour amateurs de doudounes, câest lâune des derniĂšres grandes rĂ©serves dâeau douce de la planĂšte, une rĂ©gion riche en minerais, un avant-poste stratĂ©gique au sud. Si nous attendons une reconnaissance officielle ou une preuve irrĂ©futable, il sera trop tard. Les incendies sont la sonnette dâalarme. Les signes sont dĂ©jĂ bien visibles. La question nâest plus âEst-ce que cela se produit ?â, mais âJusquâoĂč et que comptons-nous faire Ă ce sujet ?â
Le sud de lâArgentine est en feu. Le temps de regarder ailleurs est rĂ©volu.
Traduit par Spirit of Free Speech






















Que peut faire le peuple argentin face a ce désastre ?
Merci pour cet article
MileĂŻ.......kowsky ? Cohen-cidence ?
Il nây a jamais de fumĂ©e sans feu,câest le cas de le dire.
A fortiori oĂč la sĂ©curitĂ© dâIsraĂ«l en cas dâimplosion en Palestine serait caducque. La roue de secours est toute trouvĂ©e. De plus, les gouvernements corrompus depuis la chute dâAllende dans cette rĂ©gion avec la pression permanente des USA permettront aux sionistes de refaire la mĂȘme chose quâen 1948.
Jâimagine trĂšs bien, tous les latinos expulsĂ©s et parquĂ©s en Uruguay dans des conditions misĂ©rables avec lâassentiment de ce pays .