đâđš Un tournant historique se profile Ă lâhorizon
LâIran pourrait accomplir ce que JĂ©sus a tentĂ© : chasser Ă jamais les changeurs dâargent du temple & Ă©branler les bases de la structure du pouvoir sans que les dirigeants recourent Ă lâoption Samson.

đâđš Un tournant historique se profile Ă lâhorizon
Par Andreas Mylaeus, le 18 mars 2026
La maĂźtrise du dĂ©troit dâOrmuz pourrait mettre fin au rĂšgne des oligarchies financiĂšres de la City de Londres et de Wall Street, fondĂ© sur lâendettement.
Ăvangile selon saint Matthieu (21, 12-13) : JĂ©sus entra dans le temple et chassa tous ceux qui y vendaient et y achetaient ; il renversa les tables des changeurs et les siĂšges de ceux qui vendaient des colombes. Puis il leur dit : âIl est Ă©crit : âMa maison sera appelĂ©e une maison de priĂšreâ, mais vous en avez fait une caverne de voleursâ.
Introduction
Quiconque suit lâactualitĂ© mondiale ne peut sâempĂȘcher de secouer la tĂȘte : le âtyranâ anglo-saxon se retrouve une fois de plus entraĂźnĂ© dans une guerre quâil ne peut que perdre. En Ukraine, il est dĂ©jĂ confrontĂ© Ă un adversaire qui lui montre les limites de son pouvoir rĂ©el, et voilĂ quâil se frotte les yeux dâĂ©tonnement, se demandant comment il est possible que les âsous-humainsâ de Perse ne se rendent pas volontairement et ne se soumettent pas Ă la servitude face Ă lâarmada amĂ©ricaine qui avance.
Compte tenu de lâĂ©quilibre rĂ©el des forces (le niveau technologique de lâarmement iranien dans les domaines du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance ainsi que de la technologie des missiles, les conditions topographiques et dĂ©mographiques de lâIran, lâunitĂ© et la dĂ©termination du peuple iranien, et le soutien actif de puissances trĂšs influentes telles que la Russie et la Chine), de nombreux conseillers militaires rationnels ont averti USreal que cette attaque contre lâIran â qui viole le droit international Ă tous Ă©gards â entraĂźnera des revers considĂ©rables dans leur projet de soumettre davantage la rĂ©gion.
Cela rappelle HĂ©rodote, qui rapporte que CrĂ©sus (nomen est omen), roi de Lydie (vers 595â546 av. J.-C.), sollicita la prophĂ©tie de lâoracle de Delphes avant de sâattaquer Ă lâEmpire perse sous Cyrus II : âDois-je entrer en guerre contre lâEmpire perse ?â La rĂ©ponse de lâoracle aurait Ă©tĂ© : âSi tu traverses le fleuve Halys, tu dĂ©truiras un grand empireâ. CrĂ©sus interprĂ©ta cette prophĂ©tie ambiguĂ« selon ses propres dĂ©sirs. Mais finalement, ce fut la Lydie qui fut conquise par la Perse, et non lâinverse.
Pourquoi cette guerre, et pourquoi maintenant ?
Il existe de nombreuses thĂ©ories concernant les raisons et le moment choisi pour cette guerre menĂ©e par âUSraelâ contre lâIran. Nous souhaitons ici apporter un autre point de vue.
Beaucoup ont soulignĂ© Ă juste titre que les justifications, fondĂ©es sur la propagande, des frappes militaires contre lâIran sont sans fondement : lâIran ne reprĂ©sente aucune menace militaire pour lâOccident, et encore moins pour les Ătats-Unis â son Ă©quipement militaire est de nature purement dĂ©fensive. LâIran nâest pas non plus Ă lâorigine dâattaques terroristes contre lâOccident. Dans la mesure oĂč il soutient le Hezbollah, Ansarallah au YĂ©men, les milices irakiennes ou dâautres, il ne sâagit pas de terroristes mais de forces de libĂ©ration se dĂ©fendant contre la colonisation de leurs pays par lâOccident. Lâargument selon lequel les Ătats-Unis auraient dĂ» lancer une frappe prĂ©ventive contre lâIran parce que les soldats amĂ©ricains stationnĂ©s dans la rĂ©gion seraient Ă©galement attaquĂ©s en cas de contre-attaque iranienne attendue face Ă une agression israĂ©lienne imminente est intrinsĂšquement contradictoire et totalement confus. Une attaque israĂ©lienne contre lâIran nâest possible quâavec lâautorisation des Ătats-Unis. Il ne peut ĂȘtre question dâautodĂ©fense amĂ©ricaine. Toutes ces âjustificationsâ sont manifestement farfelues.
Mais dans ce monde gĂ©ostratĂ©gique, rien nâarrive par hasard. Alors, que se passe-t-il rĂ©ellement ?
Approches explicatives
Dans son blog The New Atlas du 12 fĂ©vrier 2026, Brian Berletic a fait remarquer Ă juste titre que les plans de cette guerre Ă©taient en place depuis des dĂ©cennies. La stratĂ©gie consistant Ă faire intervenir IsraĂ«l en premier, pour ensuite âvenir Ă son secoursâ, faisait Ă©galement partie de ce plan. La dĂ©cision dâattaquer lâIran est gravĂ©e dans le marbre depuis des dĂ©cennies. Depuis que lâIran a renversĂ© le rĂ©gime fantoche amĂ©ricain dans les annĂ©es 1970, les Ătats-Unis nâont jamais renoncĂ© Ă inverser ce rĂ©sultat â et câest prĂ©cisĂ©ment ce quâils poursuivent depuis lors. Lâadministration Trump ne fait pas exception : elle nâinaugure aucune rupture, elle incarne simplement, Ă ce moment prĂ©cis, le visage politique dâune continuitĂ© programmatique de longue date. Comme il lâa fait lors de prĂ©cĂ©dentes occasions, Berletic sâappuie sur les documents stratĂ©giques pertinents Ă©manant de think tanks amĂ©ricains pour Ă©tayer cette lecture. Nous avons dĂ©taillĂ© cette continuitĂ© de lâagenda dans notre article en trois parties âStratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale â Changements cosmĂ©tiques verbaux et absence de changement de politiqueâ (Partie I, Partie II, Partie III).
Le 5 mars 2026, Wolfgang Bittner a Ă©galement fait rĂ©fĂ©rence une nouvelle fois sur notre blog Ă la lĂ©gendaire interview accordĂ©e par le gĂ©nĂ©ral quatre Ă©toiles Wesley Clark Ă Democracy Now! en 2007, dans laquelle lâIran figurait en septiĂšme position sur la liste des nations de la rĂ©gion mĂ©diterranĂ©enne Ă dĂ©truire. Clark a dĂ©clarĂ© quâimmĂ©diatement aprĂšs lâattaque du World Trade Center le 11 septembre 2001, il existait un plan prĂ©voyant des changements de rĂ©gime et des guerres au Moyen-Orient et en Afrique. Outre lâAfghanistan, sept autres pays figuraient sur la liste : lâIrak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et enfin lâIran. Les interventions contre six de ces pays ont Ă©tĂ© progressivement âmenĂ©es Ă bienâ. Il ne restait plus que lâIran, et cette guerre est dĂ©sormais menĂ©e aprĂšs des annĂ©es dâintrigues, dâincitations et de sanctions.
Cette liste a Ă©tĂ© dressĂ©e par Donald Rumsfeld (secrĂ©taire Ă la DĂ©fense sous le prĂ©sident George W. Bush jusquâen dĂ©cembre 2006) et Paul Wolfowitz (secrĂ©taire adjoint Ă la DĂ©fense chargĂ© de la politique sous George H. W. Bush ; dans les annĂ©es 1980, il a occupĂ© le poste de chef de cabinet au Pentagone sous le secrĂ©taire Ă la DĂ©fense Caspar Weinberger. Il a Ă©galement occupĂ© plusieurs fonctions au sein du Conseil de sĂ©curitĂ© nationale des Ătats-Unis).
Lawrence Wilkerson, colonel Ă la retraite de lâarmĂ©e amĂ©ricaine et ancien chef de cabinet au DĂ©partement dâĂtat sous le secrĂ©taire dâĂtat Colin Powell, a soulignĂ© dans une interview accordĂ©e Ă Nima R. Alkhorshid (Dialogue Works) le 10 mars 2026 que Winston Churchill Ă©tait dĂ©jĂ un fervent partisan du mouvement sioniste. Churchill voyait dans la crĂ©ation dâune colonie juive en Palestine une occasion de promouvoir les intĂ©rĂȘts britanniques au Moyen-Orient tout en sâattirant politiquement la diaspora juive. GrĂące Ă ses liens Ă©troits avec des responsables politiques amĂ©ricains, en particulier le prĂ©sident Harry S. Truman, il a pu influencer le climat politique aux Ătats-Unis concernant le mandat sur la Palestine. Wilkerson y voit lui aussi une continuitĂ© dâagenda qui transcende ce contexte historique â Ă cette diffĂ©rence prĂšs que, cette fois, elle ne se cantonne plus au seul cĂŽtĂ© amĂ©ricain. Dans cette conversation, il cite nommĂ©ment les vĂ©ritables instigateurs de lâactuelle campagne belliciste en Asie occidentale. Ce sont les âsuspects habituelsâ qui ont intĂ©rĂȘt Ă la dĂ©stabilisation : lâoligarchie usuriĂšre Ă Londres et ailleurs. Et lĂ aussi, le nom de Rothschild revient sans cesse.
Les modÚles économiques des Rothschild
En rĂ©alitĂ©, ils peuvent se rĂ©sumer Ă une formule assez simple. Tout au long de lâhistoire, les aspirants dirigeants ont Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă un problĂšme : pour constituer une armĂ©e capable dâexercer leur pouvoir, ils ont transformĂ© des segments productifs de la population en guerriers improductifs (ou en mercenaires) qui ne contribuaient en rien Ă lâĂ©conomie rĂ©elle de leur pays. Ces soldats devaient ĂȘtre Ă©quipĂ©s, logĂ©s et nourris â aux dĂ©pens du reste de la population. Cet Ă©quipement, ce logement et cette nourriture coĂ»taient cher (NapolĂ©on : âUne armĂ©e marche grĂące Ă son estomacâ). Les impĂŽts ne suffisaient pas Ă couvrir ces coĂ»ts. Que faire ?
Les messieurs du Bouclier rouge Ă©taient ravis de venir en aide. Mais bien sĂ»r, pas gratuitement. Tout dâabord, le bienfaiteur sâaccorde une remise. Il ne verse donc quâune partie de la valeur nominale du prĂȘt â par exemple 90 % â tandis que le reste (10 %) est retenu. Lâemprunteur, cependant, doit payer des intĂ©rĂȘts sur la totalitĂ© de la valeur nominale. Et puis il y a la question de la garantie. Le futur potentat met donc toutes ses ressources en gage auprĂšs de lâusurier. Comme, bien sĂ»r, il ne peut rembourser le prĂȘt (ce que lâusurier avait prĂ©vu dĂšs le dĂ©part), celui-ci devient alors propriĂ©taire de toutes les ressources du pays (y compris ses forces productives â telles que la capacitĂ© de travail de la population, son expertise, son Ă©ducation, son expĂ©rience et ses compĂ©tences, ainsi que lâorganisation du travail dans le pays) â Ă perpĂ©tuitĂ© â et, bien sĂ»r, les intĂ©rĂȘts continuent de courir.
Selon lâhistoire familiale intĂ©ressĂ©e Ă©crite par Niall Ferguson, lâhistorien engagĂ© et rĂ©munĂ©rĂ© Ă cette fin Ă lâĂ©poque pour âThe House of Rothschild â Moneyâs Prophets â I, IIâ, câĂ©tait prĂ©cisĂ©ment leur modĂšle Ă©conomique principal dĂšs le dĂ©part.
âToutes les guerres modernes sont une question dâargentâ.
(Henry Dudas Ă William Pitt au dĂ©but des guerres contre la France rĂ©volutionnaire â citĂ© par Niall Ferguson, Histoire des Rothschild, tome I, p. 84)
Cela apparaĂźt trĂšs clairement, par exemple, dans lâascension de Nathan Rothschild au dĂ©but du XIXe siĂšcle, alors quâil Ă©tait le principal âintermĂ©diaire financierâ entre le gouvernement britannique et les champs de bataille du continent, oĂč le sort de lâEurope sâest jouĂ© en 1814 et 1815 (Niall Ferguson, op. cit., p. 85 et suivantes).
Il vaut vraiment la peine de prendre le temps de lire en dĂ©tail le magnum opus de Ferguson â malgrĂ© toutes les tentatives de blanchiment et dâembellissement (surtout en ce qui concerne lâĂ©poque actuelle), on peut y apprendre beaucoup de choses importantes qui aident Ă expliquer lâĂ©tat actuel du monde â comme le fait quâun prĂȘteur nâest bien sĂ»r pas obligĂ© de prĂȘter son propre argent. Au contraire : prĂȘter lâargent dâautrui permet de rĂ©partir le risque â il suffit de sâimposer comme plaque tournante sur le âmarchĂ© monĂ©taireâ. Outre lâanonymat essentiel (âle marchĂ© monĂ©taireâ au lieu de noms et dâadresses), cela gĂ©nĂšre des profits supplĂ©mentaires : seule une partie des intĂ©rĂȘts perçus auprĂšs du dĂ©biteur est reversĂ©e aux crĂ©anciers finaux. De plus, on peut Ă©galement nĂ©gocier des obligations dâĂtat de toutes parts, en les achetant Ă bas prix et en les revendant Ă un prix plus Ă©levĂ©.
Dans ce contexte, un rĂ©seau dâinformation mondial qui Ă©clipse ceux des nations individuelles est, bien sĂ»r, utile : le crĂ©ancier âneutreâ qui sert toutes les parties reçoit Ă©galement les informations nĂ©cessaires de toutes les parties (la discrĂ©tion est, bien sĂ»r, une condition prĂ©alable). Lâouvrage susmentionnĂ© permet Ă©galement de comprendre comment ce rĂ©seau de renseignement privĂ© a vu le jour. Il nâest donc plus surprenant quâun certain M. Epstein ait entretenu dâexcellentes relations avec les agences de renseignement de toutes les parties, quâun certain M. Macron ait Ă©tĂ© employĂ© par Rothschild & Co, et quâun certain M. Merz ait occupĂ© le poste de prĂ©sident du conseil de surveillance de BlackRock Asset Management Germany de 2016 Ă 2020.
Lâimage ci-dessous en dit plus long que mille mots. (Comme le disent les gens cultivĂ©s : âOn ne montre pas du doigt les gens habillĂ©sâ.)

Le pire ennemi des usuriers mondiaux
Ce bref aperçu des modĂšles Ă©conomiques complexes de ces usuriers montre quâils dĂ©pendent fondamentalement de la capacitĂ© Ă trouver des gouvernements ou leurs dirigeants prĂȘts Ă sâendetter Ă long terme sur le âmarchĂ© monĂ©taireâ â comme le fait actuellement lâAllemagne avec ses soi-disant âfonds spĂ©ciauxâ. Mais lorsque les grandes nations sâorientent vers la crĂ©ation dâune Ă©conomie rĂ©elle souveraine (câest-Ă -dire non dĂ©pendante de la dette Ă long terme) pour subvenir aux besoins de leurs populations respectives, cela coupe lâherbe sous le pied des crĂ©anciers. Nous voyons donc ici lâune des raisons les plus importantes des guerres en Ukraine et maintenant contre lâIran : la Russie, la Chine et lâIran sont inaccessibles aux sangsues. Il faut donc les forcer Ă se soumettre avant que leurs politiques, orientĂ©es vers une Ă©conomie rĂ©elle souveraine, ne se rĂ©pandent dans le monde entier.
Les Ătats-Unis constituent un exemple historique de la maniĂšre dont cette lutte de pouvoir entre lâĂ©conomie financiĂšre mondiale et lâĂ©conomie rĂ©elle au profit de son propre peuple a Ă©tĂ© menĂ©e âavec succĂšsâ.
Lâexemple des Ătats-Unis
AprĂšs la Seconde Guerre mondiale, les Ătats-Unis dâAmĂ©rique Ă©taient de loin la plus grande nation crĂ©anciĂšre du monde. Aujourdâhui, cependant, ils sont la plus grande nation dĂ©bitrice du monde. Les oligarques financiers peuvent donc dire : mission accomplie.
Ce changement sâest opĂ©rĂ© progressivement Ă travers une sĂ©rie dâĂ©volutions Ă©conomiques et politiques et Ă la suite de dĂ©cisions correspondantes prises par des acteurs nationaux. AprĂšs 1945, les Ătats-Unis occupaient une position unique : lâEurope et le Japon avaient Ă©tĂ© dĂ©vastĂ©s par la guerre ; les Ătats-Unis reprĂ©sentaient environ la moitiĂ© de la production industrielle mondiale ; ils dĂ©tenaient la part du lion des rĂ©serves mondiales dâor. Et de nombreux pays leur devaient de lâargent. Avec le systĂšme international de Bretton Woods (1944), le dollar est devenu la monnaie centrale mondiale. Les autres monnaies Ă©taient indexĂ©es sur le dollar, et le dollar, Ă son tour, sur lâor. Cela a permis aux Ătats-Unis dâaccorder des prĂȘts internationaux et de financer des programmes tels que le plan Marshall.
Ă partir des annĂ©es 1960, des changements structurels se sont amorcĂ©s : les coĂ»ts Ă©levĂ©s de la guerre du Vietnam (la guerre de CorĂ©e avait dĂ©jĂ jouĂ© un rĂŽle Ă cet Ă©gard) et les programmes sociaux Ă grande Ă©chelle de lâadministration de Lyndon B. Johnson. Lâaugmentation des investissements Ă©trangers des entreprises amĂ©ricaines a entraĂźnĂ© un flux de dollars vers lâĂ©tranger supĂ©rieur Ă celui gĂ©nĂ©rĂ© par les exportations.
En 1971, le prĂ©sident Richard Nixon a Ă©tĂ© contraint dâabandonner lâancrage du dollar Ă lâor en raison dâune dette nationale dĂ©jĂ colossale. Cela a entraĂźnĂ© lâeffondrement du systĂšme de Bretton Woods et, par consĂ©quent, le dollar est devenu une monnaie purement fiduciaire. Les Ătats-Unis pouvaient dĂ©sormais financer leurs dĂ©ficits beaucoup plus facilement. Les autres pays ont continuĂ© Ă dĂ©tenir des rĂ©serves en dollars, car celui-ci restait la monnaie de rĂ©serve mondiale.
Dans les annĂ©es 1980, sous la prĂ©sidence de Ronald Reagan, dâimportantes rĂ©ductions dâimpĂŽts et une forte augmentation des dĂ©penses militaires ont Ă©tĂ© mises en place. En consĂ©quence, la dette nationale a de nouveau fortement augmentĂ©. ParallĂšlement, le dĂ©ficit commercial persistant sâest creusĂ© : les Ătats-Unis importaient plus quâils nâexportaient. La diffĂ©rence Ă©tait financĂ©e par des entrĂ©es de capitaux en provenance dâEurope, puis, plus tard, notamment du Japon et de la Chine, ces pays continuant Ă acheter de grandes quantitĂ©s dâobligations dâĂtat amĂ©ricaines.
DĂšs les annĂ©es 1950, un processus de mondialisation et de dĂ©sindustrialisation sâest amorcĂ©, qui sâest ensuite intensifiĂ© par vagues successives (notamment pendant la rĂ©cession des annĂ©es 1970). Une grande partie de la production industrielle sâest dĂ©localisĂ©e Ă lâĂ©tranger, dâabord au Mexique, puis en Chine et en Asie du Sud-Est. Les Ătats-Unis sont passĂ©s dâune Ă©conomie rĂ©elle Ă une Ă©conomie presque exclusivement financiĂšre.
Lâessor du capital financier dans les annĂ©es 1970 et surtout dans les annĂ©es 1980 (pas seulement aux Ătats-Unis) a fait que les profits et le pouvoir provenaient de plus en plus non pas de la production de biens, mais des transactions financiĂšres, du crĂ©dit, des opĂ©rations boursiĂšres et des flux de capitaux. Ce phĂ©nomĂšne a Ă©tĂ© facilitĂ©, par exemple, par les dĂ©cisions politiques prises sous la prĂ©sidence de Ronald Reagan, qui ont levĂ© de nombreuses restrictions sur les banques et les mouvements de capitaux (dĂ©rĂ©glementation du secteur bancaire, suppression de nombreux contrĂŽles des capitaux, libĂ©ralisation des marchĂ©s boursiers). Cela a considĂ©rablement facilitĂ© les investissements internationaux. De grandes institutions financiĂšres telles que Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley et dâautres ont commencĂ© Ă investir Ă lâĂ©chelle mondiale. Des institutions comme le Fonds monĂ©taire international et la Banque mondiale ont encouragĂ© la libĂ©ralisation et la libre circulation des capitaux Ă travers le monde.
Parmi les principaux moteurs de cette évolution figuraient ces deux hommes :

Ils ont jouĂ© un rĂŽle dĂ©cisif dans la perte de souverainetĂ© Ă©conomique des Ătats-Unis. Le pays Ă©tait dĂ©sormais entiĂšrement sous la coupe des âmarchĂ©s financiersâ â et avec lui, lâensemble du monde occidental, qui non seulement a adoptĂ© ce systĂšme de son plein grĂ©, mais a Ă©galement tout mis en Ćuvre pour le promouvoir et lâĂ©tendre, allant jusquâĂ sa propre dĂ©sindustrialisation.
Le dollar en tant que monnaie mondiale
MalgrĂ© tout cela, le dollar est restĂ© la monnaie la plus importante au monde. De nombreux pays continuent dâinvestir leurs excĂ©dents dâexportation dans des bons du TrĂ©sor amĂ©ricain â bien quâen quantitĂ©s nettement dĂ©croissantes.
Le âmarchĂ© financierâ (qui Ă©tait-ce dĂ©jĂ ?) a veillĂ© Ă ce que ces bons du TrĂ©sor de plus en plus dĂ©prĂ©ciĂ©s soient achetĂ©s. De nombreuses banques et institutions financiĂšres Ă travers le monde sont tenues ou choisissent de dĂ©tenir des bons du TrĂ©sor amĂ©ricain pour satisfaire aux exigences rĂ©glementaires. Par exemple, le cadre de BĂąle, un ensemble de rĂšgles internationales applicables aux banques, prĂ©cise le montant de capital et de liquiditĂ©s que les banques doivent dĂ©tenir pour couvrir leurs risques. Lâobjectif dĂ©clarĂ© est de prĂ©venir les crises bancaires et de rendre le systĂšme financier plus stable.
Dans le cadre des accords de BĂąle I, BĂąle II et BĂąle III, les actifs dâune banque sont pondĂ©rĂ©s en fonction de leur risque. Pour de nombreuses obligations dâĂtat Ă©mises par des pays hautement notĂ©s â en particulier les Ătats-Unis â, la pondĂ©ration de risque est dâenviron 0 %. Cela signifie quâune banque peut dĂ©tenir de grandes quantitĂ©s de titres du TrĂ©sor amĂ©ricain sans avoir Ă mettre de cĂŽtĂ© de capital supplĂ©mentaire. En revanche, les banques doivent dĂ©tenir des rĂ©serves de capital pour les prĂȘts aux entreprises ou aux particuliers. Câest pourquoi les obligations dâĂtat amĂ©ricaines sont trĂšs attractives pour les banques dâun point de vue rĂ©glementaire. Il convient toutefois de noter que la pondĂ©ration de risque dâenviron 0 % pour ces titres de crĂ©ance nâa aucun fondement dans lâĂ©conomie rĂ©elle â bien au contraire. Quiconque ne peut rembourser ses dettes en raison dâun manque de productivitĂ© devrait en rĂ©alitĂ© ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un dĂ©biteur Ă haut risque. âLe marchĂ© financierâ parvient ainsi, grĂące Ă ses rĂ©glementations et Ă sa propagande, Ă faire passer une telle imposture pour un actif rĂ©el. Câest la seule façon de crĂ©er une demande soutenue pour la dette publique amĂ©ricaine.
Dans ce contexte, il ne faut pas passer sous silence le pĂ©trodollar. AprĂšs que lâArabie saoudite eut promis aux Ătats-Unis, le 8 juin 1974, que le pĂ©trole du Moyen-Orient ne pourrait ĂȘtre nĂ©gociĂ© quâen dollars, tous les pays du monde dont lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique dĂ©pendait du pĂ©trole ont dĂ» se procurer dâabord des dollars pour pouvoir acheter ce pĂ©trole. Cela a largement garanti la solvabilitĂ© de la nation dĂ©bitrice, les Ătats-Unis, jusquâĂ ce jour.
à la fois bénéficiaires et marionnettistes
Quel est lâobjectif de cette dette publique (outre le fait quâelle sert Ă financer lâappareil dâĂtat, câest-Ă -dire le personnel politique qui dirige le gouvernement) ?
Pour le dernier exercice fiscal complet (exercice 2025) aux Ătats-Unis, on peut estimer avec une prĂ©cision raisonnable les chiffres suivants : les recettes publiques sâĂ©levaient Ă environ 5 230 milliards de dollars. Les paiements dâintĂ©rĂȘts sur la dette nationale sâĂ©levaient Ă environ 970 milliards de dollars. La part des recettes allouĂ©e au service de la dette (intĂ©rĂȘts uniquement â aucun remboursement du capital !) reprĂ©sentait ainsi environ 18 Ă 19 % du total des recettes publiques amĂ©ricaines. Et qui reçoit ces fonds ?
Cela nous ramĂšne au modĂšle Ă©conomique que Niall Ferguson dĂ©crit en dĂ©tail dans les quelque 1 200 pages de sa biographie de la famille Rothschild. Et en mĂȘme temps, cela nous rappelle le vieux proverbe allemand : âQui paie le musicien choisit la mĂ©lodie !â Le potentiel de chantage des usuriers Ă lâencontre de la classe politique â dĂ©sormais souvent appelĂ©e la âclasse Epsteinâ â est pratiquement illimitĂ©. Ce nâest pas seulement exploitĂ© par des personnes comme la magnat des casinos Adelman, qui peut vraisemblablement faire pression sur le prĂ©sident Trump, au moins en partie, grĂące Ă son argent. LâAIPAC & Co., qui contrĂŽlent le CongrĂšs amĂ©ricain, en font Ă©galement largement usage. En fin de compte, cela affecte toutefois aussi les finances publiques dans leur ensemble. Il suffit de regarder le spectacle annuel entourant le âshutdown du gouvernement fĂ©dĂ©ral amĂ©ricainâ, oĂč se livre une lutte acharnĂ©e pour le butin. Dans le mĂȘme temps, cependant â comme mentionnĂ© â, lâensemble du secteur bancaire occidental est Ă©galement touchĂ© par cela.
Un véritable changement de politique est difficilement envisageable dans les pays concernés tant que ce systÚme mondial de chantage fonctionne.
Un spectre hante lâOccident tout entier (librement inspirĂ© de Marx et Engels)
Les célÚbres premiÚres lignes du Manifeste communiste de Karl Marx et Friedrich Engels disent :
âUn spectre hante lâEurope : le spectre du communismeâ. Le premier paragraphe poursuit : âToutes les puissances de la vieille Europe ont conclu une sainte alliance pour exorciser ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux français et la police allemandeâ.
Aujourdâhui, ce spectre nâest pas le communisme, mais une Ă©conomie rĂ©elle souveraine inspirĂ©e du modĂšle des BRICS.
Comme on le sait, le groupe des BRICS est une alliance dâĂ©conomies Ă©mergentes qui aspire Ă un ordre mondial multipolaire et fait contrepoids au systĂšme occidental. ComposĂ© Ă lâorigine du BrĂ©sil, de la Russie, de lâInde, de la Chine et de lâAfrique du Sud, le groupe sâest Ă©largi le 1er janvier 2024 et comprend dĂ©sormais Ă©galement lâĂgypte, lâĂthiopie, lâIran, les Ămirats arabes unis et, depuis 2025, lâIndonĂ©sie. Ces pays reprĂ©sentent plus de 45 % de la population mondiale et une part significative de la production Ă©conomique mondiale â et la tendance est Ă la hausse.
La Turquie a dĂ©posĂ© sa candidature Ă lâadhĂ©sion au BRICS le 3 septembre 2024.
Parmi les autres pays intĂ©ressĂ©s figurent : lâAzerbaĂŻdjan, le Bangladesh, BahreĂŻn, le Burkina Faso, le Salvador, le Gabon, lâIrak, le Cameroun, la Colombie, la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, la RĂ©publique du Congo, les Comores, le KoweĂŻt, le Laos, la Libye, le Mali, le Myanmar, le Nicaragua, la CorĂ©e du Nord, le Pakistan, la Palestine, le SĂ©nĂ©gal, le Zimbabwe, le Sri Lanka, le Soudan du Sud, la Syrie, la Tunisie, le Venezuela et la RĂ©publique centrafricaine.
Ce qui attire tous ces pays, câest le concept des BRICS, car lâidĂ©e de souverainetĂ© nationale â y compris sur le plan Ă©conomique â est un Ă©lĂ©ment central de lâimage que les BRICS ont dâeux-mĂȘmes. Leurs dĂ©clarations de sommet soulignent Ă maintes reprises que les Ătats devraient pouvoir façonner leur dĂ©veloppement Ă©conomique de maniĂšre indĂ©pendante et sans pression extĂ©rieure.
Par exemple, la Déclaration de Johannesburg des BRICS (2023) stipule :
âNous rĂ©affirmons notre attachement aux principes de la Charte des Nations unies, notamment la souverainetĂ©, lâintĂ©gritĂ© territoriale et lâindĂ©pendance politique de tous les Ătats. Nous soulignons lâimportance dâun ordre international Ă©quitable et inclusif dans lequel tous les pays peuvent suivre leur propre voie de dĂ©veloppement en fonction de leur situation nationaleâ.
DĂCLARATION DE JOHANNESBURG DES BRICS (2023)
Une autre section met explicitement lâaccent sur les aspects Ă©conomiques :
âNous soutenons une Ă©conomie mondiale ouverte qui permette Ă tous les pays de parvenir Ă leur dĂ©veloppement durable et Ă leur transformation Ă©conomique, et nous nous opposons aux mesures Ă©conomiques unilatĂ©rales qui sont contraires au droit internationalâ.
DĂCLARATION DE JOHANNESBURG DES BRICS (2023)
Dans ce contexte, le dĂ©veloppement durable et la transformation Ă©conomique signifient que les ressources humaines et matĂ©rielles dâun pays sont effectivement utilisĂ©es pour subvenir aux besoins de sa propre population, plutĂŽt que dâĂȘtre versĂ©es sous forme de tribut aux maĂźtres coloniaux ou aux usuriers.
La souveraineté économique nécessite des structures financiÚres alternatives. Par exemple, la Nouvelle Banque de développement permet de financer des projets sans passer par la Banque mondiale ou le FMI. Les monnaies nationales sont de plus en plus utilisées dans les échanges commerciaux. Des systÚmes de paiement et des mécanismes financiers indépendants sont en cours de développement, comme le SystÚme de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS) de la Chine, partenaire des BRICS.
Les pays devraient exercer un contrÎle sur leur propre développement économique et avoir le droit de déterminer leurs propres politiques économiques, de mener leurs propres stratégies industrielles et de développement, et de réglementer leurs matiÚres premiÚres et leurs marchés de maniÚre indépendante.
Il sâagit lĂ dâune remise en cause indirecte de ce que lâOccident appelle âlâordre fondĂ© sur des rĂšglesâ, dans lequel les ârĂšgles du jeuâ â telles que le Consensus de Washington â sont constamment adaptĂ©es et modifiĂ©es pour servir les intĂ©rĂȘts des puissances coloniales. Les rĂšgles ou institutions sont perçues comme restreignant cette marge de manĆuvre. Ainsi, les BRICS appellent rĂ©guliĂšrement Ă des rĂ©formes du Fonds monĂ©taire international (FMI), de la Banque mondiale et des rĂšgles financiĂšres internationales, car les Ă©conomies Ă©mergentes y ont trop peu dâinfluence sur les dĂ©cisions qui affectent leurs Ă©conomies. Les documents des BRICS critiquent Ă©galement des mesures telles que les sanctions unilatĂ©rales, les pressions politiques exercĂ©es via les systĂšmes financiers et les lois Ă©conomiques extraterritoriales. Ainsi, les BRICS deviennent la voix du Sud global et une plateforme pour une coopĂ©ration Ă©conomique Ă©quitable â tout cela en tant que contre-modĂšle Ă un ordre Ă©conomique mondial dominĂ© unilatĂ©ralement par les usuriers occidentaux.
Pas Ă©tonnant que les anciennes puissances coloniales redoutent cette Ă©volution comme un spectre menaçant et fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour affaiblir les BRICS â et surtout ses piliers centraux, la Russie, la Chine et lâIran â ou, si possible, pour les Ă©carter complĂštement de la scĂšne, puisquâelles ne peuvent pas les contrĂŽler.
Le MAGA voulait-il sortir de ce cercle vicieux ?
Des personnalitĂ©s intelligentes et trĂšs bien informĂ©es telles quâAlex Krainer ont avancĂ© la thĂ©orie selon laquelle il existait â et existe toujours â des forces au sein de lâadministration Trump (et dans les cercles qui tirent les ficelles en coulisses) qui prĂ©voient lâeffondrement imminent du systĂšme financier actuel, fondĂ© sur lâendettement, et tentent de sortir de ce cercle vicieux. Le programme initial derriĂšre le slogan de Donald Trump âMake America Great Againâ (MAGA) Ă©tait fortement axĂ© sur le renforcement de lâĂ©conomie rĂ©elle â du moins dans la rhĂ©torique de la politique Ă©conomique et dans plusieurs mesures clĂ©s de son premier mandat (2017â2021). Lâaccent Ă©tait principalement mis sur lâindustrie nationale, le secteur manufacturier, les infrastructures et lâemploi â câest-Ă -dire les secteurs de lâĂ©conomie rĂ©elle par opposition Ă la spĂ©culation financiĂšre.
Un point clĂ© consistait Ă ramener la production industrielle aux Ătats-Unis et Ă critiquer la dĂ©sindustrialisation en cours depuis les annĂ©es 1980. Lâobjectif Ă©tait de crĂ©er des incitations pour que les entreprises reprennent leur production aux Ătats-Unis. Sur le plan rhĂ©torique, la stratĂ©gie MAGA sâopposait explicitement Ă la mondialisation des annĂ©es 1990 et 2000 et sâinspirait de traditions Ă©conomiques amĂ©ricaines plus anciennes, telles que la promotion de lâindustrie par Alexander Hamilton (XVIIIe siĂšcle), le nationalisme Ă©conomique et le protectionnisme.
Dans ce contexte, on peut citer, par exemple, le discours de Donald Trump Ă Riyad (Arabie saoudite), quâil a prononcĂ© lors dâun sommet rĂ©unissant des chefs dâĂtat arabes et musulmans. Le discours prononcĂ© lors du Sommet arabo-islamo-amĂ©ricain le 21 mai 2017 Ă Riyad est particuliĂšrement connu. Dans ce discours, il nâa pas critiquĂ© directement la âmondialisationâ en tant que concept, mais plutĂŽt les politiques interventionnistes et de reconstruction nationale occidentales, quâil a associĂ©es Ă lâapproche mondialiste des Ătats-Unis depuis les annĂ©es 1990.
Le 14 fĂ©vrier 2026, le secrĂ©taire dâĂtat amĂ©ricain Marco Rubio a prononcĂ© un discours lors de la ConfĂ©rence de Munich sur la sĂ©curitĂ© qui, outre des remarques incroyablement confuses sur le rĂ©tablissement dâun monde nĂ©ocolonialiste, contenait Ă©galement des sous-entendus critiques Ă lâĂ©gard de la mondialisation telle quâelle sâest dĂ©veloppĂ©e jusquâĂ prĂ©sent :
âSous cette illusion â celle dâun monde sans frontiĂšres â, nous avons acceptĂ© une conception dogmatique du libre-Ă©change total, alors mĂȘme que dâautres pays protĂ©geaient leurs marchĂ©s et subventionnaient leurs entreprises pour nous concurrencer systĂ©matiquement Ă la baisse. Cela a entraĂźnĂ© la fermeture dâusines, la dĂ©sindustrialisation de pans entiers de notre sociĂ©tĂ©, la dĂ©localisation de millions dâemplois Ă lâĂ©tranger et la mainmise de nos chaĂźnes dâapprovisionnement stratĂ©giques par nos rivaux et adversaires.(âŠ)
âLa dĂ©sindustrialisation nâĂ©tait pas inĂ©vitable.
âIl sâagissait dâune dĂ©cision politique dĂ©libĂ©rĂ©e â un projet Ă©conomique sâĂ©talant sur plusieurs dĂ©cennies qui a dĂ©pouillĂ© nos nations de leur richesse, de leur capacitĂ© de production et de leur indĂ©pendance.
âLa perte de notre contrĂŽle sur les chaĂźnes dâapprovisionnement nâĂ©tait pas le rĂ©sultat dâun systĂšme commercial mondial sain.
âCâĂ©tait une transformation stupide et volontaire de notre Ă©conomie qui nous a rendus dĂ©pendantsâ.
MARCO RUBIO, 14 FĂVRIER 2026, Ă MUNICH
Ce nâest pas un hasard si ce passage du discours nâest pas mentionnĂ© dans la couverture mĂ©diatique occidentale.
Les politiques concrĂštes menĂ©es par les premiĂšre et deuxiĂšme administrations Trump nâont pas permis de rĂ©aliser de progrĂšs notables face aux Ă©volutions critiques Ă©voquĂ©es plus haut. Il semble toutefois que les rĂ©dacteurs de discours aient, au moins Ă lâoccasion, fait rĂ©fĂ©rence Ă ces questions avec justesse.
La politique Ă©trangĂšre russe a elle aussi tentĂ©, pendant un certain temps, avec lâaide du âprocessus dâAnchorageâ, dâencourager ce segment des milieux financiers amĂ©ricains Ă changer de cap â sans succĂšs.
Quoi quâil en soit : sâil y a jamais eu un dĂ©saccord sur la direction Ă prendre au sein des cercles de lâoligarchie financiĂšre susmentionnĂ©e, celui-ci semble dĂ©sormais dĂ©finitivement rĂ©glĂ© Ă la lumiĂšre de la guerre contre lâIran.
Une tentative de réponse à la question initiale
Comment les bellicistes de lâombre ont-ils donc rĂ©ussi Ă entraĂźner les Ătats-Unis dans cette guerre contre lâIran ? Depuis le 11 septembre, toutes les administrations amĂ©ricaines ont Ă©vitĂ© de lancer rĂ©ellement cette guerre. Elles se sont appuyĂ©es sur la propagande et les sanctions, encourageant ou menant parfois des frappes militaires. Mais une guerre totale comme celle Ă laquelle nous assistons aujourdâhui ne sâest jamais concrĂ©tisĂ©e, mĂȘme si Netanyahu raconte depuis des dĂ©cennies que lâIran est âsur le pointâ de fabriquer une bombe nuclĂ©aire et de mettre le monde Ă feu et Ă sang.
Donald Trump a-t-il Ă©tĂ© victime de chantage (avec les dossiers Epstein, par ses principaux donateurs ou par lâAIPAC) ? Ce nâest pas une explication plausible. Un systĂšme tel que la machine politique amĂ©ricaine ne peut ĂȘtre sĂ©rieusement mis en danger par une frappe visant Ă dĂ©capiter le pouvoir. Quâen est-il de Kennedy ? Et de Nixon ? Le systĂšme sâest contentĂ© de remplacer le dirigeant et a continuĂ© Ă fonctionner comme dâhabitude. Ainsi, si Trump venait Ă ĂȘtre renversĂ©, la continuitĂ© du programme se poursuivrait quoi quâil arrive.
Dans ce cas, donc, le chantage a dĂ» prendre une dimension nettement diffĂ©rente. La thĂšse prĂ©sentĂ©e ici suppose que lâoligarchie financiĂšre dominante a pointĂ© une arme sur la tĂȘte des dissidents dans les cercles dĂ©cisionnels amĂ©ricains : soit vous menez cette guerre maintenant, soit nous vous retirons notre soutien â ce qui signifie quâĂ la prochaine vente aux enchĂšres de bons du TrĂ©sor amĂ©ricain, il nây aura aucune offre de notre part.
La raison en est probablement que âle spectreâ du systĂšme BRICS ne cesse de grandir, et lâIran y joue un rĂŽle dĂ©cisif. Car si lâIran, avec lâaide de la Chine et de la Russie, parvient Ă dĂ©terminer de maniĂšre dĂ©cisive lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique mondial, les requins financiers de lâOccident perdront leur levier dĂ©cisif. LâIran doit donc ĂȘtre dĂ©truit.
Le moment est venu, car la Russie est toujours enlisĂ©e en Ukraine et le temps presse, la Chine gagnant de plus en plus dâinfluence en Iran et, par consĂ©quent, dans toute lâAsie occidentale.
Si USrael ne peut pas gagner cette guerre (ce qui Ă©tait prĂ©visible dĂšs le dĂ©part et devient dĂ©sormais Ă©vident), alors ces requins de la finance sâen moquent Ă©perdument. LâEurope sâest livrĂ©e Ă deux reprises Ă un suicide collectif, et Ă chaque fois, ils ont financĂ© le carnage de tous cĂŽtĂ©s. Ils se moquent de la mort de nations ou de rĂ©gions entiĂšres â aprĂšs tout, ils peuvent ramasser les morceaux, se proposer comme prĂȘteurs pour la reconstruction, et ce faisant, dicter Ă©galement leurs conditions, tant sur le plan financier que politique. La destruction imminente de lâĂtat dâIsraĂ«l sous sa forme colonialiste actuelle, la destruction des bases amĂ©ricaines et des Ătats vassaux arabes, est acceptĂ©e avec approbation. Les dĂ©gĂąts considĂ©rables en Iran sont intentionnels.
à quoi ressemblera le résultat ?
Personne ne dispose dâune boule de cristal pour nous montrer lâavenir. Mais il devient clair que la projection de puissance amĂ©ricano-israĂ©lienne en Asie occidentale sâessouffle. Lâapprovisionnement mondial en pĂ©trole provenant de cette rĂ©gion sera Ă lâavenir dĂ©terminĂ© par lâIran et ses alliĂ©s. LâIran a dĂ©jĂ effectivement Ă©rigĂ© une barriĂšre douaniĂšre dans le dĂ©troit dâOrmuz, ce qui pourrait signifier la fin du pĂ©trodollar : seuls ceux qui paient en yuan ou dans une autre devise des BRICS, ou qui utilisent le systĂšme chinois de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS), sont autorisĂ©s Ă passer.
Il semble que lâIran pourrait rĂ©ussir Ă accomplir ce que JĂ©sus a tentĂ©, selon la lĂ©gende du Nouveau Testament citĂ©e plus haut : chasser dĂ©finitivement les changeurs dâargent du temple et, ce faisant, Ă©branler les fondements de la structure du pouvoir de lâĂ©poque de lâAncien Testament. Il faut espĂ©rer que cela puisse se faire sans que les anciens dirigeants aient recours Ă lâoption Samson.
https://forumgeopolitica.com/fr/article/un-tournant-historique-se-profile-lhorizon








Gardons espoir đđđ
Et un peu plus de solidaritĂ© au sein des Brics đ
Article intéressant sinon mes réserves quant à son introduction qui ne me paraßt pas des plus judicieuse, mais soit...
en revanche, j'émets de sérieux doutes quant à l'avenir des Brics s'ils continuent à s'élargir, à voir ceux qui s'y poussent.... déjà que ça grince actuellement...
que les Brics ne commettent pas les erreurs des autres en voulant y faire entrer tt le monde... qu'ils se structurent un minimum avant pour consolider déjà ce qui existe