đâđš Ormuuuz, Ormuuuz, ou le dĂ©sastre total de la chronologie iranienne de Trump
Donald Trump a gagnĂ© la guerre, signĂ© lâaccord et bombardĂ© lâIran jusquâĂ le ramener Ă lâĂąge de pierre plus de fois que vous nâavez pris de repas chauds. Et pourtant, rien de tout ça ne sâest produit.
đâđš Ormuuuz, Ormuuuz, ou le dĂ©sastre total de la chronologie iranienne de Trump
Par I fucking Love Australia, le 24 mai 2026
Voici lâautopsie complĂšte, ahurissante et dĂ©taillĂ©e jour aprĂšs jour des quatre mois les plus malhonnĂȘtes de la politique Ă©trangĂšre moderne.
Avertissement : rien dâĂ©tonnant Ă ce que tous soient Ă©puisĂ©s, Ă bout de forces et complĂštement lessivĂ©s. Accrochez-vous, chers lecteurs. Il va falloir quelques verres de ce qui vous aide Ă tenir le coup pour lire ça.
PrĂ©sident dâune heure
Une heure. Soixante foutues minutes. Câest la durĂ©e de vie certifiĂ©e, testĂ©e en laboratoire et validĂ©e par des pairs dâune dĂ©claration de Donald Trump en matiĂšre de politique Ă©trangĂšre avant que la rĂ©alitĂ© ne sâen mĂȘle et ne la dĂ©molisse publiquement.
Ce samedi-lĂ , le gars se lĂšve, gonfle ce quâil lui reste de pectoraux et annonce Ă la planĂšte quâun accord avec lâIran sera âannoncĂ© sous peuâ. Un accord formidable. Un accord parfait. Un accord qui va enfin, ENFIN, rouvrir le dĂ©troit dâOrmuz pour que le pĂ©trole mondial puisse circuler et que votre portefeuille cesse de se vider Ă la pompe. Une heure plus tard, le temps quâil faut pour regarder le quart dâun match de foot et engloutir une tourte Ă la viande, lâagence de presse iranienne Fars, proche du rĂ©gime, sort de sa taniĂšre et dĂ©clare, grosso modo, âEh bien non, le dĂ©troit reste sous contrĂŽle iranien, mon poteâ.
Pas lâannĂ©e prochaine. Pas le mois prochain. Une heure. Ce type nâa pas rĂ©ussi Ă tenir une version cohĂ©rente le temps dâune pause-cigare.
Et voilĂ ce qui me fait vraiment sortir de mes gonds. Les mĂ©dias nâarrĂȘtent pas de marteler lâexpression âDERNIĂRE MINUTEâ sur ces futilitĂ©s. Ăa nâa rien de nouveau. Rien nâest surprenant. Une machine Ă cash dĂ©labrĂ©e qui crache les trois mĂȘmes cerises pour la 24e fois, ce nâest pas une info de derniĂšre minute. Câest le dysfonctionnement auquel vous assistez bĂȘtement depuis 11 semaines, en y glissant vos piĂšces, et en vous demandant pourquoi vous vous sentez plus pauvre.
Et voici le clou du show. Entre le moment oĂč jâai commencĂ© cet article et celui oĂč je lâai terminĂ©, lâIran a remis ça. Quelques heures aprĂšs la fanfaronnade de Trump sur des nĂ©gociations ârondement menĂ©esâ, le porte-parole du ministĂšre iranien des Affaires Ă©trangĂšres, Esmail Baghaei, a dĂ©clarĂ© Ă lâagence de presse officielle IRNA que les questions nuclĂ©aires ne font mĂȘme pas partie des nĂ©gociations actuelles. Lâobjectif, a-t-il dit, est de mettre fin Ă la guerre, point barre. Lâagence iranienne Fars est allĂ©e plus loin et a qualifiĂ© le rĂ©cit de Trump sur le dĂ©troit dâOrmuz dââincomplet et en contradiction totale avec la rĂ©alitĂ©â, confirmant que le dĂ©troit reste sous contrĂŽle iranien. Et Ebrahim Zolfaghari, porte-parole du commandement militaire iranien, lâa exprimĂ© plus clairement que quiconque. Lâaffirmation de Trump est âfausseâ, a-t-il dĂ©clarĂ©, et
âOrmuz restera entiĂšrement sous contrĂŽle iranien. Câest nous qui dĂ©cidons qui passe, quand et commentâ.
Relisez attentivement. Trump annonce un accord ârondement nĂ©gociĂ©â et, le jour mĂȘme, lâautre partie Ă cet accord dĂ©clare que le sujet central, le dossier nuclĂ©aire, nâa pas Ă©tĂ© abordĂ©, et que le deuxiĂšme point, le dĂ©troit, ne relĂšve pas de sa compĂ©tence. Il nâa pas annoncĂ© un accord tombĂ© Ă lâeau. Il a annoncĂ© un accord qui, de lâaveu mĂȘme de lâautre partie, nâexiste tout simplement pas. Trump fait penser Ă un type debout tout seul devant lâautel, qui dĂ©clare Ă lâassemblĂ©e que la mariĂ©e a dit oui, alors quâelle est dehors, sur le parking, en train de raconter Ă tout le monde quâelle ne lâa jamais rencontrĂ©.

Alors installez-vous confortablement, servez-vous un verre de quelque chose de bien costaud, et laissez-moi vous guider Ă travers toute cette chronologie dĂ©lirante. Car une fois que vous lâaurez vue dĂ©cortiquĂ©e et Ă©talĂ©e sur la table, organe par organe, vous ne croirez plus jamais un seul mot de ce qui sort du clapet de ce type.
ChapĂźtre 1 : lâĂ©chauffement
Ce scĂ©nario nâest pas nouveau. Ce nâest pas une question de stress guerrier. Câest juste sa nature.
Retour en mars 2025, un an avant quâun seul coup de feu ne soit tirĂ©. Trump a dĂ©clarĂ© Ă NBC quâil y aura des âbombardementsâ si lâIran refuse de nĂ©gocier, âdes bombardements comme ils nâen ont jamais vus auparavantâ. Les menaces de bombardement ne sont donc pas une invention de 2026. Câest un hobby. Un homme qui menace de raser un pays comme vous ou moi pourrions finalement menacer de nettoyer la gouttiĂšre.
Puis arrive 2026 proprement dit. 29 janvier : il prĂ©vient que toute future attaque sera bien pire si lâIran ne se conforme pas. 19 fĂ©vrier : il annonce une date butoir inĂ©luctable, lâIran a 10 Ă 15 jours pour conclure un accord sur le nuclĂ©aire, tout en gazouillant simultanĂ©ment que les nĂ©gociations âavancent bienâ. Les deux Ă la fois. La menace et les mots doux sortant de la mĂȘme bouche orange, lors de la mĂȘme confĂ©rence de presse. 26 fĂ©vrier, discours sur lâĂ©tat de lâUnion : il prĂ©cise clairement que lâĂ©chĂ©ance sâaccompagne du recours Ă la force.
28 fĂ©vrier : les nĂ©gociations prennent fin. Trump lance lâopĂ©ration âEpic Furyâ. Et voici le point crucial que le Carnegie Endowment a soulignĂ© et que personne chez Fox nâosera jamais aborder ouvertement : la guerre a Ă©clatĂ© ALORS QUE les Ătats-Unis et lâIran Ă©taient encore en pourparlers par lâintermĂ©diaire de mĂ©diateurs omanais. Ces ânĂ©gociationsâ nâĂ©taient peut-ĂȘtre quâune manĆuvre dilatoire, une mise en scĂšne pour gagner du temps pendant que les bombardiers faisaient le plein. Gardez cela en tĂȘte. Chaque âaccord imminentâ qui vous sera prĂ©sentĂ© provient de ce mĂȘme individu qui a fait de la derniĂšre sĂ©rie de pourparlers un Ă©cran de fumĂ©e.
ChapĂźtre 2 : lâhomme qui a gagnĂ© quarante fois la guerre
La guerre a commencĂ© le 28 fĂ©vrier. DĂšs la deuxiĂšme semaine, ce crĂ©tin fait dĂ©jĂ sa tournĂ©e dâhonneur en gonflant les biceps.
1er mars : les combats se poursuivront jusquâĂ ce que âtous les objectifs soient atteintsâ, il estime que cela prendra â4 Ă 5 semainesâ. 7 mars : âOn nâa pas besoin de ceux qui se joignent Ă la guerre aprĂšs quâon a dĂ©jĂ gagnĂ©â. DĂ©jĂ gagnĂ©e. 8e jour. 9 mars : âla guerre est pratiquement terminĂ©eâ. 11 mars, lors dâun rassemblement dans le Kentucky, il se la joue messie en toc et dĂ©clare Ă la foule : âNous avons gagnĂ©, dĂšs la premiĂšre heure, câĂ©tait finiâ.
DĂšs la premiĂšre heure. Ce type a dĂ©clarĂ© la victoire militaire totale plus vite quâil ne trouve le chemin des toilettes.
15 mars : âNous avons pratiquement vaincu lâIranâ. 20 mars : âNous sommes sur le point dâatteindre nos objectifsâ. 24 mars : âCette guerre est gagnĂ©eâ. Il a dĂ©sormais officiellement gagnĂ© cette guerre plus de fois que lâAustralie nâa remportĂ© les Ashes [The Ashes Series : sĂ©rie de cinq matchs de cricket jouĂ©s entre l'Australie et l'Angleterre] et la guerre, au moment oĂč jâĂ©cris ces lignes, est toujours en cours, nom dâune pipe. Des navires sont toujours pris pour cible. Le dĂ©troit est toujours bouclĂ©. Mais bon, mon pote. PremiĂšre heure. La guerre est finie.
Vous savez quoi ? On dirait un parieur Ă lâhippodrome qui dĂ©chire son ticket perdant en hurlant que son cheval a gagnĂ©. Le cheval court toujours. Le cheval est, en fait, Ă bout de souffle. Et le gars fait le tour du ring des paris les bras en lâair.
Chapitre 3 : génocide via Truth Social
Mais gagner finit par lasser, alors entre deux tours dâhonneur, ce voyou commence Ă menacer de raser tout le secteur. Et pas de maniĂšre mesurĂ©e, façon chef dâĂtat pesant chaque mot. Dâune maniĂšre qui devrait inciter un psychiatre lĂ©giste Ă sortir discrĂštement son bloc-notes.
6 mars : il nây aura pas dâaccord âsauf CAPITULATION INCONDITIONNELLEâ. 21 mars : ouvrez-moi ce dĂ©troit ou je dĂ©truis vos centrales Ă©lectriques. 30 mars : concluez lâaccord ou je fais sauter vos centrales Ă©lectriques, vos puits de pĂ©trole et lâĂźle de Kharg. 1er avril, dans un discours Ă la nation diffusĂ© en heure de grande Ă©coute, il promet de bombarder lâIran âpour le ramener Ă lâĂąge de pierreâ. 4 avril : â48 heures avant que lâenfer ne sâabatte sur euxâ.
5 avril. Il faut que vous preniez conscience que ce message a Ă©tĂ© prononcĂ© un dimanche de PĂąques par le prĂ©sident des Ătats-Unis en exercice :
âOuvrez ce putain de dĂ©troit, bande de bĂątards, ou lâenfer va sâabattre sur vousâ.
Et câest avec cette bouche-lĂ quâil embrasse sa mĂšre. Dans ce mĂȘme message de PĂąques, il a annoncĂ© que le mardi suivant serait, selon ses propres termes, âla journĂ©e des centrales Ă©lectriques et des pontsâ. Laissez ça infuser. Cet homme a choisi de donner Ă deux jours fĂ©riĂ©s le nom de crimes de guerre quâil nâa pas encore eu le temps de commettre. Hallmark ne fabrique mĂȘme pas ce genre de faire-part. Pas encore.
Le 6 avril, lors dâune confĂ©rence de presse Ă la Maison Blanche, il dĂ©clare Ă lâassemblĂ©e :
âLe pays tout entier peut ĂȘtre anĂ©anti en une nuit, et cette nuit pourrait bien ĂȘtre la prochaineâ.
Et puis, le clou du spectacle. Le 7 avril, au matin :
âUne civilisation entiĂšre va mourir ce soir, pour ne jamais renaĂźtreâ.
Une menace authentique, officielle, publiée entre le départ au golf et le déjeuner, visant à effacer une civilisation vieille de plus de 5 000 ans. Le New York Times a publié un article soulignant que cela dépasse largement le stade de la fanfaronnade. Ah bon ?
Et voici la partie qui devrait ĂȘtre gravĂ©e dans la pierre au-dessus de la porte de toutes les Ă©coles de journalisme du pays. Quatre heures et une minute plus tard, juste aprĂšs minuit, ce mĂȘme homme, ces mĂȘmes doigts, publie : âCâest un grand jour pour la paix dans le monde !â
Quatre heures. Il est passĂ© de la menace de rayer une civilisation de la carte Ă un petit message de paix enjouĂ© griffonnĂ© avant le lever du soleil. Ce nâest pas de la politique Ă©trangĂšre. Cet abruti a la palette Ă©motionnelle et la capacitĂ© dâattention dâun dĂ©tecteur de fumĂ©e Ă lâagonie.
Chapitre 4 : la date limitĂ© qui nâa jamais existĂ©
Ah, les dates limites. Il faudrait y consacrer un chapitre entier.
Trump traite une date limite comme nous traitons tous notre abonnement Ă la salle de sport en janvier : annoncĂ©e avec une confiance retentissante, discrĂštement oubliĂ©e, dont on ne parlera plus jamais. La bibliothĂšque de la Chambre des communes, un organisme de recherche si austĂšre quâil ferait passer un biscuit sec pour quelque chose de succulent, sâest en fait penchĂ©e sur la question et les a comptĂ©es, parce quâil fallait bien que quelquâun sây colle.
Il a fixĂ© une date butoir ferme, dĂ©finitive, sans plus de tergiversations, au 21 mars. Il lâa dĂ©passĂ©e. Puis le 23 mars. DĂ©passĂ©e. Puis un ultimatum de 48 heures le 26 mars. ExpirĂ©. Puis le 6 avril. Puis le 7 avril. Puis lâexpiration du cessez-le-feu le 21 avril, quâil a simplement prolongĂ© parce que lâalternative aurait Ă©tĂ© dâadmettre que les six derniĂšres dates butoirs nâĂ©taient que du pipeau.
Sept moments distincts oĂč il a dĂ©clarĂ© : âCâest la derniĂšre, la toute derniĂšre, la ligne rouge dĂ©finitiveâ. Sept. Tous sans exception ont filĂ© comme une barque sans pilote avec une biĂšre tiĂšde dans le seau. Si un artisan vous faisait un devis de cette maniĂšre, sâil vous donnait 7 dates de fin de travaux et ne se prĂ©sente Ă aucune dâentre elles, vous lĂąchez les chiens et lui mettez une note nĂ©gative avant le dĂ©jeuner. Et pourtant, nous avons confiĂ© Ă ce type les codes nuclĂ©aires.
ChapĂźtre 5 : le dĂ©troit toujours sur le point de sâouvrir
Le dĂ©troit dâOrmuz. La raison dâĂȘtre de tout ce cirque. Un cinquiĂšme du pĂ©trole de la planĂšte transite par ce passage, et sa rĂ©ouverture est censĂ©e ĂȘtre le gros lot dans chaque paquet de cĂ©rĂ©ales Trump.
Il lâa dĂ©sormais dĂ©clarĂ© ouvert, sur le point de sâouvrir, ou faisant partie dâun accord imminent au moins 8 fois depuis la mi-avril. Le 9 mars, il a carrĂ©ment affirmĂ© quâil Ă©tait rouvert. Ce nâĂ©tait pas le cas. Le 17 avril : âla plupart des points ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© nĂ©gociĂ©sâ. 8 fois, le dĂ©troit a Ă©tĂ© glorieusement, triomphalement âouvertâ. Et 8 fois, il est restĂ© fermĂ© du dĂ©but Ă la fin.
Ce nâest pas de la diplomatie. Câest un type plantĂ© devant un stand de tir au pigeon qui hurle âTIREZâ encore et encore, sans pigeon, sans fusil, et qui ne comprend pas pourquoi rien nâexplose. Et nous autres, on est derriĂšre lui Ă payer les cartouches.
ChapĂźtre 6 : six jours en mai
Hier, un journaliste lui a posĂ© la question sans dĂ©tours. Pas de pirouettes, pas de question en dix parties, juste cette chose Ă laquelle toute personne saine dâesprit sur terre veut une rĂ©ponse.
â¶ Libbey Dean pose Ă Trump la seule question qui compte. Il continue dâavancer.
âQuand allez-vous cesser de faire des concessions Ă lâIran ?â Et que fait le leader du monde libre, celui qui se prĂ©sente comme le plus grand nĂ©gociateur de tous les temps, face Ă la question ? Il continue dâavancer. Il file Ă toute allure. Il rĂ©agit Ă une simple question dâun journaliste en activitĂ© comme sâil sâagissait dâun huissier de justice Ă sa porte. Parce quâil nâa pas de rĂ©ponse. Il nây aura jamais de rĂ©ponse. âConcessionâ nâest pas une option pour cet homme.
Alors si vous pensez que le vieux briscard sâest adouci, que la guerre a Ă©moussĂ© ses Ă©clats et stabilisĂ© sa main, jetez un bon coup dâĆil aux six derniers jours. Car câest cette pĂ©riode qui devrait mettre fin Ă sa crĂ©dibilitĂ© dans nâimporte quel pays dont le cerveau collectif nâa pas Ă©tĂ© encore vidangĂ©.
5 mai : il lance une toute nouvelle opĂ©ration, âProject Freedomâ, pour faire passer des navires dans le dĂ©troit. Il la suspend le jour mĂȘme, invoquant de âgrandes avancĂ©esâ. Treize heures plus tard, le mĂȘme type, dans un nouveau message, menace lâIran de âbombardements qui, malheureusement, seront dâune ampleur et dâune intensitĂ© bien supĂ©rieures aux prĂ©cĂ©dentsâ sâil ne cĂšde pas. De grandes avancĂ©es et une menace de bombardement, Ă 13 heures dâintervalle.
10 mai : lâIran envoie une contre-proposition. Trump la qualifie de âramassis dâineptiesâ, affirme quâil ne lâa mĂȘme pas lue jusquâau bout et dĂ©clare que le cessez-le-feu est sous âassistance respiratoire intensiveâ.
18 mai : Trump annonce avoir annulĂ© une âattaque de trĂšs grande envergureâ contre lâIran, prĂ©vue pour mardi. Il dĂ©clare haut et fort aux journalistes quâil Ă©tait âĂ une heureâ de la lancer. Ă une heure dâune attaque majeure contre une nation de prĂšs de 90 millions dâhabitants, annulĂ©e parce que quelques potes du Golfe lui ont demandĂ© de patienter quelques jours.
19 mai : moins de 24 heures plus tard, ce bouffon est de retour au micro pour menacer dâune âautre grosse frappeâ, quâil a gracieusement prĂ©vue pour âvendredi, samedi, dimancheâ. Il programme la violence comme une soirĂ©e pyjama.
23 mai : samedi, le coup de force sâest Ă©vaporĂ© et on parle soudainement dâun accord âpresque nĂ©gociĂ©â. Puis il dĂ©clare Ă Axios â et je le cite textuellement pour que personne ne puisse mâaccuser dâenjoliver ses propos â quâil est âĂ 50/50â entre signer un accord de paix et bombarder lâIran.
50-50. Un tirage au sort. Il se montre sĂ»rement plus convaincant en choisissant sa cravate le matin. Le ministre iranien des Affaires Ă©trangĂšres, Araghchi, lâa mieux formulĂ© que nâimporte lequel dâentre nous :
âĂ Washington, chaque jour est synonyme de nouveaux messages, parfois mĂȘme deux par jour. Ce nâest pas une stratĂ©gie de nĂ©gociation. Cet homme se dispute avec lui-mĂȘme, et il perdâ.
Pourquoi vous devriez vous y intéresser
Voici le moment oĂč la plaisanterie cesse et oĂč il sâagit de votre argent.
Chaque fois que Trump ouvre la bouche, le marchĂ© mondial du pĂ©trole tangue comme un ivrogne dans un train en mouvement. Le Brent bondit Ă lâannonce dâun âaccordâ, plonge Ă celle dâun âcoup durâ, rebondit Ă lâannonce du prochain âaccordâ, au rythme des lubies de cet homme comme un chien poursuivrait un stylo laser. Quand il a qualifiĂ© le cessez-le-feu dââassistance respiratoireâ le 10 mai, le Brent a bondi de prĂšs de 3 % rien quâen un aprĂšs-midi. Un mot de travers. Trois pour cent.
Et cette volatilitĂ© nâest pas poliment confinĂ©e Ă un terminal Bloomberg Ă Manhattan. Elle se propage jusquâĂ la pompe. Sydney, le Texas, les Blue Mountains, le Midwest, partout oĂč vous pouvez lâentendre. Vous payez, en espĂšces sonnantes et trĂ©buchantes, chaque semaine, pour le privilĂšge de voir un salaud fini, constitutionnellement incapable de choisir entre la paix et le gĂ©nocide avant mĂȘme que son dĂ©jeuner ne soit servi.
Ses caprices, câest votre facture de carburant. Ses sautes dâhumeur, vos courses. Câest le contrat que personne ne vous a demandĂ© de signer.
Faisons le bilan
Alors faisons ce que nous faisons toujours ici. Comptons.
Nombre de fois oĂč Donald Trump a dĂ©clarĂ© la guerre gagnĂ©e, lâaccord conclu ou un accord sur le point dâĂȘtre signĂ© : au moins 24.
Nombre de fois oĂč il a menacĂ© de bombarder, dâanĂ©antir, de raser ou de rayer lâIran de la carte : au moins 23.
Délais stricts fixés puis largement dépassés : au moins 7.
Attaques majeures programmées personnellement, puis annulées à la derniÚre minute : au moins 3.
Nombre de fois oĂč le dĂ©troit dâOrmuz a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© âouvertâ ou âsur le point de sâouvrirâ : au moins 8.
Nombre de fois oĂč le dĂ©troit dâOrmuz est rĂ©ellement ouvert, selon les conditions de Trump, Ă ce jour : aucune. ZĂ©ro. Nada. Pas un seul navire sur son ordre.
VoilĂ le bilan. Quatre mois. Et câest cet homme qui dĂ©tient les codes.
Ce nâest pas un nĂ©gociateur. Il ne lâa jamais Ă©tĂ©. Câest une machine Ă prĂ©dire lâavenir en fin de course qui ne connaĂźt exactement que trois rĂ©ponses : âon a gagnĂ©â, âun gros accord se prĂ©pareâ et âje vais anĂ©antir votre civilisationâ, et il se secoue vigoureusement toutes les 90 minutes environ pour trouver la plus appropriĂ©e.
Le garçon a criĂ© au loup, et finalement tout le village a cessĂ© de dĂ©valer la colline, car on ne peut se moquer indĂ©finiment du village. Trump a criĂ© âOrmuzâ deux douzaines de fois maintenant. Les seuls qui se prĂ©cipitent encore vers les gros titres sont les journalistes qui martĂšlent lâexpression âDERNIĂRE MINUTEâ sur le mĂȘme vide recyclĂ©, et les pauvres bougres Ă la pompe qui financent toute cette mascarade.
Ne le croyez que lorsque le dĂ©troit sâouvrira. Lorsque les navires reprendront la mer. Lorsque le pĂ©trole coulera Ă flots et que les prix chuteront, et que vous pourrez le constater de vos propres yeux Ă la pompe.
Mais pas une seconde avant.
PS : On a besoin dâun bon petit remontant aprĂšs tout ça.
Traduit par Spirit of Free Speech
Glossaire IFLA australo-américain
Pour notre lectorat américain en pleine expansion, voici les traductions de cette semaine depuis la langue maternelle.
smoko : Une courte pause au travail, Ă lâorigine pour fumer une cigarette. UtilisĂ© ici comme unitĂ© de temps, environ 10 Ă 15 minutes, ce qui est bien plus long que Trump ne peut tenir une seule position sur lâIran.
yeah nah : Une phrase complĂšte et grammaticalement correcte. Cela signifie ânonâ. Le âyeahâ est une formule de politesse, le ânahâ est la rĂ©ponse rĂ©elle. Câest ce quâa rĂ©pondu lâagence de presse iranienne aux fanfaronnades de Trump samedi, et ce que les Australiens rĂ©pondent Ă Ă peu prĂšs tout.
cake-hole : La bouche. UtilisĂ© spĂ©cifiquement et exclusivement lorsque la bouche en question raconte nâimporte quoi.
dummy spit : Une crise de colĂšre. Un âdummyâ est une tĂ©tine de bĂ©bĂ©, et la recracher est lâacte fondamental dâune crise de colĂšre. Un adulte en pleine crise de caprice permanent, câest lâĂ©tat actuel de la prĂ©sidence des Ătats-Unis.
dropkick : Individu inutile, dĂ©sespĂ©rĂ©, irrĂ©cupĂ©rable. Affectueux quand câest dit Ă un pote, impitoyable quand câest dit Ă un chef dâĂtat.
have a squiz : Jeter un Ćil Ă quelque chose. âHave a squiz at thatâ est une invitation ouverte Ă inspecter, gĂ©nĂ©ralement du dĂ©sordre, gĂ©nĂ©ralement causĂ© par quelquâun dâautre.
have the dog onto someone : Poursuivre agressivement une personne pour une question dâargent ou une promesse non tenue. Lâimage mentale est celle de lĂącher son chien sur un dĂ©biteur. Ce que tout Australien ferait Ă juste titre Ă un artisan qui a ratĂ© 7 dĂ©lais dâaffilĂ©e.
a mug : Un imbĂ©cile, en particulier quelquâun dont on a profitĂ©. Ătre âmade a mug ofâ, câest se faire passer pour un idiot. Voir aussi : toute personne lisant encore lâexpression âDERNIĂRE MINUTEâ au-dessus dâun titre sur Trump et lâIran.
poker machine : Une machine Ă sous, appelĂ©e ici âpokieâ. Un appareil de jeu Ă piĂšces, trĂšs apprĂ©ciĂ© dans les pubs et les clubs australiens, conçu pour vous soutirer lentement votre argent tout en affichant juste assez de cerises pour vous faire rester lĂ . Le reflet presque parfait des nĂ©gociations entre Trump et lâIran : les trois mĂȘmes rĂ©sultats en boucle, jamais de gain, et seul un pigeon continue Ă lâalimenter.






