đâđš Syrie post-mortem : terrorisme, occupation & Palestine
Feu Hassan Nasrallah Ă©tait catĂ©gorique sur le sens profond de la perte de la Syrie : âLa Palestine serait perdueâ. Plus que jamais, il revient Ă une RĂ©sistance mondiale de ne pas le permettre.
đâđš Syrie post-mortem : terrorisme, occupation & Palestine
Par Pepe Escobar, le 10 décembre 2024
La cabale israélo-otanienne qui applaudit à la chute de Damas n'aura pas obtenu ce qu'elle attendait. Les luttes de pouvoir et les luttes intestines entre les milices extrémistes et la société civile, chacune soutenue par différents acteurs régionaux et étrangers qui veulent leur part du gùteau.
Ce titre bref définit la fin abrupte et rapide de la Syrie telle que nous la connaissions : Eretz Israël rejoint le nouvel ottomanisme. Le sous-titre ? Victoire pour l'Occident, et coup mortel contre l'Axe de la Résistance.
Mais pour citer la culture pop amĂ©ricaine encore omniprĂ©sente, âles hiboux ne sont peut-ĂȘtre pas ce qu'ils semblent ĂȘtreâ.
Commençons par la capitulation de l'ancien prĂ©sident syrien Bachar el-Assad. Des diplomates qataris, officieusement, soutiennent qu'Assad a tentĂ© de nĂ©gocier un transfert de pouvoir avec l'opposition armĂ©e ayant lancĂ© lâoffensive militaire majeure dans les jours prĂ©cĂ©dents, en commençant par Alep, puis en se dirigeant rapidement vers le sud, vers Hama, Homs, en direction de Damas. C'est ce qui a Ă©tĂ© discutĂ© en dĂ©tail entre la Russie, l'Iran et la Turquie Ă huis clos Ă Doha le week-end dernier, lors du dernier soupir du âprocessus d'Astanaâ moribond destinĂ© Ă dĂ©militariser la Syrie
Les nĂ©gociations sur le transfert de pouvoir ont Ă©chouĂ©. Assad s'est donc vu offrir l'asile par le prĂ©sident russe Vladimir Poutine Ă Moscou. VoilĂ pourquoi l'Iran et la Russie ont instantanĂ©ment changĂ© de discours alors qu'ils se trouvaient encore Ă Doha, et ont commencĂ© Ă parler d'âopposition lĂ©gitimeâ afin de distinguer les rĂ©formistes non violents des extrĂ©mistes armĂ©s qui sĂšment la zizanie dans l'Ătat.
Le ministre des Affaires étrangÚres russe, Sergueï Lavrov, dont le langage corporel en dit long sur sa colÚre, a littéralement déclaré :
âAssad doit nĂ©gocier avec l'opposition lĂ©gitime, qui figure sur la liste de l'ONUâ.
C'est un point essentiel : Lavrov ne parlait pas de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), la pĂšgre salafi-jihadi, ou âdjihadistes Ă louerâ, financĂ©e par l'Organisation nationale du renseignement turc (MIT) avec des armes subventionnĂ©es par le Qatar, et entiĂšrement soutenue par l'OTAN et Tel-Aviv.
Ce qui s'est passĂ© aprĂšs lâenterrement rĂ©gime Ă la rencontre de Doha est assez obscur, suggĂ©rant un coup d'Ătat tĂ©lĂ©commandĂ© par les services secrets occidentaux, vif comme l'Ă©clair, avec des tĂ©moignages de trahisons internes.
L'idĂ©e initiale d'Astana Ă©tait d'assurer la sĂ©curitĂ© de Damas et de confier Ă Ankara la gestion dâHTS. Pourtant, Assad avait dĂ©jĂ commis une grave erreur stratĂ©gique en croyant aux nobles promesses de l'OTAN transmises par l'intermĂ©diaire de ses nouveaux amis dirigeants arabes des Ămirats arabes unis et d'Arabie saoudite.
à son grand étonnement, selon des responsables syriens et régionaux, Assad a finalement réalisé à quel point sa posture était fragile, aprÚs avoir refusé l'assistance militaire de ses fidÚles alliés régionaux, l'Iran et le Hezbollah, pensant que ses nouveaux alliés arabes pourraient le mettre à l'abri.
L'armĂ©e arabe syrienne (AAS) Ă©tait en lambeaux aprĂšs 13 ans de guerre et d'impitoyables sanctions amĂ©ricaines. La logistique Ă©tait en proie Ă de dĂ©plorables abus de pouvoir et Ă la corruption. La dĂ©composition Ă©tait gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Mais surtout, alors que beaucoup Ă©taient prĂȘts Ă combattre une nouvelle fois les groupes terroristes soutenus par l'Ă©tranger, les initiĂ©s affirment qu'Assad n'a pas dĂ©ployĂ© pleinement son armĂ©e pour contre-attaquer l'assaut.
Téhéran et Moscou ont tout essayé, jusqu'à la derniÚre minute. En fait, Assad était déjà en grande difficulté depuis sa visite à Moscou le 29 novembre, qui n'a donné aucun résultat tangible. L'establishment de Damas a donc considéré l'insistance de la Russie pour qu'Assad abandonne ses précédentes lignes rouges sur la négociation du rÚglement politique comme un signal de facto indiquant la fin.
Turquie : âNous n'avons rien Ă voir avec tout celaâ
Outre le fait qu'il n'a rien fait pour prévenir l'atrophie et l'effondrement croissants de son armée, Assad n'a pas non plus cherché à freiner Israël, qui bombarde la Syrie sans relùche depuis des années.
Jusqu'au dernier moment, TĂ©hĂ©ran a Ă©tĂ© prĂȘt Ă apporter son aide : deux brigades Ă©taient prĂȘtes Ă entrer en Syrie, mais il aurait fallu au moins deux semaines pour les dĂ©ployer.
L'agence de presse Fars a expliquĂ© le mĂ©canisme en dĂ©tail - de l'inexorable manque de motivation des dirigeants syriens Ă combattre les brigades terroristes Ă Assad ignorant les avertissements sĂ©rieux du guide suprĂȘme iranien Ali Khamenei depuis juin, jusqu'Ă il y a deux mois, avec d'autres responsables iraniens avertissant quâHTS et ses soutiens Ă©trangers prĂ©paraient une guerre Ă©clair. Selon les Iraniens :
âAprĂšs la chute d'Alep, on s'est rendu compte qu'Assad n'avait plus vraiment l'intention de rester au pouvoir, alors nous avons commencĂ© Ă engager des pourparlers diplomatiques avec l'opposition, et avons organisĂ© la sortie en toute sĂ©curitĂ© de nos troupes de Syrie. Si lâAAS ne se bat pas, nous ne risquerons pas non plus la vie de nos soldats. La Russie et les Ămirats arabes unis Ă©tant parvenus Ă le convaincre de quitter le pouvoir, on ne pouvait plus rien faireâ.
Rien ne confirme que les Russes ont convaincu Assad de quitter le pouvoir : c'est iânterprĂ©tation de cette rĂ©union ratĂ©e Ă Moscou du 29 novembre. Pourtant, et c'est significatif, on a la confirmation, avant cela, que la Turquie savait tout de l'offensive de HTS il y a dĂ©jĂ six mois.
La version d'Ankara est, comme on pouvait s'y attendre, obscure : HTS leur en a fait part et leur a demandĂ© de ne pas intervenir. En outre, le ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres turc a affirmĂ© que le prĂ©sident-calife Recep Tayyip Erdogan aurait tentĂ© d'avertir Assad (Damas n'a rien dit Ă ce sujet). Ankara, par la voix du ministre des Affaires Ă©trangĂšres Hakan Fidan, nie fermement avoir orchestrĂ© ou approuvĂ© l'offensive des âdjihadistes Ă louerâ. Elle pourrait avoir Ă le regretter, car tout le monde, de Washington Ă Tel-Aviv, s'est empressĂ© de s'attribuer le mĂ©rite de la chute de Damas.
Seule la machine de propagande de l'OTAN croit à cette version, car HTS est depuis des années entiÚrement soutenue non seulement par la Turquie, mais aussi, secrÚtement, par Israël, dont on a appris qu'il versait des salaires aux combattants extrémistes pendant la guerre en Syrie, et qui a notoirement contribué à soigner les combattants d'Al-Qaida blessés au combat.
Tout ceci mÚne au scénario prédominant d'une démolition contrÎlée soigneusement calculée par la CIA, le MI6 et le Mossad, avec un flux d'armement ininterrompu, une formation ukrainienne aux drones kamikazes FPV des takfiris , et des Samsonites bourrées d'argent pour corrompre les hauts fonctionnaires syriens.
Un nouveau grand jeu
L'effondrement de la Syrie peut constituer un cas classique d'âextensions de la RĂ©sistanceâ - et aussi de l'Iran, concernant le pont terrestre tout Ă fait crucial qui le relie Ă ses alliĂ©s en MĂ©diterranĂ©e (les mouvements de rĂ©sistance libanais et palestiniens). Sans parler du message envoyĂ© Ă la Chine qui, malgrĂ© ses grands discours sur la âcommunautĂ© d'un avenir partagĂ©â, n'a absolument rien fait pour aider Ă la reconstruction de la Syrie.
Sur le plan géo-énergétique, il n'y a désormais plus d'obstacles au dénouement d'une saga épique du Pipelineistan - et l'une des principales raisons de la guerre contre la Syrie, telle que je l'ai analysée il y a neuf ans, à savoir la construction du gazoduc Qatar-Turquie à travers le territoire syrien pour fournir à l'Europe une alternative au gaz russe. Assad avait rejeté ce projet, aprÚs quoi Doha a aidé à financer la guerre syrienne pour le déposer.
Rien ne prouve que les principaux Ătats du Golfe, tels que l'Arabie saoudite et les Ămirats arabes unis, accepteront avec enthousiasme la cĂ©lĂ©britĂ© gĂ©o-Ă©conomique du Qatar si le gazoduc se construit. Pour commencer, il doit traverser le territoire saoudien, et Riyad n'est peut-ĂȘtre plus disposĂ© Ă laisser faire.
Cette question cruciale est liée à une série d'autres questions, notamment : la porte d'entrée syrienne ayant pratiquement disparu, comment le Hezbollah sera-t-il approvisionné en armes à l'avenir, et comment le monde arabe réagira-t-il à la tentative de la Turquie de se transformer en véritable néo-Ottomane ?
On peut aussi Ă©voquer le cas Ă©pineux de la Turquie, Ătat partenaire des BRICS, qui entre directement en conflit avec la Russie, la Chine et l'Iran, principaux membres des BRICS. Le nouveau virage d'Ankara pourrait mĂȘme lui valoir d'ĂȘtre rejetĂ©e par les BRICS, et de ne pas bĂ©nĂ©ficier d'un statut commercial favorable de la part de la Chine.
Bien que l'on puisse certainement affirmer que la perte de la Syrie risque d'ĂȘtre dĂ©vastatrice pour la Russie et la MajoritĂ© Mondiale, attendons un peu - pour l'instant. En cas de fermeture du port de Tartous, gĂ©rĂ© par l'URSS et la Russie depuis 1971, ainsi que de la base aĂ©rienne de Hmeimim - et donc d'Ă©viction de la MĂ©diterranĂ©e orientale -, Moscou disposerait d'options de remplacement, avec diffĂ©rents degrĂ©s de faisabilitĂ©.
Nous avons l'AlgĂ©rie (un partenaire des BRICS), l'Ăgypte (un membre des BRICS) et la Libye. Et mĂȘme le Golfe, qui pourrait d'ailleurs rejoindre le partenariat stratĂ©gique global Russie-Iran, officiellement signĂ© le 25 janvier Ă Moscou par M. Poutine et son homologue iranien, le prĂ©sident Masoud Pezeshkian.
Il est extrĂȘmement naĂŻf de supposer que Moscou a Ă©tĂ© surprise par la mise en scĂšne d'un prĂ©tendu Koursk 2.0. Ce n'est pas comme si toutes les ressources du renseignement russe - bases, satellites, renseignements au sol - n'avaient pas scrutĂ© pendant des mois la bande de salafistes-djihadistes en train d'assembler une armĂ©e de dizaines de milliers de personnes dans le Grand Idlib, avec une division de chars d'assaut.
Il est donc tout à fait plausible que la stratégie adoptée soit classiquement russe, et qu'elle s'accompagne d'une ruse persane. Il n'a pas fallu longtemps à Téhéran et à Moscou pour faire le calcul des risques encourus - notamment en termes de coût humain - en tombant dans le piÚge du soutien à un Assad déjà affaibli et d'une nouvelle guerre terrestre meurtriÚre et interminable. Pourtant, Téhéran a offert un soutien militaire, et Moscou, un soutien aérien, et des scénarios de négociations jusqu'à la toute fin.
Aujourd'hui, l'ensemble de la tragédie syrienne - y compris un éventuel califat de tout le royaume dirigé par le djihadiste réformé et respectueux des minorités Abu Mohammad al-Julani - relÚve de l'entiÚre responsabilité de l'OTAN, de Tel-Aviv et d'Ankara.
Ils ne sont simplement pas prĂ©parĂ©s Ă naviguer dans la matrice syrienne ultra-complexe, tribale, clanique et corrompue, sans parler du magma de 37 organisations terroristes dont la cohĂ©sion n'a Ă©tĂ© assurĂ©e, jusqu'Ă prĂ©sent, que par le mince ciment que reprĂ©sente l'Ă©viction d'Assad. Ce volcan va certainement leur exploser Ă la figure collectivement, peut-ĂȘtre sous forme d'horribles guerres intestines qui pourraient durer au moins quelques annĂ©es.
Le nord-est et l'est de la Syrie se sont dĂ©jĂ , instantanĂ©ment, embourbĂ©s dans une anarchie totale, avec une multitude de tribus locales dĂ©terminĂ©es Ă conserver Ă tout prix leurs schĂ©mas mafieux, refusant d'ĂȘtre contrĂŽlĂ©es par un assemblage composite amĂ©ricano-kurde du Rojava, largement communiste et laĂŻque. Certaines de ces tribus s'acoquinent dĂ©jĂ avec les salafi-jihadis soutenus par la Turquie. D'autres tribus arabes se sont alliĂ©es cette annĂ©e Ă Damas contre les extrĂ©mistes et les sĂ©cessionnistes kurdes.
L'ouest de la Syrie pourrait Ă©galement devenir une terre d'anarchie, comme Ă Idlib : rivalitĂ©s meurtriĂšres entre rĂ©seaux terroristes et bandits, entre clans, tribus, ethnies et groupes religieux enrĂ©gimentĂ©s par Assad, oĂč le panorama est encore plus complexe qu'en Libye sous l'ancien prĂ©sident Mouammar el-Kadhafi.
Quant aux filiĂšres d'approvisionnement des coupeurs de tĂȘtes, elles seront inĂ©vitablement distendues - et il sera alors aisĂ© de les interrompre, non seulement par l'Iran, par exemple, mais aussi par le bras de l'OTAN via la Turquie/IsraĂ«l lorsqu'ils se retourneront contre le Califat, et ils le feront invariablement si les exactions de ce dernier deviennent trop mĂ©diatisĂ©es.
Personne n'est en mesure de prĂ©voir ce qu'il adviendra de la carcasse de la Syrie de la dynastie Assad. Des millions de rĂ©fugiĂ©s pourraient y revenir, notamment de Turquie, ce que Washington tente depuis des annĂ©es d'empĂȘcher pour protĂ©ger son projet de âkurdificationâ dans le nord - mais des millions de personnes fuiront en mĂȘme temps, terrifiĂ©es par la perspective d'un nouveau califat et d'une nouvelle guerre civile.
Peut-on espérer une lueur d'espoir au coeur d'une telle sinistrose ? Le chef du gouvernement de transition sera Mohammad al-Bashir, jusqu'à récemment Premier ministre du soi-disant gouvernement syrien de Salut (SSG) dans la région d'Idlib, sous le contrÎle d'HTS. Ingénieur électricien de formation, Bashir a ajouté un diplÎme supplémentaire à sa formation en 2021 : la charia et le droit.
Perdre la Syrie ne doit pas dire perdre la Palestine
La MajoritĂ© Mondiale pleure peut-ĂȘtre ce qui, en apparence, ressemble Ă un coup presque mortel contre l'Axe de la RĂ©sistance. Pourtant, la Russie, l'Iran, l'Irak - et mĂȘme la Chine, qui garde un silence assourdissant - ne peuvent en aucun cas laisser une armĂ©e supplĂ©tive salafiste et jihadiste soutenue par l'OTAN, IsraĂ«l et la Turquie l'emporter. Contrairement Ă l'Occident collectif, ces pays sont plus intelligents, plus coriaces, infiniment plus patients, et tiennent compte des contours de la vision d'ensemble qui se profile. Il est encore trop tĂŽt, mais tĂŽt ou tard, ils se mobiliseront pour barrer la route au djihadisme soutenu par l'Occident, et l'empĂȘcher de se rĂ©pandre Ă PĂ©kin, Ă TĂ©hĂ©ran et Ă Moscou.
L'agence russe de renseignement extĂ©rieur Sluzhba Vneshney Razvedki (SVR) surveille dĂ©sormais comble lait sur le feu et 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 la prochaine destination de l'importante brigade salafiste-djihadiste de Syrie, composĂ©e en grande majoritĂ© d'Ouzbeks, d'OuĂŻghours, de Tadjiks et d'une poignĂ©e de TchĂ©tchĂšnes. Il ne fait aucun doute qu'ils seront utilisĂ©s pour âĂȘtre exportĂ©sâ (selon la terminologie du ThinkTankland amĂ©ricain) non seulement en Asie centrale, mais aussi dans la FĂ©dĂ©ration de Russie.
Pendant ce temps, IsraĂ«l subira une forte pression dans le Golan. Les AmĂ©ricains se sentiront temporairement en sĂ©curitĂ© autour des champs pĂ©trolifĂšres oĂč ils continueront Ă voler le pĂ©trole syrien. VoilĂ deux latences idĂ©ales pour le dĂ©but de ce qui pourrait ĂȘtre les premiĂšres reprĂ©sailles concertĂ©es des BRICS contre ceux qui ont dĂ©clenchĂ© la premiĂšre guerre des BRICS.
Et puis, la tragĂ©die ultime : la Palestine. Un Ă©norme coup de théùtre s'est produit Ă l'intĂ©rieur mĂȘme de la vĂ©nĂ©rable mosquĂ©e des Omeyyades Ă Damas. L'armĂ©e des coupeurs de tĂȘtes de l'OTAN, d'IsraĂ«l et de la Turquie promet maintenant aux Palestiniens qu'elle viendra libĂ©rer Gaza et JĂ©rusalem.
Pourtant, jusqu'Ă dimanche dernier, tout se rĂ©sumait Ă âNous aimons IsraĂ«lâ. Le maĂźtre de cĂ©rĂ©monie de cette opĂ©ration de relations publiques - conçue pour tromper le monde musulman et la MajoritĂ© Mondiale - n'est autre que le calife d'al-Sham lui-mĂȘme, Julani.
En l'Ă©tat, le nouveau rĂ©gime de Damas sera, Ă toutes fins utiles, soutenu par ceux qui soutiennent et organisent IsraĂ«l et le gĂ©nocide de la Palestine. Cela se voit dĂ©jĂ au grand jour, de la bouche mĂȘme des membres du cabinet israĂ©lien : Tel-Aviv aimerait idĂ©alement expulser la population de Gaza et de Cisjordanie vers la Syrie, bien que la Jordanie soit leur destination prĂ©fĂ©rĂ©e.
C'est sur cette bataille qu'il faut dĂ©sormais se concentrer. Feu le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, Hassan Nasrallah, Ă©tait catĂ©gorique lorsqu'il insistait sur la signification profonde de la perte de la Syrie : âLa Palestine serait perdueâ. Plus que jamais, il appartient Ă une RĂ©sistance mondiale de ne pas le permettre.
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De plus en plus lucide, Escobar !