đâđš Quelques brĂšves rĂ©flexions sur les prĂ©tendus dirigeants Ă lâaube de cette nouvelle annĂ©e
Les prĂ©tendus leaders ne sonneront le glas de lâOccident que si nous nous y rĂ©signons. Une rĂ©signation subie dans la conscience occidentale post-impĂ©riale. Et nous aurions tout intĂ©rĂȘt Ă la surmonter.

đâđš Quelques brĂšves rĂ©flexions sur les prĂ©tendus dirigeants Ă lâaube de cette nouvelle annĂ©e
Par Patrick Lawrence, Special Consortium News, le 31 décembre 2025
Il ne sert Ă rien dâespĂ©rer un changement de cap de la part de lâOccident tant que les âprĂ©tendus dirigeantsâ dâaujourdâhui resteront en fonction.
âLe ciel est haut et lâempereur est loinâ. Câest ainsi que les paysans chinois saluaient leur Ă©loignement de la CitĂ© interdite depuis des siĂšcles. Jâimagine quâun sentiment similaire prĂ©vaut dans la RĂ©publique populaire hypercentralisĂ©e.
Lorsque le pouvoir tend vers lâautocratie, la distance est prĂ©fĂ©rable. Un sentiment analogue mâa briĂšvement gagnĂ© Ă la fin de lâannĂ©e 2025.
GrĂące Ă lâaimable invitation de ma belle-mĂšre, jâai passĂ© les vacances de NoĂ«l sur le nord-ouest de la cĂŽte pacifique et ai pu mâĂ©loigner du pouvoir post-dĂ©mocratique sous toutes ses formes.
Le reprĂ©sentant Ă©lu le plus proche se prĂ©tendant compĂ©tent est Kim Lund, maire de Bellingham, dans lâĂtat de Washington, dont lâaction se limite Ă lâun de ces plans de revitalisation du centre-ville si frĂ©quents dans notre rĂ©publique dĂ©sindustrialisĂ©e.
Lâoccasion a semblĂ© propice Ă lâobservation de ces personnalitĂ©s qui, pour le meilleur ou pour le pire, mais plutĂŽt pour le pire dans la plupart des cas, dĂ©terminent dĂ©sormais le destin de ce que nous appelons, avec un certain dĂ©calage, le monde occidental.
Ces personnalitĂ©s ne mâont jamais semblĂ© former un tout auparavant, au mieux une collection hĂ©tĂ©roclite. Lâexercice a permis de tirer quelques conclusions de fin dâannĂ©e instructives.
Voici, en vrac, quelques-unes de mes âconclusionsâ, pour reprendre lâexpression si galvaudĂ©e des rĂ©dacteurs en chef.
PremiĂšrement, le fossĂ© entre les prĂ©tendus dirigeants des puissances occidentales et leurs citoyens est plus ou moins total. Le pouvoir sâexerce dĂ©sormais dans un isolement absolu.
DeuxiĂšmement, les guerres, les gĂ©nocides, les invasions de drones, les assassinats, les milices de dĂ©portation, la censure, les sanctions, lâĂ©rosion des libertĂ©s civiles, lâanarchie sont des rĂ©alitĂ©s dont les Ă©lecteurs post-dĂ©mocratiques ne peuvent prĂ©fĂ©rer lâexistence Ă la paix et Ă un ordre moral.
Disons que les citoyens se sont rĂ©signĂ©s Ă leur impuissance, quâils sont sous le choc et sans voix, car le pouvoir nâa plus de comptes Ă rendre et ils sont dĂ©sormais soumis Ă lâautoritĂ© plutĂŽt quâĂ toute forme de gouvernance.
En dâautres termes, nous sommes tous dĂ©sormais des paysans de la dynastie Ming.
Il est inutile dâespĂ©rer un changement de trajectoire de lâOccident tant que cette meute dâĂ©goĂŻstes se cramponnera au pouvoir. Ces individus nous ont condamnĂ©s, en notre nom, Ă des rĂ©gimes dâune extrĂȘme brutalitĂ©.
TroisiĂšmement, et câest lĂ le plus important, les systĂšmes et processus politiques qui les ont propulsĂ©s Ă des postes dĂ©passant de loin leurs rĂ©elles capacitĂ©s doivent ĂȘtre dĂ©mantelĂ©s ou radicalement rĂ©formĂ©s pour pouvoir rĂ©tablir un ordre juste et humain.
QuatriĂšmement, Ă la lumiĂšre des points prĂ©cĂ©dents, la perte de pouvoir post-dĂ©mocratique et le soutien de lâOccident au chaos ambiant engagent la responsabilitĂ© des citoyens.
Lâautomne dernier, Chas Freeman, ambassadeur Ă©mĂ©rite et commentateur engagĂ©, mâa surpris en dĂ©clarant lors dâun podcast que nous, AmĂ©ricains, sommes Ă lâaube dâune pĂ©riode prĂ©-rĂ©volutionnaire de notre histoire. La remarque de Chas Freeman illustre parfaitement ce que jâentends par responsabilitĂ©s. Bref, lâavenir ne dĂ©pend que de nous.
Il existe toutefois quelques exceptions parmi ces prĂ©tendus dirigeants occidentaux qui nous aident Ă entrevoir une lueur dâespoir et nous montrent la voie Ă suivre lorsque des personnes intĂšgres occupent des fonctions Ă©minentes dans lâintĂ©rĂȘt de ceux qui les ont placĂ©es lĂ .
Il est temps dâaffronter ces vĂ©ritĂ©s, et mĂȘme grand temps. LâannĂ©e Ă venir le confirmera. Lâeffondrement du processus dĂ©mocratique et la prĂ©valence de ce qui sâapparente Ă de lâindiffĂ©rence, mais en rĂ©alitĂ© de la rĂ©signation, ont valu au monde occidental une multitude de âdirigeantsâ cliniquement nĂ©vrosĂ©s, narcissiques, sociopathes ou mĂ©galomanes, agissant bien au-delĂ de leurs compĂ©tences, voire combinant toutes ces caractĂ©ristiques.
Il Ă©tait tabou, il y a Ă peine 20 ans, de parler ou dâĂ©crire du dĂ©clin de lâOccident. On Ă©tait alors qualifiĂ© de âdĂ©clinisteâ â vous vous souvenez de ce terme ? Maintenant que notre dĂ©clin impĂ©rial tardif est indĂ©niable, qui aurait pu croire quâil serait aussi sordide, indigne, humiliant, et quâil se moquerait aussi ouvertement de la vie humaine et du droit ?

Avez-vous dĂ©jĂ observĂ© les traits de Bibi Netanyahu ? Je ne manque jamais une occasion de lâobserver, car je trouve son visage fascinant, et je vous invite Ă lâexaminer de plus prĂšs si ce nâest dĂ©jĂ fait. Comme vous le dira tout bon psychiatre ou psychologue clinicien, câest le visage dâun psychotique tel que dĂ©fini dans le DSM, le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.
Le parcours du Premier ministre israĂ©lien est dĂ©sormais bien connu. Lâhomme de 76 ans dont le rapport Ă la rĂ©alitĂ© vacille est aujourdâhui la personne la plus puissante dâAsie occidentale, et mĂȘme bien au-delĂ .
Netanyahu nâest pas un dirigeant occidental, me direz-vous. Eh bien, dĂ©trompez-vous : le pouvoir exercĂ© par Bibi Ă Washington et dans la plupart des capitales europĂ©ennes transcende largement les frontiĂšres gĂ©ographiques. Il occupe une place de choix dans ce portrait de groupe. Au moment oĂč jâĂ©cris ces lignes, il vient de terminer sa cinquiĂšme visite au prĂ©sident Trump, en cette premiĂšre annĂ©e de son second mandat. RĂ©alisons quand mĂȘme que ce psychotique et un narcissique Ă©motionnellement immature, qui doit sans doute avoir un compte Ă rĂ©gler avec son pĂšre, ont passĂ© le lundi de la semaine de NoĂ«l Ă planifier une nouvelle opĂ©ration militaire contre la RĂ©publique islamique, afin de dĂ©truire son programme de missiles et ses dĂ©fenses aĂ©riennes.
Caitlin Johnstone lâa trĂšs bien exprimĂ© dans sa newsletter du 28 dĂ©cembre.
âIls ont cessĂ© dâinventer des absurditĂ©s sur les armes nuclĂ©airesâ, a-t-elle Ă©crit, âet maintenant ils se contentent de dire quâil faut attaquer lâIran parce quâil est en train de reconstruire sa capacitĂ© Ă nous empĂȘcher de lâattaquerâ.
Il faut en outre tenir compte des diverses difficultĂ©s auxquelles Netanyahu est confrontĂ© dans son pays. Il est jugĂ© pour de multiples accusations de corruption, doit affronter des Ă©lections quâil risque de perdre en 2026 et rend des comptes aux fanatiques sionistes dont il a peuplĂ© son cabinet. Cela signifie-t-il quâItamar Ben-Gvir, Bezalel Smotrich et leurs comparses ont une influence indirecte mais puissante sur la politique mondiale ? Je suggĂšre de faire lâimpasse sur cette question.
Pendant mon idylle de NoĂ«l parmi les sapins et les cĂšdres imposants du nord-ouest des Ătats-Unis, mes pensĂ©es se sont tournĂ©es vers celles et ceux qui, outre-Atlantique, constituent ce que nous appelons le cĆur de lâEurope. Keir Starmer, Emmanuel Macron et Friedrich Merz, le Premier ministre britannique, le prĂ©sident français et le chancelier allemand, sont pour moi des palookas, ces lourdauds sans talent qui ratent tout ce quâils entreprennent.
Ces trois-lĂ sont certes grossiers et imbus dâeux-mĂȘmes, mais sont allĂ©s beaucoup trop loin. Depuis lâĂ©lection de Merz au printemps dernier, ils ont formĂ© une sorte de triumvirat qui dicte plus ou moins la direction de lâEurope. Tous russophobes â Merz Ă©tant le pire dâentre eux â ils ont semĂ© la panique en Grande-Bretagne et sur le continent concernant une invasion russe purement imaginaire, tout en accablant leurs populations dâune dette qui pĂšsera sur plusieurs gĂ©nĂ©rations, le tout pour permettre au rĂ©gime criminel de Kiev de poursuivre une guerre que lâUkraine a perdue depuis plus dâun an.
Pire encore, dans une grande partie de lâEurope, et certainement au Royaume-Uni, toute expression de soutien au peuple palestinien est dĂ©sormais effectivement criminalisĂ©e. Comme quelquâun lâa fait remarquer lâautre jour sur X, on peut ĂȘtre arrĂȘtĂ© et emprisonnĂ© en Grande-Bretagne pour avoir dĂ©noncĂ© le gĂ©nocide commis par IsraĂ«l Ă Gaza, tandis que le rĂ©gime de Starmer accueille avec les honneurs les responsables israĂ©liens directement responsables de ce gĂ©nocide.
Comment qualifier ces individus ? AprĂšs les avoir examinĂ©s, il me semble appropriĂ© de les qualifier dâincapables, dâimmatures, voire de puĂ©rils ou arriĂ©rĂ©s. HabituĂ©es Ă se blottir sous les ailes de lâhĂ©gĂ©monie amĂ©ricaine, elles sâavĂšrent incapables de penser ou dâagir de maniĂšre responsable et cherchent donc un nouveau refuge dans une citadelle idĂ©ologique âcentristeâ, qui nâest le centre de rien, si ce nâest peut-ĂȘtre de lâautoritarisme libĂ©ral.
Un Premier ministre aux tendances psychotiques, un prĂ©sident narcissique Ă la solde des lobbies sionistes, trois EuropĂ©ens dĂ©pourvus de toute fibre charismatique : les qualifier de âprĂ©tendus dirigeantsâ de lâOccident est un euphĂ©misme, car ils ne dirigent rien. Permettez-moi de les appeler âPDâ dans le reste de cet article.

Les PD de notre Ă©poque sâaccommodent trĂšs bien de ce dĂ©calage avec leurs concitoyens, qui leur permet dâagir librement dans leur propre intĂ©rĂȘt. LâintĂ©rĂȘt personnel a du bon si câest le dieu quâon choisit de servir, mais il en va autrement lorsque le prix Ă payer se traduit par un ordre mondial outrageusement violent. Jâai saluĂ© en octobre dernier lâĂ©lection de Catherine Connolly Ă la prĂ©sidence irlandaise avec une trĂšs large majoritĂ©. Ce poste est certes honorifique, mais la position de principe de Mme Connolly, notamment, mais pas uniquement, sur le terrorisme israĂ©lien et la question palestinienne, reprĂ©sente bien celle de lâIrlande.
Pour rĂ©sumer briĂšvement ce point, les Irlandais prĂ©voient dĂ©sormais de transformer lâancienne ambassade dâIsraĂ«l, dĂ©saffectĂ©e depuis le dĂ©part de son ambassadeur sioniste lâannĂ©e derniĂšre, en un musĂ©e consacrĂ© Ă lâart et Ă la culture palestiniens. Un projet magnifique. Personne ne peut rivaliser avec le talent des Irlandais pour mĂȘler ironie, humour et politique. AprĂšs tout, voilĂ plusieurs siĂšcles quâils pratiquent.
Jâai vu une carte sur X montrant lâitinĂ©raire de vol de Netanyahu juste avant son dĂ©part pour Mar-a-Lago ce week-end. Son avion a survolĂ© la GrĂšce et lâItalie, puis a brusquement bifurquĂ© vers le nord en direction de la France pour Ă©viter lâespace aĂ©rien espagnol. Ce qui mâa rappelĂ©, mĂȘme si câĂ©tait inutile, la position de principe adoptĂ©e par le gouvernement de Pedro SĂĄnchez Ă lâĂ©gard dâIsraĂ«l et de ses crimes.

Le Premier ministre socialiste espagnol ne manque aucune occasion de dénoncer le régime sioniste.
âLes responsables de ce gĂ©nocide devront rendre des comptesâ, a-t-il dĂ©clarĂ© dans un discours prononcĂ© lâannĂ©e derniĂšre. Il a Ă©galement affirmĂ© : âNous ne faisons pas affaire avec un Ătat gĂ©nocidaire, câest hors de questionâ.
Ă noter que le Parlement espagnol a imposĂ© un embargo complet sur les armes Ă IsraĂ«l lâĂ©tĂ© dernier et lâa immĂ©diatement mis en Ćuvre. Ă lâautomne, la Banco Sabadell, une institution bancaire traditionnelle de Barcelone, a commencĂ© Ă geler les comptes des ressortissants israĂ©liens.
Dâautres cas tout aussi honorables mĂ©ritent dâĂȘtre mentionnĂ©s, mĂȘme sâils ne sont pas aussi limpides que ceux de lâIrlande et de lâEspagne. Leur droiture en soi nâest pas anodine, mais elle nous montre aussi un exemple Ă suivre.
Les PD ne sonneront le glas de lâhistoire occidentale que si les Occidentaux sây rĂ©signent. La rĂ©signation nâest pas inscrite dans la conscience occidentale post-impĂ©riale : elle est subie. Et nous avons tout intĂ©rĂȘt Ă la surmonter.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Patrick Lawrence, correspondant Ă lâĂ©tranger pendant de nombreuses annĂ©es, principalement pour lâInternational Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, confĂ©rencier et auteur, dont le dernier ouvrage, Journalists and Their Shadows, est disponible chez Clarity Press ou via Amazon. Parmi ses autres livres, citons Time No Longer: Americans After the American Century. Son compte Twitter, @thefloutist, a Ă©tĂ© rĂ©tabli aprĂšs avoir Ă©tĂ© censurĂ© de maniĂšre permanente pendant des annĂ©es.
https://consortiumnews.com/2025/12/31/patrick-lawrence-new-years-notes-on-purported-leaders/

