đâđš Sâopposer Ă lâimpĂ©rialisme sera bientĂŽt illĂ©gal
LâOccident est monstrueux. La crise de lĂ©gitimitĂ© est totale. Le libĂ©ralisme est lui aussi condamnĂ©. Il est mort Ă Gaza, TĂ©hĂ©ran & Beyrouth, pour IsraĂ«l, Netanyahu, Trump, Ben Gvir & le sionisme.
đâđš Sâopposer Ă lâimpĂ©rialisme sera bientĂŽt illĂ©gal
Par Nate Bear, le 14 juillet 2026
Le gouvernement britannique a annoncĂ© son intention de mettre Ă lâindex le Corps des gardiens de la rĂ©volution islamique (CGRI) iranien, une idĂ©e qui, Ă premiĂšre vue, relĂšve du grotesque.
Le CGRI est la principale branche militaire dâun autre pays, chargĂ©e de le dĂ©fendre contre des agresseurs hostiles.
Les soldats et les commandants du CGRI ne se cachent pas dans les bas-fonds de Solihull [Ndt : ville des Midlands de l'Ouest en Angleterre] pour comploter en vue de faire sauter des responsables politiques britanniques. Ils se trouvent Ă TĂ©hĂ©ran, Mashhad, Ispahan et Karaj, oĂč ils Ă©laborent, Ă lâheure oĂč nous parlons, des stratĂ©gies pour repousser les forces amĂ©ricaines et israĂ©liennes.
Alors, quel est lâintĂ©rĂȘt, vous demanderez-vous peut-ĂȘtre, dââinterdireâ une branche de lâarmĂ©e dâun autre pays qui opĂšre Ă des milliers de kilomĂštres de lĂ ?
Tout rĂ©side dans les dĂ©tails, et câest bien lĂ que rĂ©side le problĂšme.
Le gouvernement britannique sâapprĂȘte Ă interdire lâIRGC en sâappuyant sur la nouvelle loi sur la sĂ©curitĂ© nationale (menaces dâĂtat) adoptĂ©e plus tĂŽt cette annĂ©e.
Cette lĂ©gislation a une portĂ©e encore plus large que la loi sur le terrorisme en vertu de laquelle Palestine Action a Ă©tĂ© interdite. Ă lâinstar de lâinterdiction de Palestine Action, celle visant le CGRI fera de
lââexpression dâune opinion ou dâune conviction soutenant lâorganisation interditeâ un dĂ©lit,
mais criminalisera également le fait de
âcollaborer avec le groupe interdit ou dâaccepter des avantages matĂ©riels de sa part, y compris⊠des informationsâ.
Ces deux dispositions sont scandaleuses et destinĂ©es Ă cibler quiconque sâĂ©carte de la ligne officielle, mais la seconde constitue clairement une attaque contre le journalisme et les journalistes qui ne se rallient pas Ă la ligne pro-impĂ©rialiste et anti-iranienne approuvĂ©e.
Enfreindre la loi est passible dâune peine pouvant aller jusquâĂ 14 ans de prison.
Les journalistes cesseront donc de citer le CGRI dans leurs articles ou de diffuser ses communiquĂ©s de presse. Lâeffet sera toutefois bien plus nocif. Pour Ă©viter dâenfreindre la loi et de faire lâobjet de poursuites, on peut sâattendre Ă une âsur-conformitĂ©â. Les journalistes cesseront tout simplement de relayer les propos tenus par les responsables officiels du gouvernement iranien par crainte dâenfreindre la disposition interdisant la diffusion dâinformations provenant du CGRI.
Et les répercussions se feront sans doute sentir bien au-delà du Royaume-Uni.
Tout journaliste dans le monde prĂ©voyant de se rendre au Royaume-Uni Ă©vitera probablement de citer des responsables du gouvernement iranien de crainte dâĂȘtre arrĂȘtĂ© dĂšs son arrivĂ©e dans le pays.
Ă lâavenir, les articles grand public sur lâIran ne prĂ©senteront mĂȘme plus un semblant dâimpartialitĂ©. Chaque article sur le conflit entre lâIran et lâOccident fera lâobjet dâautocensure, et la comprĂ©hension des Ă©vĂ©nements par le public, sans parler de la perception des structures impĂ©riales Ă lâĂ©chelle mondiale, continuera de sâĂ©roder. Ce qui est, bien sĂ»r, le but recherchĂ©.
Le lobby sioniste exige depuis des annĂ©es que le gouvernement britannique interdise le Corps des Gardiens de la RĂ©volution islamique (CGRI), mais les gouvernements successifs, y compris les conservateurs, ont refusĂ© car une telle mesure est absurde, imprudente, constitue un vĂ©ritable casse-tĂȘte juridique et reprĂ©sente une menace Ă©vidente pour le journalisme factuel et la couverture de lâactualitĂ©.
Il aura fallu le gouvernement britannique le plus autoritaire, le plus favorable au gĂ©nocide et Ă IsraĂ«l de lâhistoire pour passer Ă lâacte, et cette dĂ©cision a Ă©tĂ© saluĂ©e par les mĂ©dias et les responsables politiques sionistes, y compris le futur Premier ministre britannique, Andy Burnham.
Et ce nâest pas une surprise que cela se produise aujourdâhui alors que lâIran subit une offensive impĂ©rialiste massive, principalement lancĂ©e depuis des bases situĂ©es au Royaume-Uni. Alors que la guerre illĂ©gale contre lâIran est extrĂȘmement impopulaire et que la sympathie occidentale envers lâIran nâa jamais Ă©tĂ© aussi forte, rien dâĂ©tonnant Ă ce que le gouvernement britannique cherche des moyens de criminaliser le soutien apportĂ© Ă ceux qui rĂ©sistent au gĂ©nocide impĂ©rialiste.
Câest la copie conforme du scĂ©nario appliquĂ© Ă Gaza, IsraĂ«l et la Palestine.
DĂšs quâun groupe parvient Ă contraindre les Ătats-Unis et leurs sympathisants Ă payer le prix fort, dĂšs que le soutien de lâopinion publique bascule de la cause impĂ©rialiste et de ses alliĂ©s vers lâennemi de lâempire, le gouvernement britannique crie au terrorisme et menace dâemprisonner quiconque manifeste son soutien aux rĂ©sistants.
Le gouvernement britannique nâinterdit pas le Corps des Gardiens de la RĂ©volution islamique (CGRI) qui nâa jamais menacĂ© le Royaume-Uni et encore moins attaquĂ© le pays pour assurer la sĂ©curitĂ© des Britanniques. Il interdit le CGRI pour criminaliser la solidaritĂ© avec un pays attaquĂ© par lâimpĂ©rialisme menĂ© par les Ătats-Unis, et qui y rĂ©siste avec succĂšs.
Le CGRI est le dernier bastion contre lâhĂ©gĂ©monie occidentale et un ordre mondial sioniste qui assassine qui bon lui semble, quand bon lui semble, pour obtenir ce que bon lui semble. Aucun autre groupe nâa combattu avec autant dâefficacitĂ© les armĂ©es impĂ©rialistes au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es. Câest lĂ leur seul crime.
Et trÚs bientÎt, exprimer cette opinion sera illégal au regard de la loi britannique.
Savez-vous ce qui ne sera pas illĂ©gal au Royaume-Uni ? Rejoindre une armĂ©e Ă©trangĂšre qui commet un gĂ©nocide, et contribuer soi-mĂȘme Ă son exĂ©cution.
En tant que Britannique, rejoindre lâarmĂ©e israĂ©lienne (IDF), aller tuer des enfants en Palestine, au Liban et partout oĂč les forces de lâexpansionnisme sioniste le souhaitent, puis rentrer chez soi comme si de rien nâĂ©tait, sera en revanche parfaitement lĂ©gal.
Et si vous ne souhaitez pas faire le sale boulot vous-mĂȘme, vous pouvez agiter des drapeaux de lâIDF, faire lâĂ©loge du gĂ©nocide et solliciter autant de soutien financier que vous le souhaitez pour des militaires commettant un gĂ©nocide.
Mais si vous osez exprimer votre soutien aux forces qui combattent cette armĂ©e gĂ©nocidaire aux militants qui paralysent la machine du gĂ©nocide, ou Ă ceux qui dĂ©gradent les machines de guerre Ă coups de graffitis, vous risquez jusquâĂ 14 ans de prison.
Je vous le rĂ©pĂšte : la loi britannique stipulera bientĂŽt que commettre un gĂ©nocide est lĂ©gal, mais que sâexprimer en faveur de tout groupe luttant pour mettre fin Ă un gĂ©nocide est illĂ©gal.
LâOccident est monstrueux. La crise de lĂ©gitimitĂ© est totale. La libertĂ© dâexpression, pour autant quâelle ait jamais existĂ©, est bel et bien rĂ©volue. Le libĂ©ralisme, pour autant quâil ait jamais existĂ©, est lui aussi condamnĂ©. Il a pĂ©ri Ă Gaza, Ă TĂ©hĂ©ran et Ă Beyrouth. Il est mort pour IsraĂ«l, pour Netanyahu, Trump, Ben Gvir et le sionisme.
Et les choses nâen resteront pas lĂ . Car tout cela nâa pas commencĂ© avec le Corps des Gardiens de la RĂ©volution islamique. Avant eux, bien sĂ»r, il y a eu le Hamas et sa branche armĂ©e Al-Qassam, interdit en tant que groupe terroriste international bien quâil soit entiĂšrement ancrĂ© en Palestine, et qui constitue pourtant la seule rĂ©sistance au gĂ©nocide israĂ©lien. Au niveau national, avant Palestine Action, il y avait Just Stop Oil, un groupe Ă©co-activiste rĂ©primĂ© jusquâĂ sa disparition par les autoritĂ©s britanniques. Le conseiller officiel du Royaume-Uni en matiĂšre de terrorisme envisage dĂ©sormais dâinterdire Just Stop Oil ainsi que des dizaines dâautres groupes de gauche en les qualifiant dâorganisations terroristes. Cette initiative britannique fait suite Ă la classification aux Ătats-Unis dââantifaâ (une idĂ©ologie vague, et non une entitĂ© organisĂ©e) en tant que groupe terroriste, permettant ainsi aux autoritĂ©s amĂ©ricaines de sâen prendre Ă toutes les causes de gauche sans exception. Elle fait suite aux sanctions de lâUE contre les journalistes europĂ©ens pour avoir publiĂ© des reportages critiques sur IsraĂ«l et sâĂȘtre Ă©cartĂ©s de la ligne anti-russe concernant lâUkraine.
Lâobjectif ultime, comme on peut facilement le soupçonner, est la rĂ©pression de toutes les causes et opinions anti-impĂ©rialistes, ainsi que des groupes de gauche reprĂ©sentant une menace pour lâĂ©conomie dâextinction capitaliste, belliciste et gĂ©nocidaire.
Des meurtres de masse sanctionnĂ©s par lâĂtat et perpĂ©trĂ©s en toute impunitĂ© Ă la rĂ©pression de toute dissidence contre cette violence en passant par la mise en place dâune structure technologique coercitive afin dâimposer une opinion acceptable, nous sommes aujourdâhui confrontĂ©s Ă une sĂ©rie de mesures qui font Ă©cho aux dystopies les plus effrayantes jamais imaginĂ©es.
Câest sinistre, mais cela ne fait que commencer.
Alors que le monde part en vrille et que les impĂ©rialistes progressent, soutenir les groupes, les causes et mouvements anti-impĂ©rialistes et prosociaux constitue la meilleure et derniĂšre police dâassurance contre une dystopie totale.
Traduit par Spirit of Free Speech





Le constat est implacable et terrifiant... mais, vous pouvez tourner le problĂšme dans tt les sens, cela n'est possible que par la passivitĂ© des citoyens... le jour oĂč ceux-ci prendront la mesure du carcan fasciste dans lequel les psychopathes mafieux qui occupent le pouvoir veulent les enfermer, ils comprendront qu'ils ne peuvent plus regarder ailleurs et faire l'Ă©conomie de s'engager avec dĂ©termination pour renverser cet ordre nazi qui se met en place... question de choix: ou chacun dans son coin l'on subit les choses imposĂ©es par d'autres ou l'on s'engage Ă les gĂ©rer soi-mĂȘme pour le bien commun
Exactement đ đŻ