đâđš La âkitschificationâ de lâAmĂ©rique
Les nations du monde entier envient Ă lâAmĂ©rique le droit de devenir si forte quâelle en devient une parodie dâelle-mĂȘme. Alors, trinquons donc Ă la grandeur amĂ©ricaine !
đâđš La âkitschificationâ de lâAmĂ©rique
Par Simplicius, le 1er juillet 2026
Il y a deux jours, Trump a publiĂ© ce tableau sur son compte officiel âTruth Sociaâl :
Cette simple publication mâa ouvert les yeux sur ce que le prĂ©sident Trump incarne rĂ©ellement, Ă savoir la kitschification de lâAmĂ©rique.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce terme, le kitsch désigne une esthétique bas de gamme et sans prétention, souvent un cocktail hétéroclite de résidus de la culture pop rassemblés à la hùte et popularisés dans les années 50 et 60 pour satisfaire la demande de souvenirs consuméristes sous forme de babioles et de bibelots bon marché vendus dans les boutiques de souvenirs.
Sans tomber dans la pĂ©danterie ou la prĂ©tention dâun savant de pacotille, le kitsch est en quelque sorte lâincarnation dâune culture de lâexcĂšs, une culture Ă son apogĂ©e, au sommet de son Ă©panouissement et qui commence Ă dĂ©cliner, rĂ©pandant au hasard ses spores invasives sur un jardin autrefois vierge. Câest lâexaltation de symboles culturels âmĂ©mifiĂ©sâ jusquâĂ la parodie, un phĂ©nomĂšne qui existait bien avant lâinvention des âmĂšmesâ sur internet. Il focalise dĂ©libĂ©rĂ©ment lâattention sur lui-mĂȘme, pour devenir une sorte dâautodĂ©rision, Ă lâimage de lââironieâ devenue un modus vivendi sous le rĂšgne â heureusement bref â des âhipstersâ des annĂ©es 2000. Cette tendance ressort mĂȘme des noms choisis : Golden Dome, Golden Age, Make America Great Again, une Ă©trange alchimie spirituellement inerte Ă lâenvers â changeant ce qui Ă©tait autrefois de lâor vĂ©ritable en or des fous et autres sous-produits dĂ©naturĂ©s.
ConsidĂ©rer ces faits vous oblige Ă comprendre comment la vision esthĂ©tique de Trump pour lâAmĂ©rique rĂ©invente la nation comme une sorte de village Potemkine de mĂ©mĂ©tique kitsch, depuis longtemps dĂ©connectĂ©e des fondements culturels essentiels qui ont autrefois donnĂ© vie Ă ces concepts.
Câest depuis longtemps lâesthĂ©tique de prĂ©dilection des oligarques philistins et des Ă©lites incultes : ces dĂ©cors Ă la feuille dâor, bling-bling et bon marchĂ©, et ces reconstitutions de mauvais goĂ»t dâĂ©poques rĂ©volues, quâelles soient victoriennes, grĂ©co-romaines ou toute autre pĂ©riode Ă laquelle le magnat nĂ© avec une cuillĂšre en argent dans la bouche daigne sâadonner.
Lâobsession de Trump pour les âĂąges dâorâ du passĂ© lâa conduit Ă se lancer dans une quĂȘte de projets vaniteux et futiles, dont le couronnement est censĂ© ĂȘtre une reproduction de lâArc de Triomphe de Paris qui a rĂ©cemment fait lâobjet dâune avant-premiĂšre lors de la grande foire dâĂtat organisĂ©e Ă Washington pour le 250e anniversaire. Comme dâhabitude, la vision de Trump dâun monument Ă la âgrandeurâ amĂ©ricaine sâest soldĂ©e par une parodie kitsch qui, comme on pouvait sây attendre, a Ă©tĂ© accueillie par des moqueries gĂ©nĂ©ralisĂ©es :
Trump se prĂ©sente comme un mĂ©lange de Crassus et de Midas des temps modernes. Will Schryver lâa parfaitement rĂ©sumĂ© en Ă©crivant que Trump sâest au contraire muĂ© en un âroi Midas inversĂ©â :
âRoi Sadimâ sonne Ă merveille, dâautant plus que cette appellation est homophone de âSodomeâ.
Notre Midas inversĂ© des temps modernes espĂšre que son hagiographie dĂ©crira un jour la grande âĆuvreâ quâil aura accomplie en guidant la nation Ă travers un carrefour historique, une transition entre deux Ă©poques.
Câest pourquoi il façonne son iconographie autour de parallĂšles kitsch avec lâĂge dâor, la Belle Ăpoque, la Fin de SiĂšcle, etc. Et il nâa pas tout Ă fait tort de pressentir lâethos fondamental de notre Ă©poque, une pĂ©riode de transition marquĂ©e par une dĂ©cadence effrĂ©nĂ©e prĂ©cĂ©dant une catastrophe â une Ă©poque de rĂ©volutions calamiteuses et de guerres mondiales.
Mais la diffĂ©rence rĂ©side en ce que Trump se croit providentiellement dĂ©signĂ© pour sortir le pays des Ă©cueils associĂ©s Ă ces âĂ©poques finissantesâ et le mener vers un Ăąge dâor dâabondance certaine. Malheureusement, il semble aveugle aux rĂ©alitĂ©s qui sâannoncent : la situation ne fait quâempirer, et les artifices et le cache-misĂšre annonciateurs de cette âgrandeurâ Ă venir trahissent au contraire la dĂ©sintĂ©gration qui sâopĂšre tout autour de nous.
Et pour couronner le tout, les dorures et le plĂątre mĂ©diocre cachent une absence totale de substance. Dans une dĂ©monstration sans prĂ©cĂ©dent de âvolontĂ© de puissanceâ, Trump tente de concrĂ©tiser son âĂąge dâorâ simplement en le clamant sur tous les toits. Au lieu de mener de vĂ©ritables politiques de reconstruction et de transformation, de sâattaquer Ă lâemploi, Ă lâinflation et Ă tous les fondements rĂ©els dâun Ătat sain, il choisit plutĂŽt dâĂ©riger des monuments prĂ©somptueux Ă la gloire dâespoirs, de souhaits et de rĂ©alisations supposĂ©es.
Mais mon propos a dâabord portĂ© sur la âkitschificationâ de lâAmĂ©rique en gĂ©nĂ©ral dont Trump nâest que le dernier apĂŽtre. Une culture vire au kitsch lorsquâelle perd sa force vitale originelle, cette Ă©tincelle crĂ©atrice qui lâanimait autrefois, et quâelle se transforme en une parodie rĂ©cursive dâelle-mĂȘme. Telle est lâAmĂ©rique dâaujourdâhui, vidĂ©e de son Ă©nergie et de son esprit dâinnovation originels, dĂ©sormais prisonniĂšre dâune boucle sans fin, comme si lâon rembobinait Ă lâinfini une cassette de vieux tubes jusquâĂ ce que seuls quelques grĂ©sillements Ă peine intelligibles soient encore audibles. Câest une nation dont lâethos est Ă court dâidĂ©es et sâest rĂ©signĂ©e Ă puiser dans le passĂ© â de la doctrine Monroe Ă lâĂge dâor, jusquâĂ des Ă©poques plus rĂ©centes : elle repasse en boucle le disque rayĂ© de la âguerre contre le terrorismeâ nĂ©oconservatrice jusquâĂ ce que lâarmĂ©e amĂ©ricaine soit rĂ©duite en poussiĂšre sous la meule de lâhistoire.
En effet, le pays ressemble dĂ©sormais fortement Ă ce tableau : un pastiche de temps meilleurs et dâespoirs vains et futiles, un lieu oĂč George Washington peut sâasseoir aux cĂŽtĂ©s dâun robot Tesla sous lâarche de Saint-Louis tout en contemplant un pygargue Ă tĂȘte blanche planant majestueusement au-dessus de la Statue de la LibertĂ©.
Et pour terminer sur une note positive, force est de reconnaĂźtre quâun pays ne peut atteindre une telle auto-parodie terminale sans avoir dâabord gravi les Ă©chelons de la grandeur et de la rĂ©ussite nĂ©cessaires pour alimenter une iconographie aussi rĂ©barbative et rĂ©vĂ©rencieuse. Ce nâest donc quâen AmĂ©rique que le kitsch a pu sâimposer comme lâethos caractĂ©ristique de notre Ă©poque. Ce nâest quâen AmĂ©rique que la grandeur a pu atteindre des niveaux tels quâelle en est rĂ©duite Ă se subvertir elle-mĂȘme.
Les nations du monde entier envient Ă lâAmĂ©rique le droit de devenir si forte quâelle en devient une parodie dâelle-mĂȘme.
Alors, trinquons donc à la grandeur américaine !
Traduit par Spirit of Free Speech









Le gens accordent beaucoup trop d'importance Ă ce qu'ils estiment ĂȘtre des interventions de DT sur son, ses ou les rĂ©seaux dits "sociaux". Croyez-vous vraiment qu'un prĂ©sident des Ă©tats-terroristes d'amĂ©rique sĂ©nile de 80 ans ait l'Ă©nergie, la prĂ©sence d'esprit ou tout simplement le temps de gĂ©rer et publier toutes les conneries et insanitĂ©s publiĂ©es plusieurs fois par jour en son nom ? Si ça se trouve, ce compte est gĂ©rĂ© Ă 100 % par une tierce personne, une organisation comme la CIA, voire mĂȘme carrĂ©ment par l'IA... Le meilleur exemple que je puisse donner est celui d'une amie politicienne co-chef d'un parti politique, une des personnes les plus honnĂȘtes que j'ai connues, qui avait dĂ©clarĂ© publiquement que, comme beaucoup d'autres personnalitĂ©s politiques, elle ne gĂ©rait pas elle-mĂȘme ses comptes de rĂ©seaux dits "sociaux", qu'ils Ă©taient sous la charge d'une personne de confiance du parti parce qu'elle n'avait tout simplement pas de temps pour ça. La quantitĂ© de temps perdu Ă publier quantitĂ© d'articles, de reportages Ă©crits et vidĂ©os tant par les mĂ©dias corporatifs qu'alternatifs, Ă ce qui est trĂšs certainement faussement attribuĂ© Ă des propos tenus par DT, est sidĂ©rant !