đâđš Propageons la colĂšre italienne pour Gaza !
Plus dâun million de marches pacifiques ne sauraient rĂ©aliser ce que nous sommes sur le point d'accomplir : briser les chaĂźnes de âlâimpuissance acquiseâ, voilĂ ce que redoutent nos Ă©lites dirigeantes

đâđš Propageons la colĂšre italienne pour Gaza !
Par Bettbeat Media, le 24 septembre 2025
Ce Ă quoi nous assistons Ă Gaza nâest pas seulement lâextermination dâun peuple. Câest une expĂ©rience de laboratoire sur le conditionnement psychologique de masse, un avant-goĂ»t de la maniĂšre dont les Ă©lites dirigeantes asserviront les populations du monde entier lorsque leur heure sera venue.
La classe dirigeante sait ce que beaucoup dâentre nous refusent de reconnaĂźtre : Gaza nâest pas quâune aberration, câest un avant-goĂ»t. Les mĂȘmes pouvoirs qui font pleuvoir la mort sur les enfants palestiniens aujourdâhui se retourneront contre toute population reprĂ©sentant une menace pour leur pouvoir Ă lâavenir. Le silence des gouvernements, la complicitĂ© des institutions et la neutralitĂ© prudente de ceux qui se targuent de clartĂ© morale servent un objectif qui dĂ©passe la Palestine. Il instaure les paramĂštres de la souffrance acceptable.
La doctrine de lâescalade
Comme lâexplique la militante et Ă©crivaine Susan Abulhawa, ce processus suit un scĂ©nario prĂ©visible, affinĂ© au fil de dĂ©cennies de mise en Ćuvre. Tout dâabord, commettre une atrocitĂ© qui heurte les consciences. Laisser se propager lâindignation. Laisser des millions de personnes dĂ©filer dans les rues et leur faire croire que leur voix compte. Puis, passer la vitesse supĂ©rieure. Commettre une atrocitĂ© pire encore, afin que la prĂ©cĂ©dente passe pour modĂ©rĂ©e en comparaison. Voir les protestations sâestomper, les gens se replier sur leur angoisse intĂ©rieure et sâinstaller le sentiment dâimpuissance.
Nous lâavons vu en Irak, oĂč des millions de personnes sont descendues dans la rue pour sâopposer Ă une guerre illĂ©gale. La machine de guerre les a ignorĂ©es et a poursuivi son Ćuvre. Puis ce fut le tour de la Libye, de la Syrie et du YĂ©men, chaque intervention Ă©tant plus dĂ©complexĂ©e que la prĂ©cĂ©dente et rencontrant une rĂ©sistance de moins en moins forte. Lorsque le tour de Gaza est venu, le conditionnement Ă©tait complet. Le monde avait appris sa leçon : rien de ce que vous ferez ne les arrĂȘtera.
Cela nâa rien dâun pur hasard, mais relĂšve dâun projet dĂ©libĂ©rĂ©. Les principes psychologiques qui sous-tendent cette campagne ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s, testĂ©s et perfectionnĂ©s en laboratoire. Le concept dââimpuissance acquiseâ est issu dâexpĂ©riences psychologiques cruelles au cours desquelles des animaux ont Ă©tĂ© soumis Ă des chocs Ă©lectriques inĂ©vitables jusquâĂ ce quâils cessent de chercher Ă sâĂ©chapper, mĂȘme lorsque câĂ©tait possible. Le syndrome de la grenouille en Ă©bullition, qui consiste Ă augmenter progressivement la tempĂ©rature jusquâĂ ce que la victime ne dĂ©tecte plus le danger, est devenu un procĂ©dĂ© politique.
La technologie de lâasservissement, un aperçu de lâavenir ?
Lâaspect le plus inquiĂ©tant actuellement est lâamplification de ces techniques de contrĂŽle ancestrales par la technologie. Lâintelligence artificielle ne se contente pas de guider les missiles qui dĂ©truisent des immeubles dâhabitation Ă Gaza. Elle façonne Ă©galement les algorithmes responsables de la diffusion des informations sur nos Ă©crans, de la popularitĂ© de tel ou tel rĂ©cit, et de lâamplification ou du silence imposĂ© Ă certaines voix.
Le mĂȘme dispositif de surveillance qui suit les moindres faits et gestes des Palestiniens en Cisjordanie est exportĂ© dans le monde entier. Les systĂšmes de reconnaissance faciale, les algorithmes de police prĂ©dictive, les scores de crĂ©dit social : tous ont dâabord Ă©tĂ© testĂ©s sur une population prise en otage dont le monde a acceptĂ© de nier lâhumanitĂ©.
Quand Abulhawa parle de Gaza comme dâune âfenĂȘtre sur lâavenirâ, elle ne se livre pas Ă une mĂ©taphore. Les techniques de contrĂŽle de la population dĂ©veloppĂ©es dans cette rĂ©gion â la destruction dâhĂŽpitaux et dâĂ©coles, le ciblage de journalistes et de travailleurs humanitaires, la famine dĂ©libĂ©rĂ©e dâenfants â seront utilisĂ©es contre toute population osant dĂ©fier les systĂšmes qui enrichissent une minoritĂ© au dĂ©triment de la majoritĂ©.
âNous rĂ©frĂ©nons notre colĂšre lĂ©gitime, nous modĂ©rons notre rĂ©sistance, nous surveillons notre propre langage â tout cela par scrupule moral face Ă des meurtriers psychopathes et des violeurs pĂ©dophiles qui ne ressentent eux-mĂȘmes aucune contrainte de ce genreâ.
Comment les psychopathes conditionnent notre jugement moral
Lâaspect le plus insidieux de ce conditionnement est la façon dont il convertit les victimes en complices. Lorsque nous contrĂŽlons notre propre langage au sujet du gĂ©nocide, lorsque nous modĂ©rons notre colĂšre devant des enfants brĂ»lĂ©s vifs, lorsque nous acceptons lâidĂ©e que la rĂ©sistance Ă lâanĂ©antissement sâapparente Ă du âterrorismeâ, nous devenons les artisans de notre propre asservissement.
Exiger âla civilitĂ©â face Ă lâextermination nâest pas une question dâĂ©tiquette, mais de guerre psychologique. Elle conditionne les populations Ă accepter lâinacceptable, Ă normaliser lâanormal et Ă trouver des explications raisonnables Ă lâinexplicable. Quand on nous dit que notre colĂšre spontanĂ©e face Ă lâinjustice est âdivisiveâ ou âvaineâ, on nous programme Ă renoncer Ă notre humanitĂ©.
Et, comble de lâironie, câest prĂ©cisĂ©ment notre humanitĂ© qui devient lâarme de notre asservissement. Nous rĂ©primons notre colĂšre lĂ©gitime, nous modĂ©rons notre rĂ©sistance et nous surveillons notre propre langage, par souci dâĂ©thique imposĂ© par des meurtriers psychopathes et des violeurs pĂ©dophiles qui ne ressentent eux-mĂȘmes aucune contrainte de ce genre. Ils exploitent notre sens moral, notre dĂ©cence innĂ©e et notre rĂ©ticence Ă renoncer au discours civilisĂ©, tout en agissant en toute impunitĂ©.
Les psychopathes gĂ©nocidaires dictent les termes de lâindignation acceptable sans se sentir obligĂ©s de les respecter. Ils nous dictent ce que nous devons penser, ressentir, quelles Ă©motions sont permises â et nous nous soumettons docilement.
La condamnation du 7 octobre, encore exigĂ©e deux ans aprĂšs le dĂ©but dâun gĂ©nocide en cours, rĂ©vĂšle le pouvoir de cette police morale. Ceux qui larguent du phosphore blanc sur des camps de rĂ©fugiĂ©s nous font la morale sur la violence. Ceux qui affament dĂ©libĂ©rĂ©ment des enfants exigent que nous respections leurs rĂšgles dâengagement. Ceux qui filment leurs propres crimes de guerre nous obligent Ă modĂ©rer notre langage Ă propos de leurs actions.
Ce nâest pas de lâhypocrisie, mais une stratĂ©gie : lâexploitation dĂ©libĂ©rĂ©e de la dĂ©cence humaine pour paralyser la rĂ©sistance Ă lâinhumanitĂ©.
âTout groupe qui menace lâordre Ă©tabli se verra soumis Ă la mĂȘme dĂ©shumanisation, Ă la mĂȘme violence et Ă la mĂȘme indiffĂ©rence mondiale que Gazaâ.
Un laboratoire mondial
Gaza est un laboratoire Ă ciel ouvert oĂč lâon teste un nouveau concept de gouvernance : toute population peut y ĂȘtre dĂ©signĂ©e comme jetable et Ă©liminĂ©e en toute impunitĂ©, sous le regard impuissant du monde entier. Ce message ne sâadresse pas quâaux Palestiniens, mais Ă toutes les populations susceptibles de devenir un jour gĂȘnantes pour les intĂ©rĂȘts de la classe dirigeante.
Les rĂ©fugiĂ©s climatiques le dĂ©couvriront lorsque la montĂ©e des eaux et les vagues de chaleur rendront leurs terres inhabitables. Les populations actives le dĂ©couvriront lorsque lâautomatisation rendra leur travail inutile. Les communautĂ©s autochtones qui luttent pour protĂ©ger leurs terres contre lâexploitation miniĂšre y seront confrontĂ©es lorsque les profits des entreprises exigeront leur dĂ©placement. Tout groupe menaçant lâordre Ă©tabli sera soumis Ă la mĂȘme dĂ©shumanisation, Ă la mĂȘme violence et Ă la mĂȘme indiffĂ©rence mondiale que celles actuellement observĂ©es envers les Palestiniens.
Le prĂ©sident colombien lâa compris lorsquâil a averti que Gaza illustre âce que les nations riches nous feront subir si nous sortons du rangâ. Il ne sâagit pas ici de religion, dâethnicitĂ© ou de haines ancestrales. Il sâagit du pouvoir dĂ©voilant sa vĂ©ritable nature : sa portĂ©e, sa cruautĂ© et son impunitĂ© totale.
Briser lâemprise du conditionnement
Pourtant, il est possible de sâen libĂ©rer. Les principes psychologiques Ă lâorigine de lâimpuissance acquise peuvent ĂȘtre contrĂ©s par des forces tout aussi puissantes capables de restaurer lâaction et lâespoir. En comprendre le mĂ©canisme est la premiĂšre Ă©tape vers la rĂ©sistance.
Lâeffet spectateur, qui consiste Ă ne pas agir parce que lâon suppose que dâautres le feront, disparaĂźt lorsque quelquâun brise cette croyance en passant Ă lâaction. La dilution de la responsabilitĂ© qui paralyse les foules, peut ĂȘtre brisĂ©e par une seule personne prĂȘte Ă agir. Lâescalade crĂ©ant lâimpuissance peut ĂȘtre combattue par une contre-escalade montrant les limites du pouvoir.
Cela nĂ©cessite dâabandonner les illusions confortables selon lesquelles le systĂšme peut ĂȘtre rĂ©formĂ© par les voies appropriĂ©es, que la justice finira par prĂ©valoir grĂące aux institutions existantes ou que la modĂ©ration et le compromis rĂ©tabliront lâĂ©quilibre moral. Le systĂšme fonctionne exactement comme prĂ©vu. Gaza nâest pas un dysfonctionnement, mais bien une caractĂ©ristique du systĂšme.
Le prix de la lucidité
Avoir une vision claire a un coĂ»t. Une fois quâon rĂ©alise que Gaza nâest pas une exception, mais un avant-goĂ»t, que la violence infligĂ©e aujourdâhui aux enfants palestiniens sera infligĂ©e demain Ă dâautres, et que le silence des institutions rĂ©vĂšle leur vĂ©ritable nature, il est impossible de lâignorer. Les certitudes confortables qui font supporter la vie quotidienne sâĂ©vanouissent.
Mais cette luciditĂ© offre Ă©galement quelque chose de prĂ©cieux : la possibilitĂ© dâagir de maniĂšre significative. Lorsquâon comprend que sa propre libĂ©ration est liĂ©e Ă celle des plus vulnĂ©rables, que les victimes dâaujourdâhui sont les alliĂ©s de demain et que les forces qui dĂ©truisent Gaza finiront par sâen prendre Ă dâautres, la rĂ©sistance devient non seulement morale, mais impĂ©rative.
Cet Ă©veil est dĂ©jĂ en cours. En Italie, les salariĂ©s ont lancĂ© une grĂšve nationale pour la Palestine, conscients que la solidaritĂ© avec Gaza est une solidaritĂ© avec leur propre avenir. La flottille mondiale Sumud, composĂ©e de cinquante bateaux, fait route vers les cĂŽtes de Gaza, transportant non seulement de lâaide humanitaire, mais aussi un rejet des limites acceptables de lâaction. Ce sont des hommes et des femmes qui prennent leur destin en main, agissant au-delĂ des paramĂštres fixĂ©s par les mĂȘmes institutions qui ont prouvĂ© leur faillite morale.
De telles mobilisations tĂ©moignent de la prise de conscience que les mĂ©canismes traditionnels de contestation, tels que le vote, la pĂ©tition ou les dĂ©clarations soigneusement formulĂ©es, ne sont quâun simulacre destinĂ© Ă canaliser la dissidence vers un rituel inoffensif. Lorsque lâappareil politique officiel Ă©choue si lourdement, les citoyens crĂ©ent de nouvelles modalitĂ©s de rĂ©sistance qui contournent lâensemble des mĂ©canismes de contrĂŽle.
Brisons les chaĂźnes de lâimpuissance acquise.
Le systĂšme repose sur notre isolement, notre dĂ©sespoir et notre sentiment dâimpuissance. Il attend de nous que nous croyions que notre action est vaine, que la rĂ©sistance est inutile et que le mieux que nous puissions espĂ©rer est de garder la tĂȘte baissĂ©e en espĂ©rant que nos enfants ne seront pas ceux que les milliardaires choisiront de violer ou de massacrer.
Gaza nous enseigne le contraire. Dans les tunnels, sous les dĂ©combres, de jeunes combattants munis dâarmes artisanales affrontent lâalliance militaire la plus puissante de lâhistoire et refusent de se rendre. Ils savent ce que le reste du monde a oubliĂ© : on meurt, debout ou Ă genoux, mais on meurt. Et le seul dilemme est de savoir si cette mort revĂȘt un sens.
Leur rĂ©sistance ne concerne pas seulement la Palestine. Câest la preuve que la machine de lâoppression, aussi sophistiquĂ©e, aussi largement financĂ©e et aussi technologiquement avancĂ©e soit-elle, peut ĂȘtre remise en cause par des ĂȘtres humains qui refusent dâaccepter le rĂŽle de victimes qui leur est assignĂ©.
La question nâest pas de savoir si le systĂšme actuel peut ĂȘtre rĂ©formĂ© ou si la justice finira par prĂ©valoir via les procĂ©dures existantes. La question est de savoir si nous parviendrons Ă nous libĂ©rer de notre conditionnement avant que les mĂ©thodes perfectionnĂ©es Ă Gaza ne soient utilisĂ©es contre nous tous.
LâexpĂ©rience en laboratoire se poursuit. Les constatations actuelles suggĂšrent que les populations peuvent ĂȘtre conditionnĂ©es Ă accepter nâimporte quel niveau de barbarie, Ă condition que celle-ci soit introduite progressivement et justifiĂ©e par une rhĂ©torique adĂ©quate. Mais les expĂ©riences peuvent Ă©chouer. Les sujets peuvent se libĂ©rer de leur Ă©tat de soumission.
Pour lâinstant, le choix nous appartient encore.
â Karim
Traduit par Spirit of Free Speech





