đâđš Trump & ses vellĂ©itĂ©s dâingĂ©rence au Venezuela
L'accusation de ânarco-Ătatâ nâest que le prĂ©texte Ă une politique Ă©trangĂšre hostile, motivĂ©e par le dĂ©sir de contrĂŽler un pays qui possĂšde les plus grandes rĂ©serves avĂ©rĂ©es de pĂ©trole au monde.
đâđš Trump & ses vellĂ©itĂ©s dâingĂ©rence au Venezuela
DĂ©mystifier l'accusation de ânarco-Ătatâ.
Par Manolo de Los Santos, le 23 août 2025
Le gouvernement amĂ©ricain a relancĂ© sa campagne qualifiant le Venezuela de ânarco-Ătatâ, accusant ses dirigeants de trafic de drogue et offrant des primes consĂ©quentes pour leur arrestation. Cette campagne, briĂšvement mise en veille, n'est qu'une manĆuvre stratĂ©gique et non une Ă©valuation factuelle. Cette accusation, largement amplifiĂ©e sous l'administration Trump, ne masque qu'un objectif plus ancien : renverser le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien et s'emparer de ses importantes ressources pĂ©troliĂšres et miniĂšres. Un examen plus approfondi des faits tĂ©moigne de la lutte active du Venezuela contre le trafic de drogue selon ses propres modalitĂ©s, ainsi que de la volontĂ© persistante du gouvernement amĂ©ricain de dĂ©stabiliser les nations indĂ©pendantes d'AmĂ©rique latine.
La lutte du Venezuela contre le trafic de drogue : une réalité post-DEA
En 2005, le Venezuela a connu un tournant dans sa stratégie antidrogue lorsque le président Hugo Chåvez a expulsé la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine, l'accusant d'espionnage et dénonçant une atteinte à la souveraineté vénézuélienne. Cette décision se fondait sur la conviction de Chåvez que la DEA
âservait de couverture pour Ćuvrer au service du renseignement contre [son] gouvernementâ.
à l'époque, les responsables vénézuéliens s'étaient montrés déterminés à poursuivre seuls la lutte contre le trafic de drogue.
âLa DEA n'est pas indispensable Ă la lutte contre le trafic de drogue au Venezuela. Nous continuerons Ă Ćuvrer avec les organisations internationales contre ce flĂ©auâ, avait dĂ©clarĂ© ChĂĄvez.
Contrairement au discours amĂ©ricain selon lequel cette mesure aurait entraĂźnĂ© un afflux de substances illicites, le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien, par l'intermĂ©diaire de son Office national de lutte contre le trafic de stupĂ©fiants (ONA) et des Forces armĂ©es nationales bolivariennes (FANB), a intensifiĂ© ses propres stratĂ©gies de lutte contre le trafic de drogue. Selon la Superintendance nationale antidrogue (SUNAD) du Venezuela, le pays a procĂ©dĂ© Ă d'importantes saisies de drogue au fil des ans. En 2015 par exemple, le dĂ©partement d'Ătat amĂ©ricain a lui-mĂȘme rapportĂ© que l'ONA a saisi 65,76 tonnes de drogues durant les huit premiers mois de l'annĂ©e, soit une augmentation de 132 % par rapport Ă la mĂȘme pĂ©riode en 2014. La cocaĂŻne et la marijuana reprĂ©sentaient l'essentiel de ces saisies. Le Venezuela a Ă©galement coopĂ©rĂ© avec d'autres pays, signant en 2014 un accord international avec la Russie pour lutter contre le narcotrafic.
Si le gouvernement amĂ©ricain a souvent qualifiĂ© le Venezuela de âplaque tournante de la drogueâ, cette caractĂ©risation occulte souvent les mesures proactives prises par le pays et sa rĂ©alitĂ© gĂ©ographique. Sa longue et permĂ©able frontiĂšre avec la Colombie, premier producteur mondial de cocaĂŻne, qui abrite sept bases militaires amĂ©ricaines et trois bureaux de la DEA, peut en effet en faire un point de transit clĂ©. Toutefois, cela nâimplique pas la complicitĂ© de l'Ătat.
Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par l'Institut de recherche sociale Tricontinental et l'Observatoire de la guerre juridique (Lawfare) a en effet rapportĂ© qu'aprĂšs cinq dĂ©cennies de âguerre contre la drogueâ, la DEA elle-mĂȘme a reconnu, en 2023, que les principales organisations de trafic de drogue opĂšrent toujours Ă l'Ă©chelle mondiale. George Papadopoulos, administrateur adjoint principal de la DEA, a dĂ©clarĂ© devant le CongrĂšs amĂ©ricain que les cartels de Sinaloa et de Jalisco comptent Ă eux seuls
âdes associĂ©s, des intermĂ©diaires et des facilitateurs dans les 50 Ătats des Ătats-Unisâ.
L'étude soutient que ce plan d'intervention continentale contre les stupéfiants s'inscrit dans un schéma global de domination politique et militaire sur tout le continent américain, de l'Alaska au cap Horn, y compris l'Antarctique, territoire devenu un enjeu majeur de la géopolitique mondiale.
Les accusations de l'administration Trump, une arme politique
L'administration Trump a portĂ© l'accusation de ânarco-Ătatâ Ă un niveau sans prĂ©cĂ©dent, s'en servant comme d'une arme politique et juridique directement dirigĂ©e contre le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien. En mars 2020, le ministĂšre amĂ©ricain de la Justice a annoncĂ© l'inculpation trĂšs mĂ©diatisĂ©e du prĂ©sident NicolĂĄs Maduro et de quatorze autres hauts responsables vĂ©nĂ©zuĂ©liens, actuels ou anciens, pour ânarcoterrorismeâ, corruption et trafic de drogue.
En dĂ©voilant l'acte d'accusation, le procureur gĂ©nĂ©ral de l'Ă©poque, William Barr, a accusĂ© Maduro et ses collaborateurs d'avoir complotĂ© avec une faction dissidente des Forces armĂ©es rĂ©volutionnaires de Colombie (FARC) pour expĂ©dier des tonnes de cocaĂŻne aux Ătats-Unis. Il a dĂ©clarĂ© :
âPendant plus de 20 ans, Maduro et un certain nombre de ses collaborateurs haut placĂ©s auraient conspirĂ© avec les FARC, entraĂźnant une entrĂ©e massive de cocaĂŻne sur le territoire amĂ©ricain, avec des consĂ©quences dĂ©vastatrices pour les communautĂ©s amĂ©ricainesâ.
Il a également affirmé que les dirigeants vénézuéliens
âbĂ©nĂ©ficiaient du soutien du rĂ©gime de Maduro, qui leur sert de refuge pour poursuivre leur trafic de cocaĂŻne et leur insurrection armĂ©eâ.
Cette accusation Ă©tait assortie d'une prime pour la capture de Maduro, initialement fixĂ©e Ă 15 millions de dollars, puis portĂ©e Ă 50 millions. Une telle mesure, qui Ă©voque davantage une prime offerte pour la capture d'un chef terroriste, avait pour but clair de dĂ©lĂ©gitimer Maduro et de trouver une justification lĂ©gale pour le destituer de ses fonctions. Un tel procĂ©dĂ© constitue une tentative de pression politique sans prĂ©cĂ©dent pour un chef d'Ătat en exercice.
Les responsables vĂ©nĂ©zuĂ©liens ont vivement condamnĂ© ces accusations, les qualifiant de âpitoyable Ă©cran de fumĂ©eâ. Le ministre vĂ©nĂ©zuĂ©lien des Affaires Ă©trangĂšres, YvĂĄn Gil, a qualifiĂ© cette prime de âpathĂ©tiqueâ et de âgrossiĂšre opĂ©ration de propagande politiqueâ. Dans une allocution tĂ©lĂ©visĂ©e, le prĂ©sident Maduro a promis que le Venezuela
âdĂ©fendrait ses cĂŽtes, son ciel et son territoireâ et a qualifiĂ© l'ingĂ©rence amĂ©ricaine de âmenace dĂ©mesurĂ©e et absurde d'un empire en dĂ©clinâ.
Le prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale vĂ©nĂ©zuĂ©lienne, Jorge RodrĂguez, a Ă©galement rĂ©agi, qualifiant la proclamation amĂ©ricaine
d'âacte ignoble qui restera dans les annales de la diplomatie internationaleâ.
La motivation impĂ©rialiste et lâescalade militaire.
L'attaque juridique et rhétorique contre le Venezuela n'est pas un incident isolé. Elle coïncide avec une montée des tensions militaires sans précédent. En avril 2020, au début de la premiÚre administration Trump, le président américain a annoncé une opération antidrogue massive dans les Caraïbes, envoyant des navires de guerre et déployant des milliers de marines prÚs des eaux territoriales vénézuéliennes.
Ce dĂ©ploiement militaire, combinĂ© Ă la prime offerte pour la capture de Maduro, visait deux objectifs : d'une part intimider le gouvernement vĂ©nĂ©zuĂ©lien, et lui signifier une volontĂ© d'intervention directe, et dâautre part Ă dĂ©tourner l'attention des problĂ©matiques internes des Ătats-Unis, en particulier de la gestion de la pandĂ©mie de Covid-19 par l'administration. Jorge Arreaza, le ministre vĂ©nĂ©zuĂ©lien des Affaires Ă©trangĂšres, a alors tweetĂ© :
âAlors que la population de Floride agonise sous l'effet de la pandĂ©mie, le Pentagone diffame le Venezuela pour promouvoir la réélection de Trump et obtenir des ressources pour sa machine de guerre. Ils commettent un crime contre le Venezuela et contre leur propre paysâ.
Ces nouvelles manĆuvres militaires interviennent aprĂšs la rĂ©cente dĂ©cision de l'administration Trump de classer les cartels de la drogue en AmĂ©rique latine comme une menace pour la sĂ©curitĂ© nationale, comme le stipule une note du Pentagone. En guise de mise en Ćuvre immĂ©diate de cette politique, les Ătats-Unis ont dĂ©ployĂ© trois destroyers lance-missiles Aegis â l'USS Gravely, l'USS Jason Dunham et l'USS Sampson â au large des cĂŽtes vĂ©nĂ©zuĂ©liennes. Cette opĂ©ration s'inscrit dans le cadre d'une opĂ©ration plus vaste impliquant environ 4 000 Marines et soldats de la marine, ainsi que des avions espions P-8 et au moins un sous-marin d'attaque, qui opĂ©reront Ă proximitĂ© des cĂŽtes vĂ©nĂ©zuĂ©liennes.
Ces mouvements militaires ont Ă©tĂ© vivement condamnĂ©s par les dirigeants de toute la rĂ©gion. La prĂ©sidente mexicaine Claudia Sheinbaum a fermement rejetĂ© le recours aux forces militaires amĂ©ricaines sur son territoire, soulignant que la coopĂ©ration ne saurait s'Ă©tendre Ă une âinvasionâ et que son gouvernement ne dispose d'aucune preuve d'un lien direct entre le prĂ©sident Maduro et les cartels mexicains. Le prĂ©sident colombien Gustavo Petro, quant Ă lui, a clairement fait savoir qu'il considĂšre toute opĂ©ration militaire amĂ©ricaine non autorisĂ©e comme une âagression contre l'AmĂ©rique latine et les CaraĂŻbesâ, et qu'une attaque contre le Venezuela serait perçue comme une attaque contre la Colombie.
Le Venezuela a quant Ă lui appelĂ© ses plus de quatre millions de volontaires Ă se mobiliser dans tout le pays pour dĂ©fendre sa souverainetĂ©. Ce sont ces mĂȘmes milices bolivariennes qui, en 2020, ont capturĂ© les mercenaires qui tentaient d'entrer au Venezuela pour commettre une sĂ©rie d'assassinats et semer le chaos dans le pays.
Le dĂ©ploiement de navires de guerre et d'unitĂ©s militaires, ainsi que la note du Pentagone, signalent clairement que l'accusation de ânarco-Ătatâ nâest que le prĂ©texte Ă une politique Ă©trangĂšre hostile, motivĂ©e par le dĂ©sir de contrĂŽler un pays qui possĂšde les plus grandes rĂ©serves avĂ©rĂ©es de pĂ©trole au monde. Pour les dĂ©fenseurs de la justice Ă travers le monde, la dĂ©fense de la souverainetĂ© vĂ©nĂ©zuĂ©lienne est un enjeu crucial dans la lutte plus gĂ©nĂ©rale contre l'interventionnisme des Ătats-Unis et pour l'autodĂ©termination de toutes les nations.
Traduit par Spirit of Free Speech




On sait trĂšs bien (comme la DEA) que le narco-trafic est liĂ© Ă lâautofinancement de la CIA (qui nâa donc pas besoin du budget allouĂ© par le congrĂšs chaque annĂ©e). Câest donc un problĂšme qui ne sera jamais rĂ©glĂ©. Les consommateurs Ă©tant occidentaux (essentiellement nord-americains) et les producteurs protĂ©gĂ©s et pilotĂ©s par ceux-ci, cette hypocrisie est digne de Washington. Trump reprĂ©sente le summum du foutage de gueule, et il nây a que le coĂ»t exorbitant pour le Pentagone de toutes ces opĂ©rations (Ukraine, IsraĂ«l, Iran, TaĂŻwan, ...) qui pourra freiner ses vellĂ©itĂ©s imbĂ©ciles contre lâAmĂ©rique Latine.