đâđš Un jour, vous aussi serez un terroriste
Par Ahmad Ibsais, le 28 août 2026
Des Mau Mau et du FLN Ă la qualification de âPalestine Actionâ, comment les puissances occidentales ont recours Ă lâĂ©tiquette de âterrorismeâ pour criminaliser la rĂ©sistance alors que la violence coloniale Ă©chappe Ă toute condamnation.
La premiĂšre fois que jâai compris ce que signifie le âterrorismeâ palestinien pour le reste du monde, jâai vu mourir un enfant palestinien.
Le 30 septembre 2000, Muhammad al-Durrah, ĂągĂ© de douze ans, Ă©tait coincĂ© avec son pĂšre prĂšs dâun cylindre en bĂ©ton au carrefour de Netzarim, Ă Gaza. Jamal al-Durrah a levĂ© une main nue en direction des tireurs, tandis que Muhammad se blottissait contre lui, car câest ce que font tous les enfants. Un pĂšre est censĂ© protĂ©ger son enfant de tous les flĂ©aux du monde. La camĂ©ra a filmĂ© une nouvelle rafale, un nuage de poussiĂšre, puis Muhammad sâeffondrant sur les genoux de son pĂšre. TuĂ© par des terroristes colons.
Ces images sont apparues dans les foyers palestiniens au dĂ©but de la deuxiĂšme Intifada. Et dix ans plus tard, jâĂ©tais assez grand pour comprendre que le garçon Ă lâĂ©cran me ressemblait beaucoup plus que les soldats. Ătais-je moi aussi une menace terroriste ? Pouvais-je ĂȘtre tuĂ©, moi aussi ? Lâoccupation disposait dâune armĂ©e, de colonies, de prisons, de postes de contrĂŽle et du pouvoir de dĂ©cider quand les Palestiniens peuvent se dĂ©placer dâune ville Ă lâautre. Pourtant, la violence quâil fallait expliquer Ă©tait la nĂŽtre. Câest ainsi que jâai appris trĂšs tĂŽt que le terrorisme ne se dĂ©finit pas en fonction de qui fait peur Ă qui. Un enfant palestinien peut ĂȘtre abattu sous les yeux du monde entier et nâentrer dans lâhistoire que pour servir de dĂ©cor Ă un rĂ©cit sur la violence palestinienne. Un dĂ©cor policĂ©, trop occultĂ© par les faits et les artifices de la violence pour perturber le rappel programmĂ© selon lequel lâOccident proclame la libertĂ© pour le monde sur des montagnes de cadavres.
En tant que Palestinien, je nâai pas besoin de fouiller les livres dâhistoire pour comprendre la militarisation du langage ou les formes du terrorisme. Jâai vu des colons israĂ©liens armĂ©s dĂ©ferler sur des villages palestiniens, brĂ»ler des maisons et des oliveraies, voler du bĂ©tail, agresser des familles et chasser des gens de terres oĂč leurs familles vivent depuis des gĂ©nĂ©rations, pour que le Palestinien qui dĂ©fend sa famille ou sa terre soit ensuite assassinĂ© et qualifiĂ© dâagresseur. Ils veulent que nous dĂ©posions les armes et marchions de notre plein grĂ© vers lâabattoir pour que nos bourreaux puissent sâabreuver au puits de notre chagrin et devenir plus forts Ă chaque Palestinien qui meurt sans broncher. Mais nous ne sommes pas des moutons, et notre sang nâest pas le prix Ă payer pour convaincre le boucher de notre humanitĂ©.
Les meurtres commis lors des Jeux olympiques de Munich en 1972 ont contribuĂ© Ă forger lâimage publique la plus tenace du terrorisme moderne. Septembre noir a assassinĂ© onze membres de lâĂ©quipe olympique israĂ©lienne et un policier ouest-allemand. Le meurtre de civils nâa rien de libĂ©rateur, et prĂ©tendre le contraire est tout simplement malhonnĂȘte. Cette attaque fut Ă©galement la premiĂšre du genre Ă ĂȘtre retransmise en direct devant un public mondial, et prĂšs de 900 millions de personnes ont vu les Palestiniens incarner une nouvelle menace internationale. Dans les jours suivants, IsraĂ«l a bombardĂ© et attaquĂ© des bases de lâOLP en Syrie et au Liban, dĂ©truisant des maisons et des ponts et tuant plus de 200 personnes, dont des femmes et des enfants. Une atrocitĂ© a changĂ© la façon dont le monde apprĂ©hendait le terrorisme. Et elle a donnĂ© carte blanche au reste du monde pour tuer des Arabes sous prĂ©texte de reprĂ©sailles, des mesures de rĂ©torsion susceptibles de se poursuivre pendant des dĂ©cennies sans se soucier des femmes, des enfants et des familles victimes de ce quâils ont qualifiĂ© de âterrorismeâ.
Washington lâa dĂ©montrĂ© une nouvelle fois en moins de quarante-huit heures. Le 24 aoĂ»t 2026, les Ătats-Unis ont retirĂ© la Syrie de la liste des Ătats soutenant le terrorisme oĂč elle Ă©tait inscrite depuis 1979. Cette mĂȘme annonce a rĂ©voquĂ© la dĂ©signation comme organisation terroriste de lâorganisation âFront al-Nosraâ, Ă©galement connue sous son nom ultĂ©rieur de âHayat Tahrir al-Shamâ, anciennement branche officielle dâAl-QaĂŻda en Syrie. Son ancien commandant, Ahmed al-Sharaa, est dĂ©sormais prĂ©sident de la Syrie et affiche un large sourire aux cĂŽtĂ©s du prĂ©sident Trump dans le Bureau ovale.
Al-Sharaa nâa pas remontĂ© le temps pour se dissocier dâAl-QaĂŻda, mais son passĂ© est devenu acceptable dĂšs que les Ătats-Unis ont souhaitĂ© un gouvernement Ă Damas capable de combattre lâĂtat islamique, de lĂ©cher les bottes dâIsraĂ«l et des Ătats-Unis, et dâouvrir le pays aux capitaux occidentaux. Ici, le terrorisme se dĂ©finit par ceux qui sont utiles Ă la poursuite des objectifs coloniaux, et ceux qui ne le sont pas ou qui font obstacle.
Deux jours plus tard, les Ătats-Unis ont inscrit Palestine Action sur la liste des organisations terroristes en vertu du dĂ©cret prĂ©sidentiel post-11 septembre utilisĂ© contre lâĂtat islamique et Al-QaĂŻda.
Les lois antiterroristes amĂ©ricaines se sont accumulĂ©es au fil du temps, gĂ©nĂ©ralement lorsque la peur fait passer la vigilance pour une attitude antipatriotique. Le CongrĂšs a adoptĂ© en 1996 la loi sur la lutte contre le terrorisme et lâapplication effective de la peine de mort, confĂ©rant au secrĂ©taire dâĂtat le pouvoir de qualifier certaines organisations Ă©trangĂšres dâorganisations terroristes et faisant du soutien Ă ces groupes un crime fĂ©dĂ©ral. AprĂšs le 11 septembre, le PATRIOT Act a intĂ©grĂ© lâavis dâexperts dans la dĂ©finition du âsoutien matĂ©rielâ, tandis que le dĂ©cret prĂ©sidentiel 13224 de George W. Bush a fourni au gouvernement une autre option sous la forme de gels dâavoirs et dâinterdictions de transactions. Lâarticle 2339B prĂ©voit dĂ©sormais jusquâĂ vingt ans de prison pour avoir fourni des services, une formation ou des conseils Ă une organisation dĂ©signĂ©e. Dans lâaffaire Holder c. Humanitarian Law Project, la Cour suprĂȘme a estimĂ© que la loi peut mĂȘme empĂȘcher des personnes dâenseigner au PKK comment recourir au droit international pour rĂ©soudre pacifiquement des conflits. Palestine Action a Ă©tĂ© visĂ©e par le dĂ©cret prĂ©sidentiel n° 13224, qui dĂ©finit le terrorisme de maniĂšre suffisamment large pour y inclure tout comportement dangereux pour les biens ou les infrastructures lorsquâil vise Ă faire pression sur un gouvernement. Aucun procureur nâa eu Ă persuader un jury que la destruction dâĂ©quipements Ă lâintĂ©rieur dâune usine dâarmement pouvait terroriser qui que ce soit. Le TrĂ©sor a dĂ©crĂ©tĂ© la dĂ©signation, gelĂ© tous les biens auxquels il pouvait accĂ©der et interdit la quasi-totalitĂ© des transactions avec lâorganisation. Et comment la loi amĂ©ricaine qualifie-t-elle les millions de personnes assassinĂ©es en Irak et en Afghanistan sous la banniĂšre Ă©toilĂ©e ? Elle nâa pas de terme pour les dĂ©signer. Le terrorisme, apparemment, commence lĂ oĂč on entrave le fonctionnement des machines Ă tuer.
Palestine Action sâest introduite dans des usines dâarmement et installations militaires britanniques, a endommagĂ© du matĂ©riel, projetĂ© de la peinture rouge et encouragĂ© dâautres Ă perturber les activitĂ©s des entreprises qui arment IsraĂ«l. En dâautres termes, Palestine Action a tentĂ© de mettre fin Ă la catastrophe morale de notre Ă©poque â le gĂ©nocide des Palestiniens perpĂ©trĂ© par IsraĂ«l avec le soutien des Ătats-Unis. Nous avons donc dĂ©couvert que le terrorisme, câest la violence exercĂ©e par les opprimĂ©s. Lorsque Washington estime pouvoir tirer parti de lâauteur dâun tel acte, cette qualification peut ĂȘtre retirĂ©e Ă temps pour la confĂ©rence sur les investissements. Lorsquâun militant endommage les mĂ©canismes dâun Ătat favorisĂ©, le vandalisme prend alors la forme du terrorisme dâAl-QaĂŻda.
Ă lâuniversitĂ©, jâai suivi un cours intitulĂ© Terrorisme, torture et violence. Le terrorisme y Ă©tait prĂ©sentĂ© comme un problĂšme de dĂ©finition. Qui agit ? Doit-il cibler des civils ? Doit-il ĂȘtre perpĂ©trĂ© par une organisation non Ă©tatique ? La motivation politique distingue-t-elle le terrorisme du crime ordinaire ? Les questions se sont multipliĂ©es car chaque dĂ©finition devenait gĂȘnante dĂšs son application cohĂ©rente.
Le terme lui-mĂȘme a Ă©tĂ© inventĂ© pour dĂ©crire le RĂšgne de la Terreur de la RĂ©volution française, lorsque un gouvernement a dirigĂ© la violence contre ceux quâil avait dĂ©clarĂ©es ennemies. Le terrorisme a dâabord Ă©tĂ© une description de la violence dâĂtat. La lutte antiterroriste moderne a largement corrigĂ© cette source dâembarras historique en accordant une exemption Ă lâĂtat. Si le terrorisme est une violence politique destinĂ©e Ă faire peur aux civils ou Ă contraindre une population, alors un uniforme ne peut en aucun cas faire disparaĂźtre ces actes. Ainsi, si la dĂ©finition exclut les Ătats â ces organisations capables de raser des villes, massacrer des enfants, crĂ©er des camps de concentration, affamer des populations et chasser des millions de personnes de leurs foyers â, ceux-ci bĂ©nĂ©ficient dâune exemption leur permettant de feindre des reprĂ©sailles pour une Nakba qui a commencĂ© il y a de trĂšs, trĂšs, trĂšs nombreuses annĂ©es.
Les Nations Unies ne disposent toujours pas dâune dĂ©finition universellement reconnue du terrorisme, mais nous (les gens ordinaires partout dans le monde) savons reconnaĂźtre le terrorisme quand nous le voyons. Cependant, les Ătats ne sâaccordent pas sur la question de savoir qui doit en rĂ©pondre, si les mouvements anticolonialistes peuvent ĂȘtre rĂ©duits aux tactiques quâils emploient, et si les armĂ©es des nations puissantes doivent ĂȘtre amenĂ©es Ă dĂ©fendre les populations quâelles bombardent (la rĂ©ponse est Ă©videmment non).
Mais cette sĂ©rie de questions relĂšve de la supercherie, nâest-ce pas ? En 1970, Richard Carleton a voulu savoir pourquoi les Palestiniens ne sont pas autour de la table des nĂ©gociations de paix avec IsraĂ«l. Ghassan Kanafani [Ndt - nĂ© le 9 avril 1936 Ă Acre en Palestine et mort le 8 juillet 1972 Ă Beyrouth, au Liban, est un Ă©crivain et homme politique palestinien] lui a rĂ©pondu que ce quâil envisageait relĂšve de la capitulation. Carleton a insistĂ©, demandant pourquoi le dialogue ne serait pas prĂ©fĂ©rable au combat. Kanafani a rĂ©pondu : âCâest en quelque sorte un dialogue entre lâĂ©pĂ©e et le couâ.
Kanafani ne soutenait pas que toute action menĂ©e par le cou soit juste, mais plutĂŽt que nos cous ne peuvent passer autant de temps sous le joug sans se battre pour reprendre leur souffle â et ne vous mĂ©prenez pas sur nos intentions quand nous le faisons. Kanafani, ainsi que ceux qui lâont prĂ©cĂ©dĂ© et ceux qui continuent de se battre aprĂšs lui, refusent de qualifier la lĂ©gitime rĂ©sistance pour respirer, pour la libertĂ©, dâamorce des violences. Le pouvoir colonial survit grĂące Ă cette fausse interprĂ©tation.
La Grande-Bretagne qualifiait autrefois les Mau Mau de terroristes tout en enfermant les Kenyans dans des camps de dĂ©tention et en torturant ceux qui rĂ©sistaient Ă la domination coloniale et aux spoliations fonciĂšres. En 2013, le gouvernement britannique a enfin admis que des Kenyans ont Ă©tĂ© torturĂ©s et abusĂ©s par lâadministration coloniale. Il a versĂ© 19,9 millions de livres sterling Ă 5 228 survivants. Ces excuses tardives sont intervenues aprĂšs lâindĂ©pendance du Kenya, alors que les personnes torturĂ©es par la Grande-Bretagne avaient vieilli ou Ă©taient dĂ©jĂ mortes. Ă ce stade, lâexpression âterroriste mau-mauâ avait rempli sa fonction initiale.
La France a qualifiĂ© le FLN de terroristes tout en refusant de reconnaĂźtre que ce qui se passait en AlgĂ©rie Ă©tait une guerre. Pendant des dĂ©cennies, la France a qualifiĂ© ces huit annĂ©es de guerre coloniale dââĂ©vĂ©nementsâ ou dâopĂ©rations de maintien de lâordre. Elle a envoyĂ© 1,5 million de conscrits pour prĂ©server 132 ans de domination coloniale, a pratiquĂ© la torture et a niĂ© quâune guerre ait eu lieu jusquâen 1999. Pourquoi les puissances coloniales peuvent-elles condamner la violence engendrĂ©e par leur domination, alors que leur occupation, leurs chambres de torture, leurs exĂ©cutions et leurs massacres sont considĂ©rĂ©s comme une âvengeanceâ des occupĂ©s qui ne remercient pas assez leurs geĂŽliers pour leurs cellules inconfortables ?
MĂȘme Nelson Mandela, qui a purgĂ© vingt-sept annĂ©es de prison, est devenu prĂ©sident de lâAfrique du Sud et a contribuĂ© Ă dĂ©manteler lâapartheid, a encore dĂ» obtenir une dĂ©rogation spĂ©ciale pour entrer aux Ătats-Unis en raison de ses activitĂ©s anti-apartheid. Un rapport du CongrĂšs a reconnu que la loi amĂ©ricaine considĂ©rait toujours lâANC comme une organisation terroriste parce quâelle avait recouru Ă la force armĂ©e contre lâapartheid. Il a fallu huit annĂ©es supplĂ©mentaires aprĂšs la fin du mandat de Mandela pour que les Ătats-Unis dĂ©crĂštent cela comme un outrage.
Puis il y a aussi Menachem Begin. La biographie officielle du ComitĂ© Nobel indique que lâIrgoun, organisation terroriste israĂ©lienne dirigĂ©e par Begin, âa recouru au terrorismeâ contre les autoritĂ©s britanniques et les Arabes palestiniens. Begin est ensuite devenu Premier ministre dâIsraĂ«l. En 1978, le ComitĂ© Nobel lui a dĂ©cernĂ© le prix de la paix. Il nâa pas eu Ă ressusciter les morts de lâIrgoun pour leur demander si leur sacrifice a Ă©tĂ© pacifique.
Lâenseignement nâest pas que chaque lutte de libĂ©ration soit justifiĂ©e dans chacun de ses actes. Il implique plutĂŽt que le terme âterroristeâ nâa jamais Ă©tĂ© une Ă©tiquette permanente, mais une Ă©tiquette liĂ©e au pouvoir. Ce pouvoir chevaleresque venu rĂ©pandre la dĂ©mocratie au sein dâun âaxe du malâ.
Câest pourquoi la qualification attribuĂ©e Ă Palestine Action devrait prĂ©occuper ceux qui ne se sentent pas concernĂ©s par cette organisation ou ses tactiques. Les catĂ©gories de rĂ©pression politique sont rarement cantonnĂ©es aux personnes initialement visĂ©es. DĂšs que lâĂtat Ă©tablit que la destruction de biens ou les boycotts Ă©conomiques Ă des fins politiques peuvent ĂȘtre qualifiĂ©s de terrorisme, la question nâest plus de savoir si quelquâun a Ă©tĂ© terrorisĂ©, mais si des intĂ©rĂȘts protĂ©gĂ©s ont Ă©tĂ© compromis. Cette catĂ©gorie peut alors sâĂ©tendre du sabotage dâune usine dâarmes au blocage de ses livraisons, au financement de ceux qui organisent le blocus, ou encore Ă leur dĂ©fense auprĂšs de lâopinion publique. Chaque extension sera prĂ©sentĂ©e comme restreinte et exceptionnelle jusquâĂ ce que la dissidence elle-mĂȘme soit Ă©cartĂ©e de la sphĂšre politique et placĂ©e sous le rĂ©gime de la sĂ©curitĂ© nationale. Vous pensez peut-ĂȘtre que le terme âterroristeâ ne pourra jamais vous concerner puisque vous nâavez tuĂ© ni effrayĂ© personne, mais cette rĂ©alitĂ© ne compte plus lorsquâil sâagit de dĂ©terminer qui se voit attribuer cette Ă©tiquette. Un jour, lâĂtat pourrait vous qualifier de terroriste simplement pour avoir compliquĂ© la mise en Ćuvre de sa violence, et dâici lĂ , la loi aura Ă©tĂ© braquĂ©e sur ceux que lâon vous encourageait Ă ne pas dĂ©fendre.
En 1948, les premiers terroristes/colons sionistes ont envahi la ville de Deir Yassin, dont les collines sont les rares tĂ©moins restants du sang palestinien versĂ© sur cette terre. Ils ont fait dĂ©filer et aligner des hommes palestiniens avant de les abattre dans les fosses quâils avaient Ă©tĂ© contraints de creuser. Des femmes enceintes ont vu leurs bĂ©bĂ©s arrachĂ©s de leur corps. Des garçons et des filles ont Ă©tĂ© forcĂ©s dâassister au meurtre de leur famille. Ce seul exemple de terrorisme des colons sâest rĂ©pĂ©tĂ© chaque jour sous une forme ou une autre depuis huit dĂ©cennies, perpĂ©trĂ© par ceux qui se prĂ©tendent âĂ©lusâ.
En 2015, Ă Duma, des colons israĂ©liens ont lancĂ© des bombes incendiaires sur la maison de la famille Dawabsheh vers deux heures du matin. Ali Dawabsheh, ĂągĂ© de dix-huit mois, est mort brĂ»lĂ© dans son berceau. Nâest-ce pas lĂ du terrorisme ? Quâattendent les Ătats-Unis pour qualifier IsraĂ«l dââĂtat soutenant le terrorismeâ ? Mais bien sĂ»r, IsraĂ«l a toujours Ă©tĂ© de mĂšche avec son principal bailleur de fonds. Et maintenant, câest au tour de la Syrie.
Pourtant, le terrorisme des colons est toujours prĂ©sentĂ© comme une exception israĂ©lienne plutĂŽt que comme lâune des mĂ©thodes permettant Ă IsraĂ«l de saisir les terres palestiniennes. Au cours des quatre premiers mois de 2026, les Nations unies ont recensĂ© environ 190 attaques de colons par mois, soit plus de 2 000 attaques pour lâensemble de lâannĂ©e en Cisjordanie. La violence sâest propagĂ©e plus avant dans les zones A et B, ces territoires fragmentĂ©s quâOslo Ă©tait censĂ© placer sous administration palestinienne. Ben-Gvir portait une broche en forme de nĆud coulant tout en disant vouloir pendre les Palestiniens, ce mĂȘme homme dĂ©sireux de creuser un fossĂ© rempli de crocodiles importĂ©s (les crocodiles locaux ayant Ă©tĂ© chassĂ©s jusquâĂ lâextinction par IsraĂ«l) autour des prisons palestiniennes.
Vingt-six ans aprĂšs la mort de Muhammad al-Durrah dans les bras de son pĂšre, les hommes armĂ©s de fusils et de bombes dĂ©cident toujours qui sera qualifiĂ© de terroriste et qui devra mourir sous le couperet aprĂšs sâĂȘtre aveuglĂ©ment soumis. Un jour, ils vous traiteront vous aussi de terroriste. Nâattendez pas ce jour pour prendre conscience de ce quâils nous font subir.
Traduit par Spirit of Free Speech





